Mater Mundi, Pater Noster

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L'auteur, né en 1990, vous livre le récit d'une vie écorchée dans un monde en perte de repères identifiables. La décadence d'une jeunesse singulière qui confesse tout d'une vie qu'on croirait ratée, marquée par une sexualité incontrôlable, la maladie, la drogue, la mort... Mais au-delà de l'autodestruction se dessine entre les lignes la voie d'une construction grandiose, celle de la vie, qui ne peut pas n'être qu'une série de salles d'attente. Entre la vie et la mort le temps fait son oeuvre. En voici le témoignage.
Publié le : mercredi 17 février 2016
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342048339
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342048339
Nombre de pages : 68
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Jérôme B! MATER MUNDI, PATER NOSTER
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur : http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Mon Petit Éditeur 175, boulevard Anatole France 93200 Saint-Denis – France IDDN.FR.010.0120820.000.R.P.2015.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication par Mon Petit Éditeur en 2016
Préambule Pourquoi écrire ? C’est à partir d’ateliers thérapeutiques que je me suis posé la question. Lorsque nous sommes livrés au monde, il est important de s’en délivrer, d’où le travail d’écriture où l’écrivain devient démiurge, même s’il reste chargé de ses émo-tions qu’il fracasse contre les touches de son clavier. Oui, écrire est une délivrance. Je suis jeune mais les années, pour moi, n’ont pas été maigres, j’ai déjà une lourde valise à trimballer, où que j’aille, elle me hante depuis le lever jusqu’au coucher. En quelques mots : morts, mal-traitance, sexe, maladie, drogues. Maltraité par les autres pour une différence que je ne voulais pas, maltraité par moi-même pour une différence que je n’assumais pas. Tout se résume à ça. Il y a eu de bonnes choses tout de même, avant ma descente aux Enfers, de bonnes études en sinologie, une curiosité qui re-nouvelle en permanence les merveilles de chaque phénomène na-turel, quelques amitiés, pour la plupart perdues maintenant. Aujourd’hui, alors que je sors d’une longue nuit, je veux rendre compte de mon expérience dans ce livre que j’ai souhaité court pour ne pas trop m’éparpiller, car il y a tant de choses à raconter… L’archéologie de ma personnalité sera sûrement l’ob-jet prochain d’une tentative d’ouvrage, si vous le voulez bien. C’est avant tout un message d’espoir que je veux transmettre (même si les lettres peuvent paraître noires), une tentative de remettre du sens dans un monde qui a perdu sa direction. Je me
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suis perdu parce que je ne trouvais plus de sens, en tout cas le sens que ladoxadonne au monde, il est comme un costume bien trop étriqué dans lequel j’étouffe. Je veux défaire les coutures et faire du sur-mesure. Je précise aussi que je viens d’un milieu ou la culture est pop-ulaire, pas d’Homère, pas d’Énéidepour moi, la bataille d’Hernani en 1830 ne m’évoque qu’un soubresaut de l’histoire de la littéra-ture, qui ne m’intéresse guère, je n’écris pas politiquement, j’es-père écrire esthétiquement, et j’écris avant tout pour moi-même. Cependant, une rencontre peut s’opérer entre un écrivain sans bagage littéraire particulier et le critique, ou le philosophe, et je pense que l’originalité naît de cette rencontre entre l’ignorance et la construction d’une œuvre neuve par la manipulation critique des intellectuels aux bagages précieux. S’il vous plaît, critiquez-moi. Je critique tout le monde. Je reprends les mots de Bai Xianyong, car je pense que nous communions dans la volonté d’écrire : 寫給那一群,在最深最深的黑夜裡,獨自彷徨街頭, 無所依歸的孩子們J’écris à cette foule d’enfants, qui dans la nuit la plus noire errent dans les rues n’ayant plus nulle part où aller.
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Tempus La salle d’opération danse devant mes paupières fermées. Pourquoi suis-je ici ? Pourquoi saurais-je que c’est une salle d’opération alors que mes yeux sont des volets clos ? Je ne sens rien, si ce n’est une certaine confusion dans la pensée. J’essaie d’ouvrir les yeux mais je n’y parviens pas, mon corps semble être celui d’un sarcophage que je ne peux pas animer, pourtant j’y jette toute ma volonté, mais rien ne bouge, je sens mes orteils, je leur donne cet ordre impérieux : bouge ! Rien ne se passe. Soudain la mémoire me revient, une bouteille d’alcool, deux tablettes de Va-lium, je panique. Vais-je être coincé dans cet état de mort soma-tique pour le reste des jours qui me seront donnés ? Ai-je vrai-ment voulu me suicider ? Non, je voulais juste faire une pause, que tout s’arrête dans ma tête en pleine tempête, je voulais ap-puyer sur le boutonoff. Il s’en est fallu de peu… — Il a de la chance d’être en vie, c’est miraculeux que sa mère l’ait trouvé à temps, vingt minutes plus tard cela aurait été trop tard. — Oui, elle a hurlé et son voisin, un pompier, est venu de suite voir ce qu’il se passait. Je ne reconnais pas la première voix, la deuxième est celle de mon père. J’ai la sensation de les voir, derrière moi, mais je ne vois pas vraiment. Je réalise que je suis intubé.
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— Il a inhalé trop de vapeurs toxiques après avoir vomi, je crains une sérieuse pneumopathie, alors nous avons commencé une antibiothérapie. — C’est quoi ça ? — La pneumopathie ? C’est une infection pulmonaire. — OK. Quand va-t-il se réveiller ? Je tente vainement d’ouvrir les yeux, de leur faire signe que je les entends, que je suis là, mais j’échoue encore une fois. — Je ne peux pas vous dire, et il est préférable que nous le maintenions dans un état comateux jusqu’à ce que sa situation pulmonaire s’améliore. Je pense, je pense, je pense, je suis en vie, j’existe,cogito ergo sum.
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