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Oser hurler, crier; parler d'une vie

De
86 pages
L’Ajoie, un petit coin de paradis. Dans son enfance, l’argent, le pouvoir et la politique vivaient en harmonie. Mais Jean-Claude, après cinquante-cinq années passées dans cette magnifique région du Jura suisse avec ses joies, ses peines et les déboires d’une société devenue l’esclave du capitalisme, a appris à vivre au jour le jour… Mêlant témoignage intime et reflet d’une société en pleine déliquescence, Jean-Claude Zaugg dénonce une humanité en chute libre. Si son récit, authentique et amer, prend des allures de combat, son œuvre offre aussi aussi un hommage au dialecte jurassien, telle une racine sur laquelle le temps n’a pas de prise.
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Oser hurler, crier, parler dune vie
Jean-Claude Zaugg Oser hurler, crier, parler dune vie
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Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication aux Éditions Publibook en 2011
Avant, assis sur ce banc, Que mon espoir de vie était grand ! Maintenant, sur le même banc, Lespoir de la vie est devenu petit. Dans ma région, Petit, je vivais heureux. Dans ma contrée, Grand, jy suis malheureux.
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Message davenir Chronique de bonheur, de joie, de malheur et dincompréhension dune vie jurassienne banale. Histoire vécue, triste réalité de ce citoyen jurassien que je suis. Cest aussi celle de mes parents et grands-parents, qui ont contribué, avec leurs connaissances, leurs acquis, à mener leurs combats pour ce canton, où malheureusement les lois, le pouvoir politique, le compresseur administratif, amènent à la pauvreté. Ceci est le récit dune histoire vraie, que je dédie à la jeunesse de ce petit coin de terre. Lauthenticité de cette histoire, les vérités quelle contient doivent être transmises aux générations futures. La vie dun canton où tout est mensonge Je veux vous mettre au courant de la réalité dun petit coin de paradis. Je vis dans une magnifique région du Jura suisse. Dans mon enfance, largent, le pouvoir, et la politique vivaient en harmonie. Cétait une vie difficile, avec mes aïeux et mes soi-disant amis. Largent nétait pas labsolu, une petite attention nous donnait de la joie de vivre. Jai appris à exister, avec un grand respect des autres et des vrais amis. Jai vu la vie, sans savoir quun jour je ressentirais une aussi grave tristesse. Petit, comme tout enfant de notre district, jai appris lexistence de nos parents et de notre famille. Leurs acquis me donnaient la joie dapprendre à vivre. Petit, jai habité un coin de
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lAjoie, où le respect existait encore, où lAncien pouvait encore avoir un mot à dire. Aujourdhui, jai décidé de vous parler de notre Ajoie, avec une grande peine, et pas seulement de largent, comme cest le cas maintenant. Cest en 1954 que jai vu le jour. Mon père, footballeur du FC Porrentruy, était tombé amoureux dune serveuse de nationalité française, employée dans un restaurant de la ville. Rien de plus banal, en somme. À lâge de trois mois, jallais comprendre que la vie dans le Jura suisse nétait pas rose. Lors de mon tout premier voyage, en rentrant de France où maman mavait emmené voir ses parents en train, je reçus la première ampoule suisse sur le front. Cest pendant le changement de train, à Delle, que ce morceau de verre me tomba dessus, dans le wagon des chemins de fer jurassiens. Voilà ce que le début de la vie me réservait. Il faut dire que je nen ai aucun souvenir, jétais tellement petit ! Ma mère et mon père travaillaient durement, pour pouvoir payer le logement et la nourriture. Cest mon arrière-grand-mère, âgée de plus de septante ans, qui mapprit que tout ce qui se fait avec générosité est dun grand profit dans la vie. Ses crêpes resteront à jamais gravées dans la mémoire du petit garçon que jétais. Dommage que je naie pas pu en profiter beaucoup, mais il faut dire quelle vivait très modestement, dans son adorable petit cocon, au Faubourg de France. Le confort était rare. Elle avait une petite chambre, avec un lit et une armoire, sans oublier son fauteuil, où elle passait son temps à tricoter et à lire. Pour ce qui est de sa cuisine, le strict minimum : une table, deux chaises, une ancienne armoire où elle pouvait tout juste ranger sa vaisselle. Pour ce qui est de la cuisinière, nen parlons pas : très minuscule, juste bonne à cuire son repas. Elle neut pas le temps de me renseigner sur la vie future. Enfin, la vie dun
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