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Traverser le pont

De
87 pages
Un jour de l'an 2000, j'ai appris que je n'étais pas tout à fait celle que je croyais être. A l'automne de ma vie, un évènement inattendu est venu bouleverser mon existence. Pourquoi traverser le pont? C'est pour répondre à cette question - et rétablir la vérité des faits relatés dans les journaux à scandales - que j'ai écrit cette longue lettre à celle qui fut ma grand-mère durant cinquante merveilleuses années et qui ne cessera jamais de l'être. Une histoire de famille toute simple, comme il en existe des milliers, mais il n'y a qu'une seule Alice Reine !
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Traverser le pont
ou À la recherche d’Alice Reine
AUTOBIOGRAPHIE/MÉMOIRES (FICTION)© manuscrit.com, 2002
ISBN: 2-7481-0645-8 (pourlefichiernumérique)
ISBN: 2-0644-X (pourlelivre imprimé)Avertissement de l’éditeur
DécouvertparnotreréseaudeGrands Lecteurs(libraires,revues,critiques
littéraires etde chercheurs),ce manuscritestimprimé telunlivre.
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contact@manuscrit.comTraverser le pont. Pour te comprendre, pour te
suivre, je devais traverser le pont !
Lematinserefermaitsurmesincertitudes. Aquoi
bon ? J’avais passé la cinquantaine, j’étais mère et
grand-mère,orphelinedepuisdes années. Tume di-
saisque jedevaissavoir,traverser lepont, tesuivre.
En douceur, tu venais de quitter le monde. En
pleine grâce, celle de tes cent ans ! Tu ne croyais
jamais pouvoir vivre cent ans !
Tu me demandais de cette voix tremblante, avide
de se reposer, heureuse de la quiétude annoncée, de
te suivre.
Mes parents s’en étaient allés bien avant toi. Tu
avaisperducettefillequetuaimaisplusquetout,ta
fille unique, ma mère.
Encejourfuneste,encejourglorieux,encejour
quineconnaîtraitplusquelanuit,tum’avaisconfié
une destinée.
J’étais là depuis l’aube. Adossée au muret,
contemplantleleverdujoursurlarivière,siprèsde
ce pont où nous allions encore nous promener ces
derniers dimanches.
Tumarchaisavecpeine,sanscanne,sansartifices,
dans la douleur de ces membres usés.
Tes cheveux enfin libérés dans cette lumière de
juin.
7Traverser le pont
La maladie qui gagnait chaque jour une nouvelle
partie. Le grand âge qui t’envahissait. Cette beauté
qui ne te quittait pas !
Ma grand-mère vivait encore, ma grand-mère
étaitmalade,fatiguée,enfindevie,magrand-mère
avait cent ans, elle allait s’éteindre…
Sur le banc, tout près de la rivière, en ce jour de
juin, il y a deux jours, tu m’as pris la main, deux
mainsuséesparletempsetlesépreuves,deuxmains
de femmes qui ont joué, appris et aimé, deux mains
que cinquante années séparent mais qui sont si ju-
melles.
Tu as mis tes yeux si clairs dans les miens, ton
visage s’est éclairé, les rides se sont estompées, le
souffleamanqué,lavies’enestallée,dansmesbras
tu t’es endormie, à jamais.
Je n’aurais pas souhaité un autre départ pour toi.
J’étais si malheureuse et si seule, mais ce corps tant
aimécontrelemienenguised’adieumeréconfortait.
Tu m’avais parlé, juste avant.
Mystérieusement, tu m’avais demandé de traver-
ser le pont, de te suivre, de te comprendre.
J’avais enfoui cet ultime message, j’avais tant de
choses à régler auparavant.
Le médecin, les secours, trop tard Madame… je
le savais bien !
L’au revoir, la famille, les pleurs et les sourires,
lesmotsfacilesetlesphrasestoutesfaites,lesvaines
complaintes et les tendres souvenirs, les fleurs et le
marbre.
L’adieu, la terre, la croix, plus jamais…
J’étais rentrée. J’avais quitté la rivière, le banc.
La maison ? Je la garderais, pour les enfants. Mai-
son de famille, maison de repos, maison de soleil,
sourires et joies de l’été.
Pourquoi devais-je "traverser le pont ? »
Ces derniers mystères pesaient lourds, ma peine
aurait largement suffit. Voir partir le dernier de
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