Un matin à Nizi

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Un matin à Nizi, c'est un retour aux sources de l'enfance, un voyage où le présent et le passé se côtoient, un pèlerinage vers des lieux que seule la mémoire peut reconnaître en remontant dans le temps et l'espace. Au fil des étapes, des souvenirs que rien n'est venu altérer ressurgissent, des voix à peine éteintes se font entendre, des paysages immuables réapparaissent dans un présent incertain.
Publié le : jeudi 24 janvier 2013
Lecture(s) : 23
Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342001211
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342001211
Nombre de pages : 112
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Du même auteur
Majivu, Mon Petit Éditeur, 2010
Gilbert Naiken
UN MATIN À NIZI
 
Mon Petit Éditeur
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IDDN.FR.010.0118295.000.R.P.2012.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2013
À Michelle
Pourquoi dans la courte liste des plaisirs terrestres oublie-t-on toujours celui prodigué par le souvenir ?
B.Beyern
Un vol oublié Cette nuit-là, le régulier Bruxelles-Kinshasa prit son essor avec plus de six heures de retard ! Le voyage se présentait pour-tant sous les meilleurs auspices ; le départ avait été avancé de deux heures sur lhoraire initial. Nous aurions dû nous méfier de cette annonce. Il est rare quun vol parte plus tôt que prévu, encore plus rare par une compagnie zaïroise. Confiants, nous en avions accepté laugure et cela nous donnait de la marge pour la correspondance vers le Kivu. Les formalités denregistrement expédiées, les passagers au grand complet, massés devant la porte dembarquement, atten-daient, impatients, de monter à bord. Bizarrement, aucun appareil nétait encore abouché au satellite mais une manuvre de dernière minute nest-elle pas toujours possible dans la fièvre du trafic ? Une heure plus tard, devant lhumeur grandissante et malgré un affichage toujours aussi catégorique, une annonce fit rasseoir les candidats au départ. Retard pour raison technique ! Cela laissait à chacun tout le loisir de promener un regard sur ces voyageurs de la nuit qui avaient tôt fait de ségailler dans laérogare. Les Zaïrois dominaient ce microcosme de migrants, parfait diminutif de la population hétérogène du pays où nous allions. La frénésie du voyage qui a saisi ce peuple au lendemain de
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lindépendance nétait pas prête de séteindre. Les fonction-naires ministériels de haut rang, chargés ou non de mission, formaient le plus fort contingent de cette assemblée. Les inces-sants va-et-vient entre lex-colonie et lex-métropole se justifiaient amplement tant par les maladresses que par les ma-lentendus répétés qui distendaient continuellement des liens quon avait jurés éternels. Des négociants de tout crin, avides dimporter des biens indispensables ou pas, pressés dexporter par des voies officielles ou parallèles les rares richesses que le pays acceptait encore de produire, allaient peupler une bonne partie de la carlingue. Ces derniers contrastaient avec le reste de la cargaison humaine tant par leur tenue vestimentaire impec-cable que par leurs opulentes moitiés et leur abondante marmaille, elle aussi fringuée au goût du jour. Venait ensuite une minorité blanche, reliquat des rapatriements et retours suc-cessifs depuis 1960, dans laquelle se retrouvaient des êtres au profil incertain, ex-fonctionnaires ou ex-agents de sociétés re-convertis en conseillers techniques ou consultants, inconditionnels dun pays qui finalement était le leur. Une paire de religieuses sans âge, accompagnée dune jeune postulante à la peau plus sombre, ne laissait pas oublier luvre missionnaire gigantesque au Congo. Un père blanc, rosaire en sautoir, com-plétait le trio. Les voûtes de laérogare répercutaient les cris de jeunes étudiantes transalpines fort bruyantes qui abusaient ef-frontément du privilège dêtre jolies. La barbe prophétique dun ascète enturbanné témoignait discrètement de la disparité reli-gieuse du continent noir. Une dernière touche à cette fresque africaine : un couple arabisé, majestueusement perdu dans un drapé kilométrique, promenait sa superbe en traînant dans son sillage une fillette rutilante comme un arbre de noël. Deux heures sétaient écoulées. Le tarmac restait désert et plus aucune vie nanimait la piste denvol. Au loin, les lumières de la ville scintillaient dans la nuit profonde. Les consoles
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