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Pierre-Marie Fenech
UNE MÉMOIRE EN PAPIER
 
Mon Petit Éditeur
 
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http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits dauteur. Son impression sur papier est strictement réservée à lacquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits dauteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS  France
IDDN.FR.010.0115757.000.R.P.2010.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2010
Arrivera-t-il jusquà la surface de ma claire conscience, ce souvenir, linstant ancien que lattraction dun instant identique est venue de si loin solliciter, émouvoir, soulever tout au fond de moi ? Je ne sais. Marcel Proust A la recherche du temps perdu
Première partie La boîte
1 Monnaie le 12 octobre 1982,
Bonjour Pierre Marie et Lydie, Dabord je demande à Pierre Marie de mexcuser de ne pas avoir écrit plus tôt pour envoyer photos et lettres comme pro-mis. Jai traversé un épisode très dépressif en rapport direct avec tout cela, me rendant compte combien cétait important pour moi, combien notre conversation mavait bouleversée, et jai eu du mal à être à autre chose quà ces vieux souvenirs qui me venaient en vrac. Dans ces cas-là, jai du mal à renouer le contact. Cétait pour moi comme un deuil que javais à faire avec tout ce que cela suppose. Donc, ma mère ma envoyé une lettre de Germaine adressée à loncle Auguste et à la tante Marie. Une lettre où « Petit Pierre » a beaucoup de place et où elle en parle avec tant damour. Jai eu un peu honte de ten avoir privé aussi long-temps, de cette lettre, aussi tu voudras bien me pardonner. Les photos sont belles aussi. Celle qui est prise à La Goulette est celle où je reconnais mieux la mère et lenfant que jaimais tant, et la femme qui fascinait mes douze ans. Si tu pouvais Pierre-Marie tarranger pour la faire retirer et me donner ce tirage, ça me ferait bien plaisir. Je me disais, depuis notre rencontre, que quelque chose avait fait très mal, mais comme un mal nécessaire. Jespère que pour toi cela naura pas été trop pénible, en tout cas jai si souvent pensé à toi. À toi et à Lydie qui peut taider et cest bien que cela soit. Je me suis dit aussi, parfois, que peut-être javais fait
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UNE MÉMOIRE EN PAPIER
irruption dans la vie de Pierre Marie pour y réveiller (« en y ré-veillant » serait plus juste) de vieilles choses très pénibles, et je me suis sentie très mal à laise. Cela explique aussi le retard que jai pris à envoyer photos et lettre. Et puis finalement peut-être valait mieux laisser courir quelques mois avant de reprendre contact, le temps dassumer quelque chose qui doit vous aussi vous avoir surpris lun comme lautre. Jespère avoir des nouvelles très prochainement et si je tai bousculé Pierre Marie je te demande de voir que là nétait pas mon intention. Et jespère que tout cela sera positif pour toi, en tout cas, cest mon vu le plus cher. Ce que je regrette le plus cest que ça passe par souffrir. Je vous embrasse, Nicole Il y a des lettres et des photos dans une boîte chez moi. Je les sors presque tous les jours en ce moment. Je les lis et les regarde longuement. Surtout cette photo. La femme au centre, cest ma mère, Germaine Fenech. Le petit garçon dans ses bras, cest moi, Pierre-Marie. Serrée tout contre elle, à droite, il y a ma cousine Nicole Richard. La photo a été prise vers la fin du mois daoût 1960, à Gerbamont dans les Vosges, devant le chalet de mon oncle Gaston Richard que lon voit à droite du groupe, à côté de sa femme Marguerite et de son autre fille Danielle. Cette photo est très certainement la dernière photo de ma mère qui est morte quelques semaines plus tard, non loin de ce village, à Gérardmer. La manière dont ma mère me tient la main, la façon dont je me tiens contre elle comme si javais peur quon me la vole, le sourire de la petite Nicole si heureuse dêtre près de nous, toutes ces choses sont là sur ce cliché, dans la mémoire du pa-pier. Mais elles ne sont pas dans la mienne, car jai tout oublié de cette partie de mon enfance. Cest cela que Nicole savait quand elle ma écrit cette lettre en 1982. Vingt-deux années doubli de ma part, un silence quasi
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