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Verdi

De
329 pages
'Je peux mettre en musique une gazette ou une lettre, mais le public, lui, admet tout au théâtre sauf l’ennui.'
Né au sein d’une famille de la petite bourgeoisie campagnarde, Giuseppe Fortunino Francesco Verdi (1813-1901) est considéré comme l’un des compositeurs d’opéra italien les plus influents de son temps, et une des figures emblématiques du Risorgimento aux côtés de Cavour et de Garibaldi. De Rigoletto à La Traviata, en passant par Otello et Aïda, il composa 42 œuvres dont 28 opéras. Ses orchestrations mettent en scène tous les sujets – réalistes, émouvants, lyriques – avec une force d’expression, une fécondité, une originalité jamais atteintes auparavant. Verdi brûla d’une merveilleuse passion, 'brutale, vraie'. Ce sont les mots de Georges Bizet qui ajoute : 'Mais il vaut mieux être passionné de cette façon que pas du tout.'
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F O L I OB I O G R A P H I E S
c o l l e c t i o n d i r i g é e p a r G É R A R DD EC O R T A N Z E
Verdi
par
Albert Bensoussan
Gallimard
Crédits photographiques : 1, 4, 16 : Costa/Leemage. 2, 8 : Cuboimages/Leemage. 3 : Bettmann/Corbis. 5 : Luisa Ricciarini/Leemage. 6 : Electa/Leemage. 7, 9, 10, 17 : DeAgostini/ Leemage. 11 : Interfoto/La Collection. 12, 14 : Colette Masson/RogerViollet. 13 : Fototeca/Leemage. 15 : Bianchetti/Leemage.
© Éditions Gallimard, 2013.
Universitaire, écrivain et traducteur, Albert Bensoussan est agrégé d’espagnol, docteur ès lettres et professeur émérite à l’université de Rennes2. Auteur d’essais littéraires, dontRetour des caravelles,Confes sions d’un traîtreetJ’avoue que j’ai trahi, ainsi que de fictions, notamment Frimaldjezar(prix de l’Afrique méditerranéenne) etDans la véranda (prix du Grand Ouest), il est la voix française, entre autres, de Mario Vargas e Llosa. Il a coordonné, pour leXXsiècle, uneHistoire de la littérature espa gnoleIl collabore régulièrement au (Fayard). Magazine littéraire. Il a publié dans la collection « Folio Biographies » une biographie de Federico García Lorca.
À JeanClaude Sam et Bernard, mes neveux mélomanes.
Avantdire
Verdi, on le porte dans ses fibres, il résonne à vos oreilles, il s’inscrit en votre âme et conscience. Dès mon plus jeune âge, à l’Opéra d’Alger où mon père louait à l’année l’avantscène du premier balcon, j’étais familier de Gilda, par la voix d’Ida Doneddu, une soprano colorature de chez nous qui animait dans la ville libérée une émission debel canto sur les ondes de RadioAlger. Notre voisine d’immeuble, qui chanta en divette sous le nom d’Edmée Angèle, était devenue, en se retirant de la scène, directrice adjointe de l’Opéra, animé par le grand Pierre Portelli, qui avait eu une jolie voix dans son jeune temps, et s’employait à faire venir outremer les plus grands chanteurs du moment. Ainsi avaiton pu entendre et applaudir José Luc cioni et César Vezzani, les deux plus grands ténors français d’alors, et Mado Robin qui fut, définitive ment, notreLakméavec son « Air des clochettes » et son incomparable contrecontre, ou Renée Doria, autre grande Gilda ; nous avions même vu, enTosca, cette débutante qui s’appelait encore Maria Meneghini, avant de devenir la Callas, qui
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fit trembler les murs de notre petite scène lyrique. Et des barytons tels que Valère Blouse, inoubliable Hamlet, d’Ambroise Thomas, ou Louis Noguera, natif d’Alger, qui chantaRigoletto, avant de deve nir professeur au Conservatoire de Paris, vingt cinq ans durant, cédant bientôt la scène au Constan tinois René Bianco qui, dansAïdaetUn bal masqué, allait faire les beaux jours de l’Opéra. Lorsqu’on disait « chanteur de l’Opéra », il fallait toujours comprendre l’Opéra de Paris, cette « Grande Bou tique » qui tant fascina Giuseppe Verdi, et où avait triomphé l’Algéroise Andrée Esposito qui fut une grande Violetta au palais Garnier, et une Mireille émouvante sur toutes les scènes de France. Dans ces années d’après guerre, l’Opéra chez nous était un lieu d’affluence pour classe moyenne et petit peuple de Bab elOued, où il y avait tant d’Italiens d’origine. Et qui fréquentaient l’Opéra ou dans la salle ou sur scène. Ainsi, exerçant deux années durant les fonctions (avec toute leur dignité) de figurant, j’y côtoyais pas moins de trois généra tions d’artistes italiens réunis sur scène, la famille Delbesio : le grandpère était choriste, ainsi que sa bru, et son fils Angelotti, qui jouait les secondes basses, surgissait dès le lever de rideau deLa Tosca — « Ah ! je respire, futil terreur pire, je voyais partout la face d’un sbire », ainsi que se chantait alors, en français, l’opéra italien — ; enfin, le petit fils était mon camarade figurant et, à nous deux, nous campions tout un peloton d’exécution met tant un terme au « dernier matin » de Mario Cava radossi. Populaire était alors l’opéra, et bruyant,
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