Viet Nam que j'aime - Tome 2

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Pendant 25 ans, de 1984 à 2008, Marie et Jean Bernard Joly sont allés deux fois par an au Viêt Nam pour participer à des actions d'enseignement. Dans le premier livre, "Le Viêt Nam que j'aime, Tome I", Jean Bernard, missionné par l'association l'APPEL avec d'autres pédiatres et des ingénieurs hospitaliers, a raconté les actions d'enseignement des soins aux mères et aux nouveau-nés dans la province de Hà Nôi. La rénovation du service de néonatologie de l'Institut de la mère et du nouveau-né fut une entreprise passionnante nécessaire au développement de soins modernes. Les séances d'enseignement dans les hôpitaux de la province ont permis d'appréhender les immenses difficultés du système de santé vietnamien. En même temps, les nombreuses visites ont dévoilé la vie de ce peuple discret, secret, attentif, poète, si différent de nous et pourtant si proche par l'histoire. Marie, missionnée par la Fondation Leïla Fodil, a entrepris une sensibilisation des responsables médicaux aux méthodes de planification familiale naturelle. Elle le racontera dans le tome III. Le deuxième livre nous emmène, sous l'influence de madame le professeur Duong Thi Cuong, dans les centres de santé de plusieurs provinces. L'enseignement proposé se concentre sur les "soins essentiels", ceux qui sont abordables à tous. Le docteur Pham Xuân Tiêu se passionne pour ce programme dont il interprète les exposés et perfectionne avec nous la méthode de la supervision. Nos yeux, nos oreilles et notre coeur s'ouvrent sur la vie de ceux qui nous ont permis de pénétrer un peu leur intimité. C'est ce côté humain qui nous tient le plus à coeur.
Publié le : jeudi 12 novembre 2015
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342044256
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342044256
Nombre de pages : 280
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Du même auteur
Le Viêt Nam que j’aime – tome I, Mon Petit Éditeur, 2015
Jean Bernard Joly LE VIET NAM QUE J’AIME Tome II – Allez dans les provinces ! La vie entre les mains, 25 ans de coopération médicale
Mon Petit Éditeur
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À Marie Nous avons fait tout cela ensemble forts de notre amour Pour nos enfants et petits enfants À Jacques Lalande, qui nous a entraînés dans cette aventure passionnante À Paul Sanyas, compagnon fidèle À Tiêu et aux Vietnamiens rencontrés Ils sont devenus des amis sincères et nous ont appris à aimer leur pays À Madame Cuong, sans laquelle rien n’aurait pu se faire.
Pourquoi aller dans les provinces ? Depuis huit ans, je faisais avec l’APPEL un travail centré sur l’Institut de protection de la mère et du nouveau-né à Hà Nôi. Il s’agissait de permettre à cet Institut de tenir sa place de guide national dans le domaine des soins aux nouveau-nés. Les séminaires étaient pour les médecins de province une ouverture sur des méthodes de soins plus modernes. Nous sou-haitions qu’ils transmettent l’enseignement reçu. Ils ne l’ont pas fait. Nous nous sommes vite aperçus que leurs connaissances n’étaient qu’un vernis superficiel. Beaucoup écoutaient nos cours avec une satisfaction intellectuelle dont ils n’ont tiré au-cune application pratique. Certains avaient pris résolument un virage vers plus de ri-gueur dans l’attention portée aux protocoles de soins et à l’hygiène ainsi qu’à l’entretien du matériel. D’autres étaient res-tés éloignés des attributions de matériel et de l’accès à l’enseignement donné par l’APPEL. D’autres enfin se conten-taient des mauvaises habitudes de gaspillage et de négligence qui accompagnent souvent la pauvreté et la dépendance de l’assistance étrangère. Enfin, les centres de santé des communes étaient écartés de toute formation. Chaque année, madame Cuong emmenait la délégation de l’APPEL en visite. Cela fut pour nous des occasions inespérées de pénétrer la vie des Vietnamiens, comme jamais un circuit
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touristique nous l’aurait offert. Elle nous expliquait comment vivaient les familles, les coutumes réglant les actes de la vie cou-rante. Elle nous faisait rencontrer non seulement les dirigeants, dont nous avons appris à décrypter le langage de bois, mais aussi les humbles agents des centres de santé de communes qui exposaient leur dénuement sans rien cacher. Nous avons ainsi bien pris connaissance des difficultés extrêmes qu’ils rencon-traient. Pendant les visites des hôpitaux, nous ressentions sa peine devant les situations dramatiques des mères et des enfants hos-pitalisés. Elle se penchait souvent tout près du visage des femmes allongées sur leur lit, leur caressant la main et leur di-sant quelques mots. Cet encouragement affectueux nous a beaucoup frappés et encouragés dans notre action. L’angoisse visible sur le visage des femmes attendant qu’on leur applique la régulation menstruelle la bouleversait, même si du fait de sa position elle ne pouvait pas l’exprimer. Pour que les mères et les nouveau-nés puissent bénéficier de soins meilleurs, il fallait changer l’auditoire et notre enseigne-ment. Madame Cuong a demandé à l’APPEL de déplacer son ac-tion vers les provinces démunies en portant le maximum d’attention au personnel des centres de santé des districts et des communes. Cette proposition était conforme à la vocation de l’association d’aider les plus pauvres. Ce fut pour nous une ou-verture fantastique sur la vie du pays. Nous nous sommes efforcés de ne parler que de ce que les acteurs de santé rencontrés pouvaient faire à leur niveau. Cet enseignement reposant sur des gestes et des attitudes appli-cables leur a redonné confiance en soi. Les femmes venant consulter se sont rendu compte qu’elles pouvaient recevoir une réponse efficace à la plupart de leurs problèmes.
Nos cours ont été concentrés sur la surveillance des gros-sesses et les soins aux nouveau-nés en y ajoutant des notions d’hygiène des mains, des locaux, l’élimination des déchets, la supervision. La réanimation des nouveau-nés avec les gestes les plus simples : séchage stimulant la respiration, aspiration, ventilation avec le tube à masque, a fait partie du programme de tous les cours, ainsi que les soins simples aux nouveau-nés de petit poids : conservation de leur chaleur, alimentation précoce et adaptée, hygiène, transport si nécessaire sécurisé dans les vête-ments de la mère et pas dans le porte-bagages du vélo ou de la moto. J’ai cité ces quelques exemples pour vous permettre de res-sentir le climat d’attention affectueuse et de simplicité de nos cours. Ainsi, madame Cuong et nous pensions que les femmes et les enfants pourraient recevoir des soins préventifs et curatifs de même qualité que dans la capitale. C’était possible. Elle nous a dirigés dans les provinces de Thanh Hoa, Hoa Binh, Ninh Binh, Hai Phong, Bac Kan. Après avoir longtemps discuté cette nouvelle orientation, pour nous détendre, Cuong nous a emmenés visiterChua But Thap, la pagode du pinceau. N’hésitez pas à aller la voir, car c’est une des plus belles pagodes du Viêt Nam, dans la province de Bac Ninh. De cette pagode émane une sensation de sérénité comme je n’en ai pas ressenti ailleurs. Notre guide était une bonzesse de trente-cinq ans. Avec son crâne rasé, nous l’avions prise pour un jeune bonze, elle vivait là toute seule. À l’entrée, un bâtiment abrite la grosse cloche de bronze de plus de un mètre cinquante de diamètre. Derrière, d’autres bâ-timents sont peuplés de statues. Dans l’un d’eux, la statue en bois du bouddha aux mille mains et mille yeux. Enfin au fond,
la grande tour en bois à neuf étages et huit faces, capable de tourner sur elle-même, et entièrement décorée en bas-reliefs. Sur le côté, le pinceau : tour en marbre de cinq étages, fine-ment sculptée.
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