X un jour, X toujours...

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Je suis une rescapée de l'aiguille à tricoter. Pourquoi moi? J'aimerais bien le savoir... Si la pilule a aujourd'hui libéré la femme, elle a aussi empêché des milliers d'enfants torturés par le secret de leurs origines de voir le jour. Au début des années soixante-dix, les candidats à l'adoption n'avaient pas besoin d'aller au bout du monde pour satisfaire leur besoin d'enfant, les maisons d'enfants du territoire français étaient encore bien garnies. C'est comme cela, qu'à l'âge de 6 mois, j'ai rencontré papa et maman. Nouvelle naissance, nouveau nom et appartenance à une famille. La difficulté est de vivre avec cette petite différence presque invisible pour le non-initié mais qui est bien présente. Comment ne pas penser à cette madame X, cette génitrice mystérieuse? Comment construire son enfance, son adolescence et plus tard sa vie d'adulte sur des non-dits, des silences et parfois des mensonges?
Publié le : jeudi 8 octobre 2015
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342043143
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342043143
Nombre de pages : 162
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Anne-Laure Giron X UN JOUR, X TOUJOURS…
Mon Petit Éditeur
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Préface À mes amies M.-C. et Flo, à ma sœur, à ceux que j’ai croisés, aux 400 000 X de France, à ceux que cela détruit, à ceux qui survivent, à ceux qui s’en foutent, à ceux qui ont oublié. À toutes celles qui ont donné leur enfant, celles qui en crè-vent, celles qui n’y pensent plus et puis aux autres, qui vivent avec… À toutes les mamans et tous les papas qui, un jour, ont fait le choix d’aimer et d’élever un enfant qui n’était pas d’eux et dont ils ne savaient rien. À ceux qui s’en sont sortis, à ceux qui ont baissé les bras, à ceux qui ont regretté. À maman et papa. À mon petit garçon et à son papa.
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Chapitre 1 Clarisse m’a appelée. C’est toujours comme cela avec elle, quand je m’y attends le moins. Je peux ne plus entendre parler d’elle pendant des mois et puis tout à coup, un jour, elle resur-git, rarement en bon état et toujours demandeuse, mais de quoi ? « Viens, m’a-t-elle dit, il faut que je te parle. » Elle se fout bien de ce que je suis en train de faire, elle en a besoin, donc pour elle je suis disponible c’est tout… C’est comme cela depuis toujours. En fait, pas tout à fait de-puis toujours, la première fois nous devions avoir 4 ans. Une rencontre qui allait faire de nos vies deux parallèles qui jamais ne se rencontreraient mais qui, par les lois élémentaires de la physique traceraient ensemble côte à côte leurs deux destins… Deux heures après, j’étais chez elle… Bien sûr qu’elle me fai-sait chier, bien sûr que je lui en aurais filé des baffes, à moins que ce ne soit à moi que j’en veuille d’être aussi conne. Elle a ouvert la porte et là, en la voyant, comme toujours, toute ma rancœur est tombée. J’ai un ami qui dit qu’il ne faut pas tirer sur l’ambulance, et bien c’est ce que j’ai fait, je suis entrée, j’ai fermé la porte et je l’ai suivie… Depuis le temps que l’on se connaît, elle n’a pas besoin de me faire un dessin. J’ai su qu’elle avait replongé : deux bouteilles
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X UN JOUR, X TOUJOURS...
traînaient sur la table basse du salon, apparemment elle n’avait même pas jugé utile d’utiliser un verre pour se bourrer la gueule… « Tu n’as pris que ça ? ai-je demandé pour entamer la conversation ? — Non, ça n’a pas suffi… » Elle s’est calée dans le canapé, les jambes relevées sous le menton, moi j’ai poussé un tas de fringues sur le fauteuil juste à côté, me suis assise en n’ayant aucune idée du temps que ça allait prendre : j’avais déjà une certaine expérience de ces retrouvailles surréalistes… « Jusqu’où tu comptes aller comme ça ? ai-je sorti au bout de deux ou trois minutes. — Plus nulle part, je le sais maintenant, regarde-moi, je n’ai même pas le courage de tout arrêter… — Et ton fils ? ai-je tenté — Tu m’as bien regardée ? » s’est-elle énervée, « Tu crois vraiment qu’une mère comme moi ça sert à quel-que chose dans la vie ? » Elle me regardait fixement, ses lèvres tremblaient. « Tu sais ce que j’ai fait l’autre jour ? J’étais tellement mal, je me suis énervée contre lui. Je lui ai dit que de toutes les façons la vie était pourrie, j’ai balancé toutes ses affaires à travers la pièce et tu sais ce qu’il a fait ? Il est allé les ramasser calmement et il s’est retourné vers moi les yeux plein de larmes et il m’a dit, “ce n’est pas vrai, maman, t’es méchante…” Et là j’ai eu honte, je n’ai même pas osé aller vers lui, tu te rends compte, un gamin de 4 ans, je n’ai même pas su le serrer dans mes bras, lui dire que maman s’excusait, que ce n’était pas vrai… Non, tu sais ce que j’ai fait je suis allée m’enfiler ma barrette de Lexomil et j’ai prié pour que ça fasse vite effet, que ça m’enlève la honte d’être une mère de merde…
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