Coup d'oeil sur la situation relative de la France et de l'Europe, par l'auteur de : "Les Souverains actuellement régnant en Europe au tribunal de l'opinion"... 2e édition

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Ridgway (Paris). 1816. France (1814-1824, Louis XVIII). In-8 °, XV-160 p..
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Publié le : lundi 1 janvier 1816
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COUP D'OEIL
SUS LA
SITUATION RELATIVE
DE
LA FRANCE ET DE L'EUROPE.
COUP D'OEIL
SUR LA
SITUATION RELATIVE
DR
LA FRANCE ET DE L'EUROPE.
PAR L'AUTEUR
LES SOUVERAINS ACTUELLEMENT REGNANS EN
EUROPE, AU TRIBUNAL DE L'OPINION,
stc sçc. ce.
Tributa et injuncta imperii munera impigri obeunt
si injuria absint 5 bas oegre tolerant.
TACIT. IN AGRICOL.
DEUXIEME EDITION.
IMPRIME A PARIS EN JANVIER:
RÉIMPRIMÉ A LONDRES,
CHEZ RIDGWAY ET FILS, PICCADILLY.
1816.
De l'Imprimerie de C. WOOD,
Poppin's Court, Fleet Street,
INTRODUCTION.
QUEL citoyen pensant, dans l'Europe
civilisée, peut réfléchir sans inquiétude sur
le sort qui menace prochainement cette
plus belle partie du monde, si la voix des
peuples ne s'eleve plus haut que les préten-
tions de leurs dominateurs et ne les contraint
à rentrer dans l'ordre et les limites que leur
assignent la raison, le progrès des lumières
et les besoins des nations ? Il est toujours
digne de l'honnête homme d'être prêt à
montrer aux princes que celui que la for-
tune et la faveur ne peuvent séduire, n'est
jamais effrayé de leurs menaces.
Si les chefs des sociétés, qui ne peuvent
être, aux yeux de la raison, institués que
par ces sociétés et pour elles, continuent à
en intervertir l'ordre en contrariant tous
principes emanents de cet axiome du droit
VI
naturel et du droit public, ils doivent s'at-
tendre incéssament avoir la majeure partie
de l'Europe secouer spontanément tous les
jougs dont elle en couverte et mettre en
action ce principe de toutes sociétés, "qu'il
n'en existe plus du moment que les intérêts
particuliers ne sont pas tous concentrés dans
un intérêt général et commun, qui offre à
chaque individu un intérêt en raison de son
action dans la chose publique."
Est-ce donc pour l'avantage exclusif d'un
seul individu que tous ceux d'un état lui
confient leurs affaires à régir? Ou n'est-
ce pas plustot, pour l'avantage de tous
qu'on consent des intérêts à celui qu'on in-
stitue pour les régir tous ? Remota justicia,
quid sunt regna nisi magna latrocinia ?*
S'il est encore, au tems ou nous sommes,
difficile que les peuples soient absolument
libres, il ne l'est pas moins qu'ils soient ab-
solument asservis ; et la tendance au des-
potisme, à laquelle sont si enclins les
princes, est heureusement limitée par l'im-
* St. Aug;
VII
puissance ou elle est de se satisfaire ! Les
souverains actuels ne semblent affecter,
dans leurs discours et déclarations, de re-
connoitre et respecter l'opinion que pour
mieux l'éluder. Ils ignorent donc que la
force d'opinion est le bouclier des peuples
pour combattre le despotisme, et qu'une ré-
volution déjà faite dans les esprits, peut
être contenue quelque tems, mais jamais
empêchée !
Les premières tentatives d'un peuplé
pour se donner la liberté sont souvent
des méprises, mais dans la résistance
même qu'il éprouve, il finit par asseoir
l'état qui lui convient, et par son ex-
emple à persuader ses voisins de l'imiter.
Le caractère de toutes les nations, même
les moins pacifiques, est de ne reconnoitre
la nécessité d'un changement que lorsque
les maux sont à leur comble; et si la mul-
titude succombe lâchement devant les
maux qu'elle redoute, elle les brave aussi-
tôt qu'elle en est atteinte. Un desespoir
générai qui s'exprime, parle toujours assez
VIII
haut pour être entendu et chaque son de
cette nature, ou tout rayon de lumière qui
pénétre chez un peuple, diminue d'autant
le pouvoir individuel d'un souverain sur la
masse.
Il ne faut dans l'état actuel, voir que les
causes passées et les motifs futures pour ju-
ger l'événement prévu, dans son entier. Il
est des situations désespérées dont les na-
nations, comme les individus échappent
presque toujours, parceque l'homme faible
même, ne voit de secours possible que dans
l'exercice de son courage.
Chaque peuple a ainsi que chaque homme
une valeur et une puissance particulière
qu'il consent toujours à réunir à la volonté
de la majorité ; et celle-ci dans les dissen-
tions est toujours du parti de la justice.
L'Europe n'est agitée que par l'in-
quiétude de chaques rois qui tiennent
sur pied ces armées innombrables avec
les quelles ils font se ruer les nations les
unes sur les autres, sans qu'il en résulte un
autre avantage que l'infixation de l'ordre
IX
politique et le trouble de l'ordre moral!
Ne peuvent-elles détruire ces seuls obsta-
cles à ce qu'elles puissent s'entendre? Dans
tous les cas, encore quelques combats en
Europe, et les vainqueurs comme les vaincus
seront dans la nécessité de poser les armes !
Lés victoires ne sont jamais décisives dans
l'immutabilité de leurs conséquences, et
comme à chaque campagne depuis 25 ans,
c'est toujours à recommencer, pourquoi
n'en pas finir à l'amiable?
D'ans le monde physique comme dans le
monde moral, l'oeil philosophique peut re-
connoitre un cercle assez borné de principes
moteurs qui se succèdent pour régir le
monde. Le premier a été l'agriculture :
elle a fertilisé les terres et leur a donné
une valeur qui a du faire qu'on s'est dis-
puté pour s'étendre : la guerre est deve-
nue second moteur. En s'entendant entre
peuples pour la circonscription géogra-
phique de chacun, d'après l'indication des
langues, des moeurs, &c, le commerce de-
vra être troisième moteur, dont nous lais-
serons à ceux qui verront ce règne, augu-
rer le successeur.
Ne seroit-il pas possible d'amener l'Eu-
rope à un état stable de paix sans passer
encore par la guerre ?
Ce n'est pas par des ministres, par les
cabinets des cours, ni par les congrès du
genre de ceux qui ont eu lieu jusqu'à ce
jour, qu'on peut parvenir à ce but si uni-
versellement désiré ! C'est encore moins
par l'entremise directe des souverains !
Rien de plus commun parmi eux que de les
voir franchir les limites des autres, et rien
de plus rare que de les voir s'en donner à
eux mêmes. " Les princes s'abusent tou-
jours sur leurs propres forces : se croyans
aussi puissant qu'on le leur persuade, ils
s'attirent des guerres mutiles, capables de
ruiner leurs états ; ils ont troublé une paix
établie et nécessaire. Emportés par un
courroux provoqué au lieu d'être retenu,
ils ont fait couler des fleuves de sang et sans
compromettre le leur ! en voulant se venger
d'insultes personnelles qu'ils ne peuvent
XI
détruire, en regardent la clémence comme
une honte pire que la défaite, en voyant
comme éternelle une puissance que n'est ja-
mais plus chancelante que lorsqu'elle est à
son comble, ils feront ecrouler sur eux et
leurs familles les plus vastes empires sans
comprendre que, sur se théâtre décoré d'un
éclat vain et passager, ils doivent s'attendre
à toutes les infortunes, du moment où la
vérité cesse de pouvoir arriver jusqu'à
eux."
" Serons-nous toujours de grands en-
fans, presqu'en tous semblables aux petits
qui ont peur de leur camarades masqués ?
Sachons ôter le masque aux choses comme
aux personnes. Centemplons ces domina-
teurs de l'Europe avec les yeux de la raison
et sous leurs traits naturels, et nous recon-
noitrons facilement qu'ils n'ont de terri-
bles que la crainte qui les précède et lé
prestige qui les entoure."
" Toutes les conditions, sont sujettes
au changement ! Quel est la trône qui ne
soit près de sa chute et qui ne laisse crain-
Xll
dre un usurpateur et un bourreau? Une
heure est quelquefois le seul intervalle entre
le trône et la mort ou la proscription."
" Nous nous sommes proposés, dans se
succinct apperçu, d'examiner :
1. Les causes sommaires qui ont amené
l'Europe a l'état de crise dans lequel elle se
trouve.
2. De mettre au grand jour quelques
particularités trop peu connues sur ce qui
s'est passé en France depuis la seconde in-
vasion de son territoire, par la ligue Euro-
péenne formée contre cette nation.
3. D'établir les motifs qui doivent faire
penser a l'Europe que sa propre cause est
dans celle de la France.
Et 4. De soumettre aux esprits les plus
éclairés et les mieux intentionnés les moy-
ens que nous croyens propres à prévenir la
terrible catastrophe qui menace cette partie
du monde.
Dans cette circonstance encore, nous
avons écrit bien moins dans l'intention de
persuader les autres que pour nous fixer
XIII
nous mêmes sur ce dont nous sommes bien
convaincus. Le bon citoyen est de tous les
pays et de tous les tems. Son langage
ne peut être que celui de la bienveillance
pour ses semblables, et par conséquent
doit être entendu de tous les peuples.
Elevant notre voix, dans les circon-
stances actuelles nous n'aurons pas du
moins encouru ce reproche de Mirabeau.
" Peu de citoyens ont le courage d'éle-
ver la voix en faveur de la vérité : nous
trahissons presque tous la cause de la pa-
trie, ou plustot celle de l'homme, par une
crainte servile ou par une servxle com-
plaisance."
NOTE DE L'EDITEUR.
La précipitation avec la quelle on a désiré faire jouir le
public de cet ouvrage interressant n'a pas permis d'apporter
tout le soin nécessaire a la correction des fautes typogra-
phiques qui s'y sont glissées dans les deux premières édi-
tions. C'est pour quoi nous rétablissons la pureté du
texte dans l'errata ci-dessous.
Page Ligne
VI 4, dont elle en, lisez dont elle est
X 17, aussi puissant aussi puissans.
6 15, du primier du premier.
9 15, les humieres les lumières.
9 16, il menaçoil il menaçoit.
10 5, déchiré déchirés.
12 11, rappleerons rappelerons.
20 8, copendant cependant.
22 15, avoeint avaient.
22 17, ex-primées exprimées.
25 3, s'empaoient s'emparaient.
29 7, donne donné.
30 7, matheur malheur.
34 27, ets es et ses.
34 27, omettre usa;
34 27, ce faisait ce qui faisait.
36 18, dévolu dévolues.
38 21, soustrain soustraire.
43 21, hondres Londres.
48... 9, autres celle autres par celle.
48 11, qui sont mis qui se sont mis.
48 16, pays pays*
48 25 alines à la 25eme ligne.
51 29, pourrait ramener pouvoit lui ramener.
64 8, suppos- ons suppo- sous.
67 20, efforts lui nuire efforts pour.
67 21, même même.
67 21, d'etruire détruire.
67 29, de Orleans d'Orléans.
71 18, universel universel.
71 19, la cause de la cause de.
71 22, principes principes.
76 17, sela cela.
83 4, au lieu de la prose coupé en vers.
87 1, (du titre) terrible terrible.
88 19, réussir ait réussirait.
90 9, preserivait prescrivait.
92 24, même l'a que fort même que l'a fort.
97 10, convoquea convoquer.
103 18, voyent quelque voyant en quelque.
103 19, demele démêle.
105 7, n'obtein droit-il n'obtiendroit-il.
105 9, ancier créancier.
COUP D'OEIL,
CHAPITRE I.
Des Causes Sommaires qui ont amené l' Europe
à l'Etat de Crise dans le quel elle se trouve.
LA révolution Française n'a pas été autre chose
que les volontés réunies de 24 millions d'indivi-
dus qui ne vouloient plus avoir à supporter les
privileges de deux cent mille. C'etoit la raison
soulevée contre les préjugés existans encore. Ils
ont naturellement été vaincus dans cette lutte
inégale. Aujour d'hui c'est en vain qu'ils essay-
ent encore de reprendre leurs avantages ; ils ne
font que tourmenter l'opinion.
Cette révolution, quoique contrariée plusieurs
fois dans son cours, n'en a pas moins toujours
marché. Emanée de la France, elle a fait déjà
B
presque le tour de l'Europe et c'est chez les
Français qu'elle s'achevera. Le moment n'est pas
éloigné ; il est désiré en France avec d'autant plus
d'impatience qu'on y apporte d'obstacles, qui ne
font qu'irriter le besoin de se reposer et de goû-
ter les fruits de tous les sacrifices que cette révo-
lution y a coûtés, et y coûte encore journelle-
ment.
" Heureusement (a dit un grand publiciste)
que les lumières ne peuvent pas être éteintes par
le choc des factions, et que l'instant où celles-ci
sont aux prises est celui où les meilleurs esprits
s'occupent des matières de gouvernement."
Un homme extraordinaire, Napoléon, aulieu
de finir la révolution en la ramenant à ses vrais
principes et en secondant ses vues, ce qui auroit
étendu ses progrès sans efforts dans toute l'Eu-
rope, se laissant d'abord enivrer par la réus-
site, le pouvoir et la flatterie (son inséparable
compagne) a été entraîné par l'idée d'une souve-
raineté universelle. Il s'est trouvé des lors
dans une vieille route abandonnée, dans la quelle
il ne pouvoit être suivi que par des gens séduits
peut être d'abord et ensuite corrompus. Cette
marche de Napoléon auroit du être sans succès,
car en s'ecartant ainsi de la révolution, il
devait révolter les bons esprits qui n'ont du plus
voir en lui qu'un fils dénaturé qui abandonne sa
mère.
Dans le principe, s'il se fût trouvé plus d'hom-
mes courageux ou moins de déserteurs de la
cause de la patrie pour s'attacher, non pas à
celle d'un homme, mais à sa fortune *, il. eût pu
être ramené ou terassé avant que son génie et sa
supériorité sur ses contemporains, lui eut acquis
les moyens de s'élever assez au dessus de l'opi-
nion pour s'en séparer absolument. Ce manque
d'entours de vrais révolutionnaires et de princi-
pes arrêtés le faisoit, non se complaire, mais
s'enfoncer dans sor erreur -f-. Sans cela on eut
du réussir à le remettre dans une voie qui l'eut
conduit bien plus loin, car on ne tourne par la
dos à la vérité tant qu'on n'a point adopté une
erreur qui satisfasse.
Le prestige dès succès militaires lui a aussi ap-
plani bien des difficutés, en trompant pendant
longtems l'opinion d'une nation jalouse de ce
genre de gloire. S'il n'eut pas abusé de sa for-
tune au point où il se l'est permis, il n'est pas
* Les evenemens de 1814 justifient bien cette distinc-
tion;
+ Ainsi qu'il est bien prouvé par tout ce qu'il lui a sa-
crifié.
4
douteux qu'il ne tint encore l'opinion de la mul-
titude dans l'ivresse, et tous les dominateurs ac-
tuels de l'Europe à ses pieds. Il n'appartenoit
qu'à lui seul de pouvoir donner le mot de l'énigme
qu'il présentoit en lui au monde etonné, et pour
lequel il doit être une grande leçon ! Dans la
tendance qu'avoit déjà, mais que ne montroit pas
encore le consul, il a fallu qu'il suivit un système
d'aberrations a la révolution. La plus terrible a
été le besoin de tenir sa nation et l'Europe sous
les armes. L'empereur dès la première année
de son avennement, n'etoit déjà plus le général
guerrier, il etoit conquérant. Et " tout gou-
vernement conquerant n'est qu'un vrai brigandage
quelqu'admirable qu'il soit d'ailleurs*." La
force seule ne donne aucun droit, car si elle met
dans la necessité d'obéir par prudence ; elle ne
peut jamais changer l'obéissance en devoir.
Dans une suite de révolutions qui n'avoient pour
but et résultat que des conquêtes où la force
regloit tout, la legislation ne pouvoit faire au-
cuns progrès et par consequent ces révolutions
éphémères sont restées sans fruits : seulement cer
la a mis tous les états de l'Europe dans une situ-
ation infixée qui a banni tout patriotisme. Il est
* Condillac.
vrai que comme la plus part des gouverne-
niens sont vindicatifs, ceux de l'Europe ont
trouvé moyen de se venger de la France et d'as-
socier les peuples à leur désir de représailles, par
des moyens supplétifs d'un patriotisme qui ne
peut renaître sur le continent qu'avec des vertus
qu'étouffent les gouvernemens qui le divisent.
Napoléon, abusé par sa passion et entraîné par
son génie, ne rencontrant aucun souverain
parmi ceux contemporains, qui put lui tenir
tête, les ayant plusieurs fois tour à tour et en-
semble abattus à ses pieds et s'en étant fait recon-
naître de la manière la plus positive et la plus so-
lemnelle, n'eprouvoit de retard à sa marche que
de la part de l'Angleterre. Irrité contre cette
puissance et la considérant comme un ennemi
personnel qu'il lui falloit détruire, il auroit pri
en venir à cette fin s'il eut voulu prendre le
tems, sans lequel rien n'est possible même à la
nature, puisqu'elle lui est soumise et qu'il en
règle la marche.
Alors une guerre commerciale s'engage et
bouleverse l'Europe sous le rapport des fortunes,
point le plus sensible pour l'homme civilisé en
général. Aussitôt toutes les relations, même
celles que les guerres les plus opiniâtres n'interT
rompirent jamais, furent rompues à un tel point
que le roi d'Europe ne pouvoit se rendre que par
terre d'un de ses ports à l'autre et se trouvait ré-
duit à faire la contrebandier pour se procurer des
denrées coloniales.
Malgré cela, l'Angleterre n'en avoit pas moins
à lutter contre toute l'Europe dans la personne
de Napoléon, puisqu'il la commandoit. Elle a
du prendre à sa solde tous les alliés contraints de
son ennemi, et au moyen de son or ou plustot
de son crédit*, engager dans ses intérêts ceux
qui croyaient avoir tout à gagner en se délivrant
du mal présent sans s'inquiéter de l'avenir. Ils
n'ont fait que changer de dominateur et avec un
grand désavantage car tôt ou tard ils eussent été
débarrassés du prunier.et il ne leur est pas pos-
sible de calculer comment ils pourront se dégager
du second. Voici pour les souverains person-
nellement: voyons ce qui peut dériver naturelle-
ment de cet échange pour leur sujets.
Ceux-ci, sous le premier maitre après avoir
fourni quelques contingens d'hommes et d'argent,
n'en conservaient pas moins leurs moeurs, lois,
* Ils nous a bien été démontré dans cette circonstance
que la puissance réelle d'un Etat dépend toujours du zélé
que chaque citoyen apporte pour le bien public ; d'autant
plus que le peuple est indisposé, en Angleterre plus que
partout ailleurs, contre son gouvernement.
usages, et en un mot tous ce qui constitue le bon-
heur d'une niasse d'hommes réunis en société»
Au lieu que sous le second maître, ils sont à soft
absolue discrétion pour leurs premiers besoins et
de plus ils seront à sa volonté les perturbateurs
de leur propre repos et de celui de tout le con-
tinent. Un peuple, comme celui de l'Angleterre,
que la nature de sa position et de ses institutions
fend exclusif, peut être encore long-tems très-
dangereux pour les autres : il n'en est pas moins
indubitable que le résultat définitif et infaillible
d'une organisation aussi antisociale doit être
pour cette nation la perte de tous ses droitsi
Un despotisme exclusif sur les mers peut être
plus facile à établir que sur terre, mais il est bien
plus difficile à maintenir
Ce qui devrait rendre, à tous les états dé
l'Europe surtout, le joug de l'Angleterre plus
odieux, c'est que les bases en sont étables sur le
malheur de toutes les nations.
Si l'Angleterre et ses alliés, après avoir obi-
tenus l'abdication de Napoléon en 1814, n'avoient
réellement eu en vue que d'en délivrer l'Europe
en l'armant toute entière contre lui, qui les à
empêché à Vienne de fixer et arrêter les bases de
la paix qui seules pouvaient asseoir la tranquillité
de l'Europe ? Toute cette partie du monde la
8
plus peuplée avoit placé ses esperances dans,
cette solemnelle assemblée en lui déférant le
droit de régler ses intérêts. Pendant combien
de tems-n'a-t'elle pas prêté une oreille attentive,
et pour ne recueillir que les sons d'instrumens
annonçant les fêtes qui occupaient jours et nuits
les membres augustes du congrès, et qui n'ont
pu être interrompues, par les prières et les be-
soins des peuples, mais seulement par la subite
apparition de l'ombre de Napoléon.
Ce n'est qu'à sou retour de l'île d'Elbe sur le
territoire François, que le congrès à commencé à
délibérer et ce n'est que lorsque Napoléon a été,
replacé sur le trône impérial (abondonné par
Louis XVIII comme s'il en eut été l'usurpateur),
qu'on a vu paroitre au lieu d'une paix stable
et définitive, un traité de guerre ! Seul acte de
ce congrès, qui devoit asseoir le monde ! !
Si la première ligue Européenne n'avoit pas eu
plutôt en vue le malheur de la France que le
bonheur de l'Europe, lorsque ses chefs etoient
réunis pendant sept mois au congrès n'auroient-
ils pas eu le tems de conclure une paix dont
chaque homme juste et tant soit peu éclairé peut
à lui seul poser les bases dans un jour. Si après
des mois entiers ces messieurs n'ont pu arrêter
les articles d'une paix si désirée, et qu'une seule
séance leur ait suffi pour conclure un traité of-
fensif et défensif de guerre, la génération pré-
sente qui s'en est indignée et la postérité qui
n'en sera pas moins révoltée, ne seront-elles pas
l'une et l'autre dans le cas de les comparer à ces
voleurs de grand chemin qui, lorsqu'ils ont du
butin à se partager, passent le tems à se dispu-
ter, mais qui au moindre danger sont aussitôt
réunis?
Nous croyons pouvoir inférer de ce qui vient
d'être dit que ce n'est point à Napoléon seul
qu'il faut attribuer la situation critique de l'Eu-
rope.
L'édifice social de cette partie du monde, il y
a 30 ans, étoit déjà bien vieux pour les humi-
eres qui s'y etoient introduites : il menaçoil. ruine
sur plusieurs points, et les abus et les lumières
en plus grande quantité en France que dans
aucun autre Etat, devaient faire écrouler l'édifice
de ce coté. Cela n'a pu se faire sans occasioner
de l'ébranlement aux autres parties. L'imperitie
de nos derniers rois nous ayant laissés à décou-
vert nous avons du chercher a nous construire
un bâtiment neuf. Nous aurions incontestable-
ment réussi mieux dans nos premiers essais, sans
l'envie de nos voisins et sans les guerres continu-
elles que nous suscitait l'or de l'Angleterre. Ces
c
10
guerres n'ont-servi qu'à montrer au monde ce
que peut toute nation qui combat pour sa liberté
et son indépendance ! Nous avions reconquis
l'une et l'autre quand nous fûmes une seconde
fois déchiré par une guerre intérieure, produite
par les instigations du gouvernement Britannique.
Nous étions prête de ceder à l'une des factions
qui s'agitaient dans, notre sein, lorsqu'un hom-
me habile, revetu d'une grande gloire militaire,
apparut sur les côtes de France, fut appelé à
Paris pour y travailler à un nouveau plan de
gouvernement et fut placé à la tête *.
Napoléon justifia pendant quelque tems la
confiance du peuple Français ; si depuis, il a
abusé de cette confiance, la nation qui a été la
première victime de l'ambition de son mandataire
doit elle être encore responsable de ses abus
d'autorité, lorsqu'elle les a désavoués, et de la ma-
niere la moins abstractive, en contraignant d'ab-
diquer celui que non seulement elle avoit reconnu,
mais que le continent entier avoit reconnu aussi
bien qu'elle.
' Le congrès de Vienne en ne statuant rien l'année
* Ceci est entièrement exact et Napoléon pourroit dire
au peuple Français ce que César avoit dit à Rome " Nihil
esse rempublicam; appellationem modo sine corpore ac
pecie," Ni l'un ni l'autre n'asservirent leur république.
11
passée, le manque de fidélité aux engagemens con-
tractés au traité de Paris par les alliés et par Louis
XVIII, la mauvaise foi de celui-ci envers toutes
les diverses classes de la nation, son absolue in**
puissance pour gouverner, toutes ses fautes im-
pardonnables et celles des princes de sa maison
si bien signalées aux yeux de l'Europe par ses
propres alliés, sa fuite enfin, ne sont-ce pas là
les vrais causes de l'apparition de Napoléon?
L'indigne conduite que les troupes alliées se
sont permise et se permettent journellement eu-
core contre la France au mépris des déclarations
et des traités les plus solemnels, est de nature à
jetter de nouveaux germes d'insurrections dans
toute l'Europe et à rendre son sort très inquie?-
tant pour tout homme qui n'est pas l'ennemi de
l'humanité. Nous allons à cet égard entrer dans
des détails qui ne peuvent manquer d'intéresser
tous les peuples de cette partie du globe.
" Tout ce qu'on entend par conquêtes, gloire,
peut être éphémère pour la nation qui a confié
ces biens d'une nature secondaire aux mains
d'un génie ambitieux ou d'un infidèle régisseur,
mais les expériences ou résultats d'une révolution
ne peuvent jamais être absorbés par des revers,
quels qu'ils soient, pour une nation éminemment
spirituelle et brave.''
12
Que prétend donc aujour-d'hui contre les
France, cette ligue Européenne qui a été diri-
gée si mal adroitement par des rois et des minis-
tres, non seulement ignorans mais intéressés à
l'être, en vers une nation qui depuis 24 ans se
bat à l'avant garde contre des préjugés usés dout
ne veut plus se laisser asservir l'Europe civili-
sée; contre un peuple courageux qui n'a pu
échapper à l'essai de tous les principes que pour
arriver enfin à celui qui doit le fixer ainsi que
les autres Etats ! . Nous rappleerons à cette occa-
sion ce que disoit une auteur des plus célèbres,
dans le fort de notre révolution. " Laissez nous
en France, combattre, vaincre, Souffrir, mourir
même dans nos affections, dans nos penchans les
plus chers, et renaître ensuite pour l'étonné-
ment, l'admiration, et l'exemple du monde !
CHAPITRE II
Quelques particularités sur ce qui s'est passé en
France depuis la seconde invasion de son
, territoire.
PLUS l'ennemi pénétre avant dans l'intérieur
d'un pays, moins il trouve de résistance ; c'est
ce qui faisait dire à Annibal qu'on ne pourroit
vaincre les Romains que dans Rome. On pou-
voit aussi-bien dire des Français qu'ils ne serai-
ent réduits que dans Paris? En général l'his-
toire des tems les plus récens, montrera tous les
peuples subjugués aussitôt l'entrée de l'étranger
dans ces cités qui, quoique centre du mouve-
ment, ne savent ni se déffendre ni même se résou-
dre a êtredéffendues.
La dernière capitulation de Paris sera vraisem-
blablement pour l'avenir une leçon qui apprendra
à ces capitales (clefs des empires), à ne plus se
rendre si facilement dans l'intérêt présent de leur
conservation et sans égards aux moyens de déffense
14
qui sont encore à employer dans l'interêt national*.
Il est de fait quaprès la bataille de Waaterloo,
l'armée Française n'ayant plus son chef, ne pou-
voit empêcher l'approche de Paris à la croisade de
toute l'Europe! Cette croisade avoit pour ban-
nière Louis XVIII, parce qu'il s'etoit ménagé
un parti dans cette ville et dans la commission
de gouvernement. Cette commission, qui sp'etoit
formée à la hâte et qui à peine etoit établie, n'a
pu nationaliser la guerre, ce que la légitimité de
la déffense eut rendu facile. Mais elle n'a pas eu
le tems de poser les principes nationaux dont le
premier règne de Louis XVIII ne nous avoit pas
moins dévié que le deuxième règne de Napoléon;
Malgré ces avantages innouis de l'ennemi qui
s'annoncoit , comme ami, il crut nécessaire
de capituler avec les 60.000 hommes dont se
composait encore l'armée Françoise sous Paris,
et Louis XVIII pensa devoir eu faire autant avec
la commission de gouvernement;
On n'est pas difficile en fait de transactions
quand on est résolu à enfreindre tontes celles que
l'on jure sans donner de garanties !
* On peut dire de toutes ces grandes villes a l'exception
dé Moscou ces paroles de Jugurtha â Rome, urbem vena-
lem et mature perituram si emptorem invencrit.
15
Il etoit fort difficile d'en exiger et il devint
aussitôt impossible d'en obtenir, tant de Louis
XVIII que des généraux Prussiens et Angloia
qui prenoient possession au nom du roi de
France et qui gardoient, administraient, et op-
primaient chacun aux noms de leurs princes ou
gouvernemens. respectifs.
Quoi de plus scandaleuxque de voir un prince
Tenir en ce jour de deuil insulter pour ainsi
dire à la désolation de toute la nation, en biva-
quant aux Tuileries au milieu de troupes de toutes
armes et de tous les pays qui avaient jette le
masque de l'alliance pour ne plus rien dérober de
leurs traits. Leurs physionomies,' leurs discours
n'exprimoient plus que le désir de vengeance
eontre un peuple qui n' avoit déposé les armes
que sur la parole de son roi* et les engagemens
de Wellington-f-.
* Louis XVIII a passé un traité secret avec la commis-»
sion de gouvernement pour les conditions du quel il n'a ja-
mais rélamé près de nos ennemis set alliés
t Wellington avoit engagé sa parole au. président de la
commission de gouvernement de n'inffluer en rien sur la dé-
termination de la nation, dans son choix pour un gouverne-
ment ; et en même tems il la contraignoit à recevoir de nou-
veau le joug de Louis XVIII, qui n'avoit pour lui qu'un
parti si faible qu'aujour-d'hui même il pe pourroit pas se
soutenir 24 heures, contre l'opinion si fortement prononcée,
sans les bayonettes de Wellington.
16
. Depuis ce moment si fatal à la France et qui
sera si scandaleusement remarquable dans l'his-
toire de peuples qui se disent civilisés, il n'est
pas un jour qui n'ait amené nouvelles calamités,
qui n'ait fait éprouver, de la part des souverains
et puissances alliés, des vexations de toutes sortes
que ne pourroient même excuser la plus opiniâtre
résistance à des ennemis qui eussent été accou-
tumés a vainere! eh! ce sont des amis!! C'est
sur la foi des traités qu'ils en agissent ainsi et c'est
après s'être partagés des provinces sur les quelles
ils n'ont pas même le droit de conquête!! Ce
sont là les pacificateurs de l'Europe, qui ne se
sont unis que pour la délivrer d'un Napoléon !
Pour un conquerant de moins je vois plusieurs
subjugateurs de plus, qui ne se sont réunis
que. pour se procurer par la ruse, et se partager
à l'amiable, les dépouilles que l'autre s'était
soumis par la force de ses armes ! Il est facile
de reconnaître en eux les membres du congrès
de Vienne! Dorénavent a leur approche, comme
à celle des princes arbitraires, les peuples s'écrie-
ront ainsi que les a déja fait s'exprimer Eschille.
" La majesté du trône a disparu : leur conduite
a fait évanouir ce respect qui seul rendoit invior
lable la personne des rois : il n'est plus en leur
faveur aucuns prestiges, aucuns sentimens; un
morne effroi les remplace !"
17
C'est d'ordinaire pour trop chercher à étendra
leur autorité que les princes perdent de leur pui-
ssance : la première est nominale, l'autre est ef-
fective. Fut-il jamais dans l'histoire une époque
où tous les princes regnans semblent autant
s'être entendus pour oublier leurs devoirs et ne
se souvenir que de leurs droits ? que sont ces der-
niers quand les princes négligent les devoirs im-
portans aux quels ils sont soumis ? S'ils oublient
si facilement ce bien bref cathechisme des rois
omnia invisere, omnia audire, et undecumque in-
vocatum statim velut adesse et assistere, rappe-
lons-leur qu'au dix-neuvieme siècle et au point de
civilisation au quel nous sommes parvenus, notre
serment ne peut être à leur égard que conditionel
comme celui des anciens arragonais. Nos que
valemos tanto corne vos, y que podemos masque
vos, os azemos nuestro rey, y senor con tel que,
guardeis nuestros Jueros, si no, no.
Pendant que toutes les forces de l'Europe, con-
centrées sur un seul point et laissant tout le reste
en repos, préparaient l'asservissement de la
France au moyen de son roi, avant même d'avoir
effectué l'invasion, de toutes parts on gardoit le
silence, comme il ne manque jamais d'arriver
aux jours des grands evenemens !
L'invasion effectuée, les François attendent de
D
18
leur roi des paroles de consolation pour les maux
aux quels les a livrés sa fuite et qu'augmentens
ses moyens de retour. Ils s'attendent à quelques
explications de la part de ses alliés ; au lieu de
cela, le roi de France, croyant avoir recouvré
son peuple en retrouvant son lit, son château, ses
flatteurs et son titre, semble n'avoir plus d'autres
soins pendant quatre mois que de se reposer de
la campagne glorieuse qu'il vient de faire. Le
cours de la justice et de l'administration est sus-
pendu dans toute la France, Louis XVIII n'en
dort et n'en mange pas moins bien. Tout se fait
au nom d'un gouverneur étranger dans Paris,
Louis XVIII n'y peut délivrer un passeport, ni
s'en faire délivrer à lui même, car il est gardé a
vue et a des canons braqués contre les portes et les
fenêtres de son château, il ne s'y croit pas moins
roi de France du moment qu'il y voit pénétrer
encore quelques courtisans. Il ne peut se faire
traîner quelques pas dans son carosse sans découv-
rir des scènes de dévastations et de désolations;
mais du moment qu'en ne regardant pas il est
assuré de ne rien voir; du moment qu'en faisant
payer exactement quelques petits polissons pour
crier vive le roi, il ne peut rien entendre, il ne
s'en trouve pas moins le plus heureux des hom-
mes de pouvoir faire la promenade qu'aucune af-
19
faire ne peut ni ne doit déranger. Comme il ne
faut pas seulement faire le roi, mais qu'il faut
aussi avoir l'air de faire le maître, par la raison
même qn'on ne l'est pas, ne pouvant et ne sa-
chant rien faire il défait. Aussi, dans moins
d'un mois, au moyen de ses ordonnances, il a
presqu'autant détruit que tous ses bons alliés ré-
unis. D'un seul coup, il n'y a plus un seul fonc-
tionnaire en droit d'exercer! dèslors, Anglois,
Prussiens, Autrichiens, et Russes exploitent à
qui mieux mieux le peuple et les finances de sa
majesté T. C. sous le bon plaisir de la quelle
on voit paroitre des listes de proscription formées
avec autant de discernement et de raison qu'en
met à choisir ses numéros le joueur â la
loterie.
Les bons amis*, du père du peuple croyent un
moment que la tête lui a tourné en lui voyant
ainsi etouffer ses enfans par de semblables ca-
resses. Mais ayant été l'examiner de près dans
sa prison des Tuileries et l'ayant trouvé bien
portant, mangeant bien et riant même de tout
coeur aux tours de M. Comte f après son diner ;
* Les souverains alliés.
\ Joueur de gobelets qui fait a ce que l'on dit des tours
assez curieux, tels que de faire retrouver au roi les joyaux
de la couronne, entr'autres le sceptre sur la colonne de la
Place Vendôme.
20
leur inquiétude a cessé et ils sont chacun retournés
à leurs nobles occupations, ne doutant pas que
là santé du roi ne se soutint assez long-tems
pour qu'avec leur activité ils pussent mettre à
profit toute la latitude que leur laissait la
bénévole amitié de Louis le Désiré.
Pour monter son autorité il avoit cru devoir
se donner des ministres, les quels osèrent cepen-
dant un jour après trois mois d'hésitations, de-
mander aux ministres des souverains alliés quel-
ques explications touchant la conduite de leurs
maîtres respectifs. Ceux-ci, très bons diplo-
mates, se contentèrent de répondre par une note
diplomatique à la communication ministérielle qui
leur avoit été faite.
La police, dans le tems, fit l'insigne honneur
au peuple François de lui permettre de lire cette
piece dans les journaux.
Les vexations des alliés augmentant en raison de
l'insouciance du monarque, des représentations
s'élevànt de toutes les parties de la France, les mi-
nistres furent obligés de reporter à Louis XVIII
les plaintes qui s'elevoient de toutes parts. Le
roi forcé cependant d'en tenir compte, avoua à
ses ministres son traité de cateau Cambresis qui
n'etoit autre que celui que les puissances nous ont
fait depuis accepter, si toutes fois l'organe de
Louis XVIII peut être tenu pour l'organe de la
21
justice et de la volonté de la nation. Les mi-
nistres étourdis parce qu'ils viennent d'entendre
de la bouche stoïque de sa majesté, et de là po-
sition dans la quelle ils se sont mis vis à vis de la
nation, de plus perdant tout espoir de se main-
tenir dans leurs places, vont tenir conseil entr'eux
et y rédiger une adresse motivée de démission *.
Le premier ministre Talleyrant, en cette circon*
stance tenant un peu à l'opinion pour la pre-
mier fois de sa vie, expose aux yeux de ses col-
lègues par les pieces qu'il avoit remportées du
congrès de Vienne qu'il n'avoit pas traité d'après
des bases aussi déshonorantes et qu'il etoit tout à
fait étranger au traité particulier du roi. Celui-ci
fut donc convaincu d'avoir traité trois fois di-
versement et pour ainsi dire instantanément. Les
ministres, dont ou accepta la démission furent
facilement amenés à la donner ; démarche dont
ils surent se faire honneur en public et profit en
particulier en s'engageant, moyennant tels ou
tels avantages de la part du roi, à garder le secret
sur son double stellionnat.
Les deux ministres aux quels on supposait le
plus de talens furent ceux qui commirent le plus
d'erreurs.
* Cette piece a couru clandestinement les rues et les
salons de Paris dans le tems, et vient de se montrer au
grand jour dans les journaux de la Belgique.
22
Le duc d'Otrante, qui s'etoit déjà bien dépopu-
larisé par ce qu'il avoit mis la commission de
gouvernement et l'armée dans le cas d'être surpris
par les evenemens, tant par ses ouvertures se-
crètes avec Wellington, &c. &c, que parcequ'il
n'avait pas su après tant de dévouement â la
cause du roi, s'établir prés de lui le moindre
crédit, acheva de se détruire entièrement dans
l'opinion en signant ces listes de proscription, si
impolitiques de la part du roi et si honteuses pour
les puissances alliés qui ont garranti dans leur
capitulation qu'il n'y auroit aucunes recherches
d'opinions et de conduites.
Lé duc d'Otrante a cru réparer ou du moins
arrêter le mal que lui avoeint fait commettre ses
intérêts personnels, en disant et écrivant au roi
des vérités bien senties et fortement ex-primées
dans des rapports en forme de mémoires ; mais
celui auquel il s'addressoit est sourd et ne sait
rien lire. Cela n'a servi qu'à prendre tout le tems
du ministre qui, pendant qu'il composoit n'admi-
nistroit point, et ne se déffendoit pas des coups que
lui portaient ses collegues et surtout Talleyrant.
Ces mémoires ont été pour l'auteur le pré-
texte d'un éloignement que nous lui avions an-
noncé depuis long-tems avec beaucoup d'autres
vérités utiles qui se sont réalisées depuis de point
en point.
23
Si, comme nous avions cherché à l'en détour-
ner par tous les argumens les plus forts, le duc
d'Otrante ne se fut pas prêté à rappeler les
Bourbons ou du moins à les reconnoitre lorsqu'il
présidoit la commission, il etoit fort possible en-
core que nous les évitassions ; dans tous les cas,
s'ils nous eussent été imposés ostensiblement par
Wellington comme ils l'ont été dans le fait,
nous ne les aurions déja plus, ou ils se condui-
raint bien diffeéremment.
Si lors de l'organisation du ministère et des
differens corps de l'état, le duc d'Otrante eut
voulu user de son influence pour placer des hom-
mes éprouvés, il eut trouvé l'appui dont il se
flattoit et qui lui a manqué si absolument lors-
qu'il a été dans le cas d'en sentir la nécessité.
S'il eut quelque fois, écouté l'ami si rare et si
désintéressé qui se tenoit près de lui, il n'ent pas
été entraîné ou l'a conduit son mauvais entourage
et enfin il eut donné sa démission dans le mo-
ment opportun pour se conserver la popularité,
cette plus véritable richesse dé l'homme d'etât.
Au moins nous lui devons la justice d'assurer
qu'il a été constamment de bonne foi avec leroi
et qu'il avoit à coeur de le servir, nous ajoute-
rons même que s'il en eut agi ainsi avec la nation
lorsqu'elle lui avoit abandonné sa confiance en le
consentant à la tête du pouvoir executif, il eut
24
pu la sauver ou du moins opposer à nos oppres-
seurs des résistances qui nous eussent à jamais
garranti des Bourbons qui sont un contre sens à
la France, à l'Europe ! ! * La plus vive défense, ne
pouvoit jamais nous attirer de pires conditions
de paix; enfin nous aurions notre armée; et le
sentiment de l'énorme majorité énoncé ci dessus
neseroit pas étouffé par les cris de petites fac-
tions nées du sein de la cour et qui la vont
perdre
Le prince Talleyrant, avec toute ses finesses,
n'a pas fait des fautes moins majeures! D'abord
sa nommination au ministère aliénoit de nouveau
la confiance, qu'il avoit déjà perdue en 1814,
comme et par la même erreur que le duc d'Otrante
en 1815.
Au lieu de se rattacher à celui ci ainsi que
l'intérêt général et particulier auroient du l'y
porter, le prince Talleyrant a fait tout au monde
pour attirer tout à lui, et il n'a pas perdu de
tems, car le ministère même fut composé sous son
influence et par conséquent de ses créatures.
* Il est cependant deux individus de cette famille
qui méritent exception à cette proscription, savoir : son
altesse monsieur le duc de Bourbon qui en 1814 s'est
montré dans La Vendée avec beaucoup de sagesse et
d'esprit et son altesse madame le duchesse d'Orléans
douairière.
25
Il s'en est fait beaucoup d'autres en nommant
presqu'à lui seul les differens conseils. Voyant
la funeste influence dont s'émpaoiènt de nouveau
les princes frère et neveux du roi et les gens de
la cour, il a voulu les ménager. Cest pour céder
à cette influence et satisfaire son orgeuil blessé
par la popularité du duc d'Otrante, qu'il a cru
devoir séparer sa cause de là sienne. Toujours
cédant à son asservissement, le prince Tal-
leyrant ne combattait que faiblement lé désir
exprimé à la cour pour qu'il n'y eut point de
représentation nationale. Il a cru obvier à tout,
en composant une chambre qui n'est que la re-
présentation de la faction dominante. On doit
n'avoir pas attendu jusqu' à ce jour pour recon-
naître l'erreur ou la perfidie de ce conseil. Dans
tous les cas avant peu, même quand les minis-
tres actuels auroient du talent et se tiendroient
bien, la chambre des députés les emportera
ainsi que tous les successeurs qu'on pourra leur
donner jusqu'à ce qu'enfin elle s'abîme elle même
avec les débris de la monarchie, ainsi qu'il est
arrivé à l'infortunné Louis XVI. Comme l'a
remarqué Mirabeau, il n'est pas une seule époque
de la décadence d'un état qui ne se rapporte à
l'altération interieure de sa liberté. L'atteinte
déjà portée aux lois fondamentales de la France,
E
exprimées dans la charte que lui a donnée le
roi, ne met-elle pas dans le cas de prévoir cette
prochaine décadence?
En 1814 le roi et son gouvernement, pour
avoir porté atteinte aux libertés de la nation,
qu'il lui avoit lui même limitées, ou sont ils
tombés? Ils trouvoient encore en 1814 des
partisans fanatiques qui, à chaque violation de
la charte soutenaient que tous les actes
contre elle n'etoient point des violations ; mais
ils ne pourront nier cette fois que nous ne soyons
menés par des ordonnances, puisque l'exercice
de cette charte est suspendu! et " ce qui
caractérise le despote (dit un grand publiciste)
c'est de substituer aux lois fondamentales qui
doivent lui servir de règle, des décrets ou des
ordonnances."
Uncelebre institeur signalait ainsi à son eleve,
qui devoit être souverain, la faiblesse comme un
des types du despote. " Plus il veut. qu'on dé-
pende plus il dépend lui même. La garde qui
veille pour lui veille aussi contre ! Sa tête tombe
comme celle du dernier de ses sujets et le trône
ensanglanté fait voir ce que c'est qu'un monarque
qui croit pouvoir tout ce qu'il veut ! "
Si le roi ne s'etoit pas fait présenter lui même
la loi proposée par celui qu'il vieut de faire si
27
indiseretemerit ministre de la police, n'auroit il pas
du se rappeller pour rejetter cette odieuse loi une
des plus belles sentences puisée dans l'histoire : me-
tus et terror est infirma vincula caritatis, quce ubi
removeris, qui temere desierunt, Odisse incipiunt*,
et aussi le timet timentes de senéque ce courtisan
de l'antiquité qui, du moins en s'approchant des
rois, apprit à les connaître.
Cette nouvelle loi dés. suspects a trouvé
quelques défenseurs ; l'administration la plus
déréglée, la plus corrompue, a toujours trouvé
des adherens, même des apologistes, ne sé-
roient-ils que ceux qui en sout les organes. Le
gouvernement qui établit là crainte pour mobile,
ne laisse que la passion de la cupidité; et il se
feroit peu de gens d'honneur sous celui qui ne
cherche à régir que par le moyen d'hommes dont
il aura assez excité l'intérêt personnel pour que
celui-ci leve le masque et qualifie de fou l'homme
doué de désinteressement; vertu, qui est la source
de toutes les qualités à exiger dans l'homme
d'Etat et qui est la plus sûre garantie qu'on ait
de lui.
Le gouvernement actuel de France se compose,
de gens à gages, auprès des quels les constisans
* Vit. Agricol.
28
mendient aux quels d'autres vendent ou achè-
tent, par les quels le peuple est éconduit en
même tems que foulé et qui thesaurisent à l'instar
du roi pour parer aux évenemens que sa mau-
vaise foi et son imperitie ne doivent pas tarder à
produire, et qu'il rejettera encore une fois sur
le compte de la trahison !
La plus part des gens de lettres, à la solde du
gouvernement et n'écrivant que sous la dictée de la
police; ne semblent plus avoir d'autre intérêt que
celui de corrompre aussi tôt qu'ils ont été corrompus.
Tels fonctionnaires publics de Louis XVIII qui
se montrent aujourd'hui les plus inquisiteurs et
réacteurs, furent les plus-serviles agens et fauteurs
des erreurs des gouvernemens précédens ; ils
ètoient autrefois à combattre avec ceux qu'ils
persécutent aujourd'hui pour les mêmes principes
qu'ils professoient alors! Il ne faut pas s'étonner
de la préférence qui les eleve aux principaux
emplois ; ils se sont vendus au prix de la bassesse
et ont été livrés par l'intrigue : lorsque plusieurs
métaux sont mis ensemble an creuset, c'est
toujours la crasse qui surnage : ainsi que la très
bien exprimé l'un des sept sages, " L'or s'éprouve
par le feu et l'homme par l'or !"
La loi dont nous venons de parler, en intro-
duisant dans l'ordre civil l'espionage et la délation,
29
répand nécessairement la méfiance, l'hypocrisie
la flatterie servile, et pourroit faire perdre la
mémoire avec la voix, s'il etoit aussi bien au
pouvoir de l'homme d'oublier que de se taire.
Toutes les voix ne sont cependant pas resté
muettes ; nous avons deja pratiqué le principe
donne par un des plus éloquens pères de l'Eglise Ille
veritatis defensor esse debet qui cùm recté sentit,
loqui non metuit nec erubescit. Nous avons la
douleur de penser que nous n'avons pas été assez
entendu puisqu'il faut encore aux François des
fers et des echafauds pour leur rappeler qu'aux
yeux des despotes et des tyrans nous ne sommes
sortis des mains de la nature que pour être leurs
jouets infortunés et leurs conquérir ou conserver
des biens qu'els s'arrogent exclusivement !
L'exécution des frères fouchet a Bordeaux
n'auroit-elle pas du suffire pour faire connoitre
aux François la soif qu'ont de leur sarigj
Louis XVIII, les princes de sa maison et surtout
la duchesse d'Angouléme pour les quels nous en
avons tant répandu déjà* !
Nous croyons devoir à l'appui de cette asser-
* A l'age de seize ans l'auteur comptait déjà plusieurs
membres essentiels de sa famille morts pour la cause des
Bourbons et plusieurs blessures reçues dans la Vendée sur des
champs de bataille qui ne virent jamais aueun prince de
cette maison.
tion, rapporter quelques particularités, sur les
condamnations du maréchal Ney et du comte
Lavalette.
Ce ne sont jamais les bons sujets qui
manquent aux bons rois (dit Sully) c'est le
roi qui manque aux bons subjets. Le
maréchal Ney a eu ce matheur commun avec
tous les François de n'avoir pas eu dans
Louis XVIII un bon roi: ce n'est point lui qui
a manqué au roi, c'est le roi qui lai a manqué en
présence de Napoléon ; et, dans toute l'affaire
pour la quelle il a été recherché et condamné, il
n'a eu de reproches à se faire qu'envers lui même.
C'est le plus grand tort que puisse avoir sans
contredit un homme d'honneur que de manquer
à ses engagemens, et comme le maréchal en
commettant cette faute grave n'avoit eu de tort
qu'envers lui seul; en laissant à sa propre con-
science et à l'opinion le soin de le punir, il l'eut
été bien plus sévèrement que par une condamna-
tion donnant lieu à dés débats publics qui ont
détruit toutes les préventions par les quelles, un
roi bien plus coupable que lui, avoit cherché à
préparer sa victime. Avant sa mise en jugement,
le maréchal etoit sous le poids d'une défaveur
publique qui ne perdoit aucune occasion de se
manifester ; depuis l'exposé des evenemens qui
l'avoient surpris, à sa cause s'est rattachée non
31
seulement une faveur populaire, mais même
l'intérêt de tous les gens d'honneur et éclairés
qui avaient eu l'occasion de suivre le maréchal-
dans les actions d'éclat dont sa vie est remplie
et sa faute couverte. Il faut reconnoitre la dif-
ficulté de certaines positions très particulières
aux postes élevés, surtout pendant la tourmente
d'une révolution. Il est plus facile de calculer
les effets de l'orage et de s'en garantir dans le
fond des vallées que sur le sommet des Montag-
nés ! " L'opinion dans les cas spéciaux, est une
loi qui statue sur les actions dont la loi civile
ne prend pas connoissance ; le mépris est la peine
qu'elle inflige, l'estime est sa récompense; Par
le fait cette loi est donc positive quoi quelle ne
soit pas déclarée telle. Le public par les juge-
mens qu'il porte, la proclame ainsi en quelque-
sorte à chaque instant." Il est presque toujours
de la politique d'écouter la pitié; il n'y a pas de
milieu entre elle et le dernier terme de la cru-
auté, a dit madame de Stael, et Machiavel lui
même dans son code de la tyrannie conseille
aux princes de s'attacher ceux qu'on ne peut faire
périr sans inconvénient. Sénéque ne semble et
il pas avoir prévu le cas dans le quel s'est jette
Louis XVIII. En répétant plusieurs fois " qu'il
est des aimes dont, la honte retombe sur celui
32
qui les punit." Car Louis XVIII ainsi que les
princes n'ont par moins trahi leurs sermens que
le maréchal Ney: la seule différence inverse fait
que celui ci est bien moins coupable, puisqu'en vio-
lant ses sermens il n'a manqué qu'aux intérêts d'un
homme, tandis que les Bourbons ont trahi les inté-
rêts de 24 millions d'hommes ! Ils ont, dans le
tems, pris la peur pour conseil et elle conseille
toujours mal. Aujourd'hui c'est la vengeance
qui dicte leurs arrêts ; ils ont momentanément
la force, mais sans la raison elle ne peut se main-
tenir: leur intérêt leur preserivoit de ne s'occu-
per des fautes que pour les réparer .... Les pas-
sions, qui sont toujours aussi peu propres à l'éxe-
cution qu'au commandement, les ayant déjà em-
porté au delà de toute mesure, comment aurai-
ent ils pu remplir le premier soin d'un souverain
qui punit et qui consiste à bien prouver que sa
sévérité est désintéressée. Ils sont souverains!
Le plus grand mal a tout ceci, c'est que malgré
leur legitimité cela ne les etablira pas.
Rien n'a déjà tant usé Louis XVIII que la
disproportion qu'il a établie entre les peines et
les délits d'opinion ; délits qu'il soumet de sa
propre vindicte à des tribunaux d'exception ou
de sa création. Il s'est toujours annoncé com-
me médiateur de la France, comme chef des
33
François, comme fin de la révolution. Il
n'achevé point celle ci ; loin de cela, il se mon-
tre même contre-révolutionnaire et se disant
roi de France par la. grâce de Dieu.* substitue'
une ordonnance à nos lois politiques, fondamen-
tales, se présente avec nos ennemis et comme le
plus ennemi de tous, car les troupes étrangères
n'en veulent qu'à, la. France et lui en veut aux
Français et à leur gloire!
Au, lieu de se.comprendre pour les objets et
parmi les hommes qu'il veut gouverner, il ne se
fait voir de tous les partis, que comme un.ob-
stacle qu'il leur faut renverser: Je desespoir de
ceux qui perdent à sa venue, l'agitation de ceux
qui sont menacés, de perdre et l'espoir que tous
conservent de détruire celui qui est tout au
moins l'occasion de ces maux, ebranlent même
la confiance du très petit nombre de courtisans
qui peuvent avoir à se louer de cette ombre de
gouvernement. Encore le caractere de ces fideles
serviteurs est-il tel, qu'auprès du maitre ils ne se
plaignent que du bien qu'il fait et qu'au loin
* Formule à peuprès équivalente à celle qui nous a valu
ce beau vers de Juvenal, Sic volo: sic jubeo; sic pro ratione
volontas,; et par. lequel il tourna en ridicule le protocole
usité par la tirannie au milieu de la quelle il vivoit.
F
34
ils relèvent toujours personnellement ses injus-
tices,
Apres avoir examiné la conduite. du maréchal
Ney et,du roi avant le procès, nous pensons de-
voir avec l'impartialité de l'histoire faire quelques
observations sur la conduite de l'un et de l'autre.
Louis XVII a voulu distraire le maréchal de
ses; juges naturels esperant être plutôt obéi, dans
l'intérêt précipité d'une haine qui ne cherchait pas
plus à se dissimuler que dans le procès de l'in-
fortuné Labedoyere. Les defenseurs du maré-
chal se sont opposés à cette violation de princi-
pes et les ont revendiqués pour leur client. Dans
tout le cours de l'affaire le maréchal Ney a bien
prouvé que le sacrifice de. sa vie etoit fait, mais
qu'il n'etoit pas disposé a faire celui de son hon-
neur, que ses accusateurs avoient tant cherché à
fletrir, dans l'intention d'appuyer les motifs bien
insuffisans de l'injuste et odieuse condamnation,
prononcée d'avance dans tous les salons de Paris
par la plus part des juges iniques qui ont voté
là mort dans cet insigne jugement*.
* Il ne faut pas s'etouner de la facilité avec la quelle la
vengeance du roi se fait obéir ! Pour se disculper du lâche
abandon de son trone, il veut que Ney et les autres gene-
0raux, en chef l'ayent trahi : cet exemple est imité par ses
ministres etw es chefs d'administration usa; voilà ce faisait dire

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