Couplets historiques composés à l'occasion du séjour de S. A. R. Monseigneur, duc de Berry, dans la ville de Metz (27 septembre 1814)

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l'auteur (Metz). 1814. 24-[1] p. ; in-8.
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Publié le : samedi 1 janvier 1814
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COUPLETS
HISTORIQUES
COMPOSES A L'OCCASION DU SÉJOUR DE S. A. R.
MONSEIGNEUR,
DUC DÉ BERRY.-
Dans la y il je de Metz. ,
( 27 Septembre 1814.)
&E Vendent A- MET
CHEZ L'AUTEUR, RUE DES TlWMTAIftESy
K.u 56*,
C 0 U P L E T S
HISTORIQUES.
Air : Venez, venez dans mon parterre.
VINGT-CINQ ans le dieu de la guerre Il
Chez les Germai ns, dans nos climats,
Fit couler le sang des soldats,
Les larmes de la tendre mère.
Ils ne sont plus ces teins affreux,
Mars vient de refermer son temple;
Grâce à nos Princes généreux;
De leurs vertus (ter.) sui vons l'exemple;
Nous jouissons de la présence
D'un Prince auguste de BOURBON;
Toujours en cet illustre Nom
Nous eûmes de la confiance.
Amour, fidélité, valeur.
Sont nos vertus de tous les âges (r)
Présentons-les avec ardeur,
Gomme l'objet (ter) de nos hommages,
:.. ( 4 )
Au nom, à la splendeur romaine,
Metz fut jadis associée (2) ;
Et sa Bourgeoisie agrégée ,
Suivit une conduite urbaine ;
Les Magistrats avec candeur,
Maintenaient leur indépendance;
Attachés aux lois de l'honneur,
A leurs devoirs ,(ter) à la constance.
Les Magistrats firent alliance
Avec les Francs (3), quand le destin
Subjugua l'empire romain,
Par ces guerriers, par leur vaillance,
Jalouse de sa liberté ,
Met^ fut toujours sa souveraine;
Avec une noble fierté,
jpiç sputjut (ter,) sa charte ancienne,
Capitale de l'Austrasic,
Metz fut le séjour de ses Hols (4) ,
Qui lui maintinrent tous ses droits,
Dans une parfaite harmonie :
Aussi ses Habitans heureux
Y vivaient comme au premier âge (5) ;
Jamais aucun plaideur, chez eux,
1 contestait (~ ) contre l'usage,
contestait ('•) contre l'usage.
( 5 )
A Metz il reste des vestiges
De sa beauté, de sa grandeur (6) }
Mais des Messins les dons du cœur
Ne sont vraiment point des prestiges?
Fermes en leurs êngagemens,
Humains. guerriers, justes, sincères (7)
Aux ordres des grands conquérans,
Ils ont marché (le/') sous les bannières
Nos ancêtres , par leur prudence
Pour conserver la liberté,
Et du pays l'intégrité,
Cherchèrent l'appui de la France :
Contens de vivre sous les lis,
Ils les soutinrent avec gloire (8) ;
Le maintien de leurs droits chéris,
Fut le signal (er ) de la victoire.
De Metz les antiques murailles
Triomphèrent de grands efforts,
Et déjouèrent les ressorts
Du terrible dieu des batailles :
Quand Charles- Quint vint assiéger
Nos fiers aïeux dans leur enceinte CU).';
La bravoure sut les venger
De ce projet, (ter.) de cette atlëraieV
( 6 )
Renri-le- Grand, comme un bon Ffcrçv
Tint rétablir la liberté,
tt donner à notre cité
La paix qui pour elle fut chère (10).
Aussi nos bons et francs aïeux,
Ravis de sa noble prudence,
Ardemment formèrent des vœux
Pour ses succès, (ter.) pour sa puissance;
Le moment où Louis-le-Juste
Ajouta Metz comme un fleuron
A la'couronne de Bourbon (II),
Fut cher à ce Monarque auguste ;
Et du loyal et franc Messin ,
Celte époque si mémorable ,
Fixa pour jamais le destin,
Et le bonheur (ter-.) irrévocable.
Louis, conduit par la victoire,
De succès à d'autres succès,
Veut visiter ses chers Sujets, ,
Les Messins dont il se fait gloire (12).
Le fâcheux accident du Roi,
Plongea l'État dans la tristesse;
Les Français furent dans l'effroi,
Dans le chagrin, (ter) dans la détresse. -
( 7 )
Pour donner aux Messins le gage -
De ses bontés, de son amour,
Louis envoya de sa Cour,
Un Prince grand autant que sage (i3) :
Il admira notre cité,
Ce ferme rem part de la France, ;
Reconnut la fidélité
Des Citoyens, (ter.) et leur vaillance.
Le plus vertueux des Monarques ,
Portait ses Sujets dans son cœur,
Quand, dans un moment de fureur,
Ses jours furent livrés aux Parques (14).
Non , le vrai Messin n'a jamais
Partagé l'horreur d'un tel crime (i5) ?
Dont le souveni r désormais
Doit se plonger (ter.) au noir abîme,
LOUIS, par un second lui-même (16).
Yeut témoigner aux bons Messins,
Que le repos des Citoyens
l'ait l'honneur de son diadème.
P iyous d'un sensible retour,
Du Roi, les bontés paternelles;
Que les preuves de notre amour,
pour les BOURBONS (ter,) soient éternelles.
(8)
Toujours bon, toujours magnanime,
LOUlb prodigue à ses Sujets ,
Le doux repos, de grands bienfaits,
Dans l'excès d'amour qui l'anime (17).
Telle est notre félicité ,
fi ue des jours purs et sans nuages,
A l'ombre de sa Majesté,
Vous s'écouler (ter. ) sous des lois sa g es.
Q,ie votre Nom, de race en race,
fasse chez nos derniers neveux,
Que vos vertus soient à leurs yeux
Un tableau sensible, efficace.
P,,ur le bonheur du genre humain,
Le Ciel rend LOUIS à la France :
pravous sur le bronze et l'airain,
patte- faveur (ter.) de sa clémence.
- Jusque sur les marches du Trône,
p-RAYD PRINCE, portez nos sermens :
Pu Roi, les nobles sentimens ,
Nous attachent à sa Personne.
I)e sa suprême autorité,
£ fous voulons sentir la tendresse ?
Et que notre prospérité,
oit un effet (ter ) de sa sagesse
CaJ
NOTES.
REMARQUE Les notes 1 re, 2, 3, 4, 5 et 6 nilt. et*
copiées littéralement dans une Épitre des Trois-Etats dt
la ville de Metz, à M. le Due d' Epernon , Gouverneur
pour Henri IV, du Pays-Messin. Ces notes, et les sui-
vantes, sont placées dans cet ouvrage, pour supplier aux
Couplets, et pour donner une juste idée des sentimens qui
ont, dans tous les tertis, animé les vrais Messins.
Amour , fidélité, valeur »
Sont nos vertus de tous les âges (I).
f) Ce Peuple que vous avez toujours jugé digne
des bonnes graces du Roi, et pour l'incomparable affection
qu'il a au service de Sa Majesté. et pour sa grande docilité
en toutes choses, mais bien plus à cause de la fidélité dont
il a toujours relevé ses plus louables comportemens.
C'est cette fidélité qui nous a servi de bouclier impenétrale
éoulre le fer acéré de la carlomnie N'était-ce pas un dé-
voyement sans remède de tous les ressorts d'humanité , 011
plutôt un furieux transport d'esprit en ceux qui ont sup-
posé des atlifices pour faire croire que nous l'avions lâclie-
ment abandonnée, voir traîtreusement expulsée d'entre
nous Elle que nos ancêtres avaient si chèrement fiecueiHitf
et conservée , qu'ils nous ont si étroitement, recotrsfnandée^
sans laquelle ni eux n'auraient eu , ni nous n'aaricns point-
en notre possession le trésor des peuples le plus estimé, 1«:
plus desiré, la bénévolence et faveur des supérieursf et les
fruits qui s'en recueillent, qui sont les franchises, privilèges
et libertés dont nous jouissons. Ces biens ne sont pas nôtres
par hazard, la force ne nous les a conquis. Les mérites
de nos pères, leurs grands devoirs rendus à la couronne
nous les a ménagés. 7! v
(10 )
Au nom, à la splendeur romaine
Metz fut jadis associée (2).
■* Jules César entreprenant les Gaules , en l'an de Rome
Cg~, trouva en la plupart des Y d'icelles certaines fac-
tions qui mouvaient les grands, au moins ceux qui selon
l'opinion de leurs partisans, y devaient avoir le plus d'au-
torité ; il se faisait valoir , se rendant protecteur du peuple,
et ne souffrant pas aisémént que les plus puissans outra-
geassent les faibles. Ces villes néanmoins administraient
leur république selon leurs lois, et sous la direction de leurs
Magistrats. De celles-là était l'a nôtre, laquelle pour prévenir
que ces grands ne se prévalussent des forces des Romains à
la diminution de la liberté publique, fu des premières qui
n'allièrent à cette puissante nation, sous le titre de Muni-
çipe, c'est-à-dire , dont les Citoyens avaient part aux dignités
de Rome, sans toutes fois changer leur ancienne façon de
Vivre, ni même la forme de gouverner leur état, et lors lui
fut donné le nom de Divodunum, et à ses Citoyens celui de
Mediomatrices. De ces noms le premier s'est évanoui avec
le tems , l'autre transféré du Peuple à la ville, mais tellement
abrevié qu'il ne lui est demeuré que le premier, second ,
huitième et dernier élément, et ce dernier changé encore
en z, lesquels recueillis d'ordre font ce mot du ilpieiz, - -
La, vicissitude , laquelle agit par altération en toutes choses ,
pouvait bien toucher sans scrupule au nom de notre ville ,
puisqu'elle n'en a épargné les plus somptueux édifices, non
pas même quelquefois ses Hahitans, qui étaient en ce terns-
là fort nombreux ; ce qui se vérifie par un des mieux affidé
historiens de ce tems-là. ( Corn. Tacite, liv. 17 des Ann.
chap. 12.) Is passèrent, dit-il, parlant des soldats
de l'armée de Vitillius , par le pays de Trêves, comme étant
de leur alliance ; arrivés à Divodunum , qui est une ville
du Pays-Messin, jaçoil qu'ils eussent été reçus en toute
Courtoisie , une soudaine fray cur les saisit, et ayant prîs

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