Courir vers toi

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L’adorable Stella Leon est barmaid au Ricky’s, à Miami. Un soir, elle remarque un client qui ne fait pas partie de ses habitués. Quand, à la fin de son service, elle se fait importuner à la sortie du bar par son patron aviné, le mystérieux client assomme le fâcheux, sans autre forme de procès. Beau Junger vient de mettre KO un membre de la mafia.
Beau, privé au look de GI Joe, est mandaté par Sadie, cette soeur texane que Stella ne connaît pas, et qui demande à la rencontrer.
D’abord réticente à accepter l’invitation de Sadie, Stella n’a bientôt plus le choix quand il apparaît que toute la mafia de Miami est à ses trousses !
Commence alors un road-trip vers le Texas et vers l’inconnu, aux côtés d’un homme aussi sexy que troublant, aux yeux de la couleur des nuages d’orage…
Publié le : mercredi 15 avril 2015
Lecture(s) : 3
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782290107003
Nombre de pages : 352
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couverture
RACHEL GIBSON

Courir vers toi

Traduit de l’anglais (États-Unis)
par Véronique Fourneaux

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Présentation de l’éditeur :
L’adorable Stella Leon est barmaid au Ricky’s, à Miami. Un soir, elle remarque un client qui ne fait pas partie de ses habitués. Quand, à la fin de son service, elle se fait importuner à la sortie du bar par son patron aviné, le mystérieux client assomme le fâcheux, sans autre forme de procès. Beau Junger vient de mettre KO un membre de la mafia.
Beau, privé au look de GI Joe, est mandaté par Sadie, cette sœur texane que Stella ne connaît pas, et qui demande à la rencontrer.
D’abord réticente à accepter l’invitation de Sadie, Stella n’a bientôt plus le choix quand il apparaît que toute la mafia de Miami est à ses trousses !
Commence alors un road-trip vers le Texas et vers l’inconnu, aux côtés d’un homme aussi sexy que troublant, aux yeux de la couleur des nuages d’orage…
Biographie de l’auteur :
Rachel Gibson a vendu des millions de livres qui entraînent ses lectrices dans des histoires passionnées, drôles et touchantes.

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Pour CC,
Claudia Cross,
mon agent, ma supportrice, mon amie.
Merci pour tout ce que tu fais pour moi
Tu es la meilleure.
RGl

Remerciements

Toute ma reconnaissance à mon éditrice, Lucia Macro. Merci pour ta patience et ta compréhension. L’espace que tu m’as donné pour respirer a rendu ce livre possible.

Prologue

— Elle a pour nom Estella Immaculada Leon-Hollowell et elle habite Miami.

Après avoir tendu une canette de Lone Star à son vieux copain Blake Junger, Vince Haven alla prendre place dans son fauteuil, derrière son vieux bureau éraflé du Gas And Go.

— On peut dire que ça, c’est ce qui s’appelle un nom, commenta-t-il.

— Selon Beau, elle se fait appeler Stella Leon, répondit Blake après avoir bu une gorgée de bière et en s’installant dans la chaise face à Vince.

Cela faisait des années maintenant que les deux hommes se connaissaient. Blake avait intégré les Navy SEALs une année avant Vince et ils avaient été déployés simultanément en Irak et en Afghanistan. Si Vince avait dû démissionner pour raison médicale, cela n’avait pas été le cas de Blake qui était allé au bout de son engagement.

 

Vince ouvrit le classeur qui attendait sur son bureau et parcourut les informations rassemblées pour lui par Beau Junger, le frère jumeau de Blake. Propriétaire et créateur de son entreprise de sécurité, Beau avait bien d’autres cordes à son arc. Rapide et discret, il savait comment réunir des informations inaccessibles au citoyen lambda. Il savait aussi garder secrètes des informations strictement confidentielles.

Oui, tout était bien là. Noir sur blanc. Sa fiancée, Sadie Hollowell, avait une sœur dont elle n’avait jamais entendu parler avant la mort de son père, deux mois auparavant. Une sœur de vingt-huit ans, née à Las Cruces, Nouveau-Mexique, et dont il avait le certificat de naissance sous les yeux. Père et mère de ladite Estella Immaculada Leon-Hollowell : Clive J. Hollowell et Marisol Jacinta Leon.

— On présume qu’elle sait que son père est mort ? interrogea Vince.

Il écarta la copie du certificat de naissance pour se concentrer sur la photocopie couleur d’un permis de conduire émis en Floride.

— Oui. Elle l’a appris. Et apparemment, cela ne lui a fait ni chaud ni froid.

Une indifférence compréhensible.

Selon les indications portées sur le permis de conduire, Stella Leon mesurait un mètre cinquante-cinq et pesait cinquante-deux kilos. Autrement dit, elle devait approcher les cinquante-quatre kilos, estima Vince qui connaissait bien les femmes. Cheveux bruns, yeux bleus. Il examina attentivement la photographie, et surtout le bleu étonnant de ses yeux sous les sourcils foncés. Cette fille était un mélange d’ombre et de lumière. À la fois sexy et distante. À part la couleur des yeux, elle ne ressemblait absolument pas à Sadie qui tenait de sa mère, une reine de beauté blonde.

— Elle travaille comme…

Il dut plisser les yeux afin de déchiffrer les pattes de mouche de Beau.

— … barmaid dans un endroit dénommé Chez Ricky, Rock’N’Roll Saloon. Avant cela, elle a un peu tout fait, de chanteuse dans un groupe à photographe pour touristes, poursuivit-il avant de se rasseoir correctement sur son siège. Très active, la nana.

Surtout qu’elle n’en avait aucune obligation. Elle disposait en effet d’un gros fonds en fidéicommis dont, d’ailleurs, elle retirait mensuellement de l’argent.

Vince poursuivit sa lecture.

Stella Leon avait un casier judiciaire à cause de petits délits ; elle avait perdu le procès intenté contre elle par un ancien propriétaire.

Vince referma le classeur et reprit sa bière. Bien. Il allait confier le dossier à Sadie, et ce serait à elle de décider. Soit elle tentait d’entrer en contact avec sa sœur inconnue, soit elle laissait tomber. Il est parfois préférable de ne rien faire.

— Sur quoi bosse ton frère, ces temps-ci ? s’enquit-il avant de boire une gorgée de bière. Enfin, à part aller à la pêche aux infos pour moi, bien sûr.

— Les trucs habituels.

Blake et Beau étaient les fils d’un ex-Navy SEAL, William T. Junger. Aîné des jumeaux de cinq minutes, Beau avait choisi d’intégrer le corps des Marines alors que Blake avait préféré suivre l’exemple de leur père.

— Il fait tourner sa boîte et il essaie d’éviter les ennuis, reprit Blake.

— Tu te souviens quand nous l’avions retrouvé à Rome ?

Chaque fois que les jumeaux buvaient un coup de trop, ils se disputaient automatiquement sur celui des deux qui avait subi l’entraînement le plus dur. Ex-Navy SEAL lui-même, Vince avait sa propre opinion mais, Dieu l’en garde, jamais il ne tenterait de l’imposer à Beau Junger !

— À peine. On était saouls à tomber.

— Vous vous étiez battus dans le train.

Les disputes entre les deux frères étaient notoirement bruyantes, incessantes et se terminaient souvent à coups de poing. Auxquels cas le plus sage était de se tenir à l’écart, car si jamais quelqu’un essayait de séparer les pugilistes, les frères Junger faisaient immédiatement front contre le prétendu pacificateur. Vince en savait quelque chose pour l’avoir appris à ses dépens. Ces jumeaux-là étaient querelleurs de nature et quasi identiques en bien des manières. Deux combattants américains blonds comme les blés, deux patriotes à l’âme bien trempée à qui rien ne faisait peur. En bref, c’était des types comme eux qu’on voudrait à ses côtés en temps de guerre.

Blake se mit à rire à ce souvenir et se pencha en avant :

— Tiens-toi bien, maintenant, il prétend s’économiser pour le mariage.

 

Vince ne fut pas loin de s’étrangler avec sa bière.

— Quoi ? bafouilla-t-il en s’essuyant le menton. Tu veux dire, plus de sexe ?

— Tout juste, répondit Blake.

— Ce n’est pourtant pas un saint.

Certains disaient que Vince avait un faible pour les femmes faciles et, avant qu’il ne rencontre Sadie, ils auraient eu raison. Mais personne ne les appréciait autant que les frères Junger. Il se souvint d’une folle rumeur prétendant que les jumeaux s’étaient même déniché une paire de jumelles à Taïwan.

— C’est bien ce que je lui ai dit, mais il raconte que désormais, il va rester chaste jusqu’au mariage. Plus de sexe, en tout cas. Ceinture.

— Et… il a une femme en vue ?

— Même pas !

— Ce serait religieux, alors ?

— Non plus. Il m’a seulement précisé que la dernière fois qu’il s’était réveillé à côté d’une femme qu’il ne connaissait pas, il avait compris que c’était la dernière fois.

Ah, ça, Vince pouvait le comprendre. Depuis qu’il était tombé amoureux, il avait réellement appréhendé la différence qu’il y a entre s’envoyer en l’air et faire l’amour à la femme que l’on aime. C’était infiniment meilleur. Cela dépassait de loin le simple acte sexuel, la satisfaction physique somme toute banale. Mais l’abstinence ?

— Il ne tiendra pas, prédit-il.

— En tout cas, il avait l’air tout ce qu’il y a de plus sérieux, et Dieu sait que quand Beau se colle une idée dans le crâne, il n’en dévie pas d’un iota, commenta Blake en portant sa canette à ses lèvres.

Là aussi, les deux frères étaient semblables. Loyaux, et têtus comme des bourriques. Raison pour laquelle ils étaient d’excellents soldats.

— Cela va faire huit mois, m’a-t-il dit.

— Huit mois ? Et il n’est pas devenu timbré ?

— Il y en a qui disent qu’il est né timbré, de toute façon, répondit Blake avant de décocher à son ami le fameux sourire Junger mille watts garantis. Et moi aussi !

Sur ce, il posa sa canette sur le bureau avant de désigner le dossier :

— Qu’est-ce que tu comptes faire de ça ?

Si seulement Vince le savait ! Il allait devoir en parler à Sadie. Au bout du compte, ce serait à elle de décider si, oui ou non, elle avait envie de prendre contact avec cette sœur tombée du ciel.

— Ce numéro, c’est celui du portable de Beau ? s’enquit-il en rouvrant le dossier pour pointer du doigt un numéro griffonné en bas de la première page.

— Oui. Il en a plusieurs. Plusieurs portables. Plusieurs adresses professionnelles et un repaire secret à Las Vegas.

Blake se laissa aller contre son dossier de chaise et croisa les bras sur sa poitrine, avant de froncer les sourcils comme si un souvenir déplaisant se glissait derrière ses yeux gris. Certains prétendaient que les frères Junger avaient un regard effrayant, mais Vince l’avait toujours trouvé plus dur qu’effrayant. Tout le monde a de mauvais souvenirs… Cependant, l’expression de Blake se modifia très vite. Il lui décocha un sourire, mais qui, cette fois-ci, n’atteignit pas ses yeux :

— Alors, dis-moi un peu. Quand passes-tu la bague au doigt à ta beauté blonde ?

1

La soirée Back Door Betty chez Ricky, Rock’N’Roll Saloon avait toujours lieu le troisième mercredi du mois. Dédiée à la liberté d’expression, elle attirait une foule bigarrée et les drag-queens depuis Key West jusqu’à Biloxi. Lady Gaga et Kim Kardashian rivalisaient avec d’autres clones de Devine Boxx et Anita Mann pour décrocher le trophée Back Door, l’un des plus prestigieux du circuit. La compétition était toujours féroce.

Une soirée Back Door Betty signifiait également que barmaids et serveuses devaient se vêtir en conséquence et montrer davantage de peau qu’à l’ordinaire. Autrement dit, à Miami, où le court et le moulant étaient de rigueur la nuit, cela revenait à officier pratiquement nues.

— Citron ! brailla Stella Leon afin de couvrir Stronger de Kelly Clarkson que diffusaient les haut-parleurs du bar.

Sur la scène, Kreme Delight se livrait à sa plus belle imitation d’une dominatrice vêtue de cuir noir luisant. C’était cela qu’aimaient les drag-queens. Elles voulaient que ça étincelle, que ça scintille, elles voulaient écouter des chansons sur le pouvoir des femmes. Elles étaient plus femmes que bien des femmes, ne buvaient que des boissons de filles, style Apple-martini ou Russe blanc mais, dans le même temps, c’étaient des hommes. En règle générale, les hommes ne commandent pas de cocktails. Et Stella, à l’instar de la plupart des barmaids, détestait faire des cocktails. Préparer un cocktail exige le plus souvent du temps. Et le temps, pour elle, c’était de l’argent.

— Citron ! répondit sur le même ton un barman vêtu d’un minuscule short blanc scintillant.

Le bouffant Amy Winehouse que Stella s’était arrimé sur le crâne resta impeccablement en place tandis que, d’une main levée, elle bloquait le fruit que son collègue venait de lancer dans sa direction. Elle avait entouré la base du bouffant d’un foulard rouge afin de dissimuler l’armée d’épingles à cheveux dont elle avait eu besoin pour faire tenir l’échafaudage. Pour travailler, en temps normal, elle rassemblait ses cheveux longs en chignon. Mais ce soir ils retombaient sur ses épaules et elle mourait littéralement de chaud.

Elle coupa le citron, le pressa, en versa le jus, et secoua deux shakers en même temps. Ses seins tressautèrent dans le bustier léopard mais elle ne s’en inquiéta nullement. Le bustier était bien en place et, de toute façon, elle n’avait pas une énorme poitrine. Non, elle redoutait bien davantage que son ultraminishort de cuir noir n’incite au commentaire. Ou pire, à une tape. Mais, ce soir, elle ne risquait pas grand-chose de ce point de vue-là. Ce soir, son anatomie n’intéressait pas le moins du monde les seuls hommes présents. La seule personne dont elle craignait la main baladeuse était le patron en personne. Ricky se montrait juste « amical » selon certains. C’est cela, oui, un pervers « amical » à l’esprit mal tourné. On disait aussi qu’il était lié à la mafia. Vrai ou faux, Stella n’en savait rien, mais il était sûr qu’il avait des « associés » affublés de noms tels que Lou le Gaucher, Fabian Gras-Double et Phil le Bigleux. Elle restait toujours sur le qui-vive quand Ricky était dans les parages mais, heureusement, il n’arrivait la plupart du temps dans son bar que quelques heures avant la fermeture. Et, à 3 heures du matin, il y avait belle lurette qu’elle avait fini son service. Elle ne s’attardait jamais sur les lieux, car elle avait un principe bien défini dans la vie : elle acceptait volontiers d’être entourée de soiffards, mais seulement si on la payait pour cela.

— Stella !

Elle leva les yeux du plateau sur lequel elle disposait ses martinis et sourit.

— Bonsoir Anna !

Anna Conda était une drag-queen sculpturale de plus d’un mètre quatre-vingts, toujours vêtue de cuir reptilien. Ces dernières années, Stella avait appris à bien connaître plusieurs des drag-queens au sein de la clientèle. Il y en avait qu’elle aimait bien, d’autres infiniment moins. Anna était au nombre de celles qu’elle appréciait, même si elle était plus que lunatique. Son humeur dépendait ordinairement de son dernier petit ami.

— Que puis-je te servir, Anna ?

— Un Snake-nuts, évidemment ! répondit Anna dans un scintillement de son rouge à lèvres vert.

Sans sa voix grave et sa pomme d’Adam protubérante, elle aurait pu passer pour une femme.

— Ajoutes-y une petite ombrelle, tu veux, chérie ?

Kreme sortit de scène sous les applaudissements, et Anna scruta l’assistance.

— As-tu vu Jimmy ?

Jimmy était le dominateur d’Anna, mais ni l’un ni l’autre n’étaient exclusifs. Stella versa dans le shaker successivement vodka, amaretto et triple sec, y ajouta de la glace pilée et un trait de jus de citron vert.

— Il ne devrait pas tarder, répondit-elle en vérifiant l’heure.

Minuit passé. Il restait une heure de compétition avant le couronnement de la Back Door Betty du mois. On aménagea la scène pour le candidat suivant tandis qu’un brouhaha de voix masculines remplaçait la musique. Mis à part les employées, très peu de « vraies » femmes étaient présentes ce soir-là. Même si les soirées Back Door Betty étaient réputées bruyantes, le niveau sonore n’était en rien comparable avec celui d’un bar plein de femmes.

Anna se retourna vers Stella :

— Ton maquillage Amy Winehouse est franchement superbe.

— Merci, c’est Ivana Cox qui me l’a fait, répondit Stella en versant le cocktail dans un verre.

Elle possédait à fond l’art du maquillage, mais celui des yeux à la façon Amy Winehouse dépassait de loin ses compétences.

— Parce que Ivana est là ? Cette garce, je la déteste, répliqua Anna sans aucune rancœur.

Le mois précédent, elle adorait Ivana. Mais bien sûr, cela avait été provoqué par un léger abus de Snake-nuts.

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