Cours de littérature à l'usage des divers examens

De
HémonFélix Cours I>E Littérature Montesquieu Voltaire-Buffon ' LIBRAIRIE DELAGK.^.V COURS LITTÉRATURE XV. MONTESQUIEU COURS DE LITTÉRATURE PAR FÉLIX HÉMON GEMIKAL de l' INSTRO CTION PCBLIQOCIRSPCCTëDR XV MONTESQUIEU PARIS ^u DELAGRAVELIBRAIRIE SOUFFLOT, 1515, RUE 1930 10/ MONTESQUIEU (1689-175o) I La vie de Moutesqnîeii jusqu'aiiv « Lettres persanes m. Charles-Louis de Secondât, baron de la Brède, naquit le 18 janvier 1689 au château de la Brède, à trois lieues environ grand-pèrede Bordeaux. Son avait été premier président au parlement de Guyenne. Son père avait servi avec distinction, mais peu de temps. Comme l'avait fait le père de Montaigne, comme le fera le père de Buffon, il donna pour parrain à son fils un mendiant de la paroisse. La mère du jeune Secondât était Marie-Françoise de Penel qui était, parait-il, d'origine , anglaise 1, et dont le mari, dans son Journal, trace ce portrait : a Elle était d'une taille raisonnable, infiniment douce, d'une physionomie charmante; elle avait l'esprit d'un homme liabile pour les afl'aires sérieuses, nul goût pour les bagatelles, une ten- dresse pour ses enfants inexplicable. » C'est elle qui apporta en dot à son mari le donjon gothique de la Brède, entouré d'arbres, de prairies et de vignes, dont Montesquieu vendra plus tard le vin aux Anglais « comme il l'a reçu de Dieu )>. Le climat était heureux, le pays riant, et leur doit peut-être son humeur sereine.
Publié le : dimanche 30 septembre 2012
Lecture(s) : 46
Source : Archive.org
Licence :
Nombre de pages : 598
Voir plus Voir moins

HémonFélix
Cours
I>E
Littérature
Montesquieu
Voltaire-Buffon
'
LIBRAIRIE DELAGK.^.VCOURS
LITTÉRATURE
XV. MONTESQUIEUCOURS
DE
LITTÉRATURE
PAR
FÉLIX HÉMON
GEMIKAL de l' INSTRO CTION PCBLIQOCIRSPCCTëDR
XV
MONTESQUIEU
PARIS ^u
DELAGRAVELIBRAIRIE
SOUFFLOT, 1515, RUE
193010/MONTESQUIEU
(1689-175o)
I
La vie de Moutesqnîeii jusqu'aiiv « Lettres persanes m.
Charles-Louis de Secondât, baron de la Brède, naquit le
18 janvier 1689 au château de la Brède, à trois lieues environ
grand-pèrede Bordeaux. Son avait été premier président au
parlement de Guyenne. Son père avait servi avec distinction,
mais peu de temps. Comme l'avait fait le père de Montaigne,
comme le fera le père de Buffon, il donna pour parrain à son
fils un mendiant de la paroisse. La mère du jeune Secondât
était Marie-Françoise de Penel qui était, parait-il, d'origine
,
anglaise 1, et dont le mari, dans son Journal, trace ce portrait
:
a Elle était d'une taille raisonnable, infiniment douce, d'une
physionomie charmante; elle avait l'esprit d'un homme liabile
pour les afl'aires sérieuses, nul goût pour les bagatelles, une ten-
dresse pour ses enfants inexplicable. » C'est elle qui apporta
en dot à son mari le donjon gothique de la Brède, entouré
d'arbres, de prairies et de vignes, dont Montesquieu vendra
plus tard le vin aux Anglais « comme il l'a reçu de Dieu )>.
Le climat était heureux, le pays riant, et leur doit
peut-être son humeur sereine. Il a écrit lui-même «
: L'air, les
raisins, le vin des bords de la Garonne et l'humeur des Gascons
sont d'excellents antidotes contre la mélancolie-. »
Dès l'âge de sept ans, il perdit sa mère. On relevait alors à
la Bipède, au milieu des jeunes paysans^, et il resta jusqu'ày
1. Ce détiil ne semble pas justifier suffisamment la remarque de M. Vian : « Leurs
enfants devaient avoir dans les veines des principes réformés et des idées consti-
tutionnelles. » Toutefois il convient de rappeler que les ancêtres de Montesquieu
avaient embrassé la Réforme et ne ralijurerent qu'avec Henri IV.
2. Lettre à l'abbé de Guasro, 1=' août 1744.
3. Il a dit
: « J aime les paysans; ils ne sont pas assez savants pour raisonner de
travers. »
C. de Litt. — Montesquieu. 1DE LITTERATURE2 COURS
ans. De l'OO à 1711 il reçut à Juilly, chez les Oratoriens,onze
classique. Il se laissa nommer, vingt-une forte éducation à
février conseiller au parlement de Bordeaux,cinq ans (2i 1714),
l'année suivante, demoisellecomme il se laissa marier, à une
Lartigue, fille d'un ancien lieutenant-colonel et richeJeanne
calvinistede plus de cent mille livres, mais de religion, défaut
un temps où des lois sévères interdisaient non seu-grave en
protestant, mais entrelement l'exercice du culte toute union
protestants et catholiques. Ce singulier mariage avait été pré-
Secondât, baron Montesquieu, pré-paré par un oncle de le de
à mortier au parlement de Guyenne et voisin des Larti-sident
mourut, il légua son neveu à foisgue. Quand cet oncle à la sa
Montesquieu, son titre et sa charge de présidentbaronnie de
juillet 1716). Le nouveau baron de Montesquieu n'avait que(20
ans. Il ne s'embarrassa pas beaucoup de sa chargevingt-sept
ni de sa femme, qui lui donna pourtant un fils en 1716, puis
Dans ses Pensées, il parle avec dédain de son « mé-deux filles.
tier » de président : « Je comprenais assez les questions en
mais, pour les procédures, je n'y entendais rien.elles-mêmes;
Je m'y suis pourtant appliqué; mais ce qui m'en dégoiitait le
que voyais à des bêtes le même talent qui meplus, c'est je
»fuyait pour ainsi dire. Les devoirs de famille ne le gênèrent
: « J'ai aimé ma famille pour ce qui allait aupas davantage
bien dans les choses essentielles; mais me suis affranchi desJe
détails, »menus
indolent, ce mari futMais ce magistrat sans tendresse, de
bonne heure un littérateur passionné, un travailleur opiniâtre.
de Bordeaux, il écrivit beaucoup pourMembre de l'Académie
elle, surtout avant qu'il n'eût commencé à écrire peur le grand
les papiers inédits publiés 1891-1892 par unpublic. Parmi en
descendants, il en est qui ont leur intérêt relatif, parcede ses
rapprochésqu'ils peuvent être des grandes œuvres : ce sont des
sur la politique des Romains dans la religion, un EssaiRéflexions
qui peuvent unsur les causes affecter les esprits et les caractères,
opuscule sur la Monarchie universelle en Europe, un Dialogue
de Xénocrate. Mais les meilleurs de ces essais,de Xanlippe et
étéqui sont écrits pour la plupart de 1706 à 1723, n'ont pas
j
écrits pour la seule Académie de Bordeaux : ce sont les délas-
se re-sements encore utiles d'un esprit toujours occupé, qui
pose en variant son travail, mais continue pourtant, même
parait se reposer, à travailler dans le même sens.lorsqu'il
« mélanges » académiques proprement dits, antérieursLes

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.