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Ébauche n°1 - prose.

Publié le : mercredi 1 février 2012
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Lily tapota doucement le sol de son pied, les mains dans les poches, nerveuse. Est-ce que tout
ceci était réellement une bonne idée ? Elle n’avait pas songé aux conséquences que pourraient
entraîner cette rencontre. Après tout, qu’est ce qu’elle allait bien pouvoir dire à cette jeune
inconnue, dont la vie semblait être à mille lieux lumière de ce qu’elle-même avait toujours
connu ? Etait-ce une erreur d’être là ?
« Et quelle idée d’arriver toujours en avance aux rendez vous, Lil’, se dit elle à haute voix, ce
qui eut pour effet d’attirer l’attention d’un couple de lycéens qui fumaient une cigarette à côté
d’elle. Comme si tu n’étais pas assez du genre à ruminer comme ça. »
Il est vrai qu’elle n’avait réellement aucune idée de ce dans quoi elle allait s’embarquer. Et
puis, comment la reconnaîtra t elle, au milieu de toute cette foule de gens qui circulent sur la
place, comme il est normal un samedi après midi ? Jusqu’à présent, elle n’avait nullement
songé à la chose en elle-même. Elle avait rendez vous, avec quelqu’un…une fille…qu’elle
n’avait jamais rencontrée…Tout ceci n’était il pas un brin étrange ?!
Elle avait vécu ces trois dernières semaines dans une sorte de rêve parallèle, où rien d’autre ne
comptait. C’était comme s’il y avait la vie, la vraie, celle qui s’écoulait dans son sillon
perpétuel d’heures et de jours, sans relâche, et qui l’emportait avec elle à son passage.
Et puis, il y avait eu elle.
Cette rencontre fortuite, qu’elle n’attendait et ne recherchait absolument pas. Le moins qu’elle
puisse dire, c’est qu’elle s’était prise à ce jeu d’échanges lointains, elle s’agrippait
frénétiquement à la machination virtuelle, dans une quête avide de la lire. Lire ses mots.
Il faut dire qu’elles avaient tant en commun. Et pourtant, Mél semblait si distante, si abstraite.
Elle paraissait avoir une vie que Lily parvenait à peine à se dépeindre, si ce n’est en ce que
Mél avait bien voulu en partager avec elle, par touches, par allusions et détails anodins qui
revêtaient pourtant des allures chimériques pour la jeune fille.
« Lily, tu rêves trop, tu es une tête en l’air, toujours dans la lune… » Elle crut entendre dans
sa tête, bien distincte, la voix d’Edouard. qu’elle connaissait si bien. Il détestait quand, au
beau milieu d’une discussion qu’il voulait profonde, il la retrouvait les yeux en l’air, ou bien
jouant avec une mèche de cheveux, ou encore prétendant l’écouter, quand en vérité elle avait
les yeux fixés sur un point indistinct, au dessus de sa tête à lui ; il comprenait alors que sa
pensée à elle s’était confondue et perdue dans on ne sait quel horizon. Dans un « bruissement
d’ailes de papillon ». Il est vrai qu’elle avait du mal à se concentrer…
Soudain, un profond bruit, qui lui sembla égal à un coup tiré d’un canon, retentit et lui fit
perdre le fil de sa pensée. Elle tressaillit. L’adolescent assis à côté d’elle jeta sa cigarette, et
l’écrasa d’un coup de talon, lui jetant un coup d’œil rapide. Elle leva les yeux, et elle
dévisagea la grande horloge, suspendue devant elle, au dessus de l’imposante bâtisse qui
devait être une mairie, un musée, un édifice municipal ou quelque chose de semblable.
L’énorme aiguille, qui semblait aller au ralenti, décocha un deuxième coup. Puis un troisième,
qui résonna pendant un instant, vibrant, dans l’air, puis qui finit par se perdre une nouvelle
fois. Elle sentit quelque chose vibrer dans sa poche. Elle sortit son téléphone, et pressa la
touche centrale.
+3365692873
[ Je suis là. Veste en cuir, chemise blanche. Blonde, pas très bien coiffée. Où es TU ? ]
Lily se leva et regarda autour d’elle. Un peu plus loin, à côté du grand manège qui présidait la
place, posée tout contre le dossier d’un banc se trouvait une blonde élancée, à l’allure soignée,
en haut talons vernis. Sa veste en cuir était ouverte : elle en tira négligemment un paquet de
cigarettes, et en sortit une. En la portant à ses lèvres pour l’allumer, elle fit un geste de la main
afin de dégager la grande tignasse de cheveux blonds qui lui tombaient en cascade sur le
visage.
Lily s’avança vers elle, d’un pas décidé, dégainant un sourire en coin pas tout à fait assuré.
-
Hé, Mél… ? C’est moi, Lily.
La jeune fille sourit, révélant des canines luisantes au soleil. Sans dire mot, elle sauta d’un
bond du banc où elle était installée, et lui mit le bras autour du cou pour lui poser à deux
reprises ses joues pâles et froides contre les siennes, qui en un instant devinrent écarlates.
-
Salut Lily. Contente qu’on se soit trouvées facilement. On va faire un tour ?
Sa voix était grave, profonde, un brin nasillarde, mais sensuelle, pensa Lily, avant de lui
répondre par un hochement de tête, tout en lui adressant un sourire timide.
-
Allons-y, je te suis.
Les commentaires (4)
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rasheed.b

J'ai intitulé mon premier recueil : Marguerite !

jeudi 2 février 2012 - 15:53
Sephiel

Terriblement frustrant! On veux lire la suite =) !

samedi 28 janvier 2012 - 20:33
Lillith

Merci, et pour le vote aussi !

jeudi 22 décembre 2011 - 10:56
Lillith

Oui, normalement, c'est prévu :)

jeudi 22 décembre 2011 - 10:42
mediter

Bon courage pour l'écriture alors ! ;-)

jeudi 22 décembre 2011 - 10:47

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