Suite française au F.M.I. [εfεmi]

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Publié le : mercredi 13 novembre 2013
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Carnet de correspondance
 
 
D'un champ de noix de pécan,
Sur les hauteurs de Orléans,
Le 25 septembre 2011 – 13h49 gmt
Maître des maux et des cris,  Je me suis hélas, assez vite lassé de Lhassa et de sa Riviera souterraine. Ayant dilapidé mon fond secret dans ses ruelles tactiles, j’ai quitté la quiétude de ma vie par le premier train du crépuscule. Ce que je vous livre là ne trouvera peut-être aucun écho dans l’espace lyrique qu’occupe votre coffre. Déjà riche en bontés du Trésor, vous retournez le monde et ses poches afin que toutes les monnaies stables finissent de trébucher dans vos cabas sertis. Bien plus léger qu’un élu devant un magistrat, vous êtes le droit affranchi du devoir. Et à ce titre, vos sacs à médailles sont légions. Vous seul connaissez cette jubilation d’avoir la Terre entière pour vitrine. L’air de rien, vous avez tout. Vos bagages et vos garages sont anglais. Vous montez nu les yachts sauvages pour descendre sur les presqu’îles innocentes. Au simple appel du plus désuet des sentiments, vous partez en ricochets sur les océans et rebondissez de continent en continent. Sans aspirine ni éthique. Et à chevaucher frénétiquement l’immoralité pour courir le pouvoir, l’on finit par bousculer le bonheur et son miroir. Pourtant vous miroitez. De légers vertiges et une
accoutumance stoïque au gin sonique sont les seules rançons de votre foire. Lorsque le monde beugle l’heure de la traite et que son peuple hagard bat le pavé humide en pensant à d’autres rivages, vous continuez de rouler sur l’or en vous photocopiant frénétiquement le nombril.
D’ailleurs vos rêves d’émancipation par la mise en circulation d’une monnaie ostensiblement frappée à votre effigie enfument mon esprit. Vos sous avec une vue de vous dessus nous affranchiraient déjà de la laideur fiduciaire. Vos machines-outils calibrées par les mécaniciens du Louvre vous fignoleraient allégrement le portrait pendant que des anges bien nourris souffleraient dans des trompettes célestes. Injecter de la théâtralité florentine sur les planches à billets est le plus subtil des raffinements. C’est le Pape lui-même qui l’a confessé durant l’une de ses fines parties de pêche aux gros. Les visionnaires de la finance aux regards désargentés en seront réduits à pleurer sur leur colline sans yeux.
C’est admis, ‘‘le fric, c’est chic’’. Riche rime de notre civilisation dont vous êtes l’ultime poète. Sur des airs gnawa, vous emmurez les émirs à Rabuni[ةيبرعلا تاا], défenestrez les oligarques poudrés et autres monégasques en treillis. Vous expropriez le cadastre derrière une armada de skieurs du barreau. Non sans gifler en chemin un roturier du Rotary et mettre le feu à la fanfare de Bourges. Chaussé de vos santiags du Chili, vous tirez sur vos cigares sans défense comme un flambeur du Sénat. Ce qui vous donne un petit teint balsamique qui se marie merveilleusement avec votre carrelage soviétique.
Maître du diable et de tout son train, avec votre talent de croupier omniscient, nous aurons un jour notre propre marque d’obus et de sandales. Une marque que
nous estampillerons sur la planète pour poser celle-ci sur un étal par un beau matin de guerre automnale.
Votre chien Fabrice a dévoré toute la discographie de Lionel Ritchie, comme vous l’aviez prédit. A l’aube de la prochaine grande marée, nous lancerons l’opération Marcello finir de mettre à genoux Christine pour Lagarde sur ses bas de laine. Les écrans de salon scintilleront épileptiquement de vos gesticulations politiques. Et je me contenterai de contempler le roi des trônes car le fait que je comptasse pour Dieu ne fera jamais de moi l’égal de ses cieux.  Votre saleté.
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