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Daïla

De
329 pages

Il y avait autrefois à Jérusalem un homme juste nommé Phraïm.

C’était dans le temps des persécutions de Manassès, roi de Juda.

Ce prince faisait planter des bocages sur les hauts lieux, et sacrifiait à Baal.

Il s’abandonnait à toutes sortes de débauches et de crimes.

Phraïm ne craignait pas de les lui reprocher.

Général de l’infanterie sous le saint roi Ezechias, il s’était fait une belle réputation militaire en combattant les Assyriens, et il était chéri du peuple à cause de ses vertus.

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Bernard Alciator

Daïla

Roman biblique

AVERTISSEMENT ;

*
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UN livre écrit consciencieusement, comme celui que nous présentons au public, doit être examiné sous deux points de vue : sous le point de vue littéraire et sous le point de vue moral.

Comme homme de lettres, l’auteur n’a consulté que son amour pour l’art ; comme homme religieux, il n’a consulté que son amour pour la vérité.

Daïla n’est pas une femme ordinaire : élevée dans l’exil et dans la solitude des montagnes, elle a emprunté, en quelque sorte, de la nature des lieux et du climat qu’elle habitait, ce caractère ardent et sauvage, qui nous la montre à la fois amante si passionnée et guerrière si intrépide ; mais elle est toujours restée fidèle au Dieu de ses pères ; elle a toujours conservé, au milieu des séductions de toute espèce, ce sentiment exquis de pudeur, qui sied si bien à la beauté.

*
**

1reLettre de M.VICTORHUGO, adressée à l’Auteur de Daïla :

« Une marque de sympathie d’un jeune et noble esprit comme le vôtre, Monsieur, m’est infiniment précieuse, et je l’accepte avec empressement. J’ai lu avec le plus vif intérêt le fragment remarquable que vous avez bien voulu m’envoyer.

Agréez, avec tous mes remerciments, l’assurance de mes sentiments très-distingués. »

Paris, 15mai 1842.

VICTORHUGO.

*
**

2meLettre de M.VICTOR HUGO,à l’auteur de Daïla, qui s’était plaint de son silence :

« Prenez-vous en, Monsieur, à mes yeux : malades. Jene lis plus et je n’écris plus ; petit malheur pour mon siècle, grand malheur pour moi, quand j’ai sur ma table des livres comme le vôtre. Heureusement j’ai une fille, et cette douce enfant m’a lu en grande partie votre remarquable œuvre. C’est de ma main que je veux vous écrire, pour vous féliciter de votre, beau talent et vous remercier de votre honorable dédicace. Votre livre m’a apporté à la fois du bonheur et de la gloire.

Agréez, Monsieur, la nouvelle assurance de mes sentiments affectueux et reconnaissants. »

Paris, 7 mars 1843.

VICTOR HUGO.

Une femme célèbre, Mme ANNA-MARIE (Ctesse. d’Hautefeuille), auteur deL’AME EXILÉE,duLYS D’ISRAEL, etc., a adressé à M. Alciator. la lettre suivante :

« J’ai reçu avec beaucoup de reconnaissance, Monsieur, le beau livre que vous avez bien voulu m’envoyer. Je suis heureuse de rencontrer au loin d’aussi précieuses sympathies. Votre ouvrage est infiniment remarquable dans un temps comme le nôtre : On y sent le goût du vrai, inséparable de celui du beau. Vous avez puisé à la source de toute poésie, et vous avez été bien inspiré. A cette époque de véritable orgie littéraire, c’est avec satisfaction qu’on voit encore quelques rares esprits s’écarter de la foule, et suivre les sentiers solitaires où se réfugient les idées pures, religieuses et morales.

Recevez, Monsieur, mes compliments sincères avec tous mes remerciments. »

St.-Vrain, 20 février 1843.

COMTESSE D’HAUTEFEUILLE

*
**

L’illustre auteur de lESSAISUR L’INDIFFÉRENCE, M. l’abbéF. DE LAMENNAIS, a écrit aussi à l’auteur de Daïla une lettre qu’il termine ainsi :

« Il est honorable, Monsieur, de consacrer ses talents à réveiller dans le cœur des hommes les grands principes de la morale si oubliés de nos jours, et c’est bien sincèrement que je vous en félicite, en vous priant d’agréer l’expression des sentiments et de la considération très-distinguée, avec lesquels j’ai l’honneur d’être, Monsieur, etc. »

Paris, 11 mars 1843.

F. LAMENNAIS.

*
**

Un Journal de Paris, le Journal des Artistes, dans son numéro du 19 mars (1), exprime en ces termes son opinion sur Daïla :

« Le sujet et les principaux personnages de cette composition éminemment littéraire sont empruntés à la Bible. Mais était-ce là un motif suffisant pour déterminer l’auteur, à l’adoption de cette alliance de mots Roman biblique ? L’auteur de la Jérusalem n’eùt jamais consenti probablement à donner à son œuvre immortelle la dénomination de roman biblique, et nous ne croyons pas que le roman, depuis le Tasse, se soit assez purifié pour être digne d’être associé à ce qui existe de plus vénéré parmi nous. Au reste, Daïla n’est point un roman, c’est plutôt un reflet de l’Illiade et de la Jérusalem en certaines parties, et, dans d’autres, ce sont les suaves inspirations d’une âme candide et noble, qui nous emporte dans les régions célestes pour nous consoler des misères de notre patrie terrestre. Cette production originale dénote à la fois l’homme de style, l’homme d’imagination, l’homme d’un véritable talent. »

I

Il y avait autrefois à Jérusalem un homme juste nommé Phraïm.

C’était dans le temps des persécutions de Manassès, roi de Juda.

Ce prince faisait planter des bocages sur les hauts lieux, et sacrifiait à Baal.

Il s’abandonnait à toutes sortes de débauches et de crimes.

Phraïm ne craignait pas de les lui reprocher.

Général de l’infanterie sous le saint roi Ezechias, il s’était fait une belle réputation militaire en combattant les Assyriens, et il était chéri du peuple à cause de ses vertus.

Mais Manassès, qui ne pouvait lui pardonner sa franchise, voulut le faire mourir secrètement.

Il appela donc ses serviteurs :

 — Quand la nuit sera venue, leur dit-il, allez dans la maison de Phraïm et tuez-le, vous aurez une récompense. »

Les serviteurs promirent de le tuer.

Or, la nuit étant venue, Phraïm, prosterné devant l’Éternel, lui adressait cette prière :

 — O mon Dieu, Israël n’est plus ! Il a été la proie de l’Assyrien.

Que deviendrons-nous, si tu nous frappes dans ta colère ?

Manassès relève les autels des faux Dieux, il fait couler dans Jérusalem des flots de sang.

Il remplit d’abominations ton saint temple et entraîne les descen dans de Jacob dans la voie de l’iniquité.

O Éternel ! n’exauce pas les vœux de l’impie, et prends pitié de ton peuple ! »

Cependant les meurtriers s’acheminaient déjà vers sa demeure.

Alors un Ange lui apparut, et lui dit :

 — Phraïm, le Seigneur, le Dieu de Jacob m’envoie vers toi.

Fuis avec ton épouse loin de Jérusalem.

Tes ennemis ont juré ta mort ; mais le Seigneur tout-puissant te délivrera de leurs embûches. »

L’Ange disparut.

Phraïm, après avoir rendu grâces à Dieu, s’éloigna de Jérusalem avec Euphonie, son épouse, et Daïla, sa fille, qui était à peine âgée de quatre ans.

II

La nuit était très-sombre. Phraïm et Euphonie erraient de tous côtés, ne sachant où diriger leurs pas.

Ils se décidèrent enfin à traverser le Cédron ; puis, ayant pénétré dans les montagnes, ils s’y cachèrent.

Une caverne spacieuse leur servit d’asile.

Phraïm, en quittant la ville, avait eu soin d’emporter une corbeille remplie de pain et de fruits, et une urne pour puiser de l’eau.

Mais au bout de trois jours, ces petites provisions furent réduites à fort peu de chose, et les deux époux se disaient :

 — Comment ferons-nous ? Si nous retournons à la ville, nous sommes sûrs de tomber sous le fer de nos ennemis.

Si nous ne quittons pas cette caverne, nous mourrons de faim, et notre petite Daïla mourra aussi. »

Et en parlant de la sorte, ils se regardaient avec tristesse ;

Ils regardaient aussi leur enfant et pleuraient.

Alors Phraïm dit à Euphonie :

 — Adorons le Dieu de nos pères, le Dieu qui fit jaillir l’eau du rocher, et qui, pendant quarante ans, nourrit son peuple dans le désert. »

Il se mit à genoux. Euphonie, qui portait Daïla sur son sein, imita son exemple ; et tous deux prièrent le Seigneur.

Tout-à-coup ils entendirent des gémissemens qui semblaient venir de la montagne.

Ils furent d’abord effrayés ; mais l’homme juste fit cette réflexion :

 — C’est peut-être un malheureux qui a besoin de secours, je vais voir. »

Il sortit, et rentra un moment après :

 — Je ne me suis pas trompé, dit-il, c’est un pauvre lépreux, victime de la cruelle avarice des hommes.

Comme nous, il est pauvre et abandonné ; il n’a rien mangé depuis quatre jours. Si nous ne lui donnons le peu de pain qui nous reste, il mourra.

Euphonie répondit :

 — Donne lui tout.

Phraïm donna tout au lépreux.

Dans ce moment passait non loin de là le prophète Isaïe, fils d’Amos.

III

Isaïe était un homme à la taille élevée, à la démarche noble.

Un front large et chauve, une longue barbe blanche qui couvrait sa poitrine, lui donnaient un air de majesté.

Il y avait quelque chose de surnaturel dans ses yeux vifs et perçants comme ceux de l’aigle.

Quand sa voix grave et sonore se faisait entendre, on croyait être en présence de Dieu lui-même.

 — Seigneur, lui dit Phraïm, guérissez ce pauvre lépreux. »

Isaïe invoqua l’Éternel ; puis il posa sa main sur la tête du lépreux, et le lépreux fut guéri.

L’homme qui venait d’être guéri si miraculeusement par le prophète, se nommait Hassan.

Plein d’admiration et de reconnaissance, il s’écria :

 — Béni soit l’Éternel, qui tous les jours nous comble de biens ! Béni soit Isaïe, le prophète du vrai Dieu, du Dieu d’Abraham et de Juda ! »

Et s’adressant à Phraïm :

 — Seigneur, vous m’avez sauvé la vie ; vous avez attiré sur un misérable lépreux la miséricorde divine ; voulez-vous que je sois votre serviteur ?

Où vous irez, j’irai ; où vous demeurerez, je demeurerai : je vous serai toujours fidèle. »

L’homme juste y consentit.

 — Hâte-toi, lui dit-il ensuite, d’aller à Jérusalem.

J’ai laissé dans ma maison deux sacs d’argent ; prends-les, achète un agneau d’un an et sans tache, un dixième de fleur de farine, une fiole d’huile et deux petits de colombes ; et tu te présenteras au prêtre pour qu’il te purifie ; et quand le temps de ta purification sera fini, tu nous apporteras des vivres en abondance.

Tu apporteras aussi trois arcs d’airain avec leurs carquois garnis de flèches. »

 — Seigneur, je ferai tout cela, répondit Hassan, et il partit. »

Le saint prophète demeura avec Phraïm pendant huit jours ; et le soir du huitième jour, il le conduisit dans un vallon solitaire et prononça ces paroles :

 — Je vais à Jérusalem ; je vais annoncer à Manassès que la patience de Dieu est lasse.

Malheur à toi, Jérusalem ! Malheur à toi, nation pécheresse !

Car ton ignominie sera découverte, et tu deviendras, comme Israël, esclave de l’Assyrien !

Comment s’est prostituée la cité fidèle ?

Elle était pleine de droiture ; maintenant elle est pleine de débauches et de meurtres.

C’est pourquoi la colère de l’Éternel s’est allumée contre elle.

L’Éternel armera les fils de Ninive et de Babylone.

Tous leurs glaives seront tirés et tous leurs arcs tendus.

Ils rugiront comme des lionceaux, et raviront leur proie. »

A ces mots, Isaïe s’éloigne : Phraïm regagne à pas lents sa caverne.

Il est pâle et triste ; son âme est brisée par le souvenir des prophétiques paroles qu’il vient d’entendre.

IV

Peuple ingrat, disait Phraïm en lui-même, tu t’écarteras donc toujours des saintes voies du Seigneur ?

Et en parlant de la sorte, il arrivait aux pieds d’Euphonie.

Cette malheureuse mère, qui ne vivait, depuis huit jours, que de racines et de fruits sauvages, s’était endormie sous le rocher.

Sa figure, autrefois modèle de beauté, ressemblait alors à une rose flétrie, et avait une expression de mélancolie touchante.

Ses longs cheveux noirs tombaient sur elle en désordre ;

Sa poitrine se soulevait parfois comme oppressée par un songe pénible.

Sur son beau sein était appuyée une des petites joues de Daïla, qui dormait aussi, et dont les lèvres enfantines semblaient sourire.

Phraïm, pour garantir la mère et l’enfant de l’humide fraîcheur du matin, les entoura de son manteau.

Puis il s’assit à côté d’elles, et souleva la tête penchée d’Euphonie pour la poser sur son cœur.

Il fit cela si doucement que le sommeil de cette épouse bien-aimée n’en fut pas troublé.

Au lever du soleil, Hassan parut tout à coup à l’entrée de la caverne.

Il apportait deux sacs d’argent, des vivres en abondance et trois arcs d’airain avec de nombreuses flèches bien acérées.

Phraïm, pour ne point éveiller Euphonie, fit signe à son serviteur de garder le silence.

Ensuite il lui montra du doigt l’urne qui était vide.

Hassan la prit et s’éloigna pour aller puiser de l’eau.

Chemin faisant, il trouva une source d’eau limpide au pied d’un superbe cèdre qui la couvrait de son ombre.

Il y avait là deux petits enfans ; l’un à peine âgé de neuf ans, jouait au bord de la fontaine ; il se nommait Tharuc ;

L’autre, beaucoup plus jeune, pleurait et gémissait ; il se nommait Hazaël.

Hassan étonné de les trouver seuls en ce lieu, s’approcha de celui qui pleurait et lui dit :

 — Pourquoi pleures-tu ?

L’enfant répondit :

 — Nous n’avons plus de mère !

 — Pauvres enfans, que je vous plains !..... Mais où est ton père ?

 — Il est mort !

 — Vous êtes donc orphelins ?... Si jeunes ! et il ne s’est pas trouvé une âme bienfaisante pour vous garder et vous nourrir ? »

Alors le petit orphelin lui raconta qu’une bonne femme avait eu pitié d’eux ; mais que le mari de cette femme les avait chassés de sa maison.

Le bon serviteur lui dit :

 — Console-toi, mon enfant, je vais vous présenter à mon maître, et je suis bien sûr que vous trouverez en lui un second père »

En achevant ces paroles, il remplit d’eau son urne, et emmena les deux orphelins avec lui.

V

Pendant ce temps-là Euphonie s’était éveillée au milieu d’un songe pénible.

Elle avait cru voir un pauvre enfant abandonné sur une montagne stérile et déserte.

Touchée de compassion, elle l’emportait dans ses bras ; mais cet enfant s’était changé tout à coup en vipère et lui avait mordu le sein.

 — O mon ami, dit-elle à Phraïm, ce songe nous présage quelque malheur. »

Dans l’excès de son trouble, elle n’avait pas aperçu les provisions déposées dans la caverne.

Phraïm les lui montra en souriant, et lui dit :

 — O ma bien-aimée ! Tous les songes ne sont pas prophétiques.

Tu vois que le Seigneur n’abandonne jamais ses créatures.

Nous étions sur le point de manquer de tout ;

Mais nous avons invoqué ce Dieu plein de miséricorde, qui fit jaillir l’eau du rocher, et nourrit pendant quarante ans son peuple dans le désert :

Il a entendu notre prière. »

En écoutant ces paroles, Euphonie était pénétrée d’admiration, et elle ne pouvait se lasser de bénir l’Éternel.

Mais son admiration fut bien plus grande, lorsque Phraïm lui dit :

 — Euphonie !, notre charité envers le lépreux a obtenu sa récompense.

Nous avons maintenant un fidèle serviteur, avec lui nous ne manquerons de rien. »

Hassan venait d’arriver, accompagné des deux orphelins.

Il raconta leur aventure à son maître, qui en fut ému de pitié ;

Et Euphonie dit alors à Phraïm :

 — Qu’ils sont malheureux !...Veux-tu qu’ils demeurent avec nous ?

Tu seras leur père, et moi je leur tiendrai lieu de mère. »

Et Phraïm répondit :

 — Que je t’aime, Euphonie, quand tu me proposes de faire le bien.

Oui, nous prendrons soin de leur enfance : je serai leur père, et tu leur tiendras lieu de mère. »

Alors ils prirent ces petits enfans dans leurs bras et les comblèrent de caresses.

Cependant le caractère dur et sombre de Tharuc formait un contraste pénible avec la douceur et l’amabilité d’Hazaël.

Celui-ci était aussi beau et aussi bon, que Tharuc était laid et méchant.

Il n’y avait pas moins de différence entre les deux frères qu’entre un Ange et un Démon.

Phraïm et Euphonie le remarquèrent bientôt.

Ils en eurent beaucoup de chagrin, et ils s’efforcèrent d’inspirer à Tharuc l’amour de la vertu et la crainte du Seigneur.

Mais tous leurs soins furent inutiles.

VI

Isaïe venait d’arriver à Jérusalem. Il parut devant Manassès pour lui annoncer la colère de l’Éternel.

Et le roi méprisa les paroles de l’Éternel ; et il menaça le prophète de le faire mourir, s’il continuait de prophétiser ;

Et le fils d’Amos continua de prophétiser pendant douze ans.

Or, pendant ces douze années, Phraïm vécut toujours dans le désert, pour échapper à la mort.

Il partageait son temps entre les soins qu’il devait à sa famille et les exercices de la chasse.

Le fidèle Hassan procurait d’ailleurs à ses maîtres toutes les choses nécessaires à la vie.

La reconnaissance et le zèle de ce bon serviteur les consolaient un peu de leurs infortunes.

Quoiqu’ils n’eussent pour asile qu’une sombre caverne, ils bénissaient l’Éternel qui, après les avoir miraculeusement délivrés des mains d’un roi impie et barbare, leur donnait encore la force de supporter leur pénible existence.

Quelquefois, assis à l’ombre d’un palmier ou d’un cèdre avec leur jeune famille, ils chantaient en chœur, en s’accompagnant de la harpe, les louanges de ce Dieu toujours juste et toujours bon, qui confond les méchants, protège les opprimés et donne aux petits oiseaux leur pâture.

Ils chantaient la création du monde, la chute de notre premier père, la promesse d’un Messie, la vertu d’A bel, le crime et l’impénitence de Caïn.

Et la piété de Seth, et les alliances monstrueuses que contractèrent les enfans de Dieu avec les enfans des hommes ; et les géants qui naquirent de ces alliances et couvrirent la terre de crimes.

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