De l'Ablation des malléoles fracturées dans les luxations du pied, compliquées de l'issue des os de la jambe au travers des téguments, par M. le Prof. C. Sédillot,...

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impr. de G. Silbermann (Strasbourg). 1867. In-8° , 12 p..
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Publié le : mardi 1 janvier 1867
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'""-- PÙààlèsfSife L'ÉCOLE IMPÉRIALE DU SERVICE DE SANTÉ MILITAIRE
COMMANDEUR DE LA LÉGION D'HONNEUR, ETC.
(Communication à l'Académie des sciences.)
STRASBOURG
TYPOGRAPHIE DE 6. SILBERMANN.
1867.
fô68"
DE L'ABLATION
DES MALLÉOLES FRACTURÉES
DANS
LES LUXATIONS DU PIED
COMPLIQUÉES
DE L'ISSUE DES OS DE LA. JAMBE AU TRAVERS DES TÉGUMENTS.
Le traitement des luxations tibio-astragaliennes a toujours
été et est encore une des préoccupations de la chirurgie.
Si la luxation est simple, sans fracture des malléoles,
quoique complète, et que la peau soit restée intacte, comme
on en a publié plusieurs exemples (voy. A. Cooperetc),
l'amputation est manifestement contre-indiquée, et l'on doit
s'efforcer, par la réduction et un traitement convenable, de
sauver le membre et d'en conserver les fonctions. J'ai été
témoin d'un fait de ce genre sur un artilleur, dont je rédui-
sis immédiatement la luxation et qui guérit assez bien pour
reprendre son service. On suit la même conduite dans les
luxations compliquées de fracture malléolaire, sans déchi-
rure de téguments.
S'il y a plaie, fracture des os de la jambe et du pied (astra-
gale), issue du tibia ei du péroné, les dissentiments com-
mencent et aucune règle ne s'impose. Les questions d'âge,
de constitution et de conditions hygiéniques et chirurgicales
méritent dès lors d'être prises en grande considération.
Les uns, et c'est le plus grand nombre, amputent la
jambe, soit dans sa jointure tibio-tarsienne (Symes,Bau-
dens, J. Roux, etc.), soit à son tiers inférieur, soit au lieu
d'élection. L'amputation, dans de pareilles conditions, ne
saurait être blâmée, parce qu'elle est le moyen le plus sûr
de sauver la vie et d'obtenir une prompte guérison. La perte
4
de la jambe est toutefois un sacrifice si cruel, qu'on hésite
à l'accomplir, et j'ai fait connaître un exemple de conser-
vation du pied alors que les désordres étaient tout aussi
considérables et l'astragale brisé *.
D'autres gardent le pied et enlèvent une portion des sur-
faces articulaires du tibia et du péroné (résection tibio-
péroriéale).
Quelques-uns réduisent la luxation, comme dans les cas
simples, et la traitent, ainsi que la fracture de l'une ou des
deux malléoles, par l'occlusion et l'immobilité.
Dans ce dernier cas, le danger est grand. Les plaies ne
se ferment pas; du pus se forme et stagne avec la sérosité
et le sang dans la cavité articulaire. Ces liquides s'altèrent,
s'infiltrent, amènent des suppurations diffuses. Les malléoles
et les os, baignés d'abord dans la synovie et ensuite dans le
pus, se carient ou se nécrosent, et>quand le malade ne suc-
combe pas à des accidents infectieux, il,peut mourir par
l'excès de la suppuration, à moins que l'on n'ait recours à
une amputation consécutive, dont le succès n'est pas même
certain.
C'est dans ces traumatismes compliqués et difficiles que
nous proposons de réséquer les surfaces articulaires du tibia
et du péroné, et d'enlever les malléoles fracturées au moyen
de deux incisions longitudinales pratiquées sur les côtés de
la jambe. Ces incisions ont l'avantage d'agrandir la plaie
primitive, de faciliter la réduction, de permettre l'ablation
des malléoles et de donner une libre issue aux liquides ren-
fermés dans la jointure.
Examinons ces indications.
L'incision passant par la plaie primitive en fait cesser
l'étranglement, et facilite la réduction. L'ablation des mal-
léoles prévient les complications inhérentes à la présence
de portions*osseuses, jouant le rôle de corps étrangers,
1 Voy. notre Traité de médecine opératoire, 3e édit., avec fig ,
i. I,p. 524.
5
frappées d'inflammations suppuratives, menacées de carie
et de nécrose, et retardant, si elles ne l'empêchent pas, la
consolidation des plaies.
La large ouverture des deux côtés de la jointure laisse
une libre issue aux liquides, s'oppose à leur stagnation et à
leur fétidité, permet les injections détersives et modifica-
trices, et diminue le danger des intoxications purulentes et
infectieuses, qui tiennent nne si grande place dans la mor-
talité des blessés.
La résection de quelques millimètres du tibia et du pé-
roné augmente encore les chances favorables de la réduction
et de la,régénération des os, débarrassés d'une couche car-
tilagineuse dont la résorption ou l'élimination exigent un
temps assez long et entretiennent les accidents. Lé membre
est plus court, sans doute, mais les parties molles sont
moins tendues, les pressions osseuses moins considérables,
les rapports des os avec l'astragale plus étendus, et la gué-
rison semble plus certaine. A. Cooper dit-n'avoir pas vu
mourir un malade à la suite de ces résections, et notre col-
lègue, M. Eugène Boeckel, dans sa traduction du Traité des
résections d'Oscar Heyfelder, traduction devenue parmi nous
classique 1, a montré que cette opération donnait habituelle-
ment de bons résultats.
Les plaies articulaires compliquées de fracture sont si
périlleuses qu'on ne saurait y opposer des procédés trop
énergiques et trop radicaux. Il y a longtemps qu'on aurait
renoncé aux amputations si la réduction et les résections or-
dinaires eussent offert aux praticiens une suffisante efficacité.
Les moyens que nous défendons nous semblent d'autant
mieux mériter un accueil favorable, qu'ils sont plus con-
formes à l'expérience et moins dangereux. Tous les auteurs
parlent avec éloge des larges incisions pratiquées sur les
articulations atteintes d'inflammations purulentes, et nous
1 Strasbourg, Treuttel et Wùrlz, libraires-éditeurs; Paris, J. B,
Baillière et fils, rue Haulef'euille, 19. 1 vol. in-8°. 1863.

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