De l'Alcalisation de l'urine, considérée comme phénomène d'élimination, chez les malades soumis au traitement thermal de Vichy, par le Dr Durand-Fardel,...

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impr. de L. Martinet (Paris). 1853. In-8° , 8 p..
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Publié le : samedi 1 janvier 1853
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EXTRAIT
DU BULLETIN DE L'ACADÉMIE IMPÉRIALE DE MÉDECINE,
Tome XVIII, page 409.
DE
LOCALISATION DE L'URINE,
\ , - '- CONSIDÉRÉE
COMME PHÉNOMÈNE D'ÉLIMINATION , CHEZ LES MALADES
-* •"- ,, SOUMIS AU TRAITEMENT THERMAL DE VICHY, ,
- {
..""•Par le Docteur DÏJKANIi-F.lRDEL,
Membre correspondant de l'Académie impériale de médecine, '•
'•,.'' Inspecteur des sources d'Haulerive, à Vichy.
On sait que l'urine des personnes qui font usage de bois-
sons alcalines en certaine quantité perd de ses qualités acides,
et devient elle-même alcaline. C'est ce que l'on observe
principalement à Vichy sous l'influence du traitement thermal.
Ce phénomène n'a guère encore été considéré que sous
un point de vue qui nous paraît manquer d'exactitude. On a
supposé que, sous l'influence des principes alcalins intro-
duits dans l'économie, les qualités de nos humeurs, du sang
en particulier, se trouvaient modifiées, et que, par suite de
cet état, auquel on a donné le nom de saturation alcaline de
l'économie, les acides qui font la base de nos sécrétions les
plus importantes, les sécrétions excrémentitiellesen particu-
lier, neutralisés par ce changement de milieu, disparaissaient
et se trouvaient remplacés par des produits alcalins.
Une autre interprétation du phénomène qui nous occupe,
plus conforme , suivant nous, aux notions de la physiologie
comme aux faits pathologiques auxquels il s'applique, nous
a paru mériter d'être exposée devant l'Académie. Tel sera
l'objet de cette courte note.
Il est une loi de l'organisme d'après laquelle les principes
non assimilables, c'est-à-dire non susceptibles d'être conver-
tis en notre propre substance par le fait de la nutrition,
tendent à être rejetés au dehors. Les organes de cette élimi-
nation sont les organes des sécrétions excrénientitielles, et
en particulier les reins. C'est une idée aussi ancienne que la
médecine, que celle de cette tendance de l'organisme à ex-
pulser les substances nuisibles ou inutiles qui peuvent exister
dans son sein : manifestation palpable de la nature bienfai-
sante et médicatrice, il était réservé à la médecine moderne
de la mettre en lumière par une démonstration qui emprunte
à la chimie ses procédés et son évidence.
C'est à la toxicologie, et au savant éminent qui en est,
pour ainsi dire, le créateur, que revient l'honneur de cette
démonstration, assurément un des faits les plus intéressants
de la science contemporaine. C'est en poursuivant la re-
cherche des poisons chez l'homme vivant comme sur le
cadavre, que M. Orflla a retrouvé dans l'urine, et peu de
temps après leur introduction , la trace de toutes les sub-
stances toxiques minérales introduites dans nos organes par
quelque voie que ce soit; et c'est le même ordre d'idées et
d'expérimentation qui a fait retrouver dans l'urine la traee
des substances médicamenteuses prises dans un but tout dif-
férent.
Ce n'est pas tout : revenant, par un cercle d'idées dont
l'histoire de la science nous fournit tant d'exemples, aux
plus anciennes croyances de la médecine, vous avez vu, dans
une circonstance récente, et destinée à laisser de si profonds
souvenirs, notre illustre collègue supposer que les maladies
épidéniiques, les maladies contagieuses, les maladies spora-
diques même, d'un certain caractère, n'étaient que le résul-
tat d'une cause matérielle et palpable infectant nos organes,
et dont la nature, empressée de nous débarrasser, laisserait
saisir à de savantes analyses des traces reconnaissablesdans
les résidus de l'économie.
C'est donc un fait acquis à la science, messieurs, sans
invoquer davantage ces dernières hypothèses, dignes cepen-
dant de toutes nos méditations, que toute substance non
assimilable, introduite dans l'organisme, tend à eu être éli-
minée par la voie de certaines sécrétions dont les reins et la
peau sont les organes essentiels.
Pourquoi les alcalins échapperaient-ils à cette loi? Vous
allez voir qu'il n'en est rien , et qu'ils obéissent, comme tant
d'aniresprincipes, à cette règle conservatrice de l'organisme.

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