De l'éducation des collèges : première partie ([Reprod.]) / par l'auteur de l'"Éducation du peuple"

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Houtard (Paris). 1784. Éducation -- France -- Ouvrages avant 1800. 3 microfiches acétate de 49 images, diazoï ques ; 105 * 148 mm.
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Publié le : jeudi 1 janvier 1784
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Dp
L'ÉDUCATION 1
.DES COLLÈGES,
PREMIERE PARTIE,
DE.
DES COLLÈGES.
Par ? Auteur de /*Education
du Peuple,
PREMIERE PARTIE..
A LONDRES;
Et fi trouve à PARIS,
Chez MauTAXD- Imprimeur-Libraire dé liai
RUNE, de Madame, de Madame. Comteflc-
d'Artois & de l'Académie des Sciences rue
au Mathurins Hôteî de Cluni.
M. DCC. LXXXIV.
a iij
A MONSIEUR
CITOYEN DE DOJ,?.
yi gréez mon Ami cette
'Production de ma/olitude3comme
un hommage bicnjîncere de mes
fenrimens. La Littérature que
yoûs cultive^ aveefuccès corn-
mença notre liaifon la. confor-
mité de carac?eres l'acheva en
vous connoiffant mieux. J 'aimai
davantage votre. Province à la-
quelle j'étois érr.anger; & votre
générofité m'y fixa quand des
considérations de fortune m'gi
̃#
mens Le.
plus préàeux 'pour moi fera.
toujours d'y -vivre plus près dc
vous.
PHIIirOH PE (A MapEUROSi
'̃̃'̃% INTRODUCTION./
quoiqu'elles ne Soient -pas encore M-
vêtues. 'dû fcéaix" du temps;
Je vois ,'dans l'Education des Col-
léges, deux objets principaux la po-
lice à laquelle ils font affujettis &
fenfeignement qu-on y donne; ladif-
cipline qui s'y obferve, & l'inftruaion
qui s'y reçoit à ce double point de
ralliement, vontferapportectoutes mes
idées. Je ne follidterai point l'atten-
pon il fuffit d'être pere oncle, tu-
teur .citoyen, pour dentendre avec.
jntéret.
A ij
D E
i/ë du cation
DES COLLÈGES.
PREMIERE. PARTIE.
CHAPITRE 'PREMIER.
Abusât l'Education aâuelle rela-
tivement aux exercices aux
emens du corps.
J'ai long- temps cherche la^'caiifê
de..cette dégradation fenfible que fef-
péce humaine_.cprouve panni nous,
étqui ne nous permet pas- ,de recon-
noîrte dans les habitàhs'de nos Cités,
̃ -v
& Renie. 'Céfiit en indiqué £la;raiïbû:i
l'enfance, parmi eux fe livroit entié-
remént aux exercices corporels rien
n'y contrariait la nature & ïes dt-'
ploiemens fe faifoient avec* énergie,
parce qu'ils fe tablent avec liberté.
J'ai cherché de même d'où pou-
)l'oient naître ces maux de, nerfs ,ces
vapeurs, ces langueurs, ces mal-êtres
que nos aïeux ne connoiflbieht\pas,
-que nous
les cabinets du Littérateur,, du Ma-
giftrat, de l'homme én/plaçy, & qui
privent la Société des fecours qu'elle
avoir droit d'en attendre. Céfar. en
donne encore
tiffement. l'étude ne çrecipitoit parmi
eux les déyeloppemens de rintelli-
gence. Ils en valoient mieux étant
'grands parce qu'ils ayoient moipi
valu étant petits..
des Collèges.'
Aiij-
En général nous forçons trop tôt
nos'enfans à s'inftruire. Du berceau st' f
l'école il n'eft pour eux qu'an pas
& là quel eft leur fort? S'ils font
mal, ils font rudement châtiés; s'ils
font bien c'eft aux' dépens des'fucs
nerveux qui n'étant encore ni alfcz
abdndans ni aflez élaborés s'épuifent
à donner des primeurs pour ne plus
rien produire dans la faifon des fruits.
Lifez l'hiftoire de ces enfans célèbres
par la précocité de leurefprit. La plu-
part; après avoir été des hommes dans
le premier âge n'ont été que des
.enfans dans l'âge mûr fouvent a'uflî
une mort prompte leur a fait payer
bien !cher: une célébrité prématurée
plus couvent de longues douleurs la
leur encrait'payer bien plus cher en*
coré. Voyez Pascal, voyez Clàiraut j
à dix ans, ils furent des prodiges; z
trente, ils furent des vieillards.
Mais'quand la fagefle des Maîtres
ïf • De l'Education
ou la paréfle des'Difciples.retarde-
roient les progrès de Tinftrudfcion
comptez-vous pour rien d'emprifonner
les enfans dans une claffe étroite,
fermée prefque également à fair &
la lumiere ? d'y entaffèr une foule
d'individus de renipéramens divers ?
de leur y faire refpiter les miafmes
les plus funeftes ? de les y tenir pliés
en deux l'eftomac, la poitrine, 'la
tète inclinés fur un livre, & tous les
vHceres comprimés Voilà quelle eft
la vraie féurçe de la dégradation de
fefpece, & du mal-ècredes individus,
Quiconque envoie trop tôt fes enfans
dans les Collèges leur ouvre la portes
de l'hôpital ou du .tombeau. Il de-
vroit, en leur donnant -un.,Maître
leur chercher auili un Médecin. ̃̃;
Le mouvement'etc l'ame. de l'en-
fence j le grand air eft fon élément.
Dans les Ecoles, l'un & l'autre lui eft
interdit>/& cette privation prépaie le
malheur de l'homme & de la focicté.
dès ..£;̃•
Aiv
CHAP ITRfe II.
A quel àge doit commencer l'Edur
cation publique l
S'IL s'agiflbit de l'Education privée,
je dirois, comme Plutarque, qu'elle
doit commencer avec la, vie. Mais
j'aurois foin d'avertir que cet Auteur
judicieux parle de-l'Education & non
de l'Etude chofes qu'on a grand tort
de confondre, J'ajouterois qu'il ne
prétendoit pas que,, durant les pre-
mieres années, on enfeignât. quelque
chofe à 1; enfant; il vouloit feulement,
qu'attentif à écarter'de lui les préjugés
& répondre clairement à fes pe-
rites queftions Maftituteur empêchât
qu'il n'apprîtle mal, ou qu'il n'apprîc
mal c'eft-à-dire qu'on ne lui donnât
des notions fauffes, ou des fentimens
dépravés.
/̃% De ̃ l'Education
r -Quant à l'Education publique^U.
eft vident qu'il faut' lui. fixer un
commencement; elle ne fauroit, ainfi
que l'Education privée ni furveiller
l'enfant fur le rein de fa nourrice,
ni le promener par les lifieres.
Or ce commencement eft déter-
mine par la Nature, C'eft àftpt ans
dit (a) M. deBufFon, que l'enfant eft
plus ̃ ajfuré de vivre qu'on ne l'eftà
tout autre âge'. C'eft doncafeptans
que le Collège s'ouvrira pour lui.
(a) Hifi. Nat. Difcours fur la nature de
l'Homme.
CotlégetL '<$:'̃;
GITAP1XRE III.
'Que faire des tnfans jufqu'a l'âge
de jèpt ans.
JaifTer à la Nature le foin de fortifier
leur conftitution & ne les fuivre que
pour les empêcher d'apprendre mal
ûu, d'apprendre le mal. Jk jouironc
dé l'air, de la liberté ,lf^'moave-
ment, de la vie ils faat&onç, ils!
conrroùt ils vivront fan contrainte
&,fi quelquefois ils en abufenr; leurs
chutes même & leurs contufions leur:
feront acquérir une expérience-donc
Page fuivant* profitera. -j •.
Je voudrois feulement qu'on. fîc
un bon extrait de tout ce qui, a été-
écrit de mieux fur l'Education phy~
fique des enfans; que. cet Ouvrage
rédigé dans la forme la plus*£mple>;
io De l'Education
nicipauxj qu'il fût diftribuî gf àttûte-
ment & qu'il devînt la lecture jour-
naliere des peres & des meres..Par
ce moyen les lumière^ fe propage-
roient fur l'objet qui importe le plus
i la. confervation des fociérés ;-& fef-
pecè" finiflànr par fe régénérer re-
prcndroic fa vigueur primitive.
Je fais que par-là j'oblige les pa-
rens à veiller fur 1'enfàiice jufqu'à.,
ce qu'ellè^t atteint l'âge de.fept aar
nées; fais en même
pluûeurs Tenue eux n'envoient leurs,
enfans.aux Ecoles qu'afin de s'en de-
barraCTer.
Cette confldératioii ne méfait pas
changer d'avis. Pourquoi -Ibatrils pe-:
les, s'ils ne veulent pas fuppor ter les
charges dé la paternité ? D'ailleurs, effc-
il fîdifiScile de gardeur chez foi. un»
enfant à qui je ne veux pas que l'on-
apprenne quelque chofes Craignez-:
des Collèges. -m
aV
vous les chutes? une expérience dou-
loureufe lai apprendra 'bientôt à n'en
plus faire. Craignez-vous fes pleurs ?
il n'en verfera pas, dès que vous ne
le contrarierez point, & que vous lui
laùTerez faire tout ce qu'il voudra.
Encore une fois, qu'il n'ait jufqu'à
fépt ans de volonté que .la fienne,
& de maître que la Nature. Ne foyez
là que pour prévenir les abus ou ict
parer les excès.
CHAPITRE IV.
De l'aimiflion dans' le Collège.
Jtou/R y'être 'reçu à préfent il
faut des connoiflânees préliminaires.
On exige de l'enfant qu'il fâche lire,
qu'il fache écrire .qu'il ait même
quelque teinture de lannicc.
Abus. Le remps qu'a employé l'en-
fant à.fe procurer les notions préala-
bles, eft autant de perdu pour le dé-
veloppement de fes organes & l'àc-
croilfement de fes forces,,
Outre' cela il arrive feavent que
les principes de latinité qui il, a puifés:
dans les Ecoles préparatoires, diffé-
l'en!! de ceux du Collège, 8c. qu'il fç
trouve dans le cas de désapprendre
ici avec effort ce. que la: iî apprit
avec peine..
Je veux donc qu'en te ptéfencant
lire.: gue ferc une éducation publi-
que & gratuite i fi1 elle- doit être pré-
cédée par une Education privée de
couceufe ? Quand l'Education des
Claues e!t bien dirigée elle n'a pas
befoin d'être préparée, par l'Education
des Ecoles..
Celles-ci doivent être fupprimée*
comme inutiles. Et je fais, en les dé-
truifant, le bien de la Commune &
des Citoyens de la Commune, en lui
reftituant, dans la perfonne des Maî-
tres d'Ecoles, quelques individus qui
la Serviront dans d'autres états; des
Citoyens, en.leur épargnant, pour leurs
fils, des frais préliminaires d'éduca-
tion.
i* De l'Ëincàtion
CHAPITRE V.
De la falubrité ies-ClaJes.
JCiST-CB petiteue dans nos vues?
eft-ce infuffifance dans nos facultés?
Il eft certain que nos Colléges dont
rien d'auflï grand que les Gùnnafes
antiques, ou la jeunefle trouvoit des
falles fpacieufes pour Ces divers exer-
cices, & de vaftes promenades pour
.les différentes faifons. Elle y refpiroic
un air plus falutaire que celui de ces
efpeces de fouterrains dans lefquels
nous enfermons l'enfance. L'inftruc-
tion s'y prenoit plus (a) gaiement,
(a) M. Fleuri dit. fort bien » Le dé-_
v goût des Ecoles publiques quand ce font
de vieux bâtimens qui manquent de lu-
v miere & de bon air, pane jufques au la-
tiu &aux études u,' Choix condition du
Etudes, §- 15. ̃
Je ne; veux pourtant pas que :on
dé truife les- Collèges |a dépenfe des
ieconftruâions^jpcteroit le bien que
jetdcfire. Je cennois. mon Siecle il
ne lai £iut que des chofes faciles
je propofe donc amplement quelque
changemens aufii eflenriels que pets
dispendieux.
Le premier eft de tranfporter les
ClaCTes', .delà partie ;bafTé de l'cdi-:
fice; un étage élevé» Qui nefent»
eii- effet que dans les lieux hauts l'air
environnant a plus d'élaftidté & fe
renouvelle. mieux ? Il ri y a- que les
lieux bas qui foient.fùjets à ces exba-
kifons, à-ces- moffetes d'où- s'échap-
pént les- maladies &. la^ mort. )Il: n'y
«que les lieux bis quiTourniflent cet
air fixe, l'un des plus grands def-
truââurs de l'économie animale. Pour-
quoi ne fiions-nous pas au moins pour
nos enfans ce que non* fet^n^ pose
t6l De l'Education
nos malades? les falles. de famé/
dans nos Hôpitaux y occupent l'étage
fupérieur. D'où vient les ïâlles. d'en-
fdgnement dans nos^Sblléges n'y oc-
"cupent-elles que les rez-de-chaùfle'ri'
Je voudrois de' grandes portes &r
de grandes fenêtres dans la direction
du nord au fud.
Je voudrois qu'à l'exception de la-*
nuit les fenêtres & les portes ref-
taflent toujours ouvertes pendant UaîP
fence des Elevés. .̃
Je voudcois qu'on arrofat 'fouvenr
les Claffes avec du vinaigre qu'orr
fît même des fumigations de temps
en temps, foit avec (a) la poudre à-
(a) Tai remarqué', dans l'Education. ,<&r
Peuple que le célèbre &. malheureux.
Cook n'avoir employé d'autres moyens
que ces arrofemens & ces fumigations
pour préferver fes équipages du fcorbur,
fous les latitudes les plus mal-faines Se
qu'il avoit réuffi.̃
des Collèges.
canon,. foit avec le genièvre ou d'au-'
ues aromates.
Je voudrois fur-tout que l'apparte-
ment fut trcs-vafte & que les Clatfes
reflemblaffent pour l'étendue, cet,
lieux d'alTemblée que l'on noinmè
Congrégations. La chofe fera facile
iî l'on jette bas quelques cloifons, &
que de deux ou trois pièces on n'en
fa(fe qu'une.
Mères tendres peres trop indul-
gens, ne craienez pas que vos enfans
foufifrent en hiver dms une fille trcp
fracieufe. -La multitude l'écba \/fera
fu. amment; & fi par,hafard h'froil
y pénetre, ce ne fera qu'un bien d:
plus. Accoutumez-les au froid dur-
ciflez leurs tempéramens formez-les
à toutes les intempéries des rairons
c'eft le cri général des Médecins &
des Sages.'
.il De l'Education
CHAPITRE VI.
De la pojlure des Enfaas dans le
cours des Injlruélions.
Jamais airs toujours debout
même pour écrire. Ils feront placés
devant des, pupitres pareils ceux
dont fe fervent les Muficiens dans
les concerts. Derriere eux, fera dif
pofee une planche un peu élevée &
légèrement inclinée fur laquelle ils
pourront s'aflèoir ou plutôt s'appuyer
au befoin comme nos Chanoines dans
leurs ftales. •.
C'eft ainfi que nous préfervetons la
génération nouvétle de cette foule'de
maladies, dont la vie fédentaire eft
le principe de ces obftrucHons fur-
tour qui me traînent fi cruellement
vers la tojnbe qui font fi communes
parmi les gens de Bureau & qui
des Collèges. i%
viennent évidemment de l'état de
compreffion où fe trouvent les vifce-
res de celui qui lit ou qui écrie aflis
devant une table.
Il importe plus d'avoir des hom-
mes, que d'avoir des favans; d'ailleurs
nous n'aurons des favans utiles, qu'au-
tant que nous aurons des hommes bien
fains Mens fana in corporefano.
CHAPITRE VIL-,
De la durée de chacune des Leçons
journalières.
J. L n'eft perfonne qui ne l'ait éprou-
vé l'efprir humain n'eft pas capable
d'une contention long-temps foute-
nue. Il en eft' encore moins capable
dans l'enfance, dont l'intelligence n'eft
pas formée & que de grands motifs
n'excitent pas au travail. Croyons-nous
de bonne foi que pendant fix heures
par jour, l'étude ingrate des regles de
la Grammaire latine, puilfe fixer l'at-
tention des enfans ? Si on la com-
mande, leurs organes s'y refufent; &
fi on ne la commande pas de quoi
fert.la leçon?
Pour les inftruire avec fuccès va-
riez l'inftru&ion. Jamais plus d'une
heure fur un fujét. Avant même de
des Collèges- ii ̃
pafler i un autre laiflèz quelques
inftans" de repos le corps & l'efpry:
y trouveront leur avantage. Àqua-
viva, ce vrai Fondateur des Jéfui--
tes, qui fat un aufli grand politique.
qu'Ignace fût un grand Saint ne
vouloic pas que les Religieux fe li-
vraient à l'étude plus de deux heures
.de fuite j cet intervalle écoulé, il pref-
crivoit un quart-d'heure de repos.
Pour des enfans ce temps de tra-
vail doit être moindre. Chacune de nos
Inductions ne durera qu'une heure.
Celle qui fuivra, roulera fur une ma-
tière différente, & on les féparera par
un quart-d'heure confacré au dôlaf-
̃fement. Les Eleves- alors, cauferont
daps la ClafTe, fe promenerpnt fc
'livreront quelques jeux, ou ûifironr
ce moment pour fàcisfâire aux bçfoins
de la nature.
AinG, une heure de travail, Se un
quart-d'heure de relâche ce'fera la
̃ai ,De l'Education
diftribution habituelle du temps delà
Claflè.
Rien ne nuit plus l'homme ftu-
dieux, que de vouloir forcer l'étude.
On demandoit au centenaire Fonte-
nelle, comment il avoit pu vivre fi
long-temps. en travaillant fi fort. Sa
réponfe fut Pour mon travail de
chaque jour rai confultéla Nature';
quand elle m'a ordonné de prendre
la plume, je l'aiprife; quand elle
m'a commandé de la quitter je l'ai
laifée.
M. de SauflTure dans '{on Projet
de Reforme pour le Collège de Ge-
a bien l'inconvénient de
tenir, pendant plufieurs heures de
fuite', des enfàns appliqués aux me-
mes. études & dans le -mcme lieu. 11
propofe- de les faire piffer une fois par
jour d'une falle dans une autre, pour
y vaquer un nouveau genre d'inf-
nàûâori. îrCepafiagë-, dit*il, feroit
des Collèges.
pour les enfans un moment de re-
pos leur feroït refpirer le grand
a air changer d'objet Se d'attitude,
» & répandrait fur leurs occupations
», une certaine gaieté que des gens
atrabilaires ont la barbarie de leur
envier, & qui eft pourtant nécefr
n faire, non feulement à. leur bonheur
H & i leur fanté mais à leurs pro-
grès même dans les études .».
Ce que je propofe, conduit plus
furement au mcme but.
Je ..vais plus loin pour'augmenter
l'intérêt des leçons je voudrois que les
divers objets de fenfeignement euf-
lent dans chaque Claire des Profeffeurs
différons de façon qu'il y en eût deux
pour chacune, & qu'ils entraient fuc-
• ceffivement tous les deux le matin, &
tous les deux l'après-midi. Ce feroit
pour les Maîtres un préfervatif contre
la fatigue ce ferait pour les Elevés^,
Bnpréferyatif contre l'ennui.
Vu nombre des heures deftinées aux
Intrusions journalières.
J E n'ai jamais conçu pourquoi les
Ecoliers des hautes ClaCTes relient
moins de temps au Collège que ceux
des Clatfes inférieures. Le jour pour
ceux-là commence plus tard, & l'an-
née finit plus tôt. On ne les fait en-
trer qu'à neuf heures j &, dès le mois
de Juillet ils forit en vacances.
C'eft un abus. S'il faut abréger pour
quelqu'un la demeure annuelle & la
demeure journalière dans les Ecoles,
c'eft pour ce jeune enfant dont les or-
ganes font moins capables de fourenir
une longue application.
Mais à. treize, quatorze & quinze
ans à cet,âge où la furabondance de
vie donne à l'individu une furabon-
dance
B
porte. d'attacher Jes jeunes '^ri^à (fcs*
occupations plus multipliées. ̃&' plus
Soutenues. Loin de raccourcie pour;
eux le temps desClafles, il le;raji-
droit prolonger. Par-là, vous fixeriez
leur imagination, qui cherche par-tout'
des alimens nouveaux. En augmen-
tant l'action du cerveau vous arrê-
teriez la fougue destens. L'Ecolier, en
dépraveroit moins;
& quand même le temps qu'il paire
en Clafle ne tournerait pas, au profit
de fon intelligence/ il ne tourneroit.
pas du moins au détriment de les
moeurs qu'alterent toujours les loifirs.
Gardez-vous donc bien d'abréger,
pour les hautes Claflès les-momens
de l'infixucHon & n'expofez plus les
enfans de fept & huit années à gé-
mir de porter un fardeau bien plus
lourd que celui de leurs aînés.
Dans toures les faifons &. pour
'vf
B.ij
CHAPITRE IX..
Raijbns de cette prolongation jour*
natter e au temps des Clajfes.
1 A nt que les Ecoliers feront fous
les yeux des Maîtres ils profiteront
plus, ou ils fe dérangeront moins
premiere raifon.
La feconde eft, que ménageant;
dans la Clalfe même, plufieurs inf-
tans de repos, il eft inutilè d'en laif-
fer beaucoup hors de la Ckflè.
La troifieme, que, fupprimant les
Maîtres & les Répétiteurs particuliers,
il faut retenir plus long-temps les Ele-
ves avec les Promeneurs publics.
La quatrième qu'ayant tenu cex
enfans plufieurs heures dans la Qaflè,
& fur leurs pieds, ils n'auront en ren-
crant chez eux, ou d'autre foin que
d'apprendre leurs leçons par coeur,
Biij
JE n'aime point
fes qui s'étendent chaque année fur
un efpace de mois mois ou. environ;
Les jours de l'Education font. .trop'
précieux pour les perdre en grolfes
malles, fi je puis ainfi m'exprimer
Diftribuons^àgement le repos, fur-tout-
le cours-de l'étude qu'il en fbit tou-'
jamais
la ceifation totale.
Durant le long intervalle de l'Au-
tomne que fait un Ecolier livré à
lui-même? Il -oublie ce qu'il a. fu^.it
remplace l'habitude du travail par le
goût de la dilîîpation & fi un père
attentif cherche z prévenir ces dan-
gers, il e4 forcé de le confier à un
Répétiteur; c'eft-àrdire de fuppléee~.
aux leçons publiques pat de&Ieçori>
particulières. En ce cas, pourquoi fer-
mer le Collège? • •
Ainfi point de grandes vacances
pour aucune Clafïè.
On m'bbjeâe que les arrangemens
domeftiques de plufieurs Citoyens
les obligent d'emmener, pendant un
temps, leurs enfans la. campagne.
A, la bonne heure. Le Collége ne ref^
tera pas moins ouvert aux fils de ceux'
qui ne veulent pas ou qui ne peu-
vent pas les y conduire. Ce feront
alors les Ecoliers qui fcrieront j:ce ne
fera pas le Collège & s'il en réfulce
des inconvéniens les peres n'auronc
rien reprocher aux Directeurs de
l'Education publique.
au Collège/ fi
B iv
CHAPITRE XL
Des jours de congé.
L s jours que l'Eglife confacre a la
Religion, font déjà des jours de fcrie.
-Ajoutez-y le Jeudi de chaque fe-
maine mais rien de plus que ce
foit-li une règle invariable, & qu'au-
cun prétexte n'amené des vacances
extraordinaires. Multiplier les congés;
c'eft faire.- haïr le retour de l'étude 6c
des Maîtres.
Encore ne veux-je pas que les Jeudis
foient perdus pour l'Education. S'ils
deviennent des jours de repos pour
l'esprit, on doit en faire des jours
d'exercice pour le corps.
L'Education actuelle des Colléges
néglige trop celui-ci & c'eft-là un
de fes grands défauts. Souvenons-nous
',le, Colilgts'w- jjr
Bv
CHAPITRE X'IL.
Emploi de la matinée des Jeudis lest
Bains y V Art de xager, la Gym-
naflique.
EN général, ce n'eft pas de pro-
ceptes que nous avons befoin mais
de volonté on a des lumières on»
manque de courage.
Je ne répéterai- donc point ce qui
a été fi bien écrit furlanéceffité d'ha-
bituer les-enfans aux bains d'eau froide,,
&' fur les avantages qui en reviennent.
a. la fknté. Je ne redirai pas. après
Locke & tant d'autres que les Ro-;
mains (a) regardoient avec mi égal
(a) Pag. 9;' »Pour défigner va homme;
» mal élevé & qui n'étoit bon à rien ils.
V difoient communément Nec Ktteras i'c
ndkayntc nature «. De l'Education des En-
fins, Seû.l, §. ix.
T4'
De l'Education
mépris l'homme qui ne fàvoit.pas na-
ger & celui qui ne favoit pas lire. Je
n'observerai pas qu'i Londres oh faic
baigner & nager tous les jours, hiver
ou été les enfans qu'on élevé (a):
pour la mer & pour les armées.
Je rncbornerai à propofer', que tous
les Jeudis dès les huit heures du.
matin, les Eleves raffemblés dans leurs
Claies refpeâives, aillent, foas la
conduite des Maîtres, fe baigner, Se-
s'initruire dans l'Art de nager. J'aver-
tirai de ne jamais interrompre cet exer-
cice tant qu'il pourra fe continuer ab-
fblument, & quelle que foit l'intem-
périe de la faifon ou l'inclémence de
l'air. Je confeillerai encore d'accou-
tumer les enfans fe jeter dansl'eaii
tour habillés, à s'y précipiter tour cou--
Yerts de fueur, comme le fàifoient les
(a) M. Grofley dans & Description dç
Loàdres, XgmeL
des CflUgef?. «jty
Bvj
Romains x à favoir même, s'y tlcbaiv
radèr de leurs habits (a) Se. tout
cela, pour qu'en aucune circonftance
l'eau ne mette leur .vie en danger,
& qu'en toute occafion ils piaffent
fauver celle des aunes.
Il eft des jours pourtant il eft des
faifons même il eft des villes enfin
oû l'ufkge des bains en pleine eau
devient impraticable. On.fubftituera
dans les circonftances divers exer-
cices de cette Gymnaftique trop vantée
(a) Pag. » Nous avons auflx appris!
nous déshabiller dans l'eau ce qui ne
nous paroît plus difficile; & comme nous
» fommes habitués à cette espèce d'exer-
» dee, je futs.perfnadé qu'en cas- de naur
,,£rage, nous aurions, beaucoup d'avan-
"rage fnr ceux qui ne fauroient jamais
v pratiqué car beaucoup de gens ne fc
» noient que par rembarrais que leur can-
fent leurs véteniens &c a. Voyage de Si~
ci& ,par MrBrydoney Leur! •
Vt ÏEiucarhn.
petit-ètrepar les Anciens mais certai-
nement trop négligée par nous. Ceft
â' elle qu'Alride-& le fils de 'Pelée
durent leur force c'eft. par elle que
';du Guefclin Cliflôn Boucicautrap-
pélerent à notre Nation étonnée les
temps héroïques de la Grece jours
brillans qui ne feront peut-être pour
nos defcendans que les temps fâbur
leux de ces mêmes Grecs..
En général, la Gymnaftique,eft.trop
abandonnée, i préfent & les Méde-
cins feuls y trouvent leur profit. J'ai
vu dans une célèbre Univerfité les
prix du faut. & d'e l'efcrime, rem-
placés par des prix de babil fur quelques
£utiles queftions de Droit. 11 falloic
înfldtuer ceux-ci, pour foutenir l'émula-
tion parmi les Légiftes mais il ne
faltoit jamais fupprîmer ceux-là. L'ef
prit eft un bien foible. maître, quand
le corps, qu'on nomme fon efclave
manque de force. & dé vigueur..
De l'Elucation
CHAPITRE XIII.
Emploi de l'aprés-dfnée des'Jeadu
Bifloire Naturelle.
D e s excurfions dans les campagnes
occuperont l'après-dînée des Jeudi.
Toujours le Régent y accompagnera
fes Difciples & pour que les cour-
fes, fi propres à fortifier leur tempé-
rament, tournent auffi au profit de
l'inftruftion il leur y donnera des
notions fimples & claires des arbres
& des plantes des oifeaux & des
reptiles des terres des pierres, des
minéraux,,de leurs qualités, de leurs
diffécences, de leurs ufages.
Mon idée principale n'eflr pas de
faire ici des Naturalises mais je vou-
drois avec Montagne, qu'au lieu d'en-
feigner aux enfans les noms grecs &
latins des différens aconits > on leur
des Colliger; jp
apprît à.difcerner la ciguë du perfil.,
le champignon qui tue, de celui qui
nourrie, Se qu'on ouvrît de bonne
heure leur intelligence à ces connoif-
fances premières & ufuelles qu'il eft
toujours fi honteux & fouvenr fi dan,
gereux d'ignorer. On nous apprend
tout au Collége excepté ce qu'il faur
Ces courfes fe feront toujours la-
tête nue & la poitrine découverte
dans les temps humides comme dans:
les temps fecs.
Ces courfes auflî fe feront avec une-
méthode relative A. l'ordre de l'enfet
gnement. Dans la premiere Ckflè
par exemple, elles auront pour objets
l'Ornithologie; danslafeconde, laBo-
unique dgn& la troifieme la Miné-
ralogie, &c.
Je laiffe les détails aux Principaux
& aux. Directeurs des Colléges je ne
De V Education
'dois & Je ne peux donner ici que des
idées générales. Il y a d'ailleurs, en
Hiftoire Naturelle, tant de bons Li-
vres élémentaires & méthodiques
qu''il n'eflr rien de plus facile que de
tracer & d'exécuter en ce genre des
plans fuivis & fructueux.
Si cependant les courfes que je pro-
pofe, & que remplaceroit mal une
étude fédentaire deviennent quel-
quefois .d'une hnpoffibilité abfolue,
les Eleves, toujours guidés par le Ré-
gent, vifiteront ces jours-là les cabi-
nets d'Hiftoire Naturelle s'il y en a
dans les vilies; ils en formeront eux-
mêmes des eflais dans leurs Gaffes,,
avec les morceaux qu'ils auront re-
cueillis dans leurs promenades; enfin'
ils fé livreront dans Ies^purs, fous;,
les portiques du Collège à des amu-
femens propres à augmenter leur force
eu ai développer leur adreiïè*» On. ne
De l'Education
Riponfes à .quelques objeâions..
M? ovxqvoi voulez-vous, me ra-
t-on, que dans leurs promenades &
dans. leurs jeux les enfàns foient en
présence des Maî«s ?
Pour que la décence & ,les moeurs'
foient refpeâées, & que l'-infiiuâion
fe mêle toujours au. divertiflement.
Combien de pères n'ont pas eui re-
grener que l'Education aâuelle aban-
donnât leurs enfans a eux-mêmes les
'jours de congé 'S'il eft même quel-
ques-unes des aûionsde l'enfance qui'
aient plus béfoin que les autres d'écre
éclairées &'dirigées,-cèibnrleurs amu-
femens. N'eft-ce pas dans!¡ces circonf-
tances que les mœurs courent le plus
de rifque, que le caractère fe montre
plus à découvert, que les paffions prea-
jjent le plus d'eflbr?
Oubliez-vous, continuera-t-on, qu'il
ne s'agit pas ici de réglemens poacua
pensionnât .?,.̃.
Je le fais; & s'il en croit quehion;
je traiterois beaucoup d'articles inté-
reflàns-que. je fuis forcé d'omettre. Je
propofe un plan d'Education publique
pour un Collège ouvert aux externes
aux riches comme aux pauvres. Or,
c'eft pour mieux remplir ce projet;
c'eftpour que les Difciples ri'abufent
pas des jours fériés, que je les ramené,
fous les :yeux;:de leurs, Maîtres.,
Mais, ajoutera-t-on, vous ne penfez
donc pas que les Régens & les Pro-
fefleurs comptent par:tout fur les va-
cances d'Automne & fur. les: congés,
hebdomadaires?
Je n'ai qu'un mot ils décompte-
rotit. Faites vos conditions, quand
vous les admettez augmentez leur
'filaire s'il en eft besoin mais ne
facrifiez pas le bien des Elevés aux
De' l'Éducation
goûts des Instituteurs,
tage des Enfens & non des Maîtres y
que doivent le rapporter tous les dé-
tails de l'Education.
D'ailleurs étant toujours deux pour
chaque Claire; ils auront, outre les.
Dimanches- & les Fêtes, chacun un
jour de pleine liberté pat chaque quîh-
zaine il y aura de plus des Profef*
feurs émérites dans chaque Collège
pour.. remplacer momentanément les«
lnftituteuiî'-qu.'écatteroieiit. dé leurs.
Cations, des afiàires imprévues.
r N'y en eût-il pas-'?' c'eft je le ré-
pète, pour les. Elevés que les Maî-
tres fonr faits,. & non les Elevés pour:
'les. Maîtres.
̃ des Collèges:
CJH AP I.TRE ̃̃'
Abfences des Elevés.
;U»b.,ant. le trifte & long féjour
que j'ai iàir au Collège mon pète
me retenoit quelquefois au logis. Mon
;Régent, au retour, ne manquoit pas
de me gronder il avoir rort. Je ne
puis trop .redire que les Ecoles font
faites pour les Ecoliers & non les
:£cpliers pour les Claflès. Les fréquente
.qui yeut. ,Si les abfences dérangent le
bon ordre il eu: jufte que la répri-
mande fuive mais fi le bon ordre
n'eft pas interrompu la féVéritc eft
déplacée. r].v h ̃̃•
Faites aimer le Collègue rendez-le
aflèz agréable, pourvue les Difciples
s'y plaifent, ils le préféreront à leur
maifon.
Ainfi les pères feront abftnter leurs
̃tf De l'Education
.fils quand lents arrangemens dojnef-
oques l'exigeront.
Îls pourront même ne les envoyer
que dans telle Clarté & à* telle partie
de l'enfeignement qu'ils jugeront à
propos un billet de leur part fera
le pafle-port du jeune homme.
Les détails de l'Education font des
objets relatifs; ceux qui conviennent
â l'un ne conviennent pas à l'autre il
n'y a qu'un pere qui fache bien quels
font ceux <pi rempliflênt le mieux fes
vues fur fes enfans Se c'eft fecon-
der fes vûes, que doivent tendre unir
quement les foins des Inftituteurs.
des Collèges* ,j|j
CHAPITRE XYL
Des châtiment & des récompenfes:
X oint 'de châtimens corporels; le
grand Théodoric. le difoit fi bien Ce-
lui qu'on aura accoutume à trembler
devant les verges d'un Précepteur,
tremblera 'encore plus devant £épée
de l'ennemi. Peut-être même n'eft-on
obligé de contenir aujourd'hui les
hommes par la peur de la corde, que
parce qu'on les a contenus, étant jeu-
nes, par la peur du fouet.
S'il faut conduire les enfans par la
crainte, que ce toit par celle du des'
honneur; des humiliations, des pri-
vations jamais de coups; ils avilif-
fent l'homme, flétriflènt fon ame,ai-
griffent ou dégradent fon caractère.
L'amour-propre eft le grand mobile
de notre exiftence mprale. Sur'ce
̃3|S
De V Education
oeflbrc doit fortement appuyer l'InC-
tituteur. '̃
Ceft par les fentimens, c'efl: par les
récompenfes qu'il doit exciter l'ému-
lation 5 & s'il eft un individu fur qui
ces moyens foient fans pouvoir, il ne
mérite pas qu'on s'occupe de fon édu-
cation; opiacé eft marquée au rang
des enclaves.
J'en Hirois bien davantage fur ce
fujer, fi Quintilien, Montagne, Locke
-& beaucoup d'autres n'aboient déjà tout
«lit. Ce mot fur-tout de Locke doit
ièrvir de méditation éternelle aux
Maîtres aufteres & durs:» Lesenfàns
M qui ont été fort châtiés deviennent
rarement gens de bien «.
CHAPITRE
des Collèges}
CHAPITRE 7XVII.
De la gaîcé.
s'embelluTent. Se Je prolongent les jours
.de la lancé pat elle ré tempèrent
les douleurs du malade & l'heure
fatale eft retardée.
Qu'elle préfide donc à l'Education
.de nos enfensV elle eft le meilleur
héritage que nouspuiflîdns leur tranf>'
mettre. Ecarrons de nos Gymnases ces
Infticuteurs maladroits, dont le front
ne'fe dérida Jamais & qui' compi-
lent' le rire au nombre des fautes. » La
gaîcé.i die M. Balexiferdi eft un
(a) Délectation fur l'Education phyfique
auffi une autre Diffèr-
ation-du même Auteur -fur les canfes de
la mortalité desEnfaDS. Sur toutes chofej^
G
j© De l'Eiuçarion
v fpccifique univerfel l'enfance.
w parce que ceia fàvorife la orcuh-
» don «ela dcbqucfae les petits ca-
i» naux & les glandes qui ont une
» difpofition'à l'engorgement. La joie
.» £& un antidote excellent contre les
maladie
frcqûente chez les enfins qu'on tient
» fédentaires ou qui font trop crain-
Il falloit que les Ecolés chez le;
.Eopains ne refpiraflènt pas la même
criftefle que parmi nous. Le nom feul
en ek la preuve. L'Ecolé, le Collège
.étpit appelé~I^«j; le Maître^ le
Régent étoit nommé Ludi Magifier,
Ceft qu'ils ayoient eu le. bon efprit
défaire, pour JajeunelTe j un jeu de
cette même étude dont nous lui
fâiïons un travail & ijn ennui, "Oui
«|i re:ommandc de les maintenir dans laplus
'clés Collèges.
Cij
nous 'empêche de ramener la chofe
aux élémeps de fa dénomination ? nos
enfàns 5:en porteront mieux & n'ap-
prendront pas moins car on calom-
nierait mon idée fi l'on me fàifbic
dire, qu'il faut employer, a chanter &
à rire les momens fi précieux de rinf-
truâion..
Je n'ai garde de le penfer mais
je Soutiens que cette inftrucHon doit
Ce donner de fe recevoir avec la plus
grande -gaîté. Il faut en faire un amu-
fetnent, plutôt qu'une étude. Pour-
quoi, par exemple un tambour n'ac-
compagneroit-il pas les Eleves dans
leurs, coudes des Jeudis ? Pourquoi
ri'annoncerotf-il pas chaque jour l'ou-
verture des ClafTes, les quarts-d'heure
de repos les variations de l'enfeigne-
ment journalier ? Pourquoi ia muraille
des falles n'of&iroit-elle pas aux regards
des en&ns des peintures propres i les
égayer? J-es murs de nos Ecoles!.nè
11 De l'Education
reflemMent que trop ceqx des pri.
ions des taches noires & le nom
des malheureux qui les ont habitée:,
voilâ ce qu'ils préfentent à l'oeil. J'y
ferois pouttraice, dit Montagne (a),
« la Joie l'Alcgreflè &; Flore &
» les Grâces comme fit en fon EC-
» chole le Philofophe Speufippus oû
eft leur profit, que là fuft :tuai leur
esbat. C'eft merveille: combien
» Platon te montre fbigneux en fes
s» loix de la gaîte de
(<») Liv. III, Chap. XXV, Voyez auflj
le Paragraphe XV au, Choix des Etudes
par M. Fleu'ry. II connoiflbit fi fort tout
cc que peuvent les impreflipns agréables,
pour ménager une bonne Education aux
jen£ins qu'il vouloir qu'on les inilruisjt
dans un beau jardin à la vue d'une belle'
campagne, par un beau temps avec de beaux
Uvres Sec. Mais comment réunir- tant de
belles choses ? Voyez les Avantures de
îlaflàriaqiiè Liv.. ijy,

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