De l'esprit des religions : ouvrage promis et nécessaire à la Confédération universelle des amis de la vérité. [2] / par Nicolas Bonneville...

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Impr. du Cercle social (Paris). 1792. 4 + 5 microfiches acétate de 98 images, diazoïques : ill. ; 105 * 148 mm.
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Publié le : dimanche 1 janvier 1792
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APPENDICES
DE LA SECONDE ÉDITION
DE L'ESPRIT
DES RELIGIONS,
APPEND ICES
DE LA SECONDE ÉDITION
DE L'ESPRIT
DES RELIGIONS;
POUR SERVIS
A L'ENTRETIEN, A LA PROPAGATION
DES BONS PRINCIPES,
•E T
A LA CONFÉDÉRATION UNIVERSELLE
DES AMIS DE LA VÉRITÉ.
A PARVIS,
De l'Imprimerie du Cercle Social rue du
Théâtre-François, n°. 4.
L'AN 4e. DE LA liberté
Malheur vous, si dunmt cette lecture, votre
cœur ne bénit pas cent fuis l'homme vertueux
et ferme qui ose instruire auesi les humains.
J. J. Rousseau.
APPENDICES
DE LA SECONDE ÉDITION
DE L'ESPRIT
DES RELIGIONS.
Vouiez- vous aggrandir votre intelli-.
gence, et créer dans votre cœur le regard du
génie, délivrez-vous d'une foule de préjugés
qui f énervent l'abâtardissent.
Décomposez jaques dans leurs racines
ces mots élémentaires qui sont les signe»
reçus des idées primitives (1) comparez entre
elles universellement et avec constance les lan-
gues anciennes en images, toutes pour le*
..(I) le* mou, diioit Bacon, *m les signe* repu
des idée*. Ce* donc la science de* idées que la
science da mots.
A.
yeux et nos langages modernes qui ne sont
qu'harmonie et parole.
Alors vous pourrez un jour nous révéler les
moeurs des premiers hommes, les émigrations
des peuples le berceau des arts, qui ne sont
pas arrivés d'un saut à la perfection vous
pourrez nous faire insensiblement retrouver
dans l'antre de Protie ou dans la grotte des
Nébréïdes ou dans l'étable du fils de Marie,
ces belles découvertes qui sont aujourd'hui per-
dues pour vous et pour nous.
Vous y saisirez peut-être le principe ini-
tial de ces élémemens associatifs qui de
l'aveu même de nos philosophes dominent
sur la progression des espèces et sur la durée des
individus. En saisissant la trace que ces pre-
mières causes, dans leur harmonie invisible
mais constante nous ont indiquée à l'heure
de l'aggrégation et de la dispuntion des for-
mes vous pourrez pressentir, et sans miracles,
comme il paroît probable que l'ont fait quel-
quefois les anciens sages, la véritable route
que tiendra encore la nature dans le cercle
incommensurable de ses métamorphoses éter-
t s )
A a
De la première édition de us essais.
Dans ma première jeunesse la jeunesse est
présomptueuse, je formai le dessein d'un ou-
vrage analytique sur les religions; la sévérité
des obstacles qui brisoient mon coeur enchaî-
noient mon génie, qui entravoiénimon courage.
me fit bientôt sentir la foiblesse des. moyens en
mon pouvoir et toute l'importance dé mon
entreprise.
Il y falloit rendre sensibles les système»
divinisés des premiers bienfaiteurs du monde
sur la création, sur la civilisation sur la cul-
ture de l'esprit humain leurs prévoyances
paternelles expliquer leurs oeuvres qui tien-
vrir des secrets de la nature que nous avons
encore, ou que le tems nom a ravis y join-
dre successivement ;les alliages' de toutes les*
passions, lea' attentats du vice /-qui dégrade-
font, les miracles >de la vertu «lectrisant tout-
DU siècle qui la méconnoît et -qui jette dânr
fétonnement les tyrans ^ui la persécutent iL
(4)
falloit sonder la conscience des gouvernans et
des gouvernes révéler leurs véritables espé-
rances, et par une connoissance réfléchie de la
marche de la nature, en ses lentes opérations,
prédire à l'homme libre ses hautes destinées
sous le règne de la justice universelle
Que de montagnes de plomb s'attachent à
la pensée de l'homme de riea, dont tous les
membres sont archaînâ à mesure qu'ils arri-
vent dans la vie Tout manque à sa constance
inaltérable tout manque à la probité de ses
dessin» tout manque à son caractère d'homme.
Il n'est que vice que défaut il manque Dit
TOOT
̃• O bon jeune homme ne parle point ainsi
Bénis an contraire ta destinée
La uns mutât pour tut valu
Et Il. pour tUtrt qithuaatx. L B.–
Sois tout ce que t'a fait la sature déponillo-
toi de tout ce qui n'est pas-, éternel en soi;
abandonne à la tyrannie ses. misérables espé-
rances. Ces, tristes riens l à la', fureur desquel»
elle n'a de jùse^sur toi et ^ur.tâ Ipensée que
parce, qu'en effet' ta pensée^ qui ne connaît
(f)
AS
pas sa force et leur foiblesse y reste volon-
tairement attachée et qu'elle y demeure inerte
et passive, comme au sein de ta mère
Quitte toi tout entier va te confon-
dre tout entier- • dans ces torrens d'esprits
créateurs qui ont fécondé l'univers. Ose
alon ose tout; tu verra laboure de l'homme
libre aux ailes étendues tceouer la terreur sur
le front des Rois (1).
Et comme une paille légère entraîner
avec soi vers l'immortel- bonheur des géné-
rations innombrables et des mondes' obéissent
-̃ s.
Les érudits veulent tout expliquer. Les fit-
nadques qui s'irritent de tout sans savoir pour-
quoi, ne veulent xecevoû* aucune explicaâon:
les tyrans qui craignent qu'un Jiomme les re-
garde et lise dans leurs ° cœurs vous dé-
• feadent au nom de Dieu de vous servir de
la raison qu'il ne vous a donnée que poux en
VentSy .serves tna fimur
Et sur le frontclet Rois secoues k terreur 1
(6)
£aire un libre usage Il en est encore qui sont
assez lâches pour s'écrier: u Que d'autres preu-
9 > nent soin de lever le bandeau de la fable,
♦» pour nous introduire dans le sanctuaire de la
» divinité ce dessein est trop hazardeux en
si des mains profanes 0 Bacon intelli-
Suce céleste, ce astat la tyrans qui ont fait
boire à Socrate la ciguë et qui ont dévore
dans les flammes les plus sincères amis de la.
vérité qui font fait écrire encore ces antres
lignea indignes d'un homme
Ua-chrétien pourroit bien entrevoir dans
» la fable de Promethée, des allusions aux
» mystères de sa créance mais c'est porter une
» lumièreprofane 1 l'autel du4ieu de sainteté!
Que d'excès à éviter dans;ua ouvrage ana-
lytique sur les religions
Cependant les obstacles que j'avois déjà sur-
montés entretenotent ma force' et mon zèle
mille espérances d'un succès éloigné, mais
certain reenaufioïent mon coeur que 1 ingra-
titude si froide si amère ne pouvoit dessécher
par ses poisons
Que de veilles perdues –perdues seule-
ment dans l'espérance de quelques momens
A4
de loisir pour composer et publier un ouvrage
utile que j'aurois volontiers écrit de tout mon
aang
Je ne me laiaaai point abattre. Je poursui-
vois en tout et par-tout mes recherches analy-
tiques pour saisir quelque part l'Esprit des
Religions.
Des observations, à chaque instant confir-
mées par une décomposition continuelle des
mots primitifs me conduisirent à des réflexions
qui me parurent d'abord fort étranges mais ne
les trouvant jamais dimenties je cherchai aé-
rieusement à les approfondir. Souvent je ren-
contrai, dans une autre langue, le sens précis
d'un mot ou d7une allégorie inintelligible pour
moi dans plusieurs idiomes. Comme le na-
turaliste qui s'efforce de remonter par l'échelle
des êtres au principe de toute existence, je
composois une échelle de mots primitifs, pour
arriver an principe des opinions.
La route que j'avois prise menoit à des ré-
sultats conformes à la raison à la justice à
la .nature des choses la vérité devoit être là.
Pour augmenter encore mon zèle je formai
dès-lors l'engagement solemnel de donner un
t 8 )
essai sur l'Esprit des Religions
Je trouvois dans les ténèbres de tous les cul-
tes de l'ancien monde dans les annales sym-
boliques, consacrées par les fanatiques et les
tyrans tout ce qui etoit nécessaire, une
main prudente pour préparer la naissance de la
lumière accomplir lu prophéties des sages et
consommer ainsi, en présence de tout le monde,
eti l'inagu du fanatisme et des tyrans la ruine
de la tyrannie
Les anciens aystêmes des premiers cultes
partiellement ou universellement établis et
la connoissance des tems et des lieux où
ces cultes avoient commencé éternelles et
seules recherches de nos érudits m'intéres-
soient à peine, à cause de leurs enveloppes sys-
tématiques ou il entroit nécessairement de
l'invention et de l'arbitraire: toutefois les éru
dits ne me paroissoient pas en avoir tiré le seul
parti qui s'offroit naturellement aux philoso-
phes pour enseigner à l'homme du peuple
exercer su regards à ne rien croire sans exa-
men et pour allumer dans tous les cœurs des
(t) Vld. tom. r, de l'hiat. de l'Europe moderne,
plan de l'ouvrage. f
haines vigowrtustt contre les opppresseurs du
genre-humain.
Pro peccata terre ragea eorum. Bibl.
Pour les punir, je leur donnai du rois.
Mais avec quelle ivresse délicieuse je sen-
tois chaque jour se dérouler insensiblement le
sens caché des anciennes écritures mon cxur
attendri s'ouvroit à l'espérance de voir s'ac-
complir un jour sur la terre lu promesses de
l'éternelle sagesse Le jubilé des nations, quelle
bonne-nouvelle, le culte de la loi, le pacte
fédératif des Amis de la Vérité. Je rencon-
trois par-tout les. traces d'une sagesse pro-
fonde inouïe insoupçonnée les principes
évidens de la création sociale les miracles de
la parole les espérances de l'homme iaté-
gre la théorie A» insurrections LES MYSTÈ-
RES DE LA LIBERTÉ!
La révolution arrive.
Si pergama àextrl
Détend! postent, etiam Me defensa fuissent.
En continuation.
Dans mes premiers essais sur l'Esprit des
( 10 )
Religions je n'ai traité à fonds que les-objets
qui avoient un rapport immédiat aux mystères
de la liberté et à la déclaration des droits
des hommes et des nations,
Ici dans ces appendices je tâcherai de met-
tre les Amis de la Vérité à portée d'examiner
avec' quelque intérêt les nombreux systèmes
des érudits sur les origines des premiers
cultes de l'ancien monde. dont les Hypocrites
font encore parmi nous un usage entièrement
contraire à la raison et aux droits de l'homme
libre.
Les résultats qu'ils offriront nécessairement
dans cet examen des opinions religieuses ne
sont pas d'une importance égale aux apperçus
directs de mes premières recherches là un
ami de la vérité avoit seulement besoin d'un,
coeur juste et honnête pour se diriger et se re-
trouver toujours sur la voie fidèle aux meil-
leurs principes d'un bon gouvernement.
Mais il est possible qu'une opinions très-
sage, très-raisonnable ait été par hasard
celle d'un insensé d'un fanatique dan
tyran il est possible qu'une opinion, con-
traire à la vérité ou aux loix actuellement
( la.1
connues de la nature, ait été l'opinion sincère
d'un sage, d'un législateur,
Dont on tût fait un Dieu
Ches lu Payant
Dut-il même comme le Descartes du bon
la Fontaine être un ange céleste,
Et qui tient le milieu
Entre l'homme et l'esprit comme entre l'huitre et
l'homme
Le tient tel de nos gens hanche bête de somme
Où se rallier alors
Se rallier à l'ami de la vérité nullement Il
faut se rallier à sa raison de cette manière,
quelque étranges que soient mes résultats,
on pourra trouver un trésor de réflexions dans
le vague des opinions que j'aurais imprudem-
ment adoptées.
Ces résultats, je ravoue quoiqu'au fonds
de très-peu d'importance pour la bonne con-
duite du sage, que son coeur. seul entraîne
seront d'une très-dure digestion pour les fana-
tiques et les Hypocrites qui pour ne jamais
s'exposer à voir la vérité face â face ont
déifié la tint/iris. écartant des mains profana
du voile qui la couvre.
Procul 6 Procul, eete profani!
Je connois quelques objections qu'on pourra
faire à mon entreprise essayons d'abord d'y
répondre
Objections tt riponses.
Objutions. Voudroit-on nous prouver que
toutes les religions viennent des hommes ou
qu'elles ont porté la faut% dans le domaine du
christianisme ?
Qu'est-ce donc que la superstition a de com-
mun avec la vérité pour vouloir les confondre
ainsi?
Réponses. Les fables les allégories, 'les em-
blèmes les Hyéroglyphes les paraboles sont
des tableaux mutilés ou des monumens infor-
mes âe cette première antiquité que le tenu a
comme ensevelis dans la nuit de l'oubli. C'est
on voile tiré entre l'histoire perdue et celle qui
nous reste mais un voile transparent qui
laisse entrevoir la vérité.Car qud que soit l'abus
de l'allégorie, il faut bien y avoir recours
quand le sens littéral ne présente qu'un mons-
tre d'absurdité qui n'a jamais pu entrer dans
l'esprit humain encore moins en sortir avec
ces traits bizarres et difformes qui l'auroient
d'abord fait étouffer.
Les traditions ( orales ou symboliques )
ont été défigurées par les rêves des enthousias-
tes ou par le mépris des sectes ennemies.
Les philosophes les chymistes les théolo-
giens même ont abusé de la licence que donne
l'allégorie, et chacun a prétendu rencontrer ses
dogmes et ses opinions dans la fable.
C'étoit la religion des anciens philosophes
et chaque peuple y trouve ,des traces de la
sienne.
Les explications des interprêtes n'ont pas d'au»
tre fondement que le texte du poëte, les uns et
les autres puisent dans l'imagination ne fut-ce
qu'un amusement, qu'on nous le pardonne,
s'il peut donner jour à des conjectures neu*
ves et à des réflexions solides. Tâchons
de justifier une licence puérile par un usage
noble et digae d'ua philosophie.
Les allégories et les fables servent de ban-
deau ou de flambeau à la vérité; qui nous em-
pêche de découvrir la nature à la lueur de ce
flambeau ?
Les paraboles furent comme les premiers
jeux de la raison qui s'essayoit avec lavérité;
ou voulut plaire aux hommes avant de les
instruire et amuser l'enfance de l'esprit par des
images agréables. Elles précédèrent les discours
raisonnes comme les hiéroglyphes ont précédé
l'usage des lettres. Nous jugeons de tout par
comparaison il faut donc nous dire à quoi
une chose ressemble pour nous dire ce qu'elle
est. Ainsi la sagesse des premiers siècles ( sup-
posé quel la fable ne soit pas le débris de l'his-
toire ancienne) étoit ou bien ingénieuse d'avoir
eu recours à cet artifice innocent, pour ensei-
gner la vérité ou extrêmement heureuse d'être
arrivée à ce but, sans y prétendre.
Pourquoi n'aurions-nous pas le même sort
avec de meilleures vues ?
J'ai répondu aux objections de Bacon, par
des raisons qui me paroissent péremptoires
et ce qui donne, ce me aemble un nouveau
prix à mes réponses c'est qu'elles spnt aussi
tirées des écrits de Bacqn.
(i5)
En continuation.
Quand jè commençai à me recueillir pour
tracer à grands traits les premières pages d'un
essai philosophique sur {Esprit des Religions
un roi parjure avoit trahi la cause du peuple.
Le peuple et quelques hommes qui pouvoient
tout exécuter, qui avoient promis la main sur
mon cxur de tout exécuter, appelloient à
grands cris la vérité.
Que firent les représentai» du peuple à qui
je me hâtai de l'offrir toute entière ?
Ils firent des serments
Et ils trahirent la cause du peuple.
Je suis rentré dans ma retraite, non pour aban-
donner le combat comme. mais pour y me-
surer des coups plus sûrs pour y acérer avec
constance, ces traits de vérité qui arrivent,
tôt ou tard au cœur de la tyrannie
ta liberté seroit trop chèrement attachée au
prix du sang d'un seul homme Cet là l'éter-
nelle créance de ces amis intègres de la vérité
qui veulent anéantir la tytan&ic eenoa. Ja par-
s. 6.
tager mais vaus, prêtres et rois à force d'at-
tentats et de parjures ne laissez plus en dan-
ger la cause des nations car alors il se trou-
vera certainement des hommes qui ne croiront
à vos sermens stériles qu'après vous avoir mis
dans l'impuissance de les violer
Hier j'ai quitté la plume pour assister à un
serment de r«\– Représentas du, peuple, avez-
vous bien examiné bien recueilli les regards
et les cris de quatre ou cinq cent mille de vos
concitoyens.
Ne sembloient ils pas vous dire « Si
vous étiez bien pénétrés de nos droits de
votre force et de votre devoir vous qui
j» représentez un peuple libre, vous n'iriez pas
chercher ainsi pour toutes ressources aux pé-
rils imminens qui l'assiègent les vains ser-
» mens des dictateurs et des rois
Je n'aimai jamais les sermens.
Jeu» nomme, ne fait point de sermens i«en»&,
Va, quand un homme libre a promis c'est ânes. (x)
Puisque les serment sont de mon sujet et
qu'ils eatrentid dans ma narration, je vaia en
dire à l'instant ma pensée.
(1) Vid. La fiâtes cosmopolitis£ix N. &
<»7)
S. 6.
Du semais.'
Satan prit sur son trine, un roi cruel un traître
lrQu'il trempa dans le fiel pour on former un prêtre 1
Un faiseur de germens t
Le clergé qui voulut toucher à tout
ajouta quelques simagrées à la simplicité de
la promesse. Ils parlèrent de la sainteté des
églises dont ils étoient Rois, et des évangiles
dont ils étoient les seuls interprètes pour
rendre la promesse plus sacrée.
Quand ils voulurent qu'un serment fat plus
sacré qu'une promesse, ils enseignèrent qu'on
pouvoit promettre légèrement impunément.
On en vint, leur ,exe,mple à substituer aux
saints évangiles, d'autres livres non-sacrés. On
jura contre la vérité, en toute sûreté de cons-
ci,ence, comme le roi Guillaume, ou le pau-
vre Orgon. dans le tartuffe de Molière.
On parla dans la suite des restrictions- men-
tales, et les prêtres imitèrent en. tout le roi
Robert, qui pour
(i8)
communs pendant son règne, iaisoit jurer sur
des reliquaires dont on avoit eu la précaution
d'ôter les reliques.
Ainsi donc le clergé corrompant les moeurs,
a partout ouvert la porte aux plus énormes
abus.
S. 7.
En continuation*
O citoyens si voua êtes appelles à représenter
un peuple libre,, hâtez vous de proscrire des
formes, corruptrices' rendez l'homme sa
dignité rendez une simple promeaae toute sa
valeur!
Le cardinal Colonna vfit assembler toute ta
maison pour savoir la vérité' sur une querelle
sanglante qui s'y étoit élevée. Il fait jurer tous
ses' témoins sur l'évangile. Uévêque de^Luna
son frére ne fnt point excepté. Pétrarque se
présente à son tour. 1
Quant à vota Pétrarque, lui dit le cardinalat
famant suffît
Le peuple d'Athènes avoit une si hante
opinion de la probité de Xénocrate, disciple
f «9 )
Bt
de Platon qu'un jour lorsqu'il s'approchok
pe l'autel suivant l'usage. pour confirmer par
un serment, lavérité deson témoignage, lesjuges
s'écrièrent d'une voix unanime La parole de
Xênocrate nous suffit. Norrs pouvons prononcer.
O corrupteurs, rendez à la Parole sadivi-
nité car il n'y a pas deux paroles au monde J
Encore da sermens,
Laforme du serment prescrit par une législa.
ture. ne peut-être abolie que par une autre
volonté narionalcC'est un abus, c'est un leurre
puéril, c'estunreste dela féodalité sacerdotale!
il faut.' en plaindre mais l'acce constitutionel,
assurant à chaque citoyen la liberté de son culte.
et de ses opinions religieuses'. ( la certitude de
«viser de corriger des erreurs involontaires ou
des, préjugés qu'on ne croyoit pas murs) le
serment civique n'est réellement qu'un gagé de
coafiance réciproque, dont les préjugés du plus
grand nombre indiquent le» formes sonVent
«rés-ridicules maisqmcependant à l'heure de»
«faites prennent un caractère respectable, à
(ao)
cause de la confiance du peuple en ces formes;
que la probité, qui n'en avoit pas besoin, n'a
jamais violées.
L'usage a voulu que les traités fussent con-
sacrés par des céromonies de tradition solem-
tulle.
Que vous les appelliez cérémonies religieuses,
ecclésiastiques ou cérémonies fraternelles natio-
nalcs,oufcdèrath)ts,ë\.ts deviennent augustes par
leurs formes solemnelles antiques et par cela
même incontrôlables et mystérieuses. C'est encore
par l'objet même des traités et par son impor-
tance et par la présence de tout un peuple
qu'elles commandent le respectdusage.
Lorsque les Bulgares et les Chrétiens au
huitième siècle. signèrent la fameuse trêve de
trente années sous les murs de Constantinople,
quel autre qu'un ennemi de l'humanité, eût
osé tourner en ridicule, ou blâmer seulement le
chef des Chrétiens quijura d'observa le traité de
.paix en se conformant à toutes les cérémonies
religieuses des Bulgares. Il sacrifiades chiens, fit
des libations tînt une selle de* cheval entre ses
mains et leva en l'air une botte de foin. Le toi.
des Bulgares à son tour pour jurer foi et loyauté
la trêve des trenteannées étendit avecrespect
(ai)
B 2
à la manière des Chrétiens la main droite sur
un passage de l'évangile ouvert au hazard
qu'il baisa respectueusement jura par la virgi-
nité de la mère de Dieu, par l'eau bénite, par le
corps réel de Jésus dans l'Eucharistie il prit
à témoin de la foi promise tout ce qu'on lui dit
quiétoit sacré dans la religion des Chrétiens (i).
Ami lecteur pardonne il falloit bien dire
un mot ou deux du sermens dans un esprit des
religions mais j'entends réclamer de toutes
parts les appendices que j'ai promis.
J'ai promis d'examiner les opinions des érudit*
et les systèmes allégoriques de l'ancien monde.
Je vais acquitter ma promesse.
D'un culte universel»
Rendons-nous attentifs aux faits et que la
seule force des conséquences immédiates nous
fuse inventer les résultats.
Je n'ai trouvé qu'une même. origine à un
(1) Constant. Porphyr. pag. 19 et 2O Ign. Vit*
Niceph. Pagi an. 817. ne- 19 et M.
culte universellement établi dans l'ancien
monde. Avant tout l'abîme. un vase ou le
vuide f amour ou les ténèbres ensuite le Jeu
ou l'incendie et enfin teau ou l'inondation.
Mais avant de prendre la parole j'exposerai
avec loyauté les conjectures de nombre d'écri-
vains souvent profonds et toujours ingénieux
qui ont entrepris de nous enseigner les origines
diverses selon eux ',d'un même culte qu'ils
xeconnoissent cependant malgré la variation
de leurs systèmes avoir été universellement
établi dans l'ancien monde.
C'est en mémoire des terreurs universelles
d7un accident universel, que les hommes, di-
sent-ils ont établi par-tout et sous toutes les
formes un culte commémbratif.
Ils s'accordent également sur l'assertion des
terreurs universelles du genre humain mais ils
différent dans leur interprétation du mot pri-
mitif où ils ont trouvé vrt accidejit un tohu-
bohu universel.
Cet accident ce toku-bohù suivant les uns
est une grande inondation un déluge-; ceux-
là n'ont trouvé par-tout que le culte comme-
moratif d'une submersion générale.
Suivant d'autres, l'accident en question ̃ ouïe
[ai)
B*
iohu-hohu est un incendie universel et ceux-a
qui soutiennent quele mot primitif ne veut nul-
lement dire submersion d'eau mais bien sans
métaphore vuide cavité abîme, nuit font
remonter leurs premières pratiques commémo-
ratives de terreurs universelles, à un culte rendu
au feu ils ne voyent, dans tous les usages
de l'antiquité que les formidables souvenirs
d'un incendie universel.
S. to.
Les Hydrophories qu'Athénée appellera
funèbres se pratiquoient chez plusieurs peu-
ples c'est encore la, suivant les érudits un
culte commémoratif d'un déluge d'eau et eu
effet î/foçàj'* exprime l'action de porter de
[eau. La preuve que la fête des Hydrophories
dit un autre docteur .avoit un rapport immé-
diat à l'incendie primitif c'est qu'on lui
donné à Hiéro-polis, (ville sacrée ) k nom de
• Jetés des torcha ou du bûcher.
Ces érudits d'accord sur un même fait
ne le sont point sur les conséquences parce
( ̃*̃)
̃ qu'ils partoiènt les uns et les autres d'un or-'
terne, entièrement contraire au premier prin-
cipe des choses qu'ils n'avoient point apperçu.
Pour écarter ici toute apparence de contra-
diction avec les textes et les traditions j'ob.
serverai que le gouffre ou abîme, ou vuide ou
cavité où les Athéniens versoient l'eau consa-
crée, étoit au pied du temple de Jupiter Olym-
pien 'or, Jupiter est le feu par excellence
car olympien veut dire céleste. A Jérusalem
en faisant les libations dela fontaiue de Siloe,
le parvis du temple étoit orné d'illuminations
superbes, qui édairoient toute la cité.
Dans toutes ces fêtes diluviennes et commé-
moratives vous trouvez par-tout au lieu des
inondations désastreuses et del'incendie univer-
sel de nos érudits le feu et fean s'unissant au
sein de la nuit qui enfantèrent la lumière, qui
enfantèrent la vie!
Da colonnes (Peau et de feu.
Ceux qui vouloient trouver, par-tout un in-
cendie primitif,' ont parlé de la colonne de
t*J)
feu qui conduisoit les hébreux mais comme
ils n'ont rien dit de la colonne d'eau il est
probable qu'ils ont cité sur parole et de mé-
moire, autrement le moyen de ne pas apper-
cevoir dans une même phrase la colonne
d'eau
Dieu marche devant les Israélites, et se
montre à eux pendant le jour dans une co-
lonne d'eau et pendant la nuit dans une co-
lonne de feu. (i).
» Vous avez été leur guide pendant le jour
ai par la colonne de la nuée et pendant la nuit
si par la colonne de feu, afin
si par où ils devoiaet marcher, (Il).
le Vous ne les avez point abandonnés dans
» le désert, parce que vos miséricordes sont
grandes.£ac0/onR<«(tffi<eerjelesapointquit-
» tés etn'a point cessé de les conduire pen-
n dant le jour, ni la colonne de feu pendant
la nuit, pour leur faire voir le chemin Par oû ils
'» dévoient marcher. (S).
(t) V. 2r. 2e. livre de Moyal; chap. 13.
(a) Ver. la.
0) Nehèmiw chap. 9, vers. la et tradnctîoa
de Sacy.
De Veau et du jeu. Déluge.
Plus on lit attentivement ces divers ouvra-
gea ou les uns rapportent toutes leurs obser-
vations à un déluge d'uu et les autres à un
déluge de feu, plus on doute réellement si tac
cident ce déluge dont ils parlent est une sub..
mersion générale ou un incendie universel ce
qui ne veut pas dire que notre globe n'ait
éprouvé des révolutions particulières, de ter-
ribles inondations de grands incendies on
doute si t accident de la nature, le tohu-bohu
qu'ils appellent déluge a été pour le globe un
désastre universel.
Les uns ne .voyant aucun sens qui convînt
à leurs systèmes dans le mot nuit pris littéra-
lement, se sont hâtés d'en conclurre que le mot
nuit exprimoit l'itat de la terre au tems du
déluge.
» L'athmosphère dit Boulanger. dut sans
» doute être chargé de nuages épais qui «nve-
jj loppèrent la terre de ténèbres qui avertirent
» les nations du sort qui les menaçoit, et qui
x detruisirent ensuite les hommes consternés
par les torrens de pluie dont leur séjour
» fut inondé si.
D'autres sont ensuite venus parlerd'un même
culte commémoratif, universellement établi; et
ils affirment que ce n'est point en mémoire
d'un déluge d'eau mais d'un incendie univer-
sel. « Le déluge d'Ogyges dit l'auteur de
l'origine des soeiitis i> n'est point le déluge
d'eau mais au contraire le déluge du feu
c'sst-à-dire l'incendie primitif. Le mot
ee Ogyges » dont il assure qu7on a mal deviné
le sens en le rapportant à un déluge d'eau
« vient de l'ancien mot celte. Og racine du
» mot latin rogus brâsier, du mot grec <p*»-
yitltt dont les modernes ont fait dans tou«
» tes les langues phlopstique et du mot
» slavon Ogim qui signifiera*
On diroit que ces écrivains nés mélanco-
liques, peut-être même atrabilaires pour se
venger quelque part, sur la tyrannie, de ces
regards, qui sont des proscriptions ou des ou-
trages, oat pris un douloureux plaisir à nous
attrister des allâmes et de la désolation du
genre humain désespéré, qui périt sous les
flots ou dans les flammes. Boulanger, sur-tout,
pour peindre son déluge d'eau emprunte les
plus sauvages couleurs de la poésie antique.
C'est la nature qui est malade et qui éprouve
un désordre effrayant pour elle tantôt la terre
se dérobe sous les pieds de l'homme épou-
vanté. tantôt la croûte du globe semblable
à une voûte ébranlée, s'écroule sur elle-même.
Ce qu'ils conjecturent est touchant très-
touchant Ils peignent avec énergie ce que
les hommes auroient dû éprouver de calamités
s'ils avoient été surpris par une submersion uni-
venelle ou un incendie universel mais ce dé-
luge, ce tohu-va-bohu dont le tableau est si
épouvantable sous leurs pinceaux, qu'il accuse
la divinité d'impuissance ou de malice, ne res-
sembleroit-il pas un peu à la dent d'or ? Après
d'interminables disputes on s'avisa de vérificr
la dent, et la dent n'étoit pas d'or.
î. iS.
Encore de Veau et du feu, Abîme.
cc L'eau s'écrie Pindare', » est le plus pré-
cieux des élémens
Moi qui crois assez souvent, comme Myloxà
Falstaff, que le vin pur est asssez bon pour
moi je ne trouvois pas trop de mon goût l'ob-
servation de Pindare.
Que veut-il dire avec cette eau qui est le
plus Précieux des élément? iytlwult w/oj optima
quidrnt ut aqua.
Souvent d'un grand deaiein un mot nous fait juger.
Les synonimes du mot grec Udor traduit
par eau dans notre idiome me firent soup-
çonner que Pindare initié à des mystères et
qui ne chantoit que pour ses amis entendoit
parler d'une eau primitive élémentaire d'une
liqueur mystérieuse, de l'ambroisie que verse
la beauté céleste et qui donne la vie immor-
telle.
Je trouvai alors les motifs raisonnables d'un
culte commémoratif de l'eau je reconnus
tabîme, la nuit k vuide créateur et tous les
faits alléguéset prouvés par nos érudits, me pa-
rurent s'accorder parfaitement entre eux, sans
leur déluge. Cette eau dont parle Pindare est
du feu aussi C'est le nectar
(30)
Du tohu-bohu:
Les uns et les antres font remonter les ori-
gines universelles de leur culte commémoratif
(d'eau ou de feu) au Toku-Bohu qui même
suivant eux, ce qu'il tu faut point oublier, ne
veut pas dire littéralement iaondation incendie
mais inculture ténèbres, vuide cavité matrice,
abyma cahos
Observez ami lecteur, qu'en essayant ainsi
de vous dévoiler les opinions de l'antiquité par
ses usages, je n'ai prétendu aucunement,
comme l'ont fait tant d'écrivains qui m'ont
précédé, vous révéler la vérité toute entière
trouvée dans les usages de l'antiquité mais
quand le sens littéral des allégories ne me
présentoit que des absurdités palpables, j'ai
rejette ces explications monstrueuses sur. les
abus de l'allégorie, et remontant avec constance
à d'autres recherches primitives, je ne me suis
attaché qu'aux emblèmes qui ne contredisoient
pas les principes de la saine physique; ou du
moinsàce quedes hommes quiavoient, comme
(Si)
nous, un coeur et des yeux, pouvoient croire
ou imaginer de la marche sécrète de la nature.
Je n'ai jamais pensé que nous fussions en notre
siècle les seuls sages et moins encore qu'il
n'y eût que des bêtes féroces dans l'ancien
monde c'est dans cet esprit que j'ai poursuivi
mes travaux, n'accusant que mon ignorance et
celle de nos docteurs, de mon impuissance à
découvrir un sens droit et un dessein social dans
ce qui nous paroît aujourd'hui, avec raison,
des institutions bizarres, défiguréea par l'incon-
séquence des hommes qui semblent encore, par
leurs cris de guerre, hâter les pas du tema qui
efface tout.
Les annales des Hébreux n'admettent qu'un
seul déluge les savans ont étéfort embarrassés
mais comme il est évident que l'emphiae est le
caractère du style emblématique des Orientaux
ils ont penaé à cause de leurs systèmes, que
les' historiens Hébreux n'avoient parlé que de
toute la Judée lorsqu'ils avoient assuré que
tous la habitant de la terre éprouvèrent les effets
du déluge.
D'après cu conjectures les uns ont admit
différera déluges et en divers tems, contre la
^tradition dea. Hébreux. D'autres «ntadimVua
( Sa
déluge unique, par respect pour une partie de
l'histoire de l'ancien monde, qui s'accordoit
avec leurs systèmes mais ils trouveroient
absurde qu'on osât ne point penser comme
eux, que çà et là sur les débria du globe, ,quel-
ques infortunés et non pas le seul Noé avoient
échappé au déluge de feu et d'eau où ils ne
voient jamais que les horreurs d'un désastre
universel.
Les érudits ont une vénération trop grande
pour les allégories de l'ancien monde qu'ils
contournent à leurs systèmes ils dédaignent
trop celles qui les contredisent. C'est à cause
de ces excès qu'il leur est si difficile de trouver
ce qui est vrai', toujours simple, toujours
naturel, et qui dans cette occasion particulière,
accorderoit merveilleusement les faits qu'ils
rapportent et le respect que portaient aux
tradictions Hébraïques les anciens prêtres dé
soleil, soit qu'ils fussent des magiciens on fai
seurs de. miracles, comme l'ont cru des ignorant
quine voient des jrodiges quelà.ouiln'y en a'
point, soit qu'ils fussent de grands philosophes,
comme les disciples de Pythagore nous
l'assurent et comme l'écrivoit.à son. ami
Paulin, ltsagç, interprête des livres hébreux.*
Ne
Ne reconnoissons dans ce Tohu-Bohu où
ils ne cherchent que des incendies, des inon-
dations et des ténèbres, que le vuide créateur, /eau
primitive ignée et vous aurez pour vous la lettre
même des annales et toutes les traditions des
peuples; il n'y auroit eu alors évidemment
qwun seul déluge il ne pourroit même plus y
en avoir d'autres sur la terre comme l'affir.
ment expressément les annales des anciens
inides nous ne tomberions pas dans l'absurde
entreprise de vouloir expliquer sans figures un
style tout-image: et nos ancêtres consacrant
dans leurs fêtes universelles, les mystères de la
création, neparoîtroientpas avoir été si loin du
but qui mène à l'amour, à l'amitié, à la recon-
noissance au bonheur Quand des hommes
eacercés et instruits ont le bonheur d'entrevoir un
principe certain ou du moins tris-probable, il
faut en croire Bonnet lui-même qui- a donné la
leçtn et t exemple « ils savent en-tirer une mul-
« titude de conséquences justes, qui devenant
» à leur tour de nouveaux principes, étendent
» les bornes de nos connoissances c'est un
a nouveau sens qui se développe chez le lecteur
et-qu'il est tout étoané d'acquérir M.
• Appendices, C
S. i5.
Du style* image.
Le style-peinture ou image des siècles précé-
dena, fut abandonné aux recherches des sages
d'un petit nombre de sages une tradition
«ra/eles aida long-tems à l'interpréter; elle se
perdit à son tour, s'altéra du moins la confu-
sion se glissa dans l'interprétation des images
le nouveau style fut-il même encore un style
allégorique ou figuratif offrit nécessairement
des interprétations diverses bientôt arbitraires.
Z'image qui reptisentoit un vaisseau vouloit
toujours dire vaisseau l'image d'un vaisseau,
comme vaisseau, est toujours déterminée. Grand
ou petit c'est toujours un vaisseau.
Dans le style scriptural le mot vaisseau peut
signifier, vase, cavité, vuide, matrice, ténèbres,
un temple. Il
Abyme, synonyme naturel de cavité vuide,
nuit, s'étend par allégorie à symboliser ténèbres.
(35)
Ga
takos matrice. Le cœur humain devient syno-
nyme d'abyme. Qui Peut sonder les abymts du
caur d'un Roi abyme, synonyme de coeur,
( grands et petits cœurs ) signifie à la fois sonde
et abyrxe.
Le mot qui signifie déluge chez les Orientaux
veut, dit-on exprimer aussi un vase.
Il me semble qu'il faut être bien altéré d'un
déluge d'eau pour trouver dans cette expression,
comme on l'a fait la peinture allégorique
d'une submersion générale.
i5.
Du Manhul du Orientaux.
Le manhul ou déluge des Orientaux exprime
littéralement un vase.
Les partisans d'un culte d'eau ont fait de ce
manhul un vase i verser de l'eau voilà encore
leur déluge d'eau.
Je veux bien admettre, assez gratuitement
peut-être, que le mot manhul, le tohu-va-bohu
des Orientaux veut exprimer un vase. Que s'en
suit-il de là pour y trouver un déluge d'eau on
de feu qui se répandrait universellement sur le
globe? La nature du vase est de contenir l'eau;
verser l'eau n'est qu'une modification de la
nature du vase.'
Quand tu rencontres dans ce vase Oriental
une eau ardente, une flamme humide ton cœur
n'y reconnoît-il pas tous les tréaora de l'amour
uu grand atcidaU de la nature, dont les effets
vont s'étendre sur toute la terre, la création
§. i 6.
Du Baau des Grecs.
Sanchoniaton dans sa cosmogonie a perso*
ni/'ci le bohu des Hébreux sous le nom de baau
que les Grecs ont traduit par nuit.
Voilà donc le déluge des érudits qui sans
perdre chez les Grecs sa signification primitive
devient un personnage aveugle. Ce personnage
aveugle, dans un style allégorique, ressemble
furieuaement à une nuit-mire ou créatrice j'en
suis lâché pour tes amateurs d'un déluge d'eau
ou-d'un déluge de feu qui a ravagé le globe
mais je cite un fait
Ajoutons encore un autre fait reconnu par
nos érudits. la nuit, suivant les traditions
(3?)
C3
allégoriques fut la mère de Deuealion et de
Pyrrha.
Ce Deucalion, leprémitr ni, et Pyrrha, la vie,
qui, eurent la nuit pour mère, furent encore
disent les récits en images, en paraboles les
deux premiers êtres d'où sont descendues toutes-
les générations.
Les partisans d'na déluge de feu trouvent dans
leur analyse du mot Deucalion, le fils de [inon-
dation et du feu. Ils expliquent inondation par
déluge; Pyrrha dont nous avons composé
pyramide grand effet de lumière est littéra-
lement un feu élémentaire. Rien ne les embarasse
plus: voilà une inondation de feu, un déluge
de feu et l'origine d'un culte commémoratif,
universellement établi, à cause d'un Océan de
feu qui a incendie le globe. Vérifions ces éti-
mologies.
§•
Dcucalion ct Pyrrha.
Deu-cal-ion mot,grec, composé de trois
racines veut dire ce qui provient de tunion de
rhumidité avec la chaleur.
Deuo qu'ils ont traduit par inondation ne
veut dire que mouiller, teindre, mêler arroser.
Cette interprétation est prise en entier des
racines grecques.
Deuo, mouille teint, mêle .arrose.
Cal est la racine du mot calor, d7oÙ lesitalient
ont fait calore et nous chaleur.
y on signifie qui provient d'où les Grecs ont
fait vion vios, que les Allemands prononcent
Jios et qui veut dire fils.
Deucalion, le premier ne est donc littérale-
ment, ce qui est provenu de l'union de l'eau et
du feu élémentaire,- Toujours l'image de la
création primitive.
Pyrrha, ou feu élémentaire dont les érudits
font un incendie Primitif et que d'autres, qui
ne veulent que des déluges d'eau, appellent des
peintures altérées de la grande révolution du
globe, ne contredit nullement ce que la saine
physique nous enseigne des mystères de la
Ces. amia dei déluges' d'ean et de feu ,ont
accusé les historiens Hébreux d'emphase et
d'exagération pour détruire une assertion pou*
(h)
'C*
tfot (t) avez-vous remarqué ici comme iïa
analysent leurs étymologies» L'eau qui mouille
qui teint seulement, est sous leurs pinceaux
pricia une inondation où l'on a exprimé cha-,
leur ils attestent un incendie qui a dévoré t'et.
péce humaine.
Cependant malgré tant d'erreurs et de sys-
tèmes audacieux l'explication la plus simple
paroû de plus en plus coaforme aux allégo-
ries aux traditions orales écrites naturelles*
O amour ô création incendie.' touea»
de volupté
Encorc da faits*
Dépouillons les faits. de tout ce qui s'est
point m fut. sRejettons l'autorité des ésudits
le charlatanisme dés cnseigncurs et même les
conjectures, ingénieuses,, lorsqu'elles, contre-
disent des Jtâts ou les dénaturent. Les systé-
matiques nouk écartent de la vérité comme
u» mauvais guide qui nous égare*
(i) Vid. snp^
(4o)
Soyons attentifs seulement à saisir les pro-
babilités qui résultent de l'examen rigoureux
et naturel d'un très-grand nombre de mêmes
faiu car ce ne sont point des conjectures qui
résultent des faits, c'est toujours une image
moins obscure de l'antique vérité.
Les érudits conviennent qu'on a fait le tohw
bohu la mère des deux premiers hommes que
Sanchoniaton nomme U premier né et la vie. Au
lieu de mépriser, crame eux avec amertume,
cette observation, j'admets leur témoignage sur
un fait qu'ils dénaturent, car Sanchoniaton lui-
même nous a expliqué ce qu'il entendoit par
ces deux premiers îtra ou èlimcns des choses
Deucalion et Pyrrha fils de la nuit se réuni-
rent pour engendrer l'espèce humaine pour
animer des pierres ou des corps de matière
inerte. Il appelle Deucalion comme on a ap-
pelle notre Adam premier né et. Pyrrha
comme on a appelle Eva la vie
̃ Ce qu'il y a de bizarre dans ces récits, c'est
te style figuratif, et c'étoitle seul dont ilspou-
voient faire usage pour exprimer ce qui est
écrit au livre- de la-
tion. ) L'esprit céleste le feu divin étroit
U» )
sur lcs enux coûvoit les eaux pour féconder
le tohu-bohu l'abîme le eaftos.
S. 19.
Du vaisseau mystérieux.
Le vaisseau mystérieux des anciens Francs,
qu'ils nommoient Is-Is- feu primitif céleste,
lumière, n'est-il pas vraiment limage de cette
opinion adoptée par tous les peuples qui ont
parlé de l'histoire de la création de l'ancien
moade alors le feu divin l'esprit célesle erroit
sur les eaux ou selon d'autres interprètes coû-
voit les eaux comme unc colombe et fécondait
l'abîme.
Si tout est noble et grand pour le contem-
plateur de la nature, le contemplateur de l'his-
toire des opinions ne doit rien rejetter à la
légère la plus foible lueur est toujours un
rayon de lumière qui dans la main dun sagc,
peut dévorer jusques dans leurs racines cran-
tiques arenrs dont les ombres impures ca-
chent la vérité à des coeurs bien nés, dignes de
fadorer.
J'ai peine à regarder comme insignifiantes
( 4-
ou puérilea ces figures emblématiques que je
trouve gravées à la tête des éditions soignées de
la Bible. Ne pouvant les expliquer toutes je
serois loin d'affirmer qu'elles renferment toutes
un sens allégorique qui n'est point à dédai
gner. Des copistes ignorans ou infidèles auront
pu altérer les allégories originales, mais je suis
sûr après mûr examen, que des hommes d'un
grand caractère en ont composé plusieurs avec
de profonds desseins.
Voyez les gravures dans la vulgate édition
d'Anvers. Voyez cette main d'un invisible qui
va traçant un cercle fédératiF, voyez-y les at-
tributs des 4 propagandistes de la buane-nou-
velle–
Une gravure de la traduction de Sacy, m'a
singulièrement frappé. Est-ce la copie d'un
dessein antique? Il y a lieu de le cpoire. Ce que
j'aurois dit du culte d'Isis seroit visiblement
démontré. L'assertion de G. Less qui
soupçonne que Moyse a copié les premiers cha-
pitres de la Genèse sur les colonnes d'un tem-
ple égyptien seroit pareillement démontrée..
Moyse, qu'on reconnoît aux rayons enflammés,
de son auréole, a le front placé près d'un cen-
tre. de lumière, au sein duquel est écrit le mot
(43)
Jthma. Moyse tient en sa main droite un coeur
ardent qu'il lui offre. C'est comme le vase i élec-
tion, où il reçut le rayon céleste pour inoculer
1 immortalité à l'espèce humaine qui n'auroit
jamais été que ténèbres abîme et pourriture
sans une alliance de l'éternelle lumière avec sa
créature, sans un pacte du soleil avec la terre,-
Mais pourquoi derrière Moyse et au nord le
vaisseau d'I. S. Sur les eaux. C'est-là
clairement l'emblème du feu errant sur les eaux
ou coûvant les eaux. C'est la peinture-image,
sinonyme de la peinture verbale que nous a
fait Moyse de l'histoire de la création Et spi-
ritus dei ferebatur super aquas ajoutez qu'il
tient à sa main l'ancre qui doit arrêter le vais-
seau (la la le feu primitif) errant sur
l'abîme, qui attend la fécondation.
§.
D'an véritabk déluge.
Anroit-il trouvé seul ce qui a échappé 1 tant
de, siècles à ta?t d'observateurs ? Pourquoi
pas, s'il a commencé où ils ont fini ? L'histoire
naturelle deBuffon a-t-elle empêché Bonnet.
(44)
de contempler la nature ? na-t-D pas osi dire,
après tout tout ce qu'on a enseigné sur la phy-
sique, que vous en étiez encore à l'abécédaire?
Pourquoi n'en seroit-il pas ainsi de l'histoire
des opinions? Bonnet a remercié la destinée de
ce que Buffon n'avoit paa touché à certains
faits sur tesquels son esprit systématique et
doctoral efit jette d'épais nuages. Laissons les
dire et faisons quelques pas sur des routes in-
connues, sur un chemin abandonné!
Ceux qui avoient besoin pour leur déluge
désastreux de trouver dans la signification du
mot hébreu des ténèbres des brouillards des
vapeurs ont pris grand soin heureusement de
nous prouver qu'il vouloit dire nuit cahoù Les
expressions que les annales de l'ancien monde
employent pour peindre l'état de la terre à l'ins-
tant du déluge, sont, dit l'un d'entre d'eux
fidélement traduites du second verset de l'écri-
ture et ce tohu-bohu est pour eux le caxos
qui suivit la destruction de Cespéce humaine
On doit admettre ce fait important mais
xejetter les paraphrases des interprètes.
N'est-ce pas dans le second verset de" la
Genèse. histoire de la création que More
bous a expliqué la naissance de la culture de h
terre? qui étoit déji'! qui étoit un abîme .où le
feu divin engendra la lumière et la vie
Résumons. Nous avons appcrçu des rapporte
évident entre l'histoire symbolique du tohu-bohu
et les annales de l'antiquité sur la construction
du vase £ élection vaae primitif qui contenoit
toutes les générations actuelle:, et d'où sorti-
ront « tant que la terre durera >» toutes les
générations, futures.
Dans la crainte que le fil indestructible des
conséquences immédiates ne m'entraîne où
f entrevois que je pourrois aller, je me conten-
terai de mettre sous tes~yeux.et dans tes mains,
ami lecteur, des principes clairs les élémens
sensibles dont la deux praniers nés de la nature
ont été formés dans le vase primitif vaide in-
corporel, principe invisible de réflexions abîme
insondable de ténèbres. (Test la nuit-mère et
le déluge des générations
Ici la Bible a expliqué la Bible ici tout est
conforme à la raison à la nature. Je m'en
(46)
C'ut bien étrange!
Ne laissons aux préjugés que le moins de
prise qu'il est possible. La rouille qui a saisi le
fer, est vraiment l'emblème d'un préjugé qui
touche la véricé, il ne se contente pas de la ter-
nir, il la dévore.
J'avoue qu'il falloit être bien érudit pour
trouver un déluge d'eau ou de feu dans ces
colonnet qui servirent à guider dans le désert
les Israélites qui avoient passé LA mer rouge
à pied set comme un enfant qui arrive an
jour sur le délivre.
Mais je ne conçois pas aisément, comment
on pourroit voir encore un déluge d'eau ou de
feu dans ces passages de l'exode
Moyse entraau sein d'un nuage eu étoit Dieu,
dont la gloire se manifestoit par.des traits de
Moyse monta plusieurs fois sur les hauteurs
du Sinaï, «l'Eternel se montra toujours a lui
sous l'emblème dune langue de feu. au centre
d'une masse d'eau.
il Moyse étant monté, la nuée couvrit la
montagne' La gloire du Seigneur reposa sur
» Sinaï. Dieu appella Moyse du milieu de cette
» obscurité.
» Ce qui paroissoit de cette Gloire du Sei-
it peur. étoit comme un fiu ardent au filut
f haut de la montagne qui se faisoit voir à
» tous les enfans d'Iaraël (i).
Dans toute traduction fut-elle de l'auteur
lui-même il y a presque toujours un sens
vague et volontaire que mot pour mot on ne
peut enchaîner. Je crois. avoir démontré cette
assertion, qui doit rendre les érudits moins
affirmatifs et. nous autres moins attachés à
des opinions que nous ne pouvons vérifier par
nous-mêmes.
On» rencontré par-tout un culte comme»
moratif de feu et d'eau.
Est-ce à cause des terreurs universelles d'un
déluge d'eau ou de fen ?
A-t-il existé un déluge désastre universel.'
ou tous ces mystères ne seroient-ils que les
̃ emblèmes de la création universelle?
(r) Exoc1. chap. ao,Tiw4ai.– cKap. ij, i6i

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