De l'exclusion des prêtres du gouvernement temporel ([Reprod.]) / par H. J. H. Dematigny,...

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[s.n.] (Paris). 1792. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : dimanche 1 janvier 1792
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NBS ̃ 1010a ♦
(ANSI and ISO TEST CHART No. 2)
THEFRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANC AISE
PERGAMON PRESS
Heailington Hillilall, (Word OX3 011W, UK
L'EIG LUSION
DES PkÊTRES
DU
TEMPOREL.
effigies et Tcmpla tueli.
L'unique soin d'un Prêtre, avoué par les Cieux,
Eàt la garde du Temple, et le Culte Dieux.
P A R H. J. H. D E M A T I G N Y
Jurisconsulte Français.
A PAR ï S,
̃̃̃ j'?- 2-
A 2
HOMMAGE
.'̃. #;̃ UN A
C 1 T G Y EN
AU
TRIBUNAL DE CASSATION,
Sur son refus constitutionnel d'admettre les Eccli-
̃ n'astiques aux fonctions de la Magistrature.
lH essieu as,
JE suis celui qui demandoit cesjours derniers
au Corps législatif, l'exclusion des gens de loi
des Tribunaux de famïlle je viens aujour-
d'hui vous reftdjte hommage de l'exclusion
des prêtres des Tribunaux, civils. Vous vous
montrez les plus solides appuis de laCpnsti-
tution française en leur fermant indistincte-
ment la porte du gouvernement temporel
vous empêchez qu'on ne rouvre à la fois tou-
tes les anciennes plaies de la monarchie i Sp»tf-
frez Messieurs qu'un
̃4
aiiie <\t votre trait de
lumière émané de vous proclame et rappelle
à la Nation de grandes et de tristes véritfs.
CE fut par une fraude manifeste que les
ecclésiastiques s introduisirent en corps aux
assemblées des Etats Généraux pour couvrir
sous l'égide de cette autorité souveraine les
grandes richesses les titres et jurisdfctions sé-
culières qu'ils possedoient par-tout le royaume,
C'ciqit laie prétexte dont ils se servoient pour
s'ingérer en l'état temporel dans le sein du-
quel sc formant séparément un autre royaume
terrestre habentes regnum in regno ils fai:
soient un inique contrepoids a tout le peuple
et aux Rois mêmes.
Usurpant à eux seuls le nom d'Eglise qui
comprend toute la nation ils l'avoient res-
treinte à une poignée d'hommes d'une partie
faisant un tout et ils voulurent que cette
portion fut un membre du corps universel de
1 Etat unet partie intégrante du royaume
tîônt les trois formoient l'ensemble. Par cette
imposture ils avoient amené le peuple la
'noblesse et les Rois se voir injurïëuscment ex-
cîttr& de ÎEglisé appelant ceux qui ri'étoiefil;
lauj^ po-
o5
̃ A \'i
pulace idiote et profane et du pays.
Mais pour ne pas et
les prihce3 souverains,
de les insinuer dans leur hiérarchie en les
faisant diacres et sous diacres.
Dans certaines occasion» .jjopul.iKes ils
s'étoientrvus contraints d'étendre le nom d'église
sur le peuple et sur la noblesse ma* dans les
circonstances ils h r-stifigàirent
à eux seuls p*5ur maintenir le -clergêien c*lte
possession disant(, quêtant la* partie la plus
sainte et la plusNtfftitfg ne prenant sur- l'a terre
Une forme visible ( pour nie servir de leurs
expressions ) le nom d'église leur appartenait.
Par ce moyen il* usurpèrent la préémi-
nence sur le peuple, sur la noblesse et même
<?sur les rois et s'ingérèrent aux états sécu-
liers, visant aux grandeurs et aux ̃ richesses
auxquelles ils parvinrent dans haut
;degré. _-̃ ̃. "̃̃-̃
Ë'étoit un attentat contre la nation tu contre
le corps politique quand ils osroieiif sous
ce titre', prendre le premier rang aux Etais
Généraux, en faire trois membres dont ils
ëtoient le'principal. C'ctoit affaiblir la majc^1.
;6
dti
la proportion
Ayant ainsi franchi lés bornes du spirituel,
qui étoit leur propre et unique destination
pour s'insinuer les premiers au corps politique*
ils y abusèrent toujours de leur prééminence
J usurpée ils eurent le dessus en tout et par-
tout déterminèrent les décisions, et amenè-
rent la nation à ce point d'esclavage qu'elle
n'avok qu'à dire après eux amen. C'est
ainsi que-le clergé dégénéré de son éta^priini-w
tifi confondit Tétait et l'église. Bientôt il força le
peuple, et la noblesse seuls vrais membres des
Etats Généraux d'alors à consentir et autoriser
sa. prétendue exemption de toute jurisdiction
royale et des charges et devoirs j:i vils et po-
litiques, tant en faveur des personnes qu'en
faveux des biens.
C'est donc avec justice que l'Assemblée cons-
ti tuante a terrassé ce colosse, avec Taideet^e doigt
de Dieu, qui s'est fait sentir dans cette grande
occasion. C'est avec justice qïie le clergé en corps
a été exclu de rassemblée du peuple franÇais.
Que si nous voyons des membres de ce corps
détruit, admis dans cette assemblée ils ne
le sont plus que comme citoyens, membres de
A4
l'état civil ou du souverain* Ils cessent .alors
leurs fonctions ecclésiastiques et il seroii très-
à propos .de les priver par loi expresse des
revenus et emolumens de leurs fonctions spiri-
tuelles pour leur mettre sans cesse devant les
yeux qu'ils ne doivent point les confondre avec
les fonctions temporelles. Mais hors de ras-
semblée du corps politique, ils rentrent de
plein droit dans kurs fonctions spirituelles,
pour ne plus se, mêler du temporel ni du
gouvernement civil. Rien ne seroit plus dan-
gereux à l'État que de souffrir qu'ils s'insinuais
sent aux conseils des princes et dans les fonc-
tions du pouvoir exécutif.
Voici le seul point, de vue sous lequel
ils peuvent être admis à.se mêler de l'état. po-
litique. Ils deviennent alors les officiers tes
plus importans de la République,; C'est à eux:
qu'ai appartient de veiller à cette sorte de lois
que décrit le citoyen de Genève « Laquelle
e ne se grave ni sur le marbre ni sur l'airain
m mais dans les coeurs des citoyens, qui fait
» la véritable constitution de 1 État qui prend
•>̃> tous les jours de nouvelles forces qui, lors-
"«̃que les autres lois vieillissent ou s'éteignent.
les' ranime. -0»; -les supplée conserve uu
8
o peuple dans l'esprit de son institution et
substitue insensiblement la force de l'habitude
» à celle de Tautoritë je parle des mœurs
• »» partie inconnue à nos politiques ,•• dit Rous-
seau mais de laquelle dépend le succès de
toutes' les autres partie dout le grand légis-
»> lateur s'occupe en secret, tandis qu'il paroît
» se borner à dès réglemens particuliers qui ne
j» sont que le ceintre. de la voûte dont les
» moeurs plus lentes à naîtrë forment enfin
» l'inébranlable clef ( 1 ) .«.»
Il appartient donc aux fonctions ecclésias-
tiques de donner quelquefois des avis salutaires
aux monarques et à leurs conseils et leur faire
des remontrances s,ur leur administration et
sur les moeurs dont ils donnent l'exemple. Mais.
ils doivent faire ces remontrances en toute hu-
milité, comme sujets et non pas avec hauteur
et insolence^ comme des fanatiques. le les re-
connois en ce cas comme ministres de l'Eter-
nel inviolables en leur ministère sacré s'ils
s'y- contiennent.. Je veux qu'ils adressent leurs
remontrances pastorales aux princes par la
voie sute de leur conseil pxiré. Ils ne doivent
rt} Contrat Social, iiy. II. chap. XII.
9
recourir aux vcmontmnm publiques; Ou a
l'autorité du Corps législatif 'qu'à la dernière
extrémité, et après av^ir employé vainement
leurs pfières, fleurs jeûnes et leurs larmes.
Cet humble et grand exercice des censures
ecclésiastique^ sW la conduite des rois et des
magistral dans leur administration temporelle,
n'est autre chose qu'une magistrature Spirituelle,
à laquelle les prêtres chrétiens doivent se borner.
Kïais si les ministres de h religion ont la
censure sur les mœurs des puissances tempo-
relles i leur tour les puissances temporelles.
et les chefs des nations ont la charge de veiller
sur toute l'église de veiller sur la #iigerice et
la fidélité despasteuts enleuiradmfnistrationt et
dispensatibh des dons du ciel. Car tout prêtre
tout évêque et tout souverain Pontife doivent
savoir que la puissance royale est ordonnée
de Dieu par la main et l^volontéf des peuples;
qui sont celles de Dieu même qu'un roi est
le plus grand ministre qui soit sur la terre
celui que Dieu a honoré de titres les plus ex-
cellens, et de-force apparente à nos sens et
auquel il a donné le plus d'autouté, pour
ranger les mutins à ^observation 'des lois natu-

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