De l'Influence de la vente de 23. 114. 516 fr. de rentes sur le cours des effets publics

De
Publié par

Ponthieu (Paris). 1823. In-8° , 31 p..
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Publié le : mercredi 1 janvier 1823
Lecture(s) : 5
Source : BnF/Gallica
Nombre de pages : 30
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

DE L'INFLUENCE
DE LA VENTE
De 23,114, 516 fr. de rentes.
IMPRIMERIE ANTIIe , BOUCHER, RUE DES BONS ENFANS,N°.34.
DE L'INFLUENCE
DE LA VENTE
De 25,114,516 fr. de rentes
LE COURS DES EFFETS PUBLICS.
SUR
PARIS,
CHEZ PONTHIEU, LIBRAIRE, PALAIS-ROYAL,
GALERIES DE BOIS, N°. 252.
M. DCCC. XXIII.
DE LINFLUENCE
DE LA VENTE
De 23,114,516 fr. de rentes
SUR
LE COURS DES EFFETS PUBLICS.
23,114,516 francs de nouvelles rentes! s'écrient
certaiaes gens fort honnêtes, et dont nous n'avons
garde d'attaquer les intentions. N'achetez pas!
n'achetez pas! n'achetez plus! voilà de la baisse!
23,114,516 francs de nouvelles rentes, des ren-"
tes toutes nouvelles, des rentes que l'on n'a pas
encore vues ; enfin des rentes pour 23,114,516
francs !
Avant tout consultons le budget, sa réponse
va fixer nos idées. Nous voyons que la création
des rentes émises aujourd'hui remonte aux an-
nées 1821, 1822, 1823; que ces inscriptions
étaient restées dans les portefeuilles du Trésor,
qui en percevait les arrérages au profit de l'État 5
(6)
et qu'ainsi , au milieu de tout ce grand bruit
d'accroissement de rentes , la dette publique n'est
pas augmentée d'un sou, seulement le ministère,
pour remplir les engagemens contractée pac les
lois de finances de cette année et des précédentes,
renonçant à emprunter à la Banque de France
sur dépôt d'inscription, ou à émettre des bons
noyaux, ressources résultant de transactions au
d'ordonnances particulières qui ne peuvent être
que temporaires; le ministère, disons nous , a
jugé plus, favorable au crédit public de réduire
la dette flottante, et de se dessaisir de ces renies
en les vendant avec publicité et concurrence;
rien n'est donc changé à la dette consolidée,
sinon que le public va devenir propriétaire de
23,114,516 francs de rentes, au lieu et place du
gouvernement .
Quatre compagnies se sont présentées para
obtenir l'emprunt de 23,114,516 fr. de rentes.
La compagnie , composée, de MM. Césac de
Lapanouze, et Blanc Colin et Ce., a offert 87 fr.
75 c. pour 5 fr. de rente, jouissance du 22 sep-
tembre 1828.
La compagnie composée de MM.Lafitte et Ce.,
Mallet frères et Ce ., André et Cottier , Ardoin
Hubbard et Ce., Lefebure et Ce ., Pillet Will et
Ce., a offert 87 fr.75 c . comme le précdente.
La. compagnie composée de MM. Greffulhe
(7)
et Sartoris a offert 87 fr. 75 c, comme les deux
précédentes.
Enfin la compagnie composée de MM.de
Rothschild frères a offert 89 fr. 55 cent.
' Le prix de cette dernière compagnie ayant été'
le plus élevé» elle a été déclarée adjudicataire de*
la vente de 23,w 4,51& francs de rentes au cours"
de 89 fr. S5 cent. (1)
Cette différence de 1 fr. 80 cent, qui existe"
entre le prix donné par la compagnie adjudi-
cataire et le prix offert par les trois autres com-
pagnies, a été interprétée de diverses manières;
quelques-uns ont cru que le prix de MMT. de
Rothschild frères était exagéré; le plus grand
nombre a trouvé ce taux extrêmement raison-»
nable ; et le même prix de 87 fr. j5 cent, offert
par les trois autres compagnies» dénote claire-
ment qu'elles s'étaient entendues entre elles pour
obtenir les 23,1145 16 francs de rentes à un
prix bas.
L'emprunt ayant été adjugé à un prix conve-
nable , on peut s'attendre à une hausse raison-
née ; au lieu que s'il avait été donné à un prix
inférieur, la hausse disproportionnée qui aurait
pu s'ensuivre aurait occasionné des réactions
violentes eu baisse, moins à craindre aujourd'hui.
(1) Le minimum du ministre était de 89 fi»
( 8)
Il était important de connaître quelle,serait
la compagnie qui demeurerait adjudicataire de
l'emprunt,- les moyens et les ressources de MM. de
Rothschild frères (I) étant plus grands et plus,
étendus que ceux des autres compagnies, on
a plus de raison de croire à une hausse ferme:
et soutenue. Cette maison a reçu un si grand
nombre de soumissions, que toutes n'ont pu être,
admises, et que les élus ont été forcés ,de voir
réduire leurs demandes. MM. de. Rothschild.
frères ayant un grand nombre de sous-intéressés,
puissans par leur fortune et leur crédit, on ne-
trouvera point parmi .eux, comme il serait ar-
rivé dans les autres compagnies, une foule de
petits soumissionnaires qui seraient venus à la
Bourse vendre leur emprunt le lendemain pu
le surlendemain de l'adjudication, à un demi ou
un pour cent de bénéfice.
En ayant égard à l'escompte de quatre pour,
cent que le gouvernement alloue pour effectuer,
de suite le paiement des deux premiers ving-
tièmes, et à davantage d'avoir jusqu'au 8 mars
1825 (2) pour acquitter les autres paiemens,
(I) MM: de Rothschild frères ont fait le dépôt de garantie fde
11,557,258 fr. avant d'avoir reçu de leurs soumissionnaires les
nantissemens exigibles.
(2) Epoque de l'acquittement du dernier vingtième de l'em-
prunt.
(9)
eu jouissant néanmoins des intérêts à compter
du 22 septembre 1823, comme si l'on avait payé
le capital complet de la rente, nul doute que
l'emprunt n'arrive de suite à un prix équivalant
ou même supérieur au cours de la rente à la
Bourse, et ne se maintienne à ce prix ; bien
des gens préféreront l'emprunt à la rente, parce
que s'ils attendent des remboursemens à plu-
sieurs mois de terme, ils achèteront de l'em-
prunt pour une valeur égale à la somme d'argent
qu'ils possèdent et aux remboursemens qu'ils
doivent recevoir, c'est-à-dire qu'ils achèteront
pour l'argent reçu et l'argent à recevoir; ce qui.
prouve que l'emprunt peut être pris tant par
l'argent circulant que par l'argent qui doit cir-
culer*: combinaison nouvelle que n'offre pas la
rente.
Quelle serait l'influence d'une mauvaise nou-
velle dans les circonstances présentes? De don-
ner naissance à une infinité de bruits plus ou
moins absurdes, plus ou moins faux les uns que
les autres; d'effrayer les gens timorés qui ven-
draient sans nécessité et sans motifs réels; d'a-
journer les achats que les capitalistes ont inten-
tion de faire ; de laisser stagnante pendant quel-
ques jours une masse d'écus qui, au plus léger
mouvement, viendra racheter la rente et la faire
remonter avec la rapidité de l'éclair, à un taux
peut-être plus élevé qu'elle n'était auparavant.
( 10 )
Nous allons donner un aperéçu dé l'immensité
àes capitaux que l'adjudication de l'emprunt tt
mis en mouvement. Le dépôt de garantie exigé
pour soumissionner est de 11,557,258 fr.; quatre
compagnies se sont présentées; elles ont donc dé- '
posé à elles seules 46,229,032 fr.; on dira que ces
dépôts ont été faits partie en effets publics, par-
lie en numéraire; nous répondrons que la com-
pagnie des six maisons (1) réunies a l'assemblé à;
elle seule 41,590,000 fr. en écus (2), attendu que
si ladite compagnie avait eu l'emprunt, elle vou-s
lait de suite s'assurer les moyens d'escompter
les deux premiers vingtièmes, ainsi que le mi-
nistre en a laissé la faculté (3) ; ajoutez à cela qu'au
10 juillet chacune des trois autres compagnies
possédait déjà oit avait à sa disposition le com-
plément du dépôt de garantie qui doit être porté'
à 26,000,000 dans les dix jours qui suivent l'ad-
judication. Observez en outre qu'une fois les deux'
premiers vingtièmes payés, le troisième vingtiè-
me n'est exigible qu'au 8 Octobre 1823.
Cette quantité énorme de numéraire disséminée
(1) MM. Lafitte et G0., Mallet frères et Ce., André et Cottier,
Ardoin Hubbard et Ge., Lefebvre et Ge., Pillet Will et Ge.
(2) Chaque souscripteur ayant versé à la compagnie 9000 fr.
en numéraire pour chaque 5000 fr. de rentes.
(3) Art.II de l'arrêté du Ministre des finances, du 4 juin
1823.
(11)
entre les compagnies qui nont pas eu l'emprunt,
et destinée,;n'importe ce qui arrive, à être em-
ployée en effets publics, se retrouvera, soit dès
aujourd'hui, soit plus tard, pour acquitter les
vingtièmes de l'emprunt. :
La quantité de rente, cinq pour cent consoli-
dés, inscrite au Grand-Livre delà dette publique
au 1er. janvier 1823, était de 179, 859, 113 fr.
Les rentes à inscrire en
1823, pour crédit interve-
nu, montant à(1)......17,227,195
Total... 197,086,308
pour les rentes inscrites et à inscrire; quantité
très minime, si on la compare à la somme de
1,454,286,000(2), représentant lerevenude toutes
les propriétés territoriales du royaume.
Il faut observer que sur les 197,086,308 fr. de
rentes énoncées ci-dessus, les 23,114,516 dereu-
tes négociées le 10 juillet, ne sont pas encore
émises ; que les rentes immobilisées, comme af-
fectées , ou à la caisse d'amortissement, ou à des
majorats, ou à la dotation des Invalides, que
celles appartenant à diverses administrations, à
(1) Budget de l'exercice 1824.
(2) D'après le résumé du grand-livre terrier du royaume de
Fiance , et les aperçus statistiques fournis par le Cadastre.
( 12 )
la Banque de France, aux établissemens publics,
aux communes, etc., etc.; enfin toutes celles
destinées à être invendues, et qui peuvent être
considérées comme hors de la circulation, s'élè-
vent à 77,500,000 fr. ; la quantité de rentes en
compte courant au Grand-Livre, appartenant
aux agens-de-change, banquiers, capitalistes,
quantité de rentes qui change sans cesse de pro-
priétaires sans presque changer en somme to-
tale , est évaluée à 5,8oo,ooo fr.; enflu les rentes
possédées par les particuliers montent à environ
ioo,5oo,ooo fr. ; sur cette somme de ioo,5oo,ooa
fr. de rentes, on calcule que 3o,ooo,ooo fr. ap-
partiennent aux étrangers , 35,ooo,ooo aux habi-
tans des départemens, et le reste aux habitans de
la capitale.
Cet aperçu sur le classement des cinq pour
cent consolidés, montre que la rente étant au-
jourd'hui en très grande partie casée et non flot-
tante, on n'est plus menacé de ces fortes livrai-
sons de rentes qui, abondant sur la place, amène
des baisses dangereuses, d'autant moins à crain-
dre que le goût des achats de rentes, comme pla-
cement de capital, fait chaque jour de rapides
progrès , et gagne successivement toutes les clas-
ses de la société; chacun veut avoir une inscrip-
tion au Grand-Livre ; les rentes sont ce qu'on
peut appeler nationalisées; l'établissement des
caisses d'épargnes a beaucoup contribué à faire?

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.