De l'origine des principes religieux ([Reprod.])

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Publié le : vendredi 1 janvier 1768
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L'ORIGIN È
DES
Int?r*1ïnitunos vetns atque antique fimultat»
Immortalc oiliiun i'i minquam fannbilc vutnus
Atdct adhuc Dmbos & Sumtnus utrm^nè
Iinle fiiror vtil;;o quoil numinl vicinorum
(Mit tUcrquc locus *qM>im folw trcdat hab^idos
Ji:ve»ai Sut. Xl\ v. )]t &ffq.
MM.
A2
JL^a Religion donne aux préceptes mô.
faux une espèce d'autorité légale. C'cft
une législation d'un ordre furnaturel.
Elle doit augmenter l'adivitc des reiForts
de la conftitution politique & fupplccr à
fes défauts.
Le parte focial fans lequel il n'çit
pointée gouvernement légitime ne fau-
rait comprendre toutes les obligations ef-
fcntielle.'î à l'homme. 11. ne peut pas
même comprendre toutes celles qui l'il*
tercHent la confervation du corps de la
focicté encore moins celles qui n'in-
terefTent que le bien-être particulier de
chaque individu, Ccft parceque les boni.
i
mes fe font corrompus, que le frein des
infUtutions civiles leur en devenu neceC
faire. C'eft pareeque ces inftitutions f u.
rent toujours imparfaites qu'on u été
obligé d'ajouter l'autorité des luîx
telle de la Religion.
l/Kglife nous aprend diftin^ucr lès
Religions qui viennent de Dieu, de cel-
le&" qui ne font qu'une invention de
l'cfprit humain. 1\lais qu'elles Soient
^ouvrage de Dieu ou celui des honi-
nies (a.)» il n'en cîï pas moins vt'ai
fjue toutes les Religions doniinantes ten--
dent vers le hiéme but, & que leur1?
feffourcçi fe re(r$mblent allez gciic-rale-
menr.
( a.) Toute Religion qui devient i!cmi-
mnte n«cc(Tc- telle pas'dctfc IViivr.igc
Je Ditu, ne devient -clic pa» par -là
mime des hommes?
s
A j
I .menr. Je ne conOdêre que les. cfltt$
| fans remonter à leur première origine.
Un Théologien prouverait par la confor?
mité des principes qui fervent de bafc y
toutes les Religions que la Providence
veilie fur tout le genre humain que la
vérité eft éternellc que toutes les fa.
ditions religieufes des Chinois, des I'âyeng
(les Mùfulmans, ne font que des co.
pies plus ou moins défigurées de Tuni-
que tradition digne de notre confiance
de nos tefyètfs, Jç me borne aux
recherches les plus ai(ç<$, & jç ne dU
rai que ce que l'hjftoire & mon propre
cœut m'ont apris de plus (impie $ç de
plus clair.
Il n'y a peut-être jamais eu de peuple
'«ivilifc ftns rcligion le grand prin,-
cipe de tout religieux ç(l l'id^
6
d'un Etre fuprè-:nè.s Cette idéo, .s'eft prêV
«fentée aux homme* fous mille faces dif.
(¿rentes. La diverfité des climats, des
de* moeurs, dcsutages,
des lui a donne une infinité
de modifications qui femblcnt fc détruire,
mais' qui partent cependant toutes du méi
sue principe ou dû même préjuge,
Pourquoi, dit un auteur anonyme,
pourquoi trouvons nous tant d'images ``!
riantes dans "1* mythologie des Grecs &
des Romains? c'eft qu'elle." doit fa naïf.
rance au plus beau climat du monde,
la patrie des arts & de -h beauté. Pous
quoi la mythologie des Juifs eî^elle 0
tUile? c'clt qu'eue fut forgée au -milieu
d'un peuple barbare, efclave & malheu-
reux. Compares les jardins de la Grec?
•?ux déferta de l'Arabie & dc la. Pa!c-
ftirie,
A 4
(line la cour des empereurs Romains
aux chaùmictes & des Albi-
geois 4 "xYous ne ferez plus furâ
pris de la bîgatAîre de tant de Rcli.
gions, Cet auteur ne parle p^s af.
fez rerpertueufeïnent de la révélation
mais au fonds fil penfée nié parait jufte,
Les CJtçcs & les Romains ont adore
Dieu fous lé nom de Jupiter les Egyp.
tiens fous celui d'ifis d'Ofiris lés fer-
fes fous celui d'Oromazc les Juifs fous
celui de Jehovah les Scandinaves l'ont
appellé Odin les Celte-; Teut ou Tis
les Péruviens Pachacamak ou Viraçoeha,
les Mexicains Yiztzilipuzli, Chaque
nation lui a donne des ilôms fi des at..
tributs particuliers mais ces Dieux, dont
la foule cft innombrable, quelque de.«
guiféi qu'ils foïent, refiemblent tous, au
pieu t^es philofophes ou à celui du peuple,
I/C Dieu des philofophcs, fut toujours \t
premier ((es Etres l'urne de la natu-
Le Dieu du peuple iïjt toujours un
être fupcrieur à l'honni}? fujet aux mê-
mes paillons mais plus puilVant que nous,
Routes, les Religions dominantes ne fonf
qu'un alliage plus ou pioins heureux de
la philofophie avec quelques préjugés na.
tionaux,. JvCS préjuges en ont été t^n-
tyç
(b.) Y 3-t'i1 quelque chofe de plus fublinic
dans tout ce que lex de nAtrc ficelé
ont dit de l'Etre fupre'me que' l'infcrip.
tion gravée fur une Ibtuc d Ifis dans h
h^utc Esypte
>*Jc" fuis tout et qui a Et: ce qui t'Il &
ce qui (en, & it n'y a point d'homme
mortel qui ait levé le voile qui m$
•' tache.))
i
9
A
plus fervent peut. être Je voijç pu i'i«
Quanq on veut cjccouviir l'pngine d<£
opinions qui Tout
H importa (ait^n plus
du de ijue
dç la ou d.u bon Il
tft dg pcnfvr* que, puiv
qu'il n'y 4 point J[o
nionde pas dy
que Tordre que nous admirons dans tou-
te? \c% paitif? de l'univers. §{t.
d'un être fquvcraineniçnt intclli^cp^
quelque éyii'jente que noiif parait au»
jourd'hui cette démonftratioiy, jç,
qu'elle pçrfuudçrait bien moins le; com.
mun des hommes de l'exigence d'un
Jhltre qu'un i>rodîgç, quelque in^l*
10
heur extraordinaire ou quelque recours
imprévu,
Les vérités auxquelles nous nousat.
tachons le plus fortement, tiennent tou..
jours à quelque fentiment confus dont nous
ignorons communément le premier ger.
me. Nôtre efprit ne fe prend jamais
qu'aux idées qui ont le plus de raport j
avec nôtre manière démentir, Si cela efl
vrai de tous les hommes en générât,
cela doitt l'être bien plus de ceux qui i
n'ont jamais eu l'habitude de réfléchir &.
de raifonner. Leur philofophie n'eft que
Je rcfultat de Ja cômbinaifon Couvent
arbitraire de leurs feiuinicns & de leurs
feofàtionv !•'>
"Un uniquement occupé de tes
ftefoins végète fans s'apercevoir peur ainli
çlUç de fon cxiftcnce, Comment ferait-il
donc
u
donc difpofç il obfcrvcr l'ordre confiant
cache qui carafterife toute l'ccpno^
plie de la nature! Il n'y» qu'une revo-
lu'tiui? extraordinaire qui puifl'e le rapej«.
1er à lui même, l'engager à confier
fon état aftuel à comparer l'avenir avec
le pane, fa propre avec celle
des autres Je pçnfp que c'eft dans un
ili? ces momens (l'inquiétude de re-
çueilUmcnt que l'homme a du concevoir
la premier fois Tidée d'un Dieu, ..d'un
lue iupérieur à la nature humaine,
I/homme malheureux ascablé de fa
pifcre, elFraïé de fa ijtblellb & du ncant
lui l'environne, tremble ( ç.) Que
^> devien-
(c.) Des ceux \b coru
^nmient Jans fon AthaTmc le guerrier
ftcniulinavc qui dit au Uoi Ohùs:.
yeux bicn que tu fiches quç je nç w\%
-'deviendrai ie s'il n'exige pas un être
plus pbinant que moi capable de me
protéger Il fouffre il cft foulage
te premier objet qui le frappe. la
première' idée qui l'étonné quelque ob.
feure qu'elle foit, devient fa Divinité, (d.)
C'cft cette idée /{endu<? & fortifiée par
prie fuite de circonfhnces & de réflé-
xiôns
dans pltifîcurs lieux. J'ai rencontré des
géans & des hommes nionftrutux J|. ̃̃
ïnais ils ne m'ont vaincu/ Ainfi jusque
prient '.je ne crois qua
à mon courage.>, Vv 1 rift tlu Danematk
par Mr. Millet.
£d.) Ce^i nqus explique ce me fcmble le
panade de Tacite L>kV. ac nemora
lant Stcrttum ijlud quod fola rcverentiîi
YiHent.
<ï>
en mille, manières
paflànt d'un à l'autre/ d'une na«
(ion à l'autré, d'une extrémité du monde
à Pautre c'en cetfrf idée qui a été pro.
babtement Id vrai principe de toutes les
Religion».
Ce principe n'efl il pas i)ne confé';
^uenec naturelle etes pretiiiéres réflexions
de l'homme abandonné à fui même?
N'eft -te point là la marche de t'efprii
humain lorsqu'il commence à fe fomit
d à ft dévetoper ? Et ne trouve t"on pài
Ui traces de ces fentimens primitifs dans
le coeur même de ceux qui ont eij Ta.
Vaniage ay.fein de i'cgHfe'f
..Quand le' peuple s'occupe t'il de Il it.
ligion quand penfç Vil f^rieulement 31
Vexiftence de l'Etre fupréme? t'ctl Ion.
qu'il cff malheureux, lorsqu'il t befoin
d'un
14
iTun retours qu'il n'oie plus attendre ni
de lui-même ni du fort. Quand le
peuple cft*il pertétre de l'idée de Dieu?
C'cft lors qu'un événement le
délivre de quelque grand duC^cr, lorsque
de grandes actions, des lui an.
la préfence d'un être
La loudic & les tempêtes les calamites
de la j?uerrc, ta pelle «S: h famine, les
fièvres & lit mort ont perfuad'i plut
U'hommçs do l'éxillentc de l)iîu que
l'harmonie confiante .des merveilles de
la nature toutes les dcmonftrations des
Clarkes & des Leibniz. Voilà l'homme.
L'idée la plus confufe & lu plus grof.
fiere de l'exilknce d'un être lupcrieur
pcue faire une très grande imprcllion
fut une ame faible. Un cnfànt de quatre à
cinq ans avait vu un tamoneur dans la
chenu-
I*
i
cheminée de fa chambre. Il en eut grand*
peur. Sa garde, qui n'était pas contera
te de lui, ne manqua pas de lui dire,
que cet homme noir purifiait les cnfaiis
dèfobeïflam. Flle eut la bétife ou Y\m*
pertinence d'ajouter que Ybwmit ttoir
voyait toutes nos adions &, toutes nos
penfees. Le mot fit impreflTion 6c
l'idée en refb longtcms à l'enfant. Plu-
Heurs mois après, on lui demanda ,• s'il
obéïflait toujours à fa garde, même lor>«
qu'elle ne le vuïait pas Sans doute ré-
pondit il & l'homme noir ne voit -il
pas tout ce que je Fais ? (^ramoneur
ctait fon Dieu ( e. ) «S: ne font ce pas
de
(c.) Qu'on* mr pardonne Ye trait, i'iWtiit
moins puccril lobfcrvation qu'il renfenn*
lirait otuiia Uimiaeuf*.

de tels Dieux ijuî gouvernent les trois
/juatts du j^enre ho main'?
/ï^rcs s'etre j.erfuadc qu'if y avait ui\
être (vpciiciit à la nature luittiuind,
ft'cwiiï-il pas ib'rt qui.
)VuV;i*t y tn avoir pfufieùrs que lès
6ni de la fuperiorite tfc leurs'
jH.iir taire ic bien, Us nutfès pouf
faire le' h'jf, \.a fill^mc de Mines cil
h iidû/ref;' cVft fa prenirerc itîée du
plus fagtlUomnie du plus ignorant. On
ne jouît guérer, d'un yfand bdnhcur, fans
àicuréméht 6on. On ne foufl're
l'un être fupérieurement méchjnt; Ce
n'clt tju'ùprcs beaucoup de réflexions &
i\csici\c\ione tres fui vies « très abitrai.
fes qu'on i^arvient reconnoitre cjûe le
mat
il
mal & le bien dont nôtre vie eft mêlée
découlent de la même fourçe, C'eft le
fteret de la Théologie. C'eft
de la Religion.
Les hommes ont adoré tous les <tres
.qui parai(Tent avoir une grande influencé
fur nôtre bietf «être & chaque nation
a adore ceux ciui lui étaient particulier
rement utiles, (f.) Faut- il s'etonner que
li tant
(f.) principe que cibx dçChJn-
cha rfponilîrent fi naïvement aux Yncas
• )>Q.u'il$ ne von) iicnjt ni reconnaître 1 Vnca
pour roi ni te ioleil pour leur Dieu )
» qu'ils en, M')h un qu'ils adoraient
& un prince qu'ils gloire «le fer*
Vir, que leur Dieu commun était ia nier
qui était bien autre chofe que le folcilj
comme l'expérience le montrait aflez*
Qu'elle leur donnait quantité (le poiflbn*
Jour
i8
tant de peuples aïent adore le père de
la lumière, >•' l'emblème le plus fublimt
de la Divinité!
Mais quelque idée que l'homme ait pu
fe faire d'abord de la nature des Dieux,
il cft fur qu'il n'a pas tardé long.teim à
leur attribuer fes propres fentiruens, fes
propres penfées fes propres paillons.
1.'honi.
pour leur nourriture, au lieu que leur
folcil lie leur faifait aucun bien que
fa chaleur excçflîvç ne fervait qu'à Ici
Incommoder & tinfi qu'ils n'avaient que
fair» de lui qu'a^ reite ils n'tmpi»
chaient pas que ceux des montagnes »
dont le païs était froid ne l'^dorafTcnt
tant q'u'ils voudraient, pourvu qu'on
leur laifl'at la liberté de vivre dans la
religion de leurs pères. V. lHift.
des Ync*as du Pérou par GtrcilliiTo de la
Yega. T. I1. p. C\,
B 2
L'homme fe cherche & fe trouve fut*
mémo dans tout ce qu'il fent, dar.s tout
-ce qu'il penfe & dans tout ce qu'il ima-
gine,1** II anime la nature cntiere; il liu.
manife la bivinitc même. Tout devicnt
homme aux yeux de l'homme. De. là
toutes les fuper (tirions de l'idolâtrie»
tous les caprices du culte arbitraire qu'on
a rendu de tout tems à la Divinité.
y a tout lieu de croire que l'iclo-
latrie eft plus ancienne que le Théifme»
Nos idées fenfiblcs précédent i'#s notions
intellecluelies. Il faut connoître beau-
coup d'individus en imaginer encore
plus, pour être mémç de comprendre
une feule abftraâion. On eft Içrig-tems
à étudier les hommes avant de ravoir
ce que c'eft que l'homme» L'efprit hu-
main a donc forpè beaucoup d'êtres lu.
t*
pttkvts à fes lumieres & à fes force?,
beaucoup de Dieux fubalternes, avant de
parvenir à la connoiflanec de l'Etre de*
êtres,
L'homme qui a aperçu car qui peut
fa concevoir L'homme qui a aperçu
cette grande idée dans toute fon cten.
due, n'a pu la mettre à Ja portée du
peuple qu'en la rcncrrant, qu'en la
montrant fous quelques points de vue
particuliers, qu'en lui prêtant des cou.
leurs humaines. Et ciel} ainfi que le
The'iTnn! le plus pur & le plus fublime
,'en rapproché du Polythéifmç & de l'iclo*
latrie toutes les fois qu'il en: devenu
l'opinion dominante, (g.) Quand il s'agit
du
(g.) Toutes les Religions ne' font elles pas
r«m^llc» de fables Se d allégories ? Il
1 irti-
il
du bien public, la philofopW fait rifpefler
le* projuges de l'ignorance & de U fur
perdition elle marche même quelquefois
leur: fuite,
En effet un Dieu mctaphyfique fera-
t'il de hons fujets ou de bons citoyens ?
L'idée d'une caufe de toutes chofes
l'idée d'un être qui réunit toutes les per-
fedions pofHbles dans un degré infini,
une idée aufli vafto & auffi vague en
même tems peut. elle aftefter le coeur
de l'homme ? C'eft un abîme eternel ou
nous nous pcrclons ou toutes lcs facul»
li i.v tVS
jmpoitait d'abord de mettre des vérités
nbftraitcs à la portée du peuple qui n'en,
tend que ce qu'il iniagine. Il importait
enfuite d'en fouflraire d'autres à l'cxa-
wcn dç la réfléxion. On interefle l'ima-
gination on l'exalte. On x reuffi.
it
tés de nôtre, ame s'anncantiffent, Son
jmnlçnfitç nous étonne nous accable,
niais ne* nous touche point,
Dieu n'eu: rien pour le peuple, lors*
qu'il ne peut pas devenir l'objet de fon
culte, La voix d'un Dieu puniflknt le
mal & recompenfant le bien, félon les
lois: immuables de la nature no fait
pas plus d'imprefllon fur les âmes vul.
gaires, que la voix de la confeience*
On n'interefle les hommes qu'en met.
tdnt leurs panions en jeu. Il n'y a
qu'une divinité1 qui s'irrite & qui s'appaifc
q,ui puiiH; avoir quelque injluence fur
nôtre vie & fur nus fentimens, Aufl]
tpus le-î cultes du monde fuppoferu ils
en Dieu les grandes pallions qui foiH4
agir le cœur humain l'amour $ hy
haine. Uiî juge iimplement juftç merUf
teraM
B 4
terait de. gouverner un peuple d'e rage$.
Mais il ferait peu propre à commandes
à la multitudc, qu'il faut étonner, qu'il
fauç, Surprendre, qu'il faut flatter qu'on
n'arrête que par la crainte & qu'on no,
conduit que par refpérançe. Ce n'eft
qu'en excitant, en maniant adroitement
ces deux fentimens, que les loix & la
Religion peuvent maintenir leur auto*
La religion du peuple a toujours été
diilingucc de celle des adeptes, Il n'y
9 point de religion qui n'ait eu fes mift^
les. Les premiers Chrétiens cachaient
ceux de l'Fvangile au peuple. Nous nç
ceflbns de lui en parler ouvertement,
Mais nous ne rifquons plus rien
11 faut que la religion du peuple con.
ferve un julle milieu entre le Théifmc &
-̃ p'f
le Polithéifme, Les fiftcmes religieux*
qui Ce rapprochaient trop duThéifmc ont
fait, (Jcs Athées & des Sceptiques
Ceux qui Cc rapprochaient trop du Poli-
théifmc ont fait des Ath-ées 6c des ido.
latres.^
t
On ne s'eft pas contenté de confondre
les attributs de l'Etre iiipréme avec ceux
de la nature humaine. Chaque peuple
en a fait un Dieu à foi. Le maître de
l'univers était trop loin de l'homme.
Le père du "^ente humain était trop
ttrangcr au citoyen. Nos lumières font
bornées & nos fentimens font exclufifs.
Lfl plupart des Dieux reconnus dans le
jiionde on^ l'air de la nation qui les,
adore. Et cela doit être ainli, Nos
merurs nos coutumes nos manières
don*
M
toute» nps idgcs leurs
<fc leurs couleurs, ( h,)
X** avil /ont Flufieurs la,
tans ont cru que le Dieu des Juifo de.
vaic ctic mis auromlxic des Dieux n^.
tkmuux. Quelque r«fpec\ i)u<; j'aie pouf
la législation dç Cui> d.;
convenir tfue plusieurs puilàgcs ( i.) dç
|'<» liyies, yue l'eljprîç meme de fes loix.
feni-
(h.) J* '»•" JamaU mieux fcnti la jt;iU(îi?
Je ectto cumpaiant
les KvqUiti'jus -que le* avts la rcU-
gMiit ont t'i*rutrvc et) ivillict vfy'
en <t i!e là ilu/ Jo Ktr»squ«'$
main;. Ou trouve de ^nn.fcs
li.niJcrcs fur ce (vjh Juin ?cs
'te Mr. I/Abbè de Vinkehn.inn.
( i.) les <xpli*iivnt, toni-
itw Us Ange de
ki
feinblent favorifer leur opinion. Le frand
jehovah l'EI Schaddaï ne parle t'i!
n'agit il pas dans tout l'ancien teftament
comme un Dieu propre au peuple d1fraél ?
Sans ofer décider h queftion penfe
que c'eft du moins fous ce point de vue
qu'il fut toujours fervi par le plus grand
nombre des Juifs. Soient vrais que
pouvaient- ili penfer d'un Dieij qui aban.
douant toutes les autres nations à kur
propre perverse (c renfermait dans le
tcrnple de Jcrufileni pour ne s'occuper
que deux Si de leur bien-être préfent,
auflî bien, pour ne pas dire encore plus,
que de leur falut éternel
On peut comparer les révolutions de
ci?l avec celle* de h terre. (;'en de
plufieurs Dieux d'un ordre inférieur qu'on
a fait un Etre fupreme c'eif dç cet
Etre
2?
Erre fuprcme qu'on a fait enfuite plulieurs
divinité* fubalterncs. Piulicun états lé.
unis forment une feule grande monar-
chie. Cet édifice imn;enfc fua
rttit & de fes ruines
royaumes, dont la durée eH plus £>lide,
parceque leur étendue eft plus borne-e,
Il eft évident par l'hifroire de tous les
pais & tic tous les fiecks que toute* les
fois que I)ivinité n'a pas été huflvarju
fée, adaptée à la nation qui l'adorait, va
a mi* entre l'homme ik
des anges, des fainu, des 'lieux fubaU
ternes, des demi dieux ^des divinités
iniermèdrcuics. On s'éttoicc ainfi de
combler en quelque maniere b diitunce
inhnic qu'il y a de nous à Dieu &
c'eii de Jù fans -doute que nous vient
l'idée d'un Dieu médiateur. les Mon-
guis
guis dirent que le grand Lama, le prêtre
du Dieu Fo, qui rcllJe à Thibet, eft un
Dieu vivant, un homme Dieu. Les Vi-
c lires de ce grand Lama appelles Khu-
Juktus font encore une autre cfrèçe de
Dieux intermédiaires. C'eft Une erreur
de croire que l'idée d'un médiateur,
d'un Dieu qui intercède auprès de
l'Ecrc luprçmc en nôtre faveur foie
particulière au
vit Zoroajhes dit Flutarq'ue dans fon
Traité d'1 fis «& d'Ofiris, iUitm Oroinaztnt,
bnuç ttro Arir>ij2iiun mijinni vero
/w'ilwHM profite/ e a Mi-
Les peuple*
de l'A fie meridionate croient que l'in-
terce^ion d'Amida fait que le juge
des enfers tempère U rigueur M
fç$ arrêts en Sauvant pourtant f«i
juftice
jtitlice (k.). Il n'y a peut -être aucune
tradition rcligtcufc qui n'aie confervé
quelques veftiges de cc dtgmc.
Quand les hommes n'ofent abaificr la
Divinité jusque leur .propre néant, ils
tachent de s'cicvcr jusqu'à elle. Au lieu
de donner a Dieu les feiblcffo d3 la na-
ture humaine ils donnent à des êtres
finis les perfection? d'un DieuV Et ces
divinités fubatternes deviennent le .ycri*
table objet de leur culte. 'A force de
ménager la majcAé des rois on donne
tant d'ctendiic à l'aclivitc de leurs mini.
ftres, qu'on recld leur puiHance éxorbkante.
-Et 'ces niiniftre$ fintifent par faire oubli«r
leurs mzhw. (K)
J'ai
(k.) V. lhirt< univerf. Le
(Jointe h BtU'iei.
Je n'cnt«ns \<ithi Il-
fur«hargf> i\i lents JiunU
th

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