De la Peine de mort au point de vue physiologique, lettre au rédacteur de l'"Opinion médicale", par Armand Després,...

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Baillière (Paris). 1870. In-8° , 34 p..
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DE LA
PEINE DE MORT
DE LA
PEINE DE MORT
AU
POINT DE VUE PHYSIOLOGIQUE
LETTRES
AU RÉDACTEUR DE L'OPINION MÉDICALE
PAR
ARMAND DESPRÉS
Chirurgien des hôpitaux de Paris, professeur agrégé
de la Faculté de médecine, etc.
PARIS
J.-B. BAILLIÈRE ET FILS
LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE IMPÉRIALE DE MÉDECINE
19, rue Hautefeuiee, près le boulevard Saint-Germain
1870
DE
LA PEINE DE MORT
AU
POINT DE VUE PHYSIOLOGIQUE
1
Paris, 21 janvier 1870.
*
Monsieur le Rédacteur,
J'ai assisté hier à l'exécution capitale du dernier
condamné à mort. J'ai pu, grâce à la faveur qui m'a été
accordée d'observer scientifiquement l'œuvre dernière
de la justice, suivre de très-près les actes du criminel
en face de la mort et le travail de la guillotine perfec-
tionnée, mise en usage dans notre pays. Des articles ont
été publiés à cet égard par des observateurs étrangers
à la médecine. Si remarquables que soient ces travaux,
ils manquent des aperçus physiologiques fami
naturalistes. Des opinions ont été répandues, parlé -
des souffrances des suppliciés, depuis l'anato»i&te Sœm-
t=;::,..: -
— 2 —
mering et Sue le père. Malgré l'horreur du spectacle,
j'ai concentré mon attention sur plusieurs phases du
supplice, et j'ai pensé qu'il y aurait peut-être intérêt à
établir, au point de vue médical, la part d'erreurs et de
vérités qui ont été publiées.
Voici les faits : deux phases distinctes doivent être
étudiées : l'arrivée de l'homme en présence de l'instru-
ment du supplice et l'exécution.
Le condamné, en sortant de la prison, ne s'est point
arrêté en regardant la guillotine; il marchait à pas
égaux, le corps un peu renversé en arrière et éprouvant
un léger balancement de droite à gauche (M. Trélat
m'a dit depuis que c'était dans la démarche du
condamné) ; un aide de l'exécuteur et le prêtre soute-
naient, sans effort visible, le condamné. Le visage
n'était pas pâle, il contrastait avec le blanc de la che-
mise; le regard était fixé droit en avant, à hauteur
d'homme, comme quelqu'un qui regarde à dessein dans
le vide. Un peu avant d'arriver au pied de l'échafaud,
l'exécuteur a retiré un paletot qui recouvrait les épaules
du condamné. Celui-ci n'a fait aucun mouvement. Avant
de monter les marches, il a dit au prêtre, en l'embras-
sant, quelques mots à haute voix, mais que je n'ai pu
saisir nettement, me trouvant à quatre mètres de là. Il
s'est bien passé huit secondes dans ce court entretien;
puis le condamné est monté, une marche à chaque pas.
A la dernière marche, il semblait avoir le corps un peu
renversé en arrière, et paraissait un peu pâle; puis il a
fait encore un pas et s'est trouvé juste devant la bascule
g
qui était relevée et arrivait à peu près jusqu'au niveau
de la première pièce du sternum de Troppmann.
A ce moment, l'exécution a commencé : l'exécuteur,
saisissant avec la main droite les mains du condamné
liées derrière le dos, a fait tomber l'homme et la petite
bascule sur la table étroite et allongée qui s'étend jusqu'à
la demi-lune où doit être placé le cou; puis, sans quitter
de la main droite le dos du condamné, il a fait glisser
du même coup la planchette qui constitue la bascule,
jusqu'à ce que le cou de l'homme fût entré dans la
demi-lune; ceci fut l'affaire d'un instant. Ici, une lutte
courte a eu lieu. Pendant que, suivant l'habitude, le
deuxième aide maintenait les pieds du condamné, celui-
ci, en rejetant fortement le corps en arrière et à droite,
a évité la demi-lune et menaçait de tomber de côté.
L'exécuteur, qui est un homme aux proportions athléti-
ques, et peut contenir les condamnés d'une seule main,
a cependant saisi avec force les épaules de l'homme et
lui a placé le cou dans la demi-lune, où il a été main-
tenu par le premier aide, qui a pris, comme toujours la
tête à deux mains. En moins de temps qu'il ne le faut
pour y penser, l'exécuteur a pressé un ressort qui a fait
tomber la demi-lune supérieure, laquelle forme avec la
demi-lune inférieure un cercle complet autour du cou,
puis il a touché le ressort qui fait tomber le couteau.
Un quart de seconde à peine, écoulé encore, la tête
était tranchée avec un bruit court comme le bruit du
couperet du boucher divisant la colonne vertébrale du
bœuf qu'il partage en quartiers. Aucun cri n'a été
— h -
entendu. L'exécuteur aussitôt a fait tomber le corps
dans le panier et le premier aide, après avoir tenu,
pendant deux secondes à peu près, la tête dans ses
mains, l'a jetée dans le panier avec le corps.
Le corps semblait avoir diminué. Je n'ai vu au-
cun mouvement appréciable des membres inférieurs,
quoique je ne fusse qu'à trois mètres de la guillotine ;
la tête tenue par le premier aide a laissé écouler du
sang, autant que j'ai pu en juger.
D'après tout ce que j'ai vu, il me reste cette impres-
sion. En face de l'instrument du supplice, pendant le
trajet, l'homme faisait un effort, son regard était fixe,
une sorte de sourire nerveux, à peine ébauché, semblait
errer sur son visage malgré une apparence de tranquil-
lité. Sur l'échafaud, il n'avait plus ce calme factice. Il
y avait dans le regard l'indice d'une pensée fixe et l'ex-
pression de l'attente.
Le condamné a semblé monter la dernière marche
avec effort ; cependant je crois que le lien placé depuis
les mains jusqu'aux pieds en arrière commandait cette
attitude un peu difficile pendant l'ascension de l'esca-
lier; en effet, devant la bascule, l'homme était droit.
Physiologiquement, il est contre nature de voir la
mort en face sans trembler, hors l'état de maladies
chroniques, et encore il y a de nombreuses exceptions.
Le suicidé obéit souvent à un élan de folie, à une
passion violente. La brute seule approche de la mort
sans trembler : le bœuf qu'on abat ne s'effraye qu'au
premier coup ou quand il voit au loin un bœuf dépecé.
- 5 -
La brute ne manifeste d'émotion que devant le combat.
L'homme supérieur, par son intelligence, connaît mieux
ce qui se prépare, et tout son être est profondément
ébranlé; il voit tous les détails de son supplice avant de
le subir.
Ceux qui ne sont pas décomposés par l'excès de la
frayeur, comme Verger et Lapommeraye, luttent inté-
rieurement, et il est à remarquer que ceux qui renfer-
ment le mieux en eux-mêmes la révolte et le cri de
l'instinct de conservation sont les hommes les plus
jeunes et les plus forts. Troppmann avait montré dans
son horrible crime une énergie effrayante. Il était jeune.
Les examens médico-légaux ont démontré que, malgré
sa frêle apparence, malgré son air jeune qui a fait dire
près de moi: « C'est un enfant», le condamné était doué
d'une force peu commune pour sa taille. Est-ce à dire
que la souffrance intérieure manque? Non certes, et sur
le visage du condamné il y avait une expression de har-
diesse combattant la souffrance. Peut-être y avait-il
autre chose. Cet homme, aux projets chimériques,
méditait peut-être la résistance et un moyen de se
blesser ou de s'étourdir, et combinait l'usage de ce qui
lui restait de forces pour la courte lutte dont j'ai parlé.
Peut-être cherchait-il et trouvait-il dans cette médita-
tion un objet propre à le distraire de la pensée de la
mort inévitable qui l'attendait [à quelques 'pas. Alors
l'idée de la lutte, au moment de recevoir le coup, lui
faisait voir dans son supplice un combat inégal où il
devait périr, mais un combat.
— 6 —
Dans le fond de ma pensée, cependant, je crois que
la présence de quelques personnes privilégiées qu'il a
vues autour de lui a excité le condamné à se montrer
théâtralement insouciant. Chez les peuples ou l'on
exécute dans les prisons, sans exposer aux regards,
aussi longtemps qu'on le fait chez nous, les condamnés,
ceux-ci meurent avec moins d'attente et plus de simpli-
cité : ils sont dans leur situation, ils pleurent, ils prient
et demandent pardon. Il n'y a plus de reporter auprès
d'eux pour enregistrer qu'ils ont faibli ou qu'ils ont
marché droit; plus de peuple pour dire que le con-
damné a eu peur.
L'exécution fait-elle souffrir les condamnés? — Le
secrétaire de l'ancienne Académie de chirurgie, au siècle
dernier, Louis, le véritable auteur de l'instrument de
supplice auquel on a donné injustement le nom de
Guillotin, a présenté un long rapport à l'Assemblée
constituante, où la théorie et l'usage de la guillotine
sont en tièrement- exposés (1 ) ; le mécanisme de la mort
rapide par décollation brusque est nettement décrit. Il
n'y a rien à ajouter à ce qu'a dit le célèbre chirurgien.
M. Dubois, d'Amiens, en a fait la remarque dans
une savante communication historique à l'Académie de
médecine (2). Mais déjà, au siècle dernier, Sœmmering
et Sue père, et bien d'autres après eux, ont dit que là
vie persistait après la décollation, que l'âme et la vie se
réfugiaient dans la tête. Ce sont là des théories psycho-
logiques qui ne tiennent pas devant les faits; il en est
de même des récits fabuleux qui viennent d'Amérique.
- 7 -
Après la section totale de la moelle, après la section
des deux artères principales du cou, états que nous
voyons isolément à la suite de grandes blessures, il y a
des phénomènes connus et bien appréciés. La mort est
le résultat immédiat de telles lésions. On saisit la consé-
quence qu'il faut tirer pour les cas où les deux lésions
existent à la fois.
La section de la moelle paralyse les membres et les
muscles du tronc; la section des nerfs phréniques,
pneumogastriques et spinaux suspend ce qui peut res-
ter de la fonction respiratoire. Le corps est mort instan-
tanément. Les mouvements réflexes inconscients seuls
peuvent persister, mais il faut qu'on les provoque. L'ac-
tion directe de l'air sur la surface de la moelle coupée
peut faire naître quelques mouvements musculaires
comme le ferait le galvanisme appliqué sur la moelle,
mais ce n'est point là de la vie.
La tête est dans un autre cas : les nerfs et les centres
nerveux sont intacts. La vie persiste un moment, le
temps nécessaire à l'accomplissement de la syncope,
une ou deux secondes, le temps que le sang s'écoule de
la tête pour produire l'anémie cérébrale, la syncope,
c'est la mort. En dehors de la sensation très-brève du
coup, le condamné éprouve donc de suite le mal de la
syncope mortelle.
Un de mes collègues des hôpitaux et ami, qui a
assisté à l'exécution de Philippe, a demandé à l'exécu-
teur des hautes œuvres quelle opinion il avait à cet égard.
M. l'exécuteur a répondu que, pour le corps, la mort
— 8 —
semblait instantanée et que, malgré les apparences, on
ne pouvait rien dire de certain .pour la tête. Je crois que
sur ce point les dires de quelques observateurs étran-
gers ont influencé la réponse.
On a dit autrefois que les têtes des décapités grima-
çaient, cela ne peut être qu'en vertu de mouvements
réflexes inconscients. Mais du moment où le premier
aide de l'exécuteur tient la tête de façon à laisser couler
le sang après la section du cou, la syncope est telle-
ment évidente, qu'il est impossible de supposer plus
d'une seconde ou deux de conscience vague dans la tête
du décapité. La prolongation de la vie et des souffrances
dans la tête des décapités est le moins bon entre tous
les arguments contre la peine de mort.
Je ne voudrais pas ici faire l'analyse des sentiments
que l'on éprouve devant les apprêts de l'exécution
capitale, devant le condamné marchant au supplice. Je
suis médecin, je sais trop combien il est difficile d'ar-
racher les malades à la mort, pour voir froidement tuer
un homme plein de vie, fût-il le plus grand des crimi-
nels.
Je souhaite ardemment que la société parvienne à
se protéger contre les crimes par d'autres moyens que
la peine de mort. Je souhaite à ceux qui désirent con-
server cette peine d'assister, avant de se prononcer défi-
nitivement, une fois seulement, à une exécution capi-
tale.
II
Paris, 26 janvier 1870.
Monsieur le Rédacteur,
Vous m'avez ouvert les colonnes de votre journal
pour étudier en elle-même la peine capitale. Je vous
en remercie et me hâte de poursuivre, dans la limite
des connaissances physiologiques, l'examen du côté na-
turel de la peine de mort. Je continuerai donc ces re-
cherches, en remontant du supplice au crime, c'est-à-
dire de l'effet à la cause, si je puis ainsi m'exprimer.
De tous les modes d'application de la peine capitale,
la décollation est le plus humain. C'est, sans contredit,
celui qui fait le moins souffrir le condamné. Le pendu,
le garrotté, le fusillé, que la plupart du temps l'on est
obligé d'achever, souffrent dix à trente secondes, des
minutes même; la souffrance du guillotiné n'excède
pas deux à trois secondes. Mais, par compensation,
comme en retour de la pensée de faire souffrir physi-
quement le pendu et le garrotté, il y a, dans les apprêts
- 10 -
de la guillotine, dans la marche du condamné au sup-
plice, depuis sa cellule jusqu'à l'échafaud, depuis la
porte de la prison jusqu'à la machine au haut de la-
quelle le couteau est suspendu et visible, une attente
longue et plus douloureuse que le mal physique de la
strangulation. Le poëte a écrit sur le condamné à mort
des pages saisissantes ; elles sont peut-être au-dessous
de la vérité. On ne peut rien imaginer de plus sinistre
que l'état de Verger : l'apprêt du supplice l'avait pres-
que tué.
Entre la pendaison et la guillotine il y a la diffé-
rence du sang versé. L'instinct de la conservation se
révolte au delà de ce qu'on peut dire, à cette idée.
L'homme subit une répulsion intérieure en devinant
son dernier moment. Il sait que son sang va couler
sous le couteau qu'il s'efforce de ne point voir. Ce serait
méconnaître la nature humaine que de penser qu'il en
est autrement. Chaque jour, nous voyons des malades
supplier le chirurgien d'employer le fer rouge ou les
caustiques de préférence à l'instrument tranchant, quoi-
que les premier moyens soient de beaucoup plus dou-
loureux. La vue de son sang épouvante l'homme; l'idée
qu'on va le répandre agit sur toute son organisation
et lui cause d'épouvantables terreurs. Il y a des
malades qui sont morts à l'idée d'une opération
chirurgicale. Pelletan racontait ce fait : à sa clinique,
le chirurgien devant faire une opération d'amputation
de la cuisse, et, voulant démontrer aux élèves la manière
de pratiquer l'incision de la peau, s'apprêtait à faire
-11-
le tour de la cuisse avec le dos du couteau. Au moment
où l'opérateur plaça le fer sur le malade, celui-ci poussa
un cri et mourut. ,..
Le suicide offre à cet égard de précieux enseigne-
ments. Les suicides les plus répandus sont l'asphyxie
par le charbon, le poison, la pendaison, la précipitation
d'un lieu élevé, la précipitation dans l'eau ou dans un
puits, ou le coup de feu. Le plus rare entre tous les
moyens de destruction et celui qui réussit le moins est
la section du cou avec un rasoir, ou le coup de poignard.
Chose remarquable ! chez les fous avérés, qui ont la
monomanie du suicide, c'est au contraire le rasoir et le
couteau qui sont, relativement, le plus ordinairement
mis en usage.
On peut donc admettre que l'idée de la mort san-
glante est celle qui est le plus redoutée de l'homme
sain, celle qu'il entrevoit avec le plus d'horreur. J'affirme
que, seul en face de la mort par le couteau sans le con-
tre-poids de l'exposition aux regards du public ou de té-
moins autorisés, sans le cortège du supplice, tout con-
damné laisserait échapper de sa poitrine gonflée par
l'angoisse le cri déchirant de la terreur au pied de la
guillotine.
Mais une exécution a ses apprêts obligés, un per-
sonnel d'assistants. Malgré la dignité des délégués de
la justice; malgré le sentiment de commisération pro-
fonde qui adoucit la voix et dissimule, aussi longtemps
que possible, les attitudes des justiciers, ce sont des
hommes! le condamné éprouve en leur piésence une
- 12 -
passion dont l'analyse est facile. Il sait qu'il est leur
semblable et qu'ils vont le mettre à mort. Alors si les
condamnés sont des hommes d'une énergie farouche,
possédant un puissant empire sur eux-mêmes, s'ils ont
ce quelque chose enfin qui, chez un honnête homme,
s'appellerait l'intrépidité, le premier sentiment qui les
envahit et les distrait de l'horreur de leur mort est celui
du défi.Voyez l'enfant volontaire et mal élevé qu'on pu-
nit, le vaurien qu'on arrête, que font-ils? Leur premier
comme leur dernier mot n'est-il pas un défi? J'ai bien
examiné le visage du condamné à mort: j'y ai vu un
moment l'expression du défi. Sans doute ce criminel
repassait en sa mémoire ce qu'il avait éprouvé déjà de
tourments moraux et les ajoutait à ceux qui le tortu-
raient en secret, pour alimenter son calme factice et
son air de bravade, dernière satisfaction de la vanité
humaine.
En effet, depuis sa condamnation, l'homme voué au
supplice est placé dans une cellule isolée, au milieu
d'une prison entourée de murs multipliés. Une garde
nombreuse veille sur le prisonnier; des gardiens ne quit-
tent point sa cellule. La camisole de force paralyse les
mouvements du condamné. Pendant vingt à quarante
jours, on le surveille avec un soin jaloux; il est réservé
pour son supplice comme le plus précieux des dépôts.
Il le faut; la loi n'aurait point eu son effet si le cou-
pable, destiné à monter sur l'échafaud, avait attenté à
ses jours et devancé l'œuvre de la justice. On a tout dit
du dernier réveil du condamné, des consolations du

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