Déclin

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La Terre est confrontée à une terrible menace. C'est dans ce monde que les Changeurs, créatures extraterrestres, sont venues en masse semer le chaos. Ces monstres ont une particularité bien à eux ; ils peuvent prendre l'apparence de n'importe qui. D'où leurs surnoms. Et l'histoire commence avec un jeune garçon nommé Anthony qui va tenter par tous les moyens de retrouver les siens et de survivre à la plus grande invasion que notre planète ait jamais connue.

Mais toute la difficulté est là : comment savoir si derrière les êtres qui lui sont le plus chers, ne se cache pas en réalité un Changeur ?


Publié le : jeudi 30 avril 2015
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EAN13 : 9782332924452
Nombre de pages : 178
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-92443-8

 

© Edilivre, 2015

Prologue

La terre. On parle souvent de la terre dans nos histoires. Cette planète qui apparemment serait la seule peuplée par l’homme. La seule recensée à ce jour comme étant habitée. Mais il ne faut pas forcément croire à tout cela. Il existe aux confins de l’espace, d’autres mondes. Peuplés d’autre personnages aussi divers et variés. Des autochtones pas toujours amicaux. Qui possède une technologie certainement plus avancées que celle de la race humaine. Un savoir hors du commun et qui nous dépasse. Et qui nous dépassera tous d’ailleurs. Vous imaginez, vous, si un jour ces personnages venaient à notre rencontre ?

Une invasion n’est peut-être pas si lointaine ? Une invasion qui forcera notre monde et tous ses habitants à choisir entre le bien et le mal. Reste à définir dans tout ceci les limites de l’homme, et ce que le déclin de notre civilisation pourrait entraîner…

Voici donc une histoire.

1
Le jour où la terre bascula

C’était un jour comme les autres. Bien que particulièrement froid. La température du dehors avait chutée de plein fouet. Je m’en rappelle comme si c’était hier. Nous approchions de l’hiver à grand pas, d’où là forte baisse de degré. On s’apprêtait à avoir une saison hivernale rude et très glaciale. Comme on n’en avait jamais connus depuis longtemps. Bien que nous fussions habitués à avoir froid à cette période là, je dois quand même avouer qu’il n’y a jamais eu une telle baisse de régime en matière de climat dans notre région. La région Bourguignonne pour ceux qui veulent tous savoir dans le moindre détail. Je m’en rappelle si bien que je me demande même aujourd’hui si les évènements qui vont suivre ne sont pas liés à cette froideur saisonnière. C’était le 1er Décembre 2014, j’étais en repos. Je travaillais comme cuisinier dans un patate-food à cette époque là. Un restaurant qui comme vous avez pu le comprendre, travaille la pomme de terre en guise de concept. Mais ce n’est franchement pas le sujet. Je me nomme Anthony. Anthony Lamborot pour encore plus de précision. J’ai vingt quatre ans. Je suis en couple avec Alison Chap, une fille très bien, qui sait être sérieuse pour deux. J’ai aussi une petite fille de 3 ans, Lindsay. Oui ma copine actuelle n’est pas la mère biologique de la petite mais la considère quand même comme la sienne. C’est juste quelques mots pour me présenter. Afin de mieux connaître le personnage disons. Vous saurez un peu plus à qui vous avez à faire. Je vivais chez mes parents en ce temps là, cherchant sans relâche le moment où je pourrais enfin avoir l’occasion de me reloger. Mais je prenais mon mal en patience vu mon manque de moyen. Ma fille vivait chez sa mère dans la région de l’Isère. Je ne la voyais qu’un week-end sur deux, ce qui était trop peu à mon goût. Mais passons. Pour l’heure, laisser moi vous narrer cette fameuse journée. Celle ou le déclin a commencé. Qu’est-ce que le déclin me direz-vous ? Et bien c’est une chose que je ne souhaite à personne sur terre. Et pourtant la terre en a été la victime autant que je puisse m’en souvenir. Il y a plusieurs formes de déclin. Qu’il soit d’ordre naturel, prémédité, ou pire encore, qu’il soit inévitable. Et il faut dire que dans ce cas précis, les trois peuvent s’appliquer je pense. Bien qu’il ressemble en tout point aux deuxièmes et troisièmes critères.

Je m’en souviens encore je vous le jure. Personne ne pourrait oublier de telles images. C’était donc le premier jour du mois de Décembre, un mois avant que la planète ne change d’année. J’étais partie pendant mon fameux jour de repos en commission avec ma mère. Elle avait besoin de peinture pour repeindre les murs de sa maison, celle où elle m’avait accueillis plus d’une fois, et où elle m’accueillait encore. C’était un projet qui lui trottait dans la tête depuis longtemps. Et c’est tout naturellement, et bien que je n’y connaissais absolument rien en matière de peinture, que je l’ai suivi. Sans doute la perspective de rester seul sur le canapé familiale toute la sainte journée, m’avait poussé à le faire. On vivait à Charolles, une charmante petite ville de Saône et Loire d’environ trois milles habitants je dirais. Le genre de petite contrée où d’habitude il ne se passe pas grand-chose. Du moins je le croyais jusqu’à aujourd’hui. On a donc prit la route jusqu’à la ville voisine, nommée Paray-le-Monial, où ici les habitants étaient d’environ neuf milles. Cela n’a guère d’importance me direz-vous. C’était d’ailleurs la ville où je me rendais chaque jour pour travailler. Je n’étais donc nullement dépaysé par ce petit voyage mère-fils. On se dirigeait en direction du centre commercial Leclerc. J’aurais pu nous y conduire, oui j’ai mon permis si vous ne saviez pas, mais ma mère avait insisté pour prendre sa voiture, donc je me suis laissé aller. Il était assez réputé ce centre commercial d’ailleurs, enfin pour la région du moins. Il était pour les environs plus grands que tout autre et les gens le savaient bien. Ils venaient presque tous pour cela d’ailleurs. Même une de mes sœurs, Alison L, oui c’est ainsi que nous l’appellerons, y travaillait comme vendeuse. Et oui ma femme portait le même prénom que ma sœur. Mais nous ferons les présentations de toute la famille un peu plus tard. Ce jour là, nous ne l’avions pas vu. Elle aussi tout comme moi, était de congé. Nous avons donc fait deux ou trois courses, pris la peinture et tout l’attirail qui allait avec, et sommes repartit pour la demeure de ma mère. Je dis de ma mère car mes parents sont divorcés depuis bien longtemps. Mon père, Michel L vit dans une autre ville à trente kilomètres de Charolles à peu près. Mais ma mère n’est pas seule pour autant, elle s’est remariée et vit avec mon beau-père, Jean-Luc. Vous en savez de plus en plus sur moi. C’est une bonne chose car vous saurez surement amené à retrouver ces personnages au cours de ces pages. On était donc de retour de notre escapade, on avait pris la RCEA, plus communément la voie de circulation rapide si vous préférez. On écoutait de la musique au poste de la voiture. On roulait à bonne allure quand nous l’entendîmes. Un bruit énorme, semblable à une explosion nucléaire ou un truc de ce genre. L’air était immédiatement devenu lourd et nauséabond. Quelque chose d’anormal semblait flotter dans le ciel. Je regardais en direction d’un pré qui se trouvait à ma droite du côté de la route. Il y avait au loin une grande fumée noire qui s’y échappait. Comme si toute la surface de l’hectare qu’il représentait s’était embrasée. Les voitures qui nous précédaient s’étaient toutes arrêtées et nous n’avions pas eu d’autres choix que d’en faire de même. Les gens n’osaient même pas sortir de leur véhicule. Il semblait comme paralysé par le spectacle qui venait de se produire. Ma mère aussi avait eu peur. Cela se voyait dans ses yeux. Je sentais que son unique souhait était de reprendre la route, mais elle n’en fit rien. Le choc avait été tellement violent pour les personnes présentes à ce moment là que tout s’était arrêté pendant un bref moment. Je ne pouvais pas me résoudre à attendre d’avantage. Et ce fut moi, le premier à ouvrir ma portière. Ma mère tenta de me retenir mais je ne puis me résoudre à l’écouter. Il fallait que je sache le fin mot de l’histoire. Et je n’allais pas être au bout de mes surprises. Je refermai la porte après mon passage. Par sécurité pour ma mère avant tout. Mais aussi pour l’odeur. Elle avait beau être passée à travers les vitres des voitures, c’était dix fois pire à l’extérieur. Une vieille odeur de décharge publique, ou une puanteur égale à une centaine d’animaux mort gisant sur le sol. Et pourtant, il n’y avait rien à l’horizon. Je marchai en direction du fameux pré, pour le moment seul indice de l’explosion. Un brouillard épais et froid était venu me caresser la peau du visage. Quand je voulus me retourner, j’aperçus une dernière fois la tête de ma mère. Les vitres de sa voiture, et de toutes les voitures présentes ici d’ailleurs venaient de givrer en même temps. Un givre colossal et épais qu’il fallait être fort et puissant pour en venir à bout. Même la chaleur des voitures ne semblait pas pouvoir lutter contre. Cela me confortait encore plus à l’idée que quelque chose de bizarre se produisait. Pris d’un moment de panique, et ma visibilité devenant de plus en plus nul, je voulus remonter à bord. J’ai tiré je me souviens, j’ai tiré, tiré sur la portière mais rien y fit. Elle avait gelée. Et je ne pouvais pas en venir à bout. Je tapais contre la glace des vitres, suppliait que ma mère me réponde, mais rien y fit. C’est alors au loin que je l’entendis. Une voie. Une voie de femme qui appelait. Une voie aigue qui criait au secours. J’ai alors pris mon courage à deux mains, et j’ai courût à travers le brouillard. Je me retournai un bref instant mais la voiture de ma mère avait disparue dans la brume. Elle était sans doute encore là mais le brouillard ne cessait de s’épaissir. Et la voie continuait de crier de plus belle. Je sautai tant bien que mal par-dessus la barrière du pré, tomba à terre à plusieurs reprises, et continuait quand même ma course jusqu’à faire une chute qui me laissa au sol un plus long moment. Mais mains étaient glacées, le froid pénétrait mon corps comme des coups de poignards à travers ma peau. Quand je voulus me relever, je tata un peu plus le terrain et me rendit compte que j’avais chuté sur le cadavre d’une vache. Son corps était froid et rigide. Comme si elle était morte depuis plusieurs jours. Le froid polaire l’avait immédiatement tué. Et je sentais qu’il allait en être de même pour moi. On était en pleine catastrophe naturelle me dis-je. C’est encore à ce moment là, que je l’entendis. La voie de la femme qui criait au secours. Il fallait que je la sauve. Cette voie m’intriguait et me disais quelque chose. Au fur et à mesure du reste de ma course, le son semblait s’éloigner un peu plus par moment et être proche à d’autre. Un ultime cri me permit de reconnaître cette voie. C’était ma mère il n’y avait aucun doute là-dessus. Mais comment était-ce possible vu qu’elle se trouvait avec moi dans la voiture ? Comment avais-t-elle pu faire tout ce chemin avant moi et sans même que je m’en rende compte ?

Cela dit le brouillard ne m’aurait pas permis de la distinguer. Mais pourquoi serait-elle sortie sans m’avertir ? Dans quel but ? Mais cela collait aussi avec le silence qui avait régner quand j’eusse tenté tantôt d’ouvrir la voiture. Qu’est-ce que ma mère faisait dans ce pré ? Et comment cette explosion n’avait-elle pu provoquer d’incendie ? Il fallait que je sache. Et alors que je courrais de plus belle, sans même savoir dans quelle direction j’allais, n’utilisant qu’une simple voie en guise de repaire, je m’écroulai à terre. Mon visage et le reste de mon corps venait de percuter ce qui semblait être un gros objet métallique. Quand j’eu recouvré mes esprits, après plusieurs secondes il faut dire, je me passai la main au visage, et je sentis un liquide couler. Impossible de le distinguer. Il faisait aussi sombre que dans une pièce éteinte. Je mis alors un doigt dessus, et goutta ensuite. C’était du sang. Le mien apparemment. J’avais le crâne ouvert. Mon choc avec le bout de métal avait été si violent que j’avais du m’ouvrir la tête. Mais la blessure ne me paraissait tout de même pas profonde. Un cours instant plus tard, j’entendis une voie qui me demanda : « – Anthony c’est toi ? Dieu soit loué ! ».

Je lui répondis alors : « – Oui maman c’est moi ! Qu’est-ce que tu fais là ? Comment es-tu sortie ? ».

Mais elle ne me répondait plus. J’étais dans le brouillard et ne pouvait plus me repérer.

Et quand je voulus m’approcher dans sa direction, il y eu comme un grand éclair, je n’avais même pas vu son visage. J’entendis comme une respiration animale, et le tout me projeta en l’air d’une façon encore plus violente que l’explosion de jadis. Je venais pour je ne sais quelle raison, de me faire propulser hors de ma mère par je ne sais même pas quoi. Le bouillard était une fois encore complet et j’étais littéralement inconscient. Etendu au sol, incapable de penser, incapable de reprendre mes esprits. Et je suis resté allonger pendant une durée indéterminée.

C’est plus tard que j’ai ré-ouvert les yeux. La première chose que je vis en me réveillant c’était le blizzard et l’odeur fétide qui semblait s’être évaporés. Il ne faisait ni chaud, ni froid. La température était douce et agréable. C’était plutôt surprenant pour un mois de Décembre d’ailleurs. J’étais allongé dans l’herbe rosée du matin. A supposer que l’on était encore le matin. Après quelques instants, je me relevai et observa le pré dans lequel j’avais élu domicile. Il était désert. A une centaine de mètre de moi se trouvait un profond cratère, comme celui qu’il y aurait pu avoir suite à l’écrasement d’un météore. L’herbe sur toute cette surface avait disparue. Et l’on voyait très bien qu’elle ne repousserait plus. Ou était l’objet en métal que je m’étais pris en pleine figure me dis-je alors ? Et ou était ma mère ? Je criai du mieux que je pouvais, je criais sans relâche le mot Maman à voie haute, mais jamais je n’eu de réponse. Je commençais même à me demander si tout ceci était réel. Certainement oui quand même, car pourquoi me serais-je réveiller au milieu de ce champ ? Je pris alors la décision de rebrousser chemin. Je voyais au loin des voitures à l’arrêt. Je marchais tranquillement, sans trop de hâte. Une douleur atroce venait me piquer le visage. C’était ma blessure au crâne qui s’était infectée. Il n’y avait plus de doute à avoir sur le déroulement de cette journée, car cela était bien arrivé. Mais de quoi s’agissait-il ? Au fur et à mesure que je me déplaçais, un autre détail vint à freiner mon parcours. C’était le cadavre de la vache sur lequel j’avais trébuché si tôt. Il était toujours là. Mais il n’en restait plus que les ossements. On voyait bien que la bête n’avait pas été dévorée. Il ne restait que son squelette. Comme si c’était l’usure et le temps qui l’avait mise dans cet état là. Combien de temps s’était-il déroulait pendant mon comas me demandais-je ? Je fus alors pris d’une panique soudaine et me précipita au loin, en direction de la route et des voitures. Je devais vérifier quelque chose. Je couru, couru sans relâche, la distance me paraissait interminable. Je passai la barrière de nouveau et une fois sur la chaussée, je me stoppai tout net. Avec horreur, ce que je redoutais se trouvait sur ma route. La Fiat Stylo rouge de ma mère, sa voiture. Exactement au même endroit que la dernière fois que je l’eusse vue. Elle, ainsi que les autres voitures en enfilade. La voiture familiale en question semblait usée. Une rouille profonde parsemait sa carrosserie. Comme si elle avait été abandonnée depuis des siècles. Je m’avançais timidement dans sa direction, par peur de ce que j’allais bien pouvoir trouver à l’intérieur. Mais il fallait que je le sache. Je m’avançai encore, encore et encore avec une grande envie de me reculer. Pourvu que ma mère aille bien me disais-je. Je me trouvai par la suite face à sa portière, je l’empoignai faiblement et en une fraction de seconde qui m’a voulut une grande dose de courage, j’ai tiré dessus. Elle avait eu du mal à s’ouvrir mais j’y étais parvenu. Il n’y avait personne. J’avais beau l’inspecter de long en large elle était vide. Ma mère n’était plus ici. Mais où avait-elle bien pu passée ? Je me le demandais encore.

Je criais de plus en plus fort. Je criais son nom au loin mais jamais je n’eus de réponse. Elle avait disparue. Il fallait que je la retrouve. Nos courses se trouvaient encore à l’arrière. Au petit détail près que la nourriture avait moisi et les boissons avaient tournées. Seule la peinture et les pinceaux avaient survécu. Mais survécu à quoi ? Depuis combien de temps dormais-je dans ce pré ? Je repris quand même ma route afin de m’assurer qu’il n’y avait pas d’autre personne encore vivante dans le coin. Mais toutes les voitures, les camions et même les cadavres de motos n’avaient plus de propriétaire. Ce n’était donc pas seulement arrivé à ma mère. C’était comme si toute forme de vie humaine avait disparue du secteur et même des environs. J’étais seul, et j’étais dans l’incompréhension totale. Perdu au milieu des carcasses de voitures. Sans personne pour répondre aux multiples questions que je pouvais bien me poser. Et pourtant il me fallait des réponses. Surtout à celle-ci, ou était ma mère ? Ou étaient les gens ? Je m’installai à bord du véhicule de famille, et tenta de le redémarrer. Mais ce fut sans espoir. Le moteur était plus froid que froid. Noyé par le temps qu’il avait du passer à l’arrêt. Il me fallait donc continuer à pied. Mais quelle direction prendre ? Charolles ? Paray-le-Monial ? Je me suis dit alors que l’endroit où j’avais le plus de chance de retrouver ma mère c’était chez elle. Je pris alors tout ce dont j’aurais pu avoir besoin. Une veste qui se trouvait à l’arrière de la voiture, et un tournevis pour me défendre, car je ne savais pas vraiment sur quoi j’allais tomber. Peut-être que le monde courrait ou avait courût un grave danger ? Je refermai alors la porte derrière moi et marchait en plein milieu de la route. Une petite chose me disais que je n’allais pas être déranger par les automobilistes. Il me restait une dizaine de kilomètres à parcourir avant d’atteindre mon objectif. Je n’avais donc plus un instant à perdre. Un long chemin s’étalait devant moi. Au fur et à mesure que j’avançai, mon périple me paraissait surréaliste. Non loin de moi, à un ou deux kilomètres se dressait une auberge. L’auberge de la redoute. Un petit restaurant routier que j’allais bientôt croiser. Une autre occasion pour moi de voir s’il y avait encore signe de vie aux alentours. Je fus devant une vingtaine de minute plus tard. Devant le bâtiment campait des tas de véhicules aux arrêts. Des tas de poids lourds, dont un en travers de la route. Il y avait du y avoir quelque chose de terriblement grave pour que tout soit ainsi. Je regardais un peu mieux la bâtisse, elle était déserte de prime abord. Les deux portes vitrées qui arboraient de coutume l’entrée, était brisées. Je pénétrai avec appréhension à l’intérieur. Tout était dévasté. Les meubles étaient en travers. Les bouteilles au bar fracassées au sol et de part et d’autres de l’enseigne. La vaisselle aussi était en lambeau. Ainsi que tout le reste du mobilier. Personne ici me dis-je. Rien à boire car l’eau courante ne sortait plus des robinets, et rien à manger qui n’était pas périmées depuis longtemps. Je ressortis de là à toute vitesse et poursuivit mon chemin. Il n’y avait donc plus rien à l’auberge de la redoute. Peu être serait-je plus chanceux une fois chez moi pensais-je. Là encore rien n’était prédit. Je marchais le long de la route, interminable. Des voitures mortes décoraient tout le long de mon voyage. A chaque fois vide bien sûr, et l’espoir de retrouver quelqu’un vivant disparaissait de mes pensées de plus en plus. Mais je devais continuer car je ne pouvais pas renoncer. Pas temps que je ne savais pas. Au beau milieu de ce qui devait être l’après-midi, j’étais pris d’une soif insupportable et la faim me guettait tout autant. Je ne pris même pas le temps de visiter l’air de repos de Rabutin, qui se trouvait à la sortie de Charolles. Les dépouilles à moteur me portaient à croire que j’allais faire une fois de plus choux blanc. Cependant, comme tous les autres détails auparavant, les lieux semblaient usés et rongés par un mal qui me dépassait. Quelle tristesse de constater l’état dans lequel se trouvait les choses. Il ne me restait que deux kilomètres avant de rejoindre la maison. Elle était juste à l’entrée de la ville, entre la forêt et la route. Perdu au beau milieu de tout cela. J’arrivais enfin au seuil de la porte. Je me précipitai à toute vitesse à l’intérieur. La porte était entre-ouverte et de l’herbe avait commencé à pousser à l’intérieur. Je reconnaissais ces murs. Ces couloirs, et ces pièces où tant de souvenir remontaient à la surface. Là encore, tout était désert. Mais rien n’avait été saccagé pour autant. C’était comme si la maison avait été abandonnée. Je me dirigeai vers le garage, et put m’apercevoir que la voiture, une Golf, de mon beau-père était encore là. Si ils avaient fuit pour x ou y raison, ils ne sont pas partit avec leur véhicule. Je ramassai ensuite la boite à clef qui se trouvait au salon, celle de la Golf était encore dedans. Je la mise dans ma poche pour plus tard. Car avant de la tester je devais fouiller la maison et prendre tout ce qui était nécessaire à mon voyage. Je ne pouvais demeurer ici plus longtemps, même pas pour récupérer un peu. Je devais retrouver tout le monde au plus vite. Je montais à l’étage, là où se trouvaient les chambres. Toutes étaient vides. Les lits étaient défaits, et les affaires dans les armoires avaient disparues. Je poussai ensuite la porte de ma propre chambre. Il y avait tout comme dans mes plus lointain souvenir. Ma télé, mon lecteur dvd, mes consoles de jeu vidéos. Et j’avais de quoi me changer. Je pris ce qu’il me fallait et redescendit au ré de chaussée pour me laver. Oui en effet, ma sieste dans le pré m’avait encrassée. Je regardai mon visage dans le miroir, souillé par l’usure. J’avais une tête à faire peur. Et ma blessure était infectée. J’attrapai l’armoire à pharmacie, il y avait des bandages et de la Bétadine pour me désinfecter. Mieux valait tard que jamais. Je fis couler de l’eau au robinet, mais sans succès. Ici aussi cela ne marchait plus. Je retirai mes affaires et en enfila d’autres.

Je terminai par la suite de prendre tout ce dont j’avais besoin. Je voulus regarder si le gaz fonctionnait encore, mais non rien à faire. Tout était mort. Même l’électricité avait disparue. Dans mon package j’avais cependant pu récupérer des lampes de poche pour les nuits. Des conserves qui se trouvaient encore dans les placards, ainsi que des biscuits, à peine comestible. Quelques vêtements de rechange et quelques couteaux de cuisine. C’était mieux que rien. Avant de partir, je regardais une dernière fois les photos au mur du salon. On était si joyeux dessus tous. Qu’est-ce qui avait bien pu gâcher tout cela ? Il me fallait le découvrir. Aucun indice dans la maison ne put m’aider à y répondre. Je retournai alors dans le garage et ouvrit la portière de la voiture. J’enfonçai la clef à l’intérieur de la serrure de démarrage et fit un premier essai. Malheureusement guère concluant. Le moteur ne semblait là aussi peu disposer à reprendre vie. J’insistai encore et encore au risque de la noyée. Et à ma grande surprise le moteur se mit enfin à ronronner. J’avais enfin un peu de chance. J’ouvris alors les portes en bois du garage et en sortit la voiture. Le voyant d’essence était déjà allumé. Je ne savais pas combien de temps j’allais tenir sans en remettre. En sortant, j’aperçus ma voiture au loin. Dans un fossé, pas loin des bois. Je m’y dirigeai car un souvenir me frappa d’un coup. Ce jour-là en allant en course avec ma mère, j’avais laissé mon téléphone portable à l’intérieur. J’ouvris la portière en brisant la vitre et l’attrapa. Il n’avait pas bougé du siège passager.

Mais la batterie était à plat. Je le mis quand même dans une de mes poches et sortit de là. Il n’y avait rien de bien intéressant à récupérer à part cela. C’est en me faufilant au dehors que je l’aperçus néanmoins. Il s’agissait d’une empreinte sur le capot de ma voiture. Je n’y aurais pas prêté attention d’habitude mais je n’en avais jamais vu de pareil avant. C’était une empreinte gigantesque. Une empreinte de pied qui semblait ne contenir que trois doigts de pieds. Plutôt étrange comme bête me dis-je. Je ne pouvais donc demeurer ici d’avantage. Surtout si cette bête était à l’origine du désastre. Enfin s’il s’agissait bien d’une bête évidemment...

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