Défense de la véritable idée du schisme, contre l'auteur des anciennes "Nouvelles ecclésiastiques" ([Reprod.])

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chez Dufrene, libraire (Paris). 1792. Schisme -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : dimanche 1 janvier 1792
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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FEANÇAISE
.PKRGAMON PRESS
I loailingt.m I lill I liill, Oxford OBW, UK
DÉ F E N S E
D E L A VÉRITABLE
IDÉE D U SCHiSME,
Contre t Auteur des anciennes Nouvcllts Ecclé»
A PARIS,
Ctei Du FRENE, Libraire au Palais.
1 7 9 *•
A
DÉFENSE
DE LA VÉRITABLE
IDÉE DU SCHISME,
Contre t Auteur des anc'unnts NeuveUUs £<eU;
JLi iuiïui des anciennes Noav«ftes £cçM£a£*
tiques, ed grand admirateur çG*#i«tioo,
& de tout ce qui ce conûinioonnçl. jn£.
tent il n'avoir ta i'élogts qos po)tr la con/Ûtv
tion civile da & les écrits qui Ja 6ivoi
rifent. Il gardait fur les ouvrages contraires le
Clencc 1« plus profond. Ils n'itoient pas djgecs à fe«
'yeux « métne d7une (impie uutot^c
Il vient de s'élever eontre lui un antagoatfU ct-
doutable, qui le ibrte a changer de rowe. On lu
fonmint en qaelqoe forte à f^iier du powage^
et$ pour la deYenfc de l'eglife. M*ù il Ici cen-
iùrera par dépit.
Il » fait l'effu de la ctkiqt» .dans fti JâwU^l
du ao. novembre & ij décembre for arte
brochure intitulée Véritable idée du fchifmt
tontrr /b faux principes de M. Camus & des paf-
teurs co'nfitutionnth. Son début n'eft pas heureux.
L'auteur de la brochure, voulant faire connoitre
clairement en quoi confdie le fchifme a été obligé
de parler de la communion que tous les membres
de l'églife doivent avoir, foit entr'eux foit avec
leurs pafteurs immédiats foit avec le faint-fie'ge
centre de l'unité catholique. Les principes font
confia ns à cet égard.
Il y a deux fortes de communion', médiate &
immédiate. On eft avec quelqu'un dans la com-
munion médiate, par Tinterpofition d'un tiers. On
communique immédiatement avec une perfonne,
qui communique ainfi avec l'aaue. La communion
immédiate eft celle qu'on a direâement avec
'quelqu'un J fans aucune perfonne interpofée. On eft
-dans la communion médiate avec quelqu'un, fans
qu'il le fâche fans lui avoir jamais parlé, jamais
écrit.
il en eft autrement de la communion immé-
diate. Elte fuppofe une correfpondance de vive voix
ou par écrit, avec celui dans la communion duquel
on veut être. La communion médiate ne peut pas
être refufée puifqu'elle n'eft point demandée puif-
qu'elk eft ignorée de celui avec lequel on com-
munique ainC. La communion immédiate peut être
Reniée. Qu'un évéque écrive au Qape & lui demande
A.
dm réponfe en figne de communion il petit ne
pas répondre. Il peut en rtpondant rester expref-
fément fa communion. Il peut dire qu'il ne recon-
noît pas celui q lui à écrit comme membre de l'é.
glifê > 3c qu'il ne veut ravoir avec lui 3ucanc rElation,
Les fimples fidèles font dans l'unité par Il feule
communion médiate avec le Pape. Ii en cil de,
même des payeurs du fecond ordre. Ils ce font
point tenus les uns & les autres de lui écrire-, ils
n'ont avec lui par étant aucua rapport néceffaire.
Ils fort dans fâ communion, par ecla feul qu'ils
font dans celle de leur évêque, qui communique
avec le pape, tant pour lui-même, que pour toute
fon églife.
Les évêques doivent être dans la communion ira-'
médiate du pape. Il feroit fmguiier que le faint-
fiége étant établi le centre de l'unité, aucun des
membres de l'églife non pas même les plu dif-
«ingués, ne Ment avec lui dans une communion
immédiate. L'excj cice de la primauté exige d'ail-
leurs cette communion. Le pontife romain a l*inf-i
peâion une forte de furjntendance fur tout ce qui
le pale dans l'églife. Il a droit de veiller à l'ob-
fervation dès anons de fe plaindre de ce que
chaque évéque peut avoir fait au contraire, & d'en
ordonner la réforme. Les évêqijes (ont par confé-
quent obligés de lui répondre. Ils doivent donc
être avec lui dans une correfpondance dire*c & im-
médiate. Ils font encore avee lui dans une commu»
nion médiate, par le moyen de leurs collègue! t
avec ItfijueU ils font en commerce immédiat U
qui y fooe eux-mêmes avec lc pape.
n reRe encore une obkrvation à faire, pour
achever reipofition des principes. S'il e!i vrai que
des évêques doivent rtchercher la communion imméV
àiate du faint-Gége, il eu également certain qu'il
ne doit pas la leur refufer fans caufe légitime- Un
refns injufte de fa pan ne fait pas fonir de Vu-
nité. Ce§ lui-même qui fe fépare en quelque forte,
en refufant fa commun ioo à un éviqae catholique
qui ea etl digne. Cet évêque efl alors dans fa com-
munion malgré lui; foit parce qu'un procédé injufte
de fa part ne peut noire à perfonne foit parce que
l'Evêque rejette fans fujet demeure dans la com-
munion des autres ëglifes qui cotamuniqaeot aveo
celle de Rome.
Ces maximes paroiffent être l'abri de la £oni
tradiâion. Voyons 6 elles ont été combattues dans
la brochure. Voici ce qu'on y lit, p.
Tous les catholiques étant obligés d'être eu
f> communion immédiate avec le ponri/e romain,
font par U dans la raéme communion «ntr'eux,
n Qtm Jvnt tédtm uni rertio funt eadem inter fc,
n Ow, te tromperoit cependant eu décidant affirma»
h tivement qu'on edt hors de l'unité iorfqu'on n'eft
»t pas dans la communion imieédiate du pape. Il
p) la refufe quelquefi/U injuftement. Ceux qu'il en
p {ttiv€ aiofi ne font pas pax-Lk faon de l'unité
(f
A J
h On en voit une preuve dans les brefs critique*»
par M. Camtis. Pie VT, fuivant les ancienne»
préventions de fa cour y renouvelle les anathé-
» mes contre féglife d'Urrecbt qu'il traite de fchif-
» matlqoe. Elle a cependant donne* dé grandes
v preuves de rattachement le plus ferme à Punité,
si en portant patiemment les perfécutions injuftei
» que les papes lui font foerfiir depuis près d'un
fiecle.
» Mais la communion imméJiare avtc le faint-
.fi fiégey n'en ni poluble ni néceflatre à tous les
» membres de On eft fixé dans l'unité*
» par la communion médiate c'eft -a-dire, en com-
» muniquant avec ceus qui font dans la cotnmu-
» nion du faint-fiége.
Voyons mainceaant la critique. u L'auteur dit,
t> p. 5 que tout les catholiques font obligés d'être
» en communion immédiate avec le pontife romain.
I» Cette proportion eft évidemment fauffr, comme
» lui-même le reconnoh deux lignes après dans
» la même page, en ces termes i » On te trom-
» peroit cependant en décidant affirmativement
qu'on en hors de Tonùé lprfqu'on n'eft pas dans
» la communion immédiate du pape ». (H ne fat-
» loir. donc pas commencer par établir en thefe
n la néceiltté de cette communion immédiate) t.
M Le pape du i! la refufe quelquefois injufle-
ment: Ceux qu'il en prive ainft ne font pas
n par-là hors de l'unité. On en voit une preuve
t> dms les brefs critiquas par M. Canios. Pie VI,
M fuivant les anciennes préventions de fa 'cour.
» y renouvelle les anathèmes contre îeglife «TU-
n trecht qu'il traite de fchifmatiqoe. Elle a ce*
» pendant donne de grandes preuves de l'attache»
n ment le plus ferme a l'unité en portant patiem-
» ment les perfécutions injuftes que les papes
» lui font fouffrir depuis près d'un ficelé. Il doit
» donc demeurer pour confiant Se démontré que
si la communion immédiate avec le pape n'elt pas
» néceffiire Se que la première propofition en ab-
» folument faufle. L'auteur le prouve de plus en
n plus en ajoutant p. 8c 6 que la communion
» immédiate avec le faint-fiége a'eft ni poffible
M ni néceflaire tous les membres de l'églife;
n qu'on eft. fixé dans l'unité par la communion
v médiate, c'eft-a-dire en cornrnoniquant avec ceux
qui font dans la communion du faint-Cége».
Je pourrois obferv«r d'abord que jamais onn'ac-
cufa de contradiction un écrivain qui après avoir
avancé une propofition trop générale la 'modi6e
deux lignes après pour. la rendre pleinement exzele
& lui ôter ce qu'elle a d'cxcd&f. Ccla fe rencontre
chaque inftant dans les livres.
Je pourrais obferver en (econd lieu que ces
reproches portent fur un mot omis peut-être par
une erreur typographique. L'autear anroit du dire
que tous les catholiques doivent être dans la conv
Djuoion médiate ou immédiate da faint-fiége. C'tft
C7>
A4
Certainement ce qu'il a voulu établie Il fa dit
exprefférnent fu lignes plus bas en exprimant que
la communion immédiate n'étoit pas néceflâire à
tout le monde Se qu'on étoit fixé dans l'unité'
par la communion médiate.
Mais je fuis de bonne compofiiion. Pavoue qae
l'auteur s'eft mal énoncé. Le Nouvellilte a raifon.
le yeux lui laifler la fatisfaâion, te doux plaifir à
d'avoir relevé juftement une pbrafe dans un écrit
anti-conftitutionneT. Ceft tout ce que cenfure
aara. de raifonnable. Si tant dE qu'il le toit,» de
chicaner fùr l'omiffion d'un mot qui ne dérange
rien au fonds du fyftérne Se qui ne peut induire
perronnc en erreur.
a Après des affalions G pofiu'ves eontinue te
n Nouveltifre qui ne regardèrent comme démontré
» par le droit & par le fait que ta cotamunion
» médiate avec te pape fuffit ? Malheareufement
on. ne dent encore rien. M. Camus a obfervé
sa qu'il n'y a point de fchUme, parce que les pif-
u tcûrs nouveaux f'Sc Us anciens les prêtres fer-
mentes les fidèles attachés foit aux uns foit aux
autres, tous enfin (ont dans la communion du
Il pape. L'auteur de la véritable idEe qui veut
M à tout prix qu'il y ait fcbifme fait revivre dans
la reponre p. 7 le faux principe qu'il venoit lui-
u même d'anéantir M. Le vice do rationnement,
sa dit-il faute aux yeux. Dit-on férîeofement que
» les pâftêois coniUuitionnels at les pcétres jureuri
(«)
font dans Ta commnnion da pape, pendant qt'il
les rejette formellement, qo'il les déclare fofpens
& les menace des derniers anathèmes » ? On peut
• le dire 6ns djDOttf, comme Pauteur lai-méme
l'a dit des éVéqoes d'Hollande, qoi font préci-
u (étant dani ce cas. Mais ce qui fert a difcolper
les prélats étrangers eft fmpmflânt a l'égard de
m nos prélat) Conftirorionnels
Le Nbtrteliifte parott fappofer que la communion
rt^di«é ttec le (kbi-C^ge, faffit tout le monde.
En cet* il te trempe. Les évêques doivent être dans
la moins ne leur
ait été injaftement Testée.
Mats ce qu'il y s de choquant de vraiment
ineompréhenfible, c'eft que le Nouvellifie,le d^fimfear
ls plus zélé des niques de Hollande, les déshonore
& les aviliflè aujourd'hui jofqo>%s comparu aux
e*vêques cooftinmonnelj. Pour le convrir de hontei
je retracerai en on mer rhtftdre de l'égli(è des
Hollande. Je n'ai oefoin pour cela, que de la table
des Nouvelles Éccfcfiaftiqats 1 ¡.primée en
au mot Utreckt.
Cette églife fondée par (tint Vilbrod, &eré* étè-
qoe en 696, a toujours été1 gooverWe depuis par
fes propres paftears. Dépendante autrefois de la mé-
tropole de Cologne elle a été érigée en archevé.
&té en 15 19 avec cinq (uf&agans. Lors de li
révolution que la religion a éprouvée en Hollande I
fa fin es feisteme Cède cette églife a perdu tous,
(9)
fes biens > te fon éclat extérieur. Elle nen a pas
• moins fobfifté" avec fes parleurs propres je fa hié-
< rarchie. Depuis cène révoharion, eUe a été gou-
verneV par des prélats fous les noms d'évlqaes
d'églifei étrangères & arec les qualité de vicaires
apoftoltqoes mais propres archevêques de cène
̃ églife comme élus r> confacrés uniquement 'pour
elle. Le chapitre dXJtrccbt te autres ont exercé
la jariOiâion. épi(copaIe, pendant la vacance des
1 En 170a Clament XI a fofpendu de toutes fonc-
tions, fans règle, fans forme, fans caafe prouvée,
M.Codd, archevêque d*U»echt, foos le titre d'ar-
chevfejtie de Sébiâe. Depuis cet infant Qê-
ment XI & fes rocceflèars, ont regarde* cette é'glife'
comme éteinte. Ils ont crn pouvoir la régir comme
une pore miffion. Les chapitres ûr- tout celui
d'Utrécht ayant conièrvé tocs leurs iroiu fe font
élus des archevé<pes Se des évéques qui tons auffi-
tèt leur facre, ont écrit aapipe, lai demandant
» fa communion, & même confirmation. La cour
de Rome ne leur a iamais reponda que par %,ici
injures des accafations de fcbifme Ne des ana-
«hémes. Pie VI ne ceflè de :es renouveller dans
toutes les occafions qu'il en trouve, oo fJutot qu'il
en fait nalrre.
Tele cft )*bifloire de lYglife de Bolbnde, fui-
vant la uble des Nouvelle Eccléiiaftiques. Eft-il
concevable que le Nouyelliflc s'oublie & s'aveugle
<«o
lui-mime-au point de rapprocher les évéques conf-
• tîtutionneb de ceux de Hollande. L'archevêque
tl'Utrecht, les évêques de Harlem & de Deventer
font-ils des intrus, ont-iUpris la place d'évêque*.
vivans ? ReroplifTcnt-ilstfes figes créés par la puif-
tance civile, ou qu'elle a eflayé de rendre vacans y
en exputfant violemment ceux qui en étoient en-par-
ft filon légitime ? Les évéques de HoUande ont été
placés fur leurs fiéges par l'çleâion canonique de
îïurs chapitres fuivaht le dernier état de la dif-
cipfine &c non par des laïcs citoyens a&ifs des
Protedans des Juifs des Nlahoraiuns des Païens.
Et après ce^a le Nouvellifie noos dit, que les
paReurs conftirutionncls font dans un état abfo-
Jument femblable à celui des évêques de Hollande.
Oui. Ils font dans un état abfolument femblable
en ce que. la communion immédiate avec le faint-
fiége, a été également demandée par les uns &
les autres 6c qu'elle leur été également refuse.
Mais font-ils «iris un état femblable quant à la
légitimité, des canfé? du refus ,& quant a fes fuites ? Et
d'abord quant » la légitimité des aufes du refus celui
qu'on fait effuyer aux évêques de Hollande eft une
injufticc palpable une oppreffion. criante un effet de
l'ambition de la cour de Romc, qui «Ecrafe une égtife
pour, y étendra fa domination. Le refus de la com-
munion immédiate aux évêques conflicutionnrls,
tft au contraire commandé par toutes les regles
de l'églife. Le faint-Cégc fe &roit deshonoré, en
( il-)
recevsnt dans fa communion immédiate de faux
payeur: des ufurpateurs de tous les fiéges d'un grand
royaume, des loups & des voteurt qui ne font
point entrés par h porte qni n'ont d'autres titre»
de la dignité qVils affeâtnt que la violence de
la poignée civile, & i'u'orpation aiance de ft
part du pouvoir eccléfiafliqne.
Il n'y.a pas moins de différence dans les faites
du rcfus, que dans fes caufes. La conduite injofte
& fchiituatique de la cour de Rome ne peut pas
meure hors de l'uniié. Le* évlquej de Hollande,
quoiquWragés menacés & frappés de cenfures,
font toujours dans la communion immédiate, Gnon
de la perfonne du pape, au moins dans celle du (aint-
(àg^AUud funt fedes àliad prsfideMti. Les feux
ëVêquei de ne font ni dans la communion
du pape ni dans celle de Con bége. Ils font jufte-
ment repouffis & abhorrés par-tout, comme des
invafeurs & des fchifmatiquu.
La Providence fournit un moyen pour difeerner
fi le refus du pape eft jatte ou injufiej & pour
en arrêter les triftes fuites. C'eft la communion avec
les églifes partiulières d'oh reTulte la communion
médiate avec le pape.-Si les, évêqaes de Hollande
perfccctcs par la cour de Rome, font demeurés
unis de communion avec un grand nombre d'e-
pli fè particulières qui ont pris hautement leur dé-
fenfe ce qui fe font élevées contre le procédé de
la cour de Home il çfl clair que ce procédé o'eft
(«o
pas avew* par réglife Se qu'elfe vent eor.ferrer
dans Con fcio dei enfatis qui lui font chers, &
far la vexation defqurls elle gémir. La même preuve
militera en fiveur de pareurs confrirutionneîs s'il»
peuvent produire une foule de témoignages ténias a
la légitimité de leur roiniflère par les églifes «"trangè-
rcî.par des corps eccléfiaftique; célèbres, qui fe foiert
déclarés publiquement en leur faveur. Eciminons
fi fur ce point l'^life de Hollande Se réglife conf-
tirutionadle, font encore dans une pofitiontbfolu-.
ment femblable comme il plait au Nouvellifte de
l'alléguer. fextrairai encore la table des Nouvelles.
En Se il y a eu une confultarion
de plut de deux cents doâeurs de Sorbonne &
de tous les doâeurs de la Faculté de droit de Paris,
adoptant & confinant tous une eonfultation plus
étendue, de Van-Efpen & de quelques autres doc-
teurs de Paris & de Louv:in. Avis de plus de
trente des pins célèbres évéqœs de France Se du
cardinal' de Noaitles même, pour diriger ks de-
marches da chapitre d'Utrecht pour Péleâion & te
{acre d'un archevêque.
Plufieurs ecctéfia^iques de Hollande ont été or-
donnés prêtre! en France', par les évêques, de
Bayeux de Blois de Senez fur, des dtmiflbtres
du chapitre d'Urrecht pendant la vacance da fiégs.
La table que je viens d'extraire, finit à l'année
On en a publié une autre depuis quelques
mois, qui prend cette année & va juf-
qu'en Voici ce que j'y trouve encore au mot
Utrecht. L'églife de Hollande était très -liée avec
M. de Caylus, éveque d'Anxerre. Elle a été défen-
due dans l'aniverfué de Prague. Docte avocats de
Paris ont donné une confulracion en fa favear.
Il y a ea an concile tenu à Utrecht en tjé). Un
jéfnite a été reprimé en Allemagne, pour avoir
traité ce concile de faux & de j&nféniâe. L'archevê-
que dTJtrecht a reçu tris-grand nombre de !et-
tres, portant adhéfion au concile.
le trouve au mot Hollande la caufe dn clergé
Hoilandois embraffée par cinq archevêques Espa-
gnols. Théfes foutenues à Pavic 3c à Vienne ea
faveur de cette églife,
Cette table eft cxceflivement laconique. Elle a
pas fous iiience une foule de réelamarions en fa-
veuf de cette églife contre l'oppreifion de la coaç
de Rome. On a imprimé à Utr«cht en an
Recueil de divers témoignages de piofieun cardinaux
archevêques êvéques t ùnivtrfiUt facultés de /AA>-
logie au de droit, doâevn, dignités d'égÙfes cathé-
drales (t collégiale* abbés cAa»oines carls, fît*
périturt d'ordres on de conpitmaatés mopfirttt
jurifiônfultet & autres perfwvKs ciltbns, en f*~
vear de la catholicité & de la légitimité du droin
du clergé Sf des chapitres, ercheréques & évéftta
de figlife catholique des Prvvinces-tinies contre
Ufchfme introduit dans cette Iglifc defùt le cen*
mumtmMt de (cftde, far lu aaaaavru dujifntn
cV de lcurs adhJnns. Ce recjeil eft adreffë Vé-
glife de Hollande par une lettre oaftorale de M.
Meindaerts archevêque d'Utrecht. On y trouve une
préface fur le fchifme; le lecueil des, témoignages;
le précis des témoignages préviens & d'os^grand
nombre d'autres la lifte des écrits compofés en <"
faveur de l'innocence & des droits de l'églife ca-
tholique des Provinces-unies & enfin la table des
pièces contenues dAn. ce recueil.
Je n'ai pas envie d'en faire l'énjméfarion. Cette
able contient fix pages in-4*, quoique les pièces
y foient énoncées fort laconiquement. Combien
.d'autres témoignages l'églife de Hollande n'a-t-elle
pas rcçn depuis de toutes ks paaies de
ïégiife catholique ?
Ainfi quand on fuppoferoit contre la vérité que
par le procédé vexatoire & ^ranr.ique des papes, le
clergé de Hollande n'tft pas dans leur communion
immédiate il feroit au moins, malgré eux dans
leur communion médiate étant* dans celle d'un
grand nombre d'églifes & de particuliers^ qui com-
muniquent immédiatement avec eux. Quèle Noo-
vellifte nous fatc voit ce cri élevé de toutes parti
en faveur de tes chers prélats conftitutionnels ils.
font dans la plus entière foiitude. Pourfuivis par
tous les évéqufs de France comme invafeurs 5e
fchifmatiques repouffés avec indignation par le fuc-
ceffeur de faint Pierre qui n'a pour eux que des
menaces perfoooe ne prend leur défenfe. Qu'ils
<*5)
boas montrent les lettres de communion qu'ils ont
reçue» des églifes, étrangères elles gardent un pro-
fond fijence fur Tétât aâuel de Véglifc gallicane
parce qu'elles n'ont pas eu occafion de expliquer.
Le feul ancien- évêque de Piftoie trompé fur un
faux1 expofé, paru reconnoître leur qualité. Qu'ils
-écrivent des lettres pour follicicer la communion
des Eglifes étrangères & qu'üs produtïcnt les ré-
ponfes qui leur feront faites a-t-on publié en leur
laveur une multitude d'écrits tous fondés fur ré-
criture & la tradition tels que ceux qui ont défendu
l'églifç de Hollande?T ou tes les brochures laites pour
letu. caafe, (ont remplies de principe faux dan-
gereux, deftruâifs de la conftitution de
Que le Nouvellifîe rongitfe de l'injure qu'il a faiten
même temps 6c à la raifon Se aux évêques de Hot-
lande en les alBmiiant aux évéques constitution-
-nels parce qu'ils ont éprouvé les ont &c les autres
te refus de la communion immédiate du pape. Deux
hommes excommuniés l'un juftement, l'autre in-
jugement ne font dans une pofitian femblable,
ni devant Dieu ni devant les hommes. Les ca-
nons confirment les cenfures qui font en même
temps juftes dans leur caufe, & régulières dans leur
-forme. Le» évêques de Hollande ont interjette appel
au futur concile, de toutes les procédures faites
cootr'eux. Les parleurs conflitutionntls aaroient-ils
l'audace de recourir cetce voie de droit ?
Le Nouvellifte t'appesantit beaucoup fur cette afiî-
milation des évoques de Hollande aux confiitutiori-
ne!s dont il efpère tirer grand profit. « La com-
n manion immédiate avec le pape, eft, dit-il
» néceflâire oa non neceâaire feton qu'il plaie a
n notre auteur. Elle n'eft pas néceflaire aux
n ques d'Hollande, mais elle feft à noséveqoes conf-
'» titutionnels quoique Jfur pétition toit entière-
» ment femblable. Ceux-ci font fchifmatique*
n parce qu'ils ne jouiffent pas de cette communion
m immédiate, & les premiers qui n'en joaiffeat pas
n davantage ne laiflent pas d'être dans l'unité. Que
ceux qui nous reprochent de la partialité nous
n » montrent que nous en ayons commis une aojfi
Ce n'eft-lk qu'une mauvaife récrimination. Les
1 payeurs conftirutionnels ne font pas (cbifmatiqaes
précifémenc parce que la «ommantofi immédiate
leur a été refufée mais parce qu'été l'a. été jnf-
tewent. Les évêques de Hollande foot toajours dan»
l'unité malgré le refus de la même communion
parce que ce refus eu tnjofte. Où eft la partialité
dc juger différemment de deux caoCes aaffi diftantes
entr'elles ? La partialité confiftej chicaner for des
minuties, pour décréditer les écrits fais en faveur
4e l'églife pendant qwon loue des ouvrages im-
pies, tels que la lettre paflorale du prétendu éVéqw
d'Amiens. EUe renferrne des aflènigru ûs é»oltante«,
que pour pouvoir l'accabler de louange* 4e Ncu-
wliifle en a cofrompo le texte afin d'çxwter mains
de
u
de relèvement. I1 demande après cela par eu
on le convaincra d'être partial.
Il trouve frange que la brocbure qo'il critique,
foit préconifëç par (et cenlVurs comme donnant
aux fidèles des. principes de conduite fors & pro-
pre? les préferver de la féd'i&ion. ci Mv» dit-il
» pow leur en faire retirer ce fruir, ils auroient bien
» dû leur prêter un fil, fécour^bîe, çui pjt les
guider dans ce labyrinthe de contra Jiclions, le.
n commîtes en moins de trois pages».
On l'ait maintenant à quoi s'en (t'ou f ir ces con-
tradictions ce' labyrinthe ce fil ne\\ff.»ire pour
en forcir. Ce font des mots. La dirTeV.nce entre
deux refus de communion, t'un jufte t< régulier,
J'autre vicieut an fond & en là forme, ert aux
ycttX du Ncuvellifte, on dédale, où l'on ne peut
que fe perdre. N'auroit-il pu lui-ii'cmc grand betbin
de ce fil, pour terroaver le chemin de la vérité
auquel il tourne le dot depuis près de deux ans t
Toutce qu'on vimt d'entendre n'éroit que comme
le prélude dc~<ce qVil avoir dire contre la bro-
chure. Il cft revenu a la charge dans fa feuille
du y décembre dernier. Cifl-li qu'il entre dans
le fonds & qu'il va porter les grands coips. Il a
la haï dierfe d'y faire l'apo'oïie du clubs. Ne ftroit.
;on pas par ccla feul difpcftfc^ de lui répondre.
tomme un homme qui étoit dans le fommtil ou
dans le délire ? Mais* on n'a pas btioin contre lui
de 6m de non recevoir. 11 ne faut pas beaucoup
de bravoure, pour fe livrer au combat. On t re*
levé dans la brochure, les principes potes par Van»
£(pen. Il définît le (chitine la féparation de Fu-
nité de réglife catholique qui étant compofée de
pluficurs égîifcs particulières fous un chef comarcun,
ne forme qu'une feule églifc. Il ne foffit pas félon
lui pour être coupable de fchifme, de rompre avec
une églife particulière. Il faut fe réparer de Pé1-
glife universelle. On eft cenfé fe féparer de l'églife
univerfcllc en fe féparant de toutes ou prefque toutes
les églifes particulières dont elle eft compose.
Ces alertions font manifeftement fauffès. Il en
réfulteroit qu'il n'y a point de fchifme dans la rup-
ture d'un royaume avec un autre royaume, ni d'une
province avec une province voifine.
L'églife romaine eft, fuivant Van-Efpen, le centre
de l'unité. Le pape eft le chef des autres évéque».
La communion avec lui efi dès-la un grand préjugé
d'exemption de fchifme il y en a au contraire une
forte préemption contre ceux qui ne communiquent
pas avec lui.
« L'aoteur, dit te Nouvellifte, juge tes principes de
s* Van-Éfpen peu lurs. Il ne laiff; pu d'en conclure
•> p.y, qu'il y un. forte préfomption de fchifme con-
tre l'évcque conflitutionnel de Paris, 8c tous les
curés par lui inftitués parce que le bref, dont M.
» de Guigne a ordonné l'exécution dans fon
n'a ponr eux que des malédiâions 9c des foudres ».
Rien n'eft fi (impie. C'eft M. Camus qni a invoqué
(
B i
Van-Efpen. On lui répond que cet auteur, fiefti-
mable d'ailleurs, s'eg manifellement trompé fur ce
point, & qu'il a 'avancé des maximes infoutenables.
Il fuivroit an furplu; de ces maximes que M. Camus
ne peut pas reçu fer, puifqu'il les invoque, qu'il y a
une force prdomption de (chitine contre M- Gobe!
&les autres évêques conftitutiomu's. Ceft percer fon
idvitùice avec ici propres armes.
« Rome en ufe ainfi, continue le Noj vellifle a l'é-
» g.ud desévêques de Hollande, que l'auteur tienc
I *• cependant pour bons catholiques. Si l'on demande
«••pourquoi des brefs femblables ont tant de vertu
» contre nos e'vé.pcs confticutionnels, tandis qu'ils
n'en ont aucun contre ceux de Hollande, c'efique
a> l'auteur le veut ainfi v.
On a déjà répondu, en établiflânt la raifon de dif-
férence entre les deux brefs. Ceux qui fon% lano's
contre les évéques constitutionnels ont une czufe
¡une: ceux qui attaquent les évêques de HoiUnJe
font vrxatoires, oppreîTifs tyranniques;
m L'auteur, dit toujours le Nouvçllifte, oppofc S.
» Thomas a Van-Efpen, qu'il ne feroit peut-être pas
difficile de concilier enfemble n.
C'tift-ià ce qu'on appelle une gafconadé: en con-
cilicroit plutôt le f^u & l'eau que S. Thomas & Vj:i-
Efprn. Le faint doreur appelle fchifmitiques Ceux
qui refu&nt de fe foumettre aa pape, Se de fo'nraa-
niquer avec les membres de l'églilè qui lui loin (ou-
mis. Van>£fp€n dit au contraire) qu'on n'tft *oinc
fd • /nitrique en fc fépirint d'une églife particulier*
ouyiqj foumife aa pape. L'un place le fchifme dans
h rupture dts membres entr'eux j l'autre ne le voit
O'jc dans la (éparation de t'édite univirfJlr. Il ne
ferait pas difficile, dit le Notmllirte, de les accorder
cmr'cux.
S Thomas dit que le chef de l'églife cft Jcfut-
ChriO dont le pape titnt la place fur li terre. Le
NouveHifte obfervc, dans fa feuille du i^ novembre,
q ic prefou»! tous If j^verfaires de la nouvelle conf*
titution frjnçoife fe déclarent uttramor.uins p!u
fieurs mime jufij i'à l'excès. S;s plaintes font à cet
é^ard, trcs-bicn.fondée». Elles rappellent l'ancien
erprit des Nouvelles EccltTiàftiques. Mais il découvre
ruhramonunifme dan* l'anrlyfe qu'on a fait dc la
brochure qu'il critique c'eft un, reproche fans fonde-
mcnt. On y a dit que le chef de i'^glife «ft Jefus-
Chrift dont le pjpc tient la place fur la terre. N'en-,
ce pas, » jjoute-t-il, vifblcment infinuet que le pape
fculcA viciircàc Jcfus-Chrifl
Emporté par le defir de cenfurer, il n'a pas voulu
voir-qn'on parloit ainfi d'après S. Thomas. Tout le
monde fait que le do&eur antique, èntraîné pu
l'erreur de fon fiède, a donné une exctflive éten-
due 1 l'autorité du pape. Il tft, fur ce poinr, un guide
très-peu fur. Le fait tft Ci notoire, qu'on n'y fiit pas
feulement attention, en citant S. Thomas. Tout le
monde cft en garde contre lui à cet égard.
Mais Ailleurs, la réflexion en fort déplac:e. Il
( il
B)
efl parle* du pape en cet endroit comme du chtf de
l'iglife. en le le chef tffentiel cV i.-wi-
fible le pape en en le chef vifbl« cV mininéritl. Il
a feiil çeece qualité aucun cvcque.ne la partage avec
lui. Il iiy a ilonc pas de raifon en infe*«r, qu'il ta
fejl vicaire de Miis-Cbrirt. Tous les «Vfques le (ont
cdmme''lui. Il tft feulement le premier d'entr'eux.
Mais il ta exaûtment vrai, que confid«W comme
chef de l'églife il tient, 6c tici.tfeul 11 place
de Itfoj-Chrift chef invifible.
Après s'être vante de concilier S. Thom» avec
Van-E'pen le Noavtllifte conrince. L'auteur re-
»» vient dire, qu'au furplus, la maxime tft conf"
*> lânte, qu'il fuffit d'être en communion me\iijre
avec le fair»-Wge, c'tft-à-dire, en communion
)1 avec ceux qui lui fontunis. Ainfi, le pape aura
beau nous rtfuftr fi communion, ic r,ous envoyer,
» au lieu ,du rtfirqvje» de charité* des brefs d'tic-
as çommunicacion NI. de Jujgn< aura beau les
» fulminer ils n'empêcheront pas l'un cV l'autre que
nous ne joailfionj de la communion midiate avec
» le faintfic'gc & cela fuffit de l'aven de notre au*
9) leur, poutque de ce c6i^-la au moins nous foy\»n$
h l'abri du rcproche de fchifœc. N'inf ftynspas da-
w.yântage, de peur qu'il ne nous retire pour la (e-
»> conde ou la troifème fors ce qu'il vimt et fin de
m nous accorder. Mjîs s'il nous permet d'Echapper
au fchifmc p^r un endroit) il nous y replonge
» bientôt par un autre ».•
( il )
Il ne marque à cette gentilleflê que du bon fenf.
le. Cirt pour la troificme 'ois, de l'aveu du Nouvel-
lifte,que l'auteur déclare la r.ommnnion médiate avec
le Le Nouvellifts moins préoccu-
pé, fentiroit combien il a été en chicanant fur
l'omiffion d'un mot, reparce plufiturs fois dans le
cours de l'ouvrage, i'. L'auteur n'a point dit que h
communion médiate avec te faint-fie'ge fut fufiifante
à tout le monde. Il eft vijiblc qu'elle ne lïffit pas ait
«Îvc^jcs; ils doivent être en communion immédiate
avec le centre de l'unité. L'auteur a bien moins
dit encore, que cette communion mcMùtc avec le
pape fuffit 1 tour les membres de l'ife pour les
txcmpttr de fchifme.'L'écrit entier cïl deftind a
couver que milité la communion mime imme-
diate*avec le faint-fiè'gc, on trt coupable de fchifmc
lorlqu'or* fe ftpare de l'on t'vêque, eri le rnéconnoif-
fant pour (ci. 4°' Par où le NouvelliHe prouvera-t-il
^que les e*vcques conrtitutionntl.» fes favori% font
dans la commun:on médiate du faint-Wge ) Le (on-
traire en clair comme le jour. Avec qui (ont-ils en
:f communion ? Avtc une poition dts fidèles qu'ils ont
entraîné dans leur fe"pjrai!on. Lll-ce parla qu'ils
établiront la coromunion m'édita avec le centre de
l'unité ? Ces'fiJèlcs cux numev ne font plus dans la
communion du fainpfic*ge,'tant qu'ils perfifteront dans
lent aJb«'fion aux faux paA«ort. l'aimtrois autant
dire que Donat étoit en communion médiate avec
lui, puee qu'il coroœowquoit avec les fauteurs de
B4
(on fchifme, $< (eut qu'il «voit atdtej a loi. Ce
qu'on appelle la communion médiate ave c le fiint-
fiége c'eft la communion immédiate avec de»
f v*q«* avec des corps qui coro-
inani<ji«ni «Mio?m«s immédiatement avec lui.
Que le Noavellifte indique leslmédiateurs catholiques'
de cette communion entre le pontife romain & tes
«Vaques de la nouvelle (fgUfe i qu'il indique mlme
quïlqtt'bomoic célèbre dans r«*glife par la feience &
la vertu qui hors de France, (bit en communion
avcc tette églife constitutionnelle. On voit donc
que Ic.NmiveJIifle patle, le qu'il l'embarrafTe. peu de
nifonntr.
Pu ou rep!onge-t-on dani le fchifme cen» qu'on
verioït d'en tirer > m L'auteur 'dit le Nouvelle
» fait un r«fu»é des dirtinâion», des déénitioiu 6c
» de» principe» de M. le Gros fur cette matière}
«après quoi il pore ainfi l'état de la queftion,
."̃̃ »» pag. ao. Faut-il, pour Etre coupable d'un fchifme
véritable & proprement dit, rouit du corps ewier
de Tc'glife rompre de communion avec tout
» 1'univers catholique ? N'y a-t il pas un fchifm*
et réel 6c véritable dans la conduite de ceux qui fa
fôparent d'une églife particulière, ou de leur par.
feue légitime ou même d'un fimple fidèle con-
b feryint d'aiHeun tous les liens de la communion
m avec le refie de l'égtife ?Tel tft le point précis de
» la difficulté. Les vérités du catéchiGne fufSfent
» Il cite en effet le «técbifme,
X M )
*> enfuit« les faint* dofleurs, fin-
Il gulièrem-.rt S. Igracc & S. Cyprien enfin les
» conciles. Ajoutons que, fuivant l'auteur, pag.
»> I; Ichiline même partiel, tel qu'il vient de le
» (pacifier, e-tcht du falit en plifieurs cas t ic
« notamrrer.t jirjou'on fe f/parc de fon évcquc. Il
»» y jutoii ici 6 de? obfervauons faire Il.
Je croi< nloi, ^>i'il n'y en que lieu,. & ce font
ceMts >]ik* le n'ofi pas faire. La pftmière,
que les citations font fai-flls la ftccn<1e, que les
tenes fort mal-cnttrdut mal-appliq'Ui's 6c ne
prouvent pas ce qu'on leur fait dite. Toute antre ob-
fervjtion ne fera q/un vain b.bil, avre kqiel on
n: <c debarra'tvra pas du poijs énorme d'une tradi-
tion fivie. Il ft-mbltroit que le cat^chifnie, les livres
fa r.t-, l.s faiiui doÉUorj tels qu, S. Ignace & S.
Cypri.n les cone'lvt en un mot, ne valent pas la
p-iht G-.i'on les difcutt. Le Noovtl'ifts n'oft aborder
auc. Je ces ttxtcs. Il fe bat de loin avec des ié-
fixions vagues. En combattant ainfi on s'avoue
huons un rou^d'ail rapide fur ces aiMorités
qui font peur au NoMV.!lifK',quoi qu'il en dife. N'tft-
il pis terit le cj:echifme que l'e'glife efl i'af-
des fi.èîcs qii ne font qu'un corps Se ff-
pircr de l'un o'iux fans caufe c'tft ccrtainemtnt
(•/l'vi^.r le corps. Ce corps trt (ous la conduite des
iîs y font placés, doivent y
tire reconnus comm': paflçurs. Leur copurte: ce titre
( *s )
iajufUrnçnt, c'tft opérer une rupture, <fc par confè-
rent un fchifme. S. Paul n'a cefîé d'enfeigner dans
fies Fpîuesqoe rous ne lommes tous que les mem-
bres d'un même corps, dans lequel Jefus-Chrift a
platé des, ap&ues, des des dcâeuts. Il
condamne. «xprtfTcment toute fcifTion dent ce corps.
Comment douter «qli'il n'y ait rupture lotfqu'un
fidèle ft ft'pne du pafteur ? Le Nouvclliftc préien-
dfi-t-il qu'il n'y a point de divtf:on dans un rég'ment,
!orf<iic les foldats refufent de reconnoître pour colo-
nel, c': lai que le roi a nommé petite pl: ce ?
Qu'on life dans la brochure les uxus multipliés
de .8, 1,.lace de S. Cypricn I!s r<?pctcr.t comi-
nueilerrunt que le febirme confirtc dans la fe'parjtiort
de rêVc<|.ie. C'.n i kurs yeux Imtf ion d'un nouvel
tutti, la cr^tion cI'un\ nouvelle t5g!ift. Le Nouvtt-
li(le.a-t-il ar^vnl dé f'.ux quelques, textes ? En a-t-il
redredtla mauvat!c interprétation ? Non. Il y auroit
biey des obfervatioas à fjire à ce fujet.
On lui a mi» fo is les yeux, le concile d'Artioche
les canens attribues aux apotris les canoM d'A-
ffil;ue. Les a-t-i! vnerve's par quelque réponfe déci-
five ? Non. Il y a tu ccla bitn de* obftrvaiions l
faire. 7c potinois lui oppofer une autorité qui au-
trefois, auroit piut-ttre fait qucIqu'imprifTion fur
lui, C'tft cette pr.<ifac«.fur le fehïfnie inférée d»ns
le recueil des témoi^nucs en fdvtur de l'éjtlife
d'Utrecht, qui .) t'té citée pli»? haut. On y expofe,-
arc* prir.mr, que l'é^Jifc de Hollande «ft divifés en
( 16 1
deux partis. L«i/n* font demeuré* fournis • l'anci:n
clergé du piyi fies autres (c font féparés peu-i-peu
de l'ancien clcrgé pour fe foumettre aux nonces
pape, defq'jef* feuls ils reçoivent leur miflion. « le
» fchifme de la part de ceux-ci, en porté à <kï
excès que les loix de l'églife ne ptrmemoient p:<
à l'egârd même des tent qui fe fercî:htouve.rtc-
ment réparés de la communion de IVglife eatho-
lique, ou qui en auroient éié chaff^s par un juje-
» ment foleranel & univerfe|lement reça
m Ce que nous appelions f<hifm«, ajoute-t-orij
w ert non-feulement la fourtraâion de ces câiho-
liqucs l'autorité des chapitres U des eviques et
a que rourt la tradition regarde néanmoins commt
n ure ilmanhi fehifmâti^ve en tt't-mtir.c nui*
n encore & principalement le refus abfulu qu'ils
n font de donner aui fupérieun qu'ils m&onnoifïcnr,
m & au peuple qui leur eft demeure' fidète, aucune
m marque de la communion eccléfiartique, & (ou-
n vent m;me d'avoir avec eux aucun commetee
pour le civil M.
L'eglifî de Hollande étoit donc convaincue que
fuivant to te la tradition, cVft une ô^mirche fchif-
matique en tlîe-niéme, de ft ft'-îrcr defon paftvtir
légitime. Mai% voyons donc enfin ces obfervaiionf
du Nouveliifle. Souvenon?-nojs qu'elles doivent
être &, pouf ci
qu'elles feront difpîroîtrc les apôtres Ut faints
Pèrts, le'; conciles, les ccu'ch fmct.Tout cela l'tn
ira en foraee. La tradition fera tellement 'curée,
qu'il ne faudra pas ferment y faire la plus légère
attention. Ces obfetvations fe réduiront cependant a
dc fautes conséquences, circes de quelques faits
fmgoliers qui, par cette raifon devroient être
oublié j & non donnés pour rc^le.
i°. JI en confiant que dans le fameux fchifrofl
>« d'Antioche IVglife honore d«s faints des deux par-
.»> lis. preuve qu'tllc ne regarde pas le fchifme partial,
ri comme étant par lui-mtme une éliclufion de i'alut,
& qu'on peut fê fanflificr tn confervant la paix
»> .& h charité dans ces forces de divifionr, qoelque
̃»» parti qu'on embra!fc.
le nie également le fiit k la confluence. En
parlant des fjint» que l'c:»lif« honore dans les deux
,partis, en a vraifemblablc.mcnten vue Paulin. Qu'on
cherche faint Paulin d'Antiocbe dans les Bolian-
dift«i, dans Baillet dans tous les agiographei;
on pcrdra' fa peine.
» L'occidtnt, dit Fleory & l'é'glife «romaine,
«quoique pr^vvnuc que!que temps contre Mvlece
>» en faveur de Paulin, lui a enfin fait juftice, Gf
» l'a reçu au nombre des faints, dont elle ixplorc
la protection le même jour qu'il tA honoré parles
Il Grecs c'tft à-dire le douzième de février. Et
v touttfois l'J^ifc romaine n'a pas fait le ou'mc f
M honneur à Pjulin (1) H.
'̃ ".̃̃(«.) Hift.-EccKf. tora. l!v. ig. ri ».
Paulin a terni Il réputation que lui avcii d'a-
bord ac,luife fa vertu. il eft ctrtiin que d'il n'a
pas-été intrus fur le fiége d'.Amioche il n'y a ja-
mais eu, & il n'y auia jamais aucun intrus i:.r.%
l'cglife. D'aillcorj la nomination cV l'orjimti.n
d'iîvagrc pour fon (ucctlfeur, qu'il a fait feu! ,•
& fans être afTift<! d'aucun autre eVquc, au mépris
de tous les canons, fans aucun .v.itrc dtlT^iii pof-
fible, que celui de perpétuer la divifion, n; dc-
voient pas narurcllemcnt lui afTijr.er une place au
rang des faints honore; publiquement. Il tft abfo-
lument faux qu'jucun dvs Eudaihicns ou dc kurs
chefs, rcfoive' un culte piibîic clins l'e'gli'V.
La conférence q'j'on tire du ùk tombe avec
lui. le craindrois d'ailleurs qu'u!e ne fut intu-
rifufe à l'igîife if peu conforme à l'analogie de
la foi. Nous venons d'enttnJre tous Ici fair.es dec-
teurs A' Ics conciles exclure for nullement de
l'églife cV par conféquent du falut, tous ceux qui
remuent avec IVvîq'ie légitime. Le fchifme même
partiel incompatible avec la charité II bkfle
l'ïinité, qii t(l l\(fcnce de rtj'ifc. Le Nouvilliflc
eft beaucop plus indulgent q.ie faint Ignace cV
faint Cypricn. Mais que ne pas pov,r des
p:fteur$ çonPittitionnels S'cs entrai!!«s font dccîii-
rées par cette feule ftnfc*c eue leur fil'ut peit
ûrc en danger. Il kur ouvre te (a grâce la porte
'̃ La féconde cbfcrvation trt encore plus mirl:-
(v>)
rable Que ta première. « Les raifonnemens <!e l'au-
» tviir, ce font Us ternus du Nouvtlîirte, mi-
» lûent. plus contre lui-nu-mc qu- centre rtojs. Il
» n'y a point dt fciiifme fins rupture de com-
raunidn & nous ne rompons de communion
.33 avec. firfonr.c. Ce font cvi.-cmnAnc nos adver-
faire* qui f« rendant coipjbUs de ce crime
;') qui s'jfllmbîent fcpsrJnu-iit & tlvvenc auttl
» contre autel. Cdl Jonc à t» que le»
>» reproclitJ faits par le- Pires a ceuit qui forment
lime fcilfion dins l'é^lilc.
Tous les intrus Fottunit i Cjrthage Novatitn
a Rome, Gtorge & Grégoire à Alexandrie, Ariace,
Aùique, Photius à Con(hntinop!c ont ttc bièn niai-
heurtux de n'avoir pis tu le Nouvtliift^ pout
avocat. il les auroit défendu envers contre tous.
Veut ̃ accufei Novaticn de fchiî'm;, auroit-il dit
au pape Corneille c'tt1 vous-m^.iu1 qui nu'ritez
ce reproche, & qui cievtz autel contre autd. No-
vatiert ne rompt pas de communion avec vous.
Il entcndra volontiers votre mefîc. C'tft vous qui
vous afl^mbleï fépartment de lui, qui rormet
une éçli'e nouvelle, autre que ce!le à laquelle il
preTide. Saint, Chryfoftômè je fiint l;,nactf Soient
de mime des fchifmgt^ucs. Les usurpateurs de
leur fiv'ge ne rompoient pas de communion avec
eux li rupture venoit uni juemtnt des deux faint;
patriarches qui fuyoicnt Arface & PUotius.
Ncui rx rtmpcm de cem>r.union avec pirfannt.
(30)
> 11 faut renvoyer le No .vc'iiî'.c au cm'chifme pour
y sp:>rer.Jfv ce que C'ft qu: la ropf.ire ce coins-
mun.on. Tous ks membres de l'c^Iife doivent coin-
Un (itnple fidvle communique avec tous les autrrs,
comme. avec f«s frères cV (et égaux. 11 commu-
nique avee i'évî^ue^ co:nme avec fon fjfériïcr, qui
a a^tofitç fur lui, t auquel il doit obéilfincc I! y
a rupture de communion entre deux fiJe'ts qui ne
̃veulent pas avoir des tx<rcice$ de picis communs.
Il y a de la pire d'un laïc rupture de comma-
nion avec fon évêque, lorfqu'il ne le reconnaît
Plus pour tel; lorfqa'il lui refufe la foumiffion en
cette qijiité; brfqu'il la tranfpone à un autre. Ccnv
nunt douter que dasts ce cas il y a rupture de
communion, puifque tous les liens qui unifloitnc
la brebis au font rompus ? A(Tirter au (aint
facrifice dans une e"glife, cote de celui qu'on reg-ir-
doit Se qu'on ne regarde plus comme (on cvê^je;
c'ert la communion des brebis cntr'cllcî. C: n'cft
pas celle du troupeau avec te pafleur. Celle-ci rtn-
ferme l'homnnge dignité «Jpifçopa'e
la difpofuion a obeir fuivant Us canons à un fu-
péricur donné Pat t'édite. Cette communion eft
ditToufe lorfqu'on conteHe le titre à celui
on l'avoit accordé jufqutç-!i; lo;fju'on lui
refufe l'obéiljnce lorfqi'on la rend à un autre.
au titre d'evêque. La brebis Se le paftvur
ne font plus alors entr'eux comme ils doivent étee;
Oi
comme ils étoient comme IVgJife veut qu'ils (oient
toujours. Il réfulce de Ij une ftparation dans le
corps de i'igltl'e une ruprure de la communion
ttl le qu'elle ftoit & devoit eue.. Et cetce rupture
de communion ne fera pu un fchifme ?
En le Ncuvellifte regardoic conftammenc
M. de Juigné, comme feul archevêque légitime de
Paris. I! e*toit fous fa jurifdiâion dioceïair.è, s 1ui
rendant l'obtiffancc canonique lorfqne les ordon*
nancëj n'avoient rien d'injure. Par-là il étoit dans
la commuivion'où il devoit être avec ce prélat.
Il tft trfeâé tout autrement en Il ne regarda
plus M. de luigné comme fon archevêque. Il ne
voit plus en lui aucune autorité, aucune jurifdic-
tioo; il n'eft plus fon inférieur. Il ne connoit plus
d'autre fuplrieur eccléfiaflique que M. Cobtl qu'il
révère comme cVcque métropolitain de Paris aux
loandcnitns duquel ftul il veut obéir, duquel feul
il veut recevoir l'exercice des fondions facerdotalc j.
Après cela il vient nous dire qu'il ne rompt de
communion avec perfor.nc parce qu'il entendroit
peuc-ftre le Itmion & les vépres côté de M. de
/uign^.
Ce n'tf! pas là ce qui tft dû ce prélat. Nous
lui dtvons la foumiffion comme a notre évêque.
Nous la lui avons toujours rcndue depnis qu'il eft
fur le Wge de Paris. Nous ce(!on; de la lui rendre;
nous* ne rompons pis de communion avee lui!
Nous changeons ccrtairitmcrit de potion àt fon t'^»rd.
<iO
Nous ne lui focnmes plus unis par les même liens.
Ils l'ont brife* entièrement. Il n'y a Pas cependant
«je rupture de communion avec lui Qui le cotn-
prendra jamais ?
_̃ Jtfus-Chfirt par le canal de fon tfgli<e avoit
phei M. de Joigne i la tête du diocefe de Paris
rn qualité" d'archevêque. II «ft certainement délace*.
On a effayé de lui tnUvtr le rang d'archevêque.
Comment peur-on déplacer un des principaux nlem-
bres dans le corps.de l'c^life lorfyie ce n'tft pas
tUt-mime qui le déflace fant qu'il y ait un dé-
rangemene, une divilion une fé^-arai'ion dmi le
corps ? Lorf^u'un ^.é^ue a mérité la depofition il
y a m.éme alors une divifion dans le corps. Mais
dans ce cas elle en légitime. Elle tft utH«, récef-
fairc même au bien du corps. C'tft ré^life tlle-tnéme
qui rompi les liens de communion qui atuchoient
les mauvais pafteurs au troepv-v.». Lors au con-
traire qu'il n'y a qu'une inva.fion delà
part d'un ufurpaicar c'eft lui viiib'smcnt qui brife
les liens de communion, entre celui qu'il fupflinte
& (on peuple. C'eft lui qui de'onge IVconomie du
corps qui y met tout en conluiion 3ç en'dtVordjej
qui.^ltye un mur de féparation tntre les paflrjr» &
les brebis. Et ce ne fera pis la un fchifme
Tout le monde connoît la définition que (.tint
Cypricn donne d'une églife particulière. C'tft le peu-
ple anj à fon e*vfque & le troupeau atwené a
fon pafteur. Pith fa<trdoii adunata 0 fi'jhri fuo
(n)
c
t*toit, il y a itaw an$ l'c^life
de Paris. Un million de .diocc\sint ûoient unis
à M. de Jui.rrié', comme leur arcricvûjuc. Au-
jourd'hui il y cn a une moisie ltii cd demeurée
fidèle. Une aurre moitié court après M. Gobe'. Il
y a dès-là un fchi'tne «-vident ne peut
pas y avoir Jtu< évites & que l'un ou l'autre
doit avoir fous fi houlette la totalité i!c$ habitant.
On rebit fans Cvffc qu'il ne pcut pu? y avoir de
fchifme fms rupture de communion. 1) vaudroit
autant dire qu'il ne peut pas y avoir de fchifme
fans fchifme. Cirqui dit fchifrnc dit rupture de coin.
munion. Qui dit rupture de communion dit fchifme.
On paroît fuppofcr que pour qu'il y ait fchifme
il faut que tous les liens pofliMej de commanion
/oient rompus en même teropj. Où a-t-on puilc{
Ce principe? Suppofons pour nous faire entendre,
qu'il y ait douze liens de communion entre dtux
fidèles. Il y en a fix de rompus. On prétend qu'il n'y a
point de fchifrae parce qu'il en fubfifte encore Ci,(.
C\(l une abfurdité.Nous fommes obligés, par l'un;
du corps, de conferver entre nous à jamais Ics duufc
liens. Cert li loi a nojs impose par /efus-Chrifl fi:
D: ce qu'il n'y a que fil liens de brifé;, il
fuit que le fchifm» n'cft p^s totalement confomms-. Il
en enccre fufceptible d'extenfion. Il peut ctre portç
1 un degré, ou il fera encore plus criminel. Il til
au moins commencé. En-il raifonnable de foutinic
qu'un fch*fme commence n'eu pas un fchifme; que
r 34 )
fix degrés de fchifrne n'en opèrent «acan; & qViT
n'y a abfotument aucune réparation dans le corps,
parce qu'elle n'tft pas encore cotale complette,
arrivée au dernier excès?
Venons préfentement aux porteur*. Nous leur
fontracs unis par les mêmes liens qui nous unif-
fent entre nous en priant avec eux, le pour
eux, &c. Mais il y a un autre lien qui leur eft
propre & particulier, parce qu'il dérive de leur
qualité. C'cft celui des fondions paflorales qa'ifs
nous doivent Se de la foumiffion que nous leut
devons. Ce lien eft tellement importanc, tçllemenc
c(T«nuel, qje s'il eft une fois bt\i4, il n'y a plus
ni. pirteuf ni troupeau. L'évéque le cureVltoient
obligés désemplir notre égard tous les devoirs
du Paint 'rqiniftère. Nous n'en voulons plus. Nous
étions tenus envers eux au refpc8 &c à une fou-
mirtion légitime. Nous les leur refufons nous les
méconnoiflbns pouf nos fupeVieurs; nous les chaf-
fons de la place qu'ils occupoient, pour y fuW-
muer un autre. De tout cela, il ne réfulterj aucune
(citron aucun dérangement dans le corps Il n'y
aura point de fchifme, parce que nous ne les" trai-
tons pas en excommuniés; parce que nous enten-
drions leur méfie Ac que nous irions à conferîc
i eux le plains le NouveUirte s'il fe ralfure fut
de celles maximes; & s'il croit que la charité n'«d
éteinte que par un febilme total.
Sil eft coupable de fchifme, comme ayant rompu
Os)
C a
de communion avec M. de )uigné, ccmnwfvt exeu-
(efa-t-il de ce crimt fon cher M. Gobe! tous
les `autres invafeurs des fiches épifeopaux ? S'il y
a fchifme de la part du fk'èle qui tnéconnoit (c.n
-Yvlqu<'» combien plus de 'la part de celai qui le •
f-irct à ̃ itnif cette conduite qui l'arracbe a kn
{iftetir légitime, cn usurpant fa place, en fe «Jc-
cîarjnt à fciclufion de celui qui Àoit en
pofftfTicin pa.fible de c««e qualité > Dira-t-on cti:e
glife, te qu'ils n'y obèrent aucune rupture?
Le Nouvvilifle a le CQurage de le dire; Si c'trt
fa troirième observation. et Abandonner fon ^v£(|je
»» ou. fon cure*, fans rompre la comrounion avec
lui ce h'ift pas faite fchifme mais ce fouflr. ire
*» a fon oWiffanct ce qui eAtrès-dUfe'rentJ comme
». on l'a vu dans le fchifme d'Avignon >».
La ruaxime eft abfolument fau(Te. On en donne
d'ailleurs une prcuve ridicule. On vient de J<5cr.on-
tret qu'il écoit itnponibie d'abandonner ton cVfyue
ou ton curé, fins rompre de communion avec lui.
Car par cela même qu'on le renortee pour tvé-
que ou Four curé, on rompt la communion qu'on
«voit avec lui à titre de pafteur; & cVrt la (Vùlc
Communion légitime, Toute autre eti intiiile k
infurfifinte. Il n'y aura pas fi Pon veut, de future
de communion totale en ce qu'on ne fuira pas
l'évêque, comme s'il étoit excommunié. On fc f«j>ar«
de lui en tax»t qu'évéqae, en une que fupérivur,
on
ayant une jurifdiâion, te pouvant exiger l'obéif-
fance. Par-là on le dfpouille injustement d'un droit
qui lui étoit légitimement acquis on fort de la
place où on avoit été mis. Comment tout cela
ne produiroit-il pas une fépararion dans le corps
Il ne faut pas confondre la défobéifftnce au fupé-
ricur Reconnu tel la proteftation publique de
'lui dénier cette qualitf. Que M. de luigné eu%,
ordonné au Nouvellifte de Cgntt le fcrmulaire
& d'acceprer la bulle Unigtnitut il auroit réfuté
de le faire t< cette conduite lui auroit mérité de*
Eloges. Il n'y auroit eu en cela aucune Afparatior.
Il auroit toujours confelTé hautement, que M. de
Jui^cé étoit fon archevêque:, auquel il devoit la
foumiffion auquel il étoit difpofé 1 la rendre,
quand on ne lui ordonneroit rien de contraire a fa
confcicr.ee.
Iltft aûueilement dans un état tout différent,
vis-'à-vis M. de Juignc. Il ne le regarde plus comme'.
(on fupfrieut, tt (on' archevêque. Ls prélat n'a plus
droit de lui 'rien ordonner. Il ne refpeâe plus en
lui aucune fupéMorité, aucune jurifdiftion. Toute
l'autorité épifcopale a pa(Té M. Gobîl. LeNou-'
vellifte lui «ft foumis, comme au feul prtmier paf-
teur du diocefe de Paris. Cependant il ne fera pas
féparé de M. de Juigné, il n'aura pas fait fchifme
avec lui parce que la rupture de communion n'tft
pas conforamée & ne va pas iufqu'au dernier excès.
| Ceft un paradoxe, avec lequel IfS nomtnts fcnC^s
( m
C)
te ft familiariferont jamais. Quelle eft la preuve
qu'on nous ën'donne ? On la puife dans le fchifme
d'Avignon. On y voit, dit-on, qu'on peut fans
fchiffne abandonner fon évéque cV ton curé, pourvu
'̃ qu'on ne rompe pas de communion avec lui. Tra-
çom en deux mois l'h'Roire de.
Grégoire XI étant mort en h cardi-
naux lui onc donr.é pour fuccefleur de
Barj» qui a pris le nom d'Urbain VI. La mimes
cardinaux ont fo-itenu écu après qu'ils n'avoient
été libres dans cène «îleâion i & qu'ils ivoient
M obligé de cédtr aux violences du peuple rom^n.
Ils ont clu un autre pape, qui $'«ft fait nommer
Clément Vif. De Il un fchifme dans l'cgîife;
la efeaire de fa'rnt Pierre étant réclamée par dmx
cofttendans. A Urbain VI ont fuca'dé Bonifice IX
Innocent vU cV Grégoire XII. Clémenc VU a
remplacé par Benoît XIII. Le concile d: Pife ifllm-
Me en 1400 à dépoft Grégoire XII & Benoit Xlll,
cV a élu Alexandre V. Tous les royaumes cotho-
lique.s fe font partagés entre les deux obédience».
On » paffé d'une obédicnce l'autre. On $\(l fouf-
trait aux deux obédiences, pour embraffer la neu-
.,alité..
Le Nouvcllifle voit, dans cette conduite, qu'on
peut fans/chiCme abandonner fon évcVjue cV (on curé,
pourvu qu'il n'y ait pas de rupture de' communion.
Cefi ce que perfonne n'avoit vu avant lui. Voici ce
que la raifon décoavrc Jans ce qui $'tft paffé alors»
11 y a eu un fchifme. déplorable dont l'églifv a été
long-umps afflige. Tout a menti pendant quarante
jr.s de lamentations fur les malheurs de ce fchifme;
de ruoyens propofés pour te faire c«(Ttr; de précau-
,(ions priAs par l«s églifés particu'ières pour (e
gouverner pendant ce fchifme. Tous ceux qui ont
pris parti dans une des deùc obédiencts, ont nécef-
fairtro>.i>t été dans un état extérieur de fchifme.
Car l'un des d«at contenons étoit certainement
pâpe lcôiriruc & tous les catholiques doivent être
dans la communion mddiue ou immfdiate du pon-'
tife romain. M lis par la fingulariçé des circonftances,
ce fchifme a été innocent. Il n'a pas été imputé
comme un crime. Ett-ce parce qdit n'y avoit point
de rupture de communion. comme le prétend le
Nouvtllifte } C'tft une idée bifarre, qui ne S'en ja-
mais préfintéï à p«rfonne. La vraie, l'unique rai(on,
pour hquelle on a été dans le fchifme, fans en
être coupable, c'tft^u'on y étoit en quelque forte
malgré foi.
Toute la queftion déj>cn<Joit d'un point; de la
validité ou de la nullité de l'élcâion d'Urbain VI.
Car s'il a été é)u canoniqutrptht Clément Vils
ic Benoit XIII ont été des anti-papes. Si au con.
traire, l'éleaion d'ujbiin VI avoit été annullés
par la violence Clément VII & Benoît XIII ont
été les vrais fuectrtcurs de faint Pierre Utbain VI
& les autres après lui ne font que des ufurpatcurs
& des intrus. Or ce fait de la validité ou de b
on
C 4
nullité de l'éleclion d'Urbain VI, étoit fi douteux
il étoit enveloppé de tant de ténèbres il y avoit
tant de raifoni de part & d'autre, que les gens
les plus fjvan» & les mieux intentionnés étoient
tmbarnfîcs pour te décider. Le Pere Alexandre wp-
porte a (Tei longuement les moyens que faifoit valoir
chaque parti (1). L'églife a paru héfiter elle-même.
Elle n'a pis jugé propos de te déclarer pour un
pape contre l'autre. Elle a pris le parti de les
dépofer tous les deux. Si elle fcmblé balancer elle-
même;, comment des (Impies fidèles, comment
des églifes particulières aufoient-elles pu fe deter-
miner ?
Tes étoit donc tétât des cbofes. Il étoit cer-
tain dans le droit qu'on devoit communiquer avec
|< pape véritable, èc rerufer la communion de
V< l'autre; Mais il .!toit tellement douteux 1 qui ap.
pârteroit dans le fait, cette qualité de. pape véti.
table que peffonne ne poovoit .le découvrir ac
qu'on ctoit Cet égard dans une jgnotance pr«f-
que invincible. Or, une ulle ignorance d'un fait,
n'eft pas criminelle. On étoit donc forcément dans
l'état de- fchifme. On ne méritoit pas d'être jugé,
d'être condamné comme fchifmatique.
C«ft fur cette feule raifon de l'obfcurité & de
l'incertitude de la queftion que Gerfori, faint An-
(Il Hiftor. E«ckf. h- folio, tog^S P' 317 fc fc<j.
(4<>)
Jonin, le cardinal de Turrccrtmau k autre* fon-
dent l'txcuf* dj crime de fchifmc. On peut voir,
leurs paroles dans la diflcrtaiion du Pire AUxan-
dre, qui vient d'être citée. Il ni(! vtnu dam
l'efprit de perfonn? qu'il r.'v eut point de fcliifme,
puce qu'il n'y avoir point Je rupttre Je comina-
nion. Le devoir qu'on im^ofoit tous les Cîtho-
Ijvjiits <?coit de dcRKurit unis: à la chaire tic (tint
Pilgrc.qui fubfirte toujours, lers rneme iji'il n'y
a poirt de papî :âucl ti'jucnJrc le jij^imtr.t do
auroi: dt'chi<5. pontife légitime. Avec ce tils fen-
timens on t'tjit cxcoîv5 du Cfims <ic Icliifinc
<jtioi'v:'t>n y fut
a!ors p.i.-oc que l«.s fcflaujrs ¡j'un des préitnJars,
ne roinpcitrt pas de comniiînicn avec l'autre 5 pjrce
que ceux qui obciflbknt à Urbain Boni-.
face IX, ne rcgsrJoicnt pas Ciment \'11 4V Tel
adhèrent, comn.c àart h»r, dt* !éj,life; & qu'ils
aurôicnt aflTiW fans piirte ru faint ficrificc par lui
offvtt. Mail iN rompoi.i.r de communion avec
Ciment VU, en tant iji:i- jupe, in .ne le recon-
r.oifTant pas pour ttl. Si donc il avoit ÙC pape lé-
gitime, ils aufoknt refufv ce cemmuniquer avec
avec Ic^icl il faut r,é-
afTaircment ître tn coininutiion médiate ou immé-
diate. De ce refus de communion, réfulte ncctfTii-
reratnt un febifae, qyi, pour n'être pas 'roui,
(4O
n'en tft pas moins un (chifroe irts-r^tl très-véri-
table très-proprement dit. L'c^life il Ho lande
nous a atuflé que, fuivant touu* la tradition, une
lelle d&mrche étoit fthïfnutique en elle-nome.
U;ie tonduite inuinféquîmertt fdvifmatique ne fera
pis i;n fchifme, puce qu'elle n'en le dernier
pcrioJc
Quc!k'difTérerce y a-t-il entre le fcrT/me d'A-
vignon, & ctux qui avo:cnt affligé pre'ctd<mr,uiit
'•IVgli! romaine? C'eft que IM^iCe univerfclle a c\-
pu(T<?mtnt condamné as fcliif.nes Se • -qaVlïe n'a
pas prononce fur cJui d'Avignon-, Payant fanais
déclaré d'une mznitre txpnflc, Je qutt côté ttoic
le fchifme. On prtttnd qu'elle long-
lemps «pris d'une manière implicite. En iffit,
au nombre des J'Urbain VI, ont (té
Innocent Vil & Gloire X». Si l'églife les avoic
jugé ânti'papes le premier des pontifes romains
qui pris depuis Ie nom d'Iinocent auroit d6
être Innocent VU, & il a été Innocent VIII. Si
rayé du catalogue, celui q*e
nous avons vu porter long'tcmps après le nom de
Grégoire XIII auroit dû le nommer Grégoire XII.
On inft.c de-!a que l'cgfife a comme l(5gi-
rime l'tlcclion d'Urbain VI. Si elle l'avoit rayé dû
• .Catalogue des ryr.ti.es rymair.j /celui qui a porte
fd'Urbji:» VU la' fin du feiziènie fiècle
été U;biin VI. Il tfi certain au contraire
c ijlife de Rem: ne met point Ciment VII
<4*>
& Benoit XIII dans la lifte de fes évoques. Il y a
eu un autre dénient VII au commencement du
feizième fièck-, & nous avons vu Benoît XIII de
nos jours. biais quoi qu'il en foit de ce jugenu-rc
conjeâural l'églife n'a jamais prononcé explicite-
ment fur le grand fchifme d'Occiden.t, cotime
elle avoit fait fur les fchifmts antérieurs.
Grégoire VII .n'tft mort qu'en to8S. En' 10S0
Guibert, archevêque de Ravennc, s'eft fait élire
pape, par le crédit de l'empereur Henri IV, que
Grégoire Vil avoit excommunié dépofé. Vic-
cor III & Urbain II, fuccefleurs légitimes de Gré-
goire VII, ont tenu de* conciles à Be*névent| i Plai-
f?nce à Clermonr, où Guibert a été excommunia,
& les or^inasions par lui faites dédare'cs nulles.
Sous Gclafe Il, riaurite Dourdin, archevêque Ce
Braque, a envahi le fiint-fic'ge. Il a Eté excomma-
nié dans un concile terïu à B<Jn<?vtnt en r Il l'a
été dans un autre concile de Reims tenu tn m9
par Callixull. Le premier concile de Liutn affcm-
blé <n 1 1 23 cft mis 4u rang des conciles généraux.
Le fixièms canon annoîls les ordinations faites par
BourJin d;fuiî qu'il avoit été condamnépar l'é'lifc
romainV, aind que celles qui avoient été faites par
les fjux éve uus qu'il avoit ordonnés.
Innoccnt Il ayant été élu pape en par le
plus grana nombre des cardinaux; quelques autres
ont (tu Pierre de Léon, qui s'tft fait nommer Ana-
<let II, & qui à été excommunie dans pluficuts
'conciles tenus en France, Il cft mort en Il)8. L«i/
cardinaux de (on parti lui ont donne* un fucctffeur
qui.» pris le nom dé ViSor; & qui, deux mois
après, s'eft rangé fous l'obéirîince d'Innocent. Le
trentième tanon du concile général de Litran en
1139, dedare nullis Ici ordinations faites par Pierre
de Ltfôn, 6c par les autres fchiCmatiques fie heVétiqoes.
Le pontificat d'Alexandre 111 a été trouble1 par
tro is ar.ti-pîpes, dont le premitr a été Oâavicn,
nomroé Viâor IV. Un concile affemblé s Tours
en il<fj déclare nulles les ordinations fji: pu
lui ck par les autres fchifmatiqucs & hérétiques.
Après la mort d'Oâavien, on a noram^ï fa place
Çui-de-Crtme, qui j'eft fait appeller Pafcil 111.
Il tft mort en t t68. Il a été remplacé par Jean de
Scrumt, qui a voulu être CaUixte III. Il s'eft roumis
à AUianJre III au bout de dix ans. Le concile
géntral de Latran aflVmbll en a renouvellé
le décret du concile précédent contre Pierre de Léon.
Il a d^chré nulles les or3inations faites par Ofla-
vien, Guy-d«- Crime, Jean de Struriie & p:r
fous, ceux qu'ils avoient ordonné. Il a dépouillé
de leurs be'ncfices, tous ceux qui les avô:ent rvçus de
la main de ces fchifmatiques.
C'efl pour abre*gt-r qu'on fe borne 1 ces exemples.
L'êglifc y a dtciJe" de qu<l côté e'toit le fchifme;
elle a condamnE & puni les fchifmatiques. Ltt
circonllanccs font obli^ à procéder autrement dans
le fchifme d'Avignon; parce qu'il étoit d'une ex-
crime difficulté', d'une impoffibilit^ morale, de dif-
cerner les fcliifmatiques; 6f qu'on Moit, en quelque
forte, non-feulement de bonne foi, mais nnlgrd foi.
Elle a trouve plus digne de Ta d^effe, d'oublirr en
quelque forte le parT*? de le laifilr dans l'incertitude,
& de remédier feulement à l'avenir, en dépofant Us
deux prétendant au ftint-fic'ge; tn élifant un autic
Le Nouvellifte dira-t-i! que, dans ces divifor?
qu'on vient de retracer, il n'y a tu fchifme, que
parce qu'il y • tu une ropture de communion touK-;
& parce que les ami -papes cV leors adhérens nc
plos les papes légitimes comme membres
de t'édite, & n'auroient pas
Cette échappatoire ftroit di:*r.c du la caufe qVil fou-
titnr, &. dt$ moyens qu'il employé poor la défendre.
Ajo'.itcrai-je encore qutlqu«s rcfl.xions fur Ls
caraclcrts du fchifme aâuel, gui ne fc rtneontroient
pas dans celui d'Avignon. Pendant ce dernier
fchifme, toutes les églifes du monde comnvjni-
quoicnt tntr'elles lis fidèles d'un dioecîe Soient tn
communion avec leur évtqye, qui lui-mîmc ^toit
dans.ttile de tous Ics c'vé.'jOts catholiqaes aucune
^glifc particulière ne po.ivoii erre dans la commu-
nion du pape, puirqu'un ne le connoifToic pas. Elit*
en éto'CM (n quilque lorto par la
communion médiate ou imrv.ûtiatc qu'tllts avoicat
cntr'elîî'. dans tous l'univtrs. Ln ptut-on dire autant
de r^ïife conftitutionnclJe ? Elle a deœandt la.
communion de Pie VI qui lui a été jugement
refuse. Quelle égîife dans le monde effaye de la
confokr de cette difgrice en lui tendant les bras,
cn lu? offirant fa communiai, en demandant la
Tienne ? Lis évêques conflitutionnels font aufli
fotitaires au(!) ab3ndonnts, que s'i) n'y avoir
point d'autres églifes dans le monde. Par-tout ils
font méprifes rejutes, abhorrés, comme n'entrant
point dans ce corps ("pifcopil, qui tft un dans tcute
iVglif». Ils font donç formclltment rejettes par le
pootifé romain rejetu's indirtâement par toutes les
<?giif€S particulières, qui fc gardent bien de leut
donner aucun figne de charité & d'union. L'état de
la chrétienté' étoit tout autre lors du fchifme
d'Aviron.
Lots de ce fchifme, IVglife paroifToit ignorer en
quelque forte qui appartcnoit lç pontifi:at. Les
deux tontcndans avoient été placés fur le trône pon-
tifical par la puüfance ecdclufliquc. L'jutoritt tem->
porclle r.e s'éroit point mêlée des tltâion*. Ici peut-
on dire que t'édite foit en balance entre les anciens
& les nouveaux ^vcqucsî Ceux-ci tiennent tout
leur droit du gouvernement ciyil. Ct!a futtiroit (cul
pour attirer leur condamnation. le crois qu'il (croit
fupeiflg J'infifter plus long-temps fur la troifièmc ob-
fervatién du NouvclliOc. Je pjfTc la quatrième.
« les payeurs, dit-il, font pour les peuples, &
» non les peuples pour ks paOvurs. Si donc le»
b pâflojrs peuvent abandonner leurs peuples, fans
(4M
être coupable» de fchifme; 'plus forte raifon Ici
» peuple* r.c le font-ils pis lorfqu'ils abandonncnt
»> leur» p: fleurs ».
Cet argument tft comble de la d/raifon. Toys
les goavernemens fpïricucls oj temporels (ont
Erablis pour rinteVét de ceux qai font gouvernas, &
non pour te bitn de celui qui gouverne. Donc le.
foldats qui ont des officiers ponr. leur avantage
peuvent les congédier quand ils veulent. Donc les
citoyens, au bien defqxls let juges font defilnc**
font les maître* de les difliiucr à leur fancaifie.
Les eVêques font pour les peuples. La maxime
etl inconteftable la conférence tfl abfurde. Si
donc, dit lé Nouvellirte les pafteurs peuvent abar.-
donner leurs peuples fans lut coupables de'
fchifrrei 1 plus»forte raifon Ici peuples ne le font-ils
pis, lorf4u'ils abandonnent leurs pafteurj.
I*. Il tft ftox que le pafteur puifle abandonner les
peuplés. Ce n'ert pas les abandonner que de, re-
noncer 1 leur conduite dans les forme* établies
par l'^life; en leur procurant un autre pjfltur. Les
peuplt* ne font pas délaies lorfqu'ils ont Pierre au
lieu de Paul.
Il ne peut pas y avoir de fcliifme dans la'
conduite d'un «"véque qui fe fait remplacer cano-
niquement, voulant te démettre de IVpif'copat. il
ne r^fulte de-îa aucune divifion dans le corps de
39. il y a un (<*ifme évident dans la conduite du
(47.)
-peuple qui abandonne (on pageot qui j'en
donne lui- me'me un autre. Il y* alors une rupture
ftahirVU dans le corps, en ce que le peuple ne com-
muriique pas avec fonlvêque, de la maniére dont
il doit communiquer avec lui.,
UJiMt obftrver en tfîei qus l'évtque a une
fupériorîté, une jurifJiflicn fur le ptuple, qui lui
doit obéiff3nce. Le procédé d'un éveque qui aban-
donneroit totalement (on pcup'c, (croie là négli-
gence trej-criminelle d'un fupJr ieur qui m r«m-
pliroit pas les devbirs de fa placc. Il y a du fopé-
-placés au-deffus de lui, qui peuvent le rap-
p»l!er fon devoir.
Mais le peuple n'a que l'obtWînce en partage.
Ce lui fon il doit
prendre celui que l't^life lui donne; il n'a pas
droit <îe le dtflitucr. Il peut porter des plaintes au
concile de la province; provoquer la jeflituion de
t'évoque; il ne peut pu le chaffer. Il peut moins
encore s'en donncr un autre de fi propre autorité.
il rompt donc l'unité du corps il expulAr celui qui y
&oit placé au-dcfîus de lui dans un rang élevé; il
cherche à introduire dans le corps, un étranger
que l'e*g!ife ne çonnoît point auquel elle n'a pas
con6e fa puifianc*. Tout eft dérangé & rompu dans
l'égli.
LorÉqu'un évoque abandonne (on peuple, il y un
fupérieur qui manque aux obligations de fa place.
II n'y a point de révolte de fa part contre (on peuple.
11 ne peut pas même y ce avoir. Jamais on n'a dit,
rebelle fon ir.fliieur. Il y a
̃-ttvo'w au contraire de la part de Pii.f«rieur, lorfqus
le y up!e chifle rcn évtq>js, auquel il doit obéir,
qu il ne p.ut pas dtplacer & qu'il en dbflitue un
autri".
Q/un tvé.juê abandonne fon pciplc, il y a un
rcink'e dans les canons. Sir la pîiintc du peuple
on ob^i^tra IVvêque reprendre le gouvtrnemeni du
dioccfe oj on le déparera, Q.:el remède y a-t-il
lorHjuc le peuple chaîfc fon & s'cn donne
lui-même un autre ?
Siint Paul ordonne aux fidèles d'obéir. ObeSite,
Subjacttt. Celui qui doit l'obéiffance peut-il chaffer.
fon fop^rieur ?
On a vu comment faint Ignace, faintQyprien, les
conciles, parlent de ceux qui abandonnent l'évêque
daM fes fondions, en s'afTemblant frfpar<-ment de lui.
C'tft à lturs yeux un vrai tchifme, On nous dit
tcpcndant que le peuple peut abandonner (on évêque,
On a déja rapporté la définition que fiint Cypritn
dor.nc d'une calife pUbs facitdoti aJuntira cV pif'
tort jno grex aJh,rrsns. Le pape Théodore dit que
l'infurrcclion'popjlaire ne fjffit pis pour deflitucc
un e'vcque.
Il eft abfo'ument fiux qu'un ^véjue paifTe
abandonner fon peuple fins CJufe canonique &
,fans le cor.fmtemcnt du fupt'riiur ecclïfuflique. Il
faut que la de'rniffion foit acccpce'« par le pape, fui-

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