Défense de Mme Dérose, par Mme Amélia Bompar, contre les trois parodistes des Bas-Bleus de province, MM. de Saint-Arroman, Mandeville, etc...

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impr. de G. Gounouilhou (Bordeaux). 1870. In-8° , 11 p..
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Publié le : samedi 1 janvier 1870
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DEFENSE
DE Mme DÉROS E
PAR Mme AMÉLIA BOMPAR
CONTRE
les trois parodistes des Bas - Bleus de province
MM.
DE SAINT-ARROMAN, MANDEVILLE
etc., etc.
dédiée à mon Parrain dramatique
Facit indignatio versum.
JOVENAL, Sat. 1re.
Eh quoi ! dans la presse ameutée,
En pâture elle est donc jetée ?
A. DOMPAR.
BORDEAUX
IMPRIMERIE G. GOUNOUILHOU
11, rue Guiraude, 11
1870
DÉFENSE DE Mme DÉROSE
PAR Mme AMÉLIA BOMPAR
CONTRE
les trois parodistes des Bas-Bleus de province
MM. DE SAINT-ARROMAN, MANDEVILLE
etc., etc.
CODRUS (1).
Quand de ma mort, le dévouement
Sauva mon peuple, en un moment
De mon honneur et de ma gloire
Dont l'Athénien garda mémoire,
La parodie, ô jour fatal,
Veut voir Codrus, ce fut le mal;
Ce n'était pas la comédie
Dont tu faisais la parodie,
C'est Cascara, pauvre soldat,
Apparaissant le petit fat !
Oui, ce jour-là, de Mandeville
On a parlé de par la ville.
Je viens à toi, Père des Dieux !
Qui tiens en main l'ire des cieux,
De ta grandeur, qu'à l'instant même,
(1) Les parodistes en ont fait un personnage qui devait apparaître
comme Méphistophélès dans le Petit Faust.
Dans ces grands bois, dans cette plaine,
Oh ! montre-moi les beaux effets.
Que d'Arroman les grands forfaits,
Par toi punis, servent d'exemple
A tout méchant qui le contemple.
Ce déloyal, cet écrivain
A de sa plume et de sa main,
Sans respect pour les âmes mortes (1),
En fit voir, ces choses sont fortes,
Le gros Lavergne, en sa rondeur,
Effrayant tous par son ampleur.
La scène était bien mal ourdie,
C'est triste chose en parodie,
Que la pauvre âme en moquerie,
Quand la souffrance et le malheur
Sont le seul prix de son labeur.
Il n'a pas de philantropie,
Il rit de toi. C'est oeuvre pie
De le punir. Allez, marchands
De la parole, oui, des méchants
Je vois en vous la triste image;
Mais de Bordeaux le sens est sage.
Il est venu, très enchanté
De bien rire..., on l'a plaisanté.
Dérision ! au lieu de rire,
C'est le dédain; je dirai pire,
Par la justice ils sont honnis !
Assez, assez ; qu'ils sont punis !
Car loin d'amuser, de la pièce,
Ils avaient mis Dérose en pièce,
Quand, des fauteuils, des sons aigus
Leur sifflaient qu'on n'en voulait plus.
Qui pourrait croire où fut leur rage,
Lorsque l'auteur, sur leur passage
( 1) Ils en ont fait un personnage.
En traversant, leur dit : Messieurs,
Une autre fois, faites donc mieux.
Car vous avez l'antipathie,
Et Dérose... oui, la sympathie.
Qui est volé ?... C'est le voleur !
Puis en riant, partit l'auteur,
C'est bien ainsi que la Dérose
Du calice a cueilli la rose.
Mais de Gogol (1), qu'en penses-tu ?
Et son roman, l'as-tu bien lu ?
Par la mort l'âme est délivrée,
Morte, serf, elle est donc restée?
Jupiter, Jupiter, réponds.
JUPITER.
Avec Gogol tu corresponds ;
Fais-le venir, par ma puissance,
Reconnais ton insigne chance,
Ce sceptre d'or mis dans ta main,
Ta force égalera Jupin.
Pourtant Codrus, avant une heure,
Agis, venge-toi, que je meure,
Si je laissais, au roi Codrus,
Ma puissance un instant de plus.
CODRUS.
Gogol, apparais, et dis-moi,
Indigne auteur : malgré la loi,
As-tu vendu les âmes mortes?
De quel droit as-tu de ces sortes
Traité ces pauvres malheureux?
(1) Les parodistes, au lieu du roman, ont fait paraître Gogol.
1.

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