Délibération de la viguerie de St. Maximin, contenant son voeu sur la formation des Etats généraux ([Reprod.]) / [signé : Bonnet]

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[s.n.]. 1788. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : mardi 1 janvier 1788
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A
DÉLIBÉRATION
De la Viguerie de St. Maximin contenant
Jon voeu fur la formation des Etats Gé-
néraux.
E. Bonnaud, Avocat en la Cour
Maire premier Conful Chef de la Yi-.
m guérie a dit
MESSIEURS,
Le.Roi en invitant les Savans les
Gens de Lecrres les Corps de fon Ro-
yaume à lui adreflër leurs recherchés
fur les anciens Etats Généraux femble
avoir voulu par-là permettre à fes fujets
de lui porter leurs voeux fur la manière
dont dévoient être convoqués & formés
ceux que fon amour pour fPs peuples leur
*a annoncés pour l'année 1789.
Ce n?eft pas nous Meneurs qui
pouvons efpérer de remplir avec le 'plus
grand fuccès les premières invitations.
Mais ce ferait nous rendre pre(que coupa-
blcs de défobéiflànce que de ne pas nous
rendre aux fécondes & de négliger une
t
occafon où notre Souverain s'envirohnant
de toutes les lumières de fort Royaume veut
auffi interroger les coeurs de fes fideles
Sujets,
La méthode qu'on fuivit en
pour convoquer & former les Etats Gé-
néraux tenus à cette époque & où l'on
perdit en difcuffions puériles des momens
qu'on auroit pu employer a établir le bon-
heur des peuples cette méthode n'eft
plus praticable aujourd'hui. Il faut croire
que les Notables l'auront penfé de même,
& qu'ils auront ainfi réparé, par leurs lu-
mieres leur générofité & leur juftice
les préjudices que le Tiers-Etat fouffre
prcfque toujours dans des Aflemblées
qui oe font compofées que des Membres
des deux premiers Ordres.
Vous favez Meilleurs, qu'en
les Repréfentans de la Nation furent con-
voqués par Bailliages & Sénéchaufîëes
que les Députés du Tiers-Etat furent
prefque tous des gens de Robbe ou de
Finance que le Tiers-Ewt eut dans
cette Affemblée nationale quatre-vingt
Repréfentans de moins que les deux pre-
miers Ordres vous êtes inftruits Mef-
fieurs du défavantage qu'il eut dans
prefque toutes les motions qui furent fai-
tes alors.
3
A:
Les lumicres étoi3
on pouvait tellement peu imaginer
qu'il avait pas de maniere de convo-
dire manqueroient
ment du nombre de qui leur
le
aux membres du Tiers-Erat qui fe dé..
.4
terres de la domination Françoife étoient
moins étendues & différemment diltn-
buées, & où peu de Provinces avoient une
adminiftration par Etats.
Ce qu'on pourroit croire avoir été pra-
ticable, ou même fage en ne
peut l'être aujourd'hui.
Depuis, le Minifterc de Colbert le
Commerce a pris un eflor duquel chaque
année femble avoir donné des- forces nou-
velles depuis principalement,
l'agriculture la vraie mine des treCors &
des forces dts plus grands comme des
plus petits Empires s'ell éclaires & a
étendu fes expériences ôc fes fuccès la
population a augmenté de près de cinq
millions cPhibitans dont les quatre cm-
quicmes & tes neuf neuvièmes du dernier
cinquième appartiennent au Tiers-Etat;
beaucoup de ViH:s prcfque inconnues en
16 14, font devenues fioriflantes le mot de
bonnes Villes, qui prit fon origine dans
l'étendue & les riuiefiès qu'elles figni-
lioient par-là Vivant le langage du teins,
ce mot peut s'ep^quer, dans le Royau-
me, ceux ce»t Villes de plus le nom-
bre &. le fw-e de divers Tribunaux ont
changé la Noblefle décore tous leurs
Membres, fie euisve leurs ictères a la
A3
maire des intéréts du Tiers-Erat' dont ils
reftent les Membres fuivant les loix Na-
tionales les charges publiques ont
décuplé le Tiers Etac forme les
vingt-neuf trentièmes de la population du
Royaume & paye au moins les fept
huitièmes des charges publiques fans
compter celles auxquelles il eft fournis
envers les Seigneurs ..des Fiefs.
Il femble, donc qu'on ne fauroit adop-
ter, en i 789 dans la manière de con-
voquer & de former les Etats Généraux
celle qu'on fuivit en
On ne trouve Menteurs qu'une
reflemblance entre le 17 e. fiecle & le 18e.
c'efl la mifere du peuple & l'extréme dif-
férence que les deux premiers Ordres
mettent entre le Tiers-Etat & eux dans
la contribution aux charges publiques.
Les exemptions & les privileges des
deux premiers Ordres font des établifre-
mens abfurdes & tyranniques des fiecles
les plus barbares de notre hiftoire. Ils ne
peuvent fubfiftcr dans un fiecle où le droit
naturel & focial eft fi bien connu ci
une fage philofophie & l'expérience ont
appris aux hommes qu'ils étoient tous fre-
res, tous enfans d'une même famille &
qu'ils devoient être tous égaux dans la

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