Des Fermentations internes, par M. Coze,... et M. Feltz,...

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impr. de Silbermann (Strasbourg). 1865. In-8° , 18 p..
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Publié le : dimanche 1 janvier 1865
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DES
FERMENTATIONS INTERNES.
FASCICULE Ie''. — EXPÉRIENCES PRÉLIMINAIRES.
Au commencement de janvier JSG5, M. Fellz, chef des
cliniques de la Faculté, et moi avons entrepris des recherches
sur les fermentations internes, c'est-à-dire sur les fermen-
falions qui peuvent se faire en pleine circulation du sang.
Une première série, d'expériences, que je nommerai expé-
riences d'essai, nous ayant donné des résultais intéressants,
nous venons les signaler dès aujourd'hui à l'attention de la
Société de médecine.
Dans celle première note, Messieurs, nous nous bornons à
mentionner quelques faits parfaitement vérifiés, tout en vous
faisant comprendre avec quelle circonspection il importe de
marcher dans l'étude dn monde inconnu des protozoaires, tant
est grande la diffusibililo de ces organismes innombrables que
l'on nomme germes et animalcules iufusoires.
Nos expériences ont été instituées sur des lapins, dont les
habitudes, en dehors des opérations nécessaires, n'ont pas clé
changées; nous avons pris, avant toute recherche, la tem-
pérature de ces animaux, qui est en moyenne, dans le rec-
tum, de 5'J° G.
Je diviserai en quatre groupes (es expériences nombreuses
qui ont été faites.
PUEMIEK GROUPE.
Des liquides putréfiés provenant de cadavres et de tissus
divers macérés dans l'eau , soûl additionnés d'eau distillée
filtrée à parties égales; le nouveau liquide contient des aui-
mafcules infusoires du genre des vibrioniens en proporlions-
diverses.
1° Injections dans la jugulaire.
La seringue contrent G centimètres cubes.
Nous observons :
a) Une augmentation de température qui va à 42° C. et qnr
peuttomber très-rapidement, an moment de la mort, à29°C.
6) Quand la vie se prolonge pendant quelques jours, les
animaux sont pris de diarrhée.
c) Pendant la vie on constate, dans le sang, des animalcules
du genre des vibrioniens.
d) La mort survient de 40 hettres à 210 heures.
e) État du sang à l'autopsie : d'une couleur violacée noire.,
le sang se sépare en coagulums fibrincux, quelquefois déco-
lorés, siégeant dans le coeur et les gros vaisseaux, et en une
sérosité d'un rouge violacé. Ce sang contient des vibrions et
des bactéries en une quantité qui n'est pas en rapport avec
eelle des animalcules trouvés dans le liquide injecté; comme
circonstance des plus intéressantes relative au sang, nous
constatons que chez les animaux morts lentement il existe
une véritable leucocythose (développement exagéré de globules
blancs).
f) Les organes très-vasculaires, foie, rate, reins, contien-
nent des vibrioniens; il semble que le l'oie en contienne tou-
jours une plus forte proportion.
g) Nous avons presque toujours rencontré, en fait d'altéra-
tions histologiques, la dégénérescence graisseuse du foie et sur-
tout celle des reins; les urines recueillies dans îa vessie au
moment de la mort contiennent des cylindres épithéliatix et
des cylindres hyalins; traitées par l'acide nitrique, elles pré-
cipitent fortement et brunissent an contact de la potasse caus-
tique; les poumons sont toujours enflammés.
2° Injections sous-cutanées.
Douze centimètres cubes des mêmes liquides portés sous la
peau donnent lieu à un empoisonnement rapide et aux mêmes
résultais.
5° Injections dans la trachée.
Six centimèlres cubes des mêmes liquides n'ont aucune ae- '
iion ; les animaux se .rétablissent sans présenter d'état patho-
logique appréciable.
DEUXIÈME «IlOTOE D'EXPÉRIENCES.
Le sang des animaux infectés artificiellement, recueilli au
moment de la mort, traité par l'eau distillée, et filtré, sert de
liquide à injection.
' Nous observons des résultats parfaitement semblables.
TROISIÈME GROUPE D'EXPÉRIENCES.
injections de liquides préparés avec le sang d'individus ma-
lades choisis dans les cliniques.
\° Sang d'un individu mort d'infection putride à la cli-
fiique interne (service de M. fiirlz). Ce sang, examiné pen-
dant la vie, contient des vibrions; traité par une forte pro-
portion d'eau distillée, ce sang, filtré, donne un liquide sans
odeur et contenant des vibrionieus en proportion restreinte.
Injections dans la jugulaire.
Mômes phénomènes que pour les liquides de macération.
La mort esi arrivée dans trois expériences, au maximum, en
36 heures.
2° Le sang provenant de lochies, contenant peu de vibrio-
niens, non putride, est traité par l'eau distillée et filtré.
Les animaux résistent parfaitement à l'injection de ce liquide
fait dans la jugulaire.
5° Le sang d'un individu mort très-rapidement et atteint
de pneurao-lhorax, est préparé de la môme façon et cause ra-
pidement la mort.
4° Le sang provenant d'un enfant varioleux, préparé pour
injection , introduit dans la jugulaire et sous la peau, déter-
niine la mort rapidement; nous signalons dans ce cas, dans le
foie, la présence de bactéries et de vibrions très-nombreux,
qui nous ont paru plus grands.
QUATRIÈME GROUPE D'EXPÉRIENCES.
Injections pratiquées avec des liquides provenant d'animaux
morts dans le groupe précédent.
•1° Injections dans la jugulaire.
Du sang artériel pris sur un lapin infecté par le sang de
l'homme atteint d'infection putride et directement introduit,
sans eau, produit l'infection et la mort. La mort arrive plus
lentement (cinq à six jours).
Le foie surtout contient un grand nombre d'animalcules. Le
liquide que l'on en extrait, traité par l'eau distillée, el filtré,
va servir aux injections suivantes :
2° Injections sous-cutanées.
Le liquide du foie (deuxième génération) est porté sous la
peau et détermine très-rapidement la mort avec toutes les
circonstances mentionnées plus haut.
5° Injections dans la trachée.
Le même liquide du foie, à part une légère augmentation
de température, ne produit rien.
Il résulte de toutes ces expériences quelques faits saillants
sur lesquels seulement nous insistons.
■1° Reproduction de vibrioniens au sein d'organismes nou-
veaux.
2° Gravité des injections sous-cutanées et innocuité des in-
jections trachéales; ce l'ait, s'il se confirme, est delà plus
haute importance.
5° Leueoeylhose infectieuse.
4° Alléralions organiques, dégénérescence graisseuse du
foie, des reins, et inflammation du poumon.
Ces premières recherches, bien imparfaites sans doule, vont
nous conduire à des éludes plus délicates sur les différents élé-
ments morbides trausmissibles.
Avant de terminer celte note, je tiens à vous donner quel-
ques détails' pratiques sur les procédés d'investigation ; ils
vous feront comprendre les énormes difficultés de l'étude que
nous avons entreprise et de la minutie qu'il faut y apporter.
-1° Nous nous servons de forts grossissements, S à 900 dia-
mètres, car il y a déjeunes infusoires très-petits.
2° Il importe de diluer le liquide examiné avec de l'eau dis-
tillée pour diminuer sa viscosité et permettre aux infusoires de
se mouvoir avec le plus ou moins'de rapidité qui caractérise
les espèces.
5° Dans l'addition de cette eau distillée si nécessaire nous
rencontrons une difficulté immense, c'est sa pureté; nous
avons trouvé en effet, dans des eaux distillées de sources di-
verses, quelques animalcules provenant des vases, des plaques
ou de l'eau elle-même; l'eau bouillie pendant un quart
d'heure et filtrée contenait encore quelques vibrions. Dans ce
moment on nous prépare une eau distillée dont la vapeur aura
passé dans un lube de porcelaine surchauffé.
4° Les plaques doivent être trempées dans l'acide sulfurique,
puis dans la potasse caustique.
Nous espérons, Messieurs, dans un mois ou deux, vous
soumettre des recherches nouvelles, complétées par l'analyse
chimique des déchets organiques modifiés.
Que nous arrivions à une certitude ou à une négation, nous
espérons toujours rencontrer quelques vérités et contribuer
ainsi aux progrès de la science.
FASCICULE II. — ÉTUDE DES VOIES D'ÂBSORPTM
Je vous promettais, il y a quelques semaines, de tenir la
Sociélé au courant des recherches que M. Fellz et moi avons
entreprises sur les fermentations intra-organiques.
Ce mode inusité de communications échelonnées a pour but,
tout en attirant l'attention sur l'important sujet qui nous oc-
cupe, de provoquer de justes observations et de mettre à proGl
les connaissances et les conseils de nos confrères. Il est donc
i)ien entendu que nous travaillons sans parti pris et dans l'in-
térêt seul de la science.
Nous allons examiner, dans la note que j'ai l'honneur de
vous présenter aujourd'hui, trois points principaux :
■1° Les voies d'absorption des principes putrides ;
2° Les altérations du sang ;
5° Les caractères des infusoires ou vibrioniens.
§\er. VOIES J>'A»SORPTK>H.
Les liquides putrides et (illrés et les liquides que je nom-
merai de seconde génération, c'est-à-dire provenant d'animaux,
infectés, out été mis en contact avec la peau, le rectum,
Yestoinac et le poumon. La dose est de G centimètres cubes.
a) Peau. Les injections sous cutanées déterminent souvent
des suppurations locales. Les animaux vivent en moyenne de
six à huit jours. Les injections de liquides de seconde généra-
tion déterminent la mort au moins aussi rapidement. Avec le
sang typhoïde humain , la vie se prolonge un peu plus, treize
jours.
b) Rectum. Les mêmes conditions expérimentales ont été
appliquées à cette voie d'absorption. Sur les lapins, chez les-
quels la paroi rectale est très-mince, il faut procéder avec
beaucoup de précaution , car nous avons produit des ruptures
et des épanchements dans le péritoine.
. La mort, dans ces expériences, est survenue en six à onze

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