Des Maladies inflammatoires des femmes en couches, par M. West,...

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Béchet jeune (Paris). 1825. In-8° , X-86 p..
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Publié le : samedi 1 janvier 1825
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DES MALADIES
INFLAMMATOIRES
DES FEMMES
EN COUCHES,
PAR M. WEST, DOCTEUR Etf MÉDECINE,
AKGJEff IÏÏTERXE DE Ire CLASSE DES HÔPITAUX DE PABIS ET DE LA MAISQK
D^ACCOUCHEilEST J Afl'CIEJT É£EVE DE l/ËCQLB PHATIQUK.
Dans l'étude des sciences naturelles, on ne doit
selayer que sur des théories qui soient l'expression
rigoureuse des faits observés.
A PARIS,
CHEZ BÉCHET JETT3SE, HBHAIfifi DE L'ACADÉMIE KÛÏ'ALE DE MÈOBCIÎCE,
PLACE DE L'ÈCOtE DE UÉDfiCïîTE, N* 4 r
KTCnEzCOMPÈREjIlBEAlEK, EUE DE L*ËCOLB DE MÈDECtSEj H* S.
i8a5.
A LA MÉMOIRE
DE J.-B. J. DELAMBRE,
Officier de la Légion-d'Honneur, Chevalier de l'ordre de Saint-
Michel , Membre de l'Institut, Professeur du Collège royal de.
France, etc., etc.
ET
DE J. K HALLE,
Chevalier de la Lègion-d'Honneur et de l'ordre de Saint-Michel',
Membre de l'Institut ^ Professeur de l'Ecole de médecine de
Paris et du Collège royal de France, etc., etc.
J'AI DÛ A LEUB BIEKVElIXATfTE PBOTECTION MON ÉDTJCATIOH
LITTÉRAIRE ET SCIENTIFIQUE.
A MONSIEUR R. A. BAFFOS,
Membre associé de l'Académie royale de médecine , Chirurgien
en chef de l'hôpital de Madame Necker et de celui des Enfans
malades.
Les leçons, les conseils et les marques d'amitié
que vous n'avez cessé de me 'prodiguer, vous font
participer à l'attachement et au dévouement respec-
tueux que je porte à mes propres parens; puissé-je
désormais répondre à leurs soins et aux vôtres aussi
sûrement par mes succès que par ma reconnais-
sance I
WEST.
AVANT-PROPOS.
A VAUT que cette dissertation ne Fût rendue
publique, j'ai désiré qu'elle eût été soumise
préalablement à l'opinion de mes juges, et
qu'elle eût subi l'épreuve de quelques contro-
verses particulières ; de plus , comme les li-
mites dans lesquelles j'ai dû me restreindre ,
dans ce genre de composition, littéraire, m'ont
forcé à suivre un ordre systématique, qui
voile, pour ainsi dire , le but que je me pro-
posais, ce préambule aura le double avantage
de présenter une espèce de sommaire des par-
lies les plus importantes, et de venir à l'appui
de quelques propositions qui n'ont point été
suffisamment développées.
La péritonite puerpérale est la maladie in-
flammatoire des femmes en couches sur la-
quelle j'ai spécialement dirigé mes recherches.
Je pensé que, loin d'être une phlegmasic lo-
cale , elle appartient à un état inflammatoire
commun à toutes les membranes séreuses, et
que cet état lui-même n'est point la maladie
essentielle primitive. J'ai cherché à appuyer
VJ
ces propositions sur un ensemble de preuves
qui m'ont paru convaincantes.
Les unes , indirectes, sont fournies par des
inductions physiologiques , et par l'analogie
d'autres affections où la similitude des causes
répond à la similitude des phénomènes mor-
bides ; d'autres preuves sont directes, et dé-
pouillent, pour ainsi dire, la membrane péri-
tonéale de cette susceptibilité inflammatoire
que l'on regarde comme un effet direct et
très-prochain de l'état des couches. Ce premier
ordre de preuves occupe , d'une part, toute la
première partie, où j'expose l'influence des
fonctions génératrices et les causes de la ma-
ladie ; de l'autre, il occupe le premier cha-'
pitre de la troisième partie , où est rejetée la
discussion sur les causes elles-mêmes.
Un second ordre de preuves est tiré de la
simple description de la péritonite puerpérale ,
basées sur un grand nombre de faits, et d'un
tableau concis des autres maladies inflamma-
toires des couches. Cette seconde parlie de la
dissertation n'a pas laissé le moindre doute
que la péritonite puerpérale ne fût loin de se
borner à une simple lésion péritonéale.
Un dernier ordre de preuves est déduit de
conséquences plus éloignées et non moins ri-
V1J
goureuses ; il s'agit du second chapitre de la
troisième partie, où se trouve la discussion
sur la nature de la maladie. Le plus grand
embarras que j'aie éprouvé a été de qualifier
une affection qui ne trouvait point sa place
dans les diverses nosographies. Pour éviter des
inconvéniens qui auraient tenu à la forme de
mes propositions plutôt qu'à leurs vrais prin-
cipes, je n'ai eu recours à aucune dénomina-
tion particulière , et me suis arrêté à celles
que chacun peut employer dans les sujets de
pathologie générale/Ainsi j'ai reconnu en prin-
cipe qu'une maladie inflammatoire était ou
locale , ou générale, ou composée de ces deux
modes , et , partant de là , j'ai conclu que l'in-
flammation commune de toutes les membra-
nes séreuses était une maladie générale. C'est
ce point qui a été le plus souvent contesté.
Regarder comme générale une affection du sys-
tème séreux a paru une innovation peu fon-
dée ; on s'est rejeté dans cette définition,
qu'une altération primitive de tous les fluides
constitue seule une maladie générale ; et de
cette application on a été conduit à sortir
presque toujours du champ des maladies
inflammatoires pour trouver des exemples
de maladie générale. Mais , en supposant
Vllj
que ma définition (48, J." et 2.") ne fût
point exacte , celle que l'on m'a objectée le
serait bien moins encore. Eu effet, si une
disposition congéniale ou acquise produisait
un état morbide du système séreux, du sys-
tème synovial, ou de tout autre, après avoir
agi sur lui directement, cet état morbide pour-
rait ne paraître qu'une affection locale très-
divisée. Mais un irouble inflammatoire et aigu
survenant tout à coup à la suite de causes qui
ont agi sur toute l'économie ou sur les fonc-
tions générales de nutrition, comme l'atteste
le premier ordre de preuves mentionné ci-
dessus , si toutes les membranes séreuses
viennent à être affectées simultanément, le
sont-elles primitivement, ou ne sont-ce que
leur propre organisation et leurs propres fonc-
tions , relativement au reste de l'économie,
qu'il faut accuser de la forme que prend la
maladie?
S'il restait quelque doute après cette con-
clusion à priori, il devrait être levé complète-
ment en réfléchissant que , dans la péritonite
puerpérale, la gravité des symptômes primi-
tifs n'est point en harmonie avec la gravité des
lésions du système séreux, et qu'elle l'est, au
contraire, avec l'altération des fluides gêné-
IX
raux : car, dans certains cas où la mort est
très-prompte, les traces de l'inflammation des
membranes séreuses existent à peine, elles
sont nulles , que l'altération du sang est très-
marquée ; dans d'autres cas, la maladie pri-
mitive cède, les fluides généraux reviennent
presqu'à l'état naturel, et les lésions périto-
néales sont assez profondes pour entraîner la
mort par une série secondaire de symptômes
morbides.
Ce que j'avais avancé sur l'inflammation des
membranes séreuses demandait à être appuyé
de vues théoriques ; c'est pourquoi j'ai inter-
calé dans le même chapitre quelques consi-
dérations générales ( 54-) , qui, sans établir
une théorie nouvelle, montrent du moins que
celle qui est généralement admise est suscep-
tible de modifications, et ne peut servir à une
opposition fondée, contre des principes qui
s'accordent avec les résultats immédiats de
l'observation.
Une dernière question m'a été proposée :
quel est le but de ce travail sur un point de
pure théorie ? Si cette discussion était essen-
tiellement de théorie et sans application di-
recte de pratique, on serait encore mal fondé
de me contester son utilité , parce que toutes
■x
Jes parties de la pathologie sont tellement
liées, qu'il ne peut être indifférent de jeter
quelque lumière sur un point aussi im-
portant. Mais aujourd'hui il me sera très~-
facile de montrer le but d'utilité que je me
suis proposé. Si je n'ai pas indiqué spéciale-
ment les corollaires m, îv et v, c'est que j'étais
obligé de me resserrer , et que d'ailleurs ils
étaient trop évidemment déduits de mon sujet
pour ne pas frapper les yeux d'eux-mêmes ,
sans montrer du doigt l'application qui doit
être faite surtout du in.e et du iv.e aux théo-
ries et aux traitemens en vogue dans la phase
actuelle de la médecine. Localiser toutes les
maladies, et les attaquer avec des sangsues
là où l'on a circonscrit leur siège , tel est le
vice que l'on reconnaît aujourd'hui dans beau-
coup de méthodes thérapeutiques : est-il de
peu d'importance de combattre un système
qui conduit à des indications presque illusoi-
res, dans des circonstances qui peuvent être
si graves et si promptement mortelles ?
TABLE DES MATIÈRES.
Matière des paragraphes. N°' d'ordre.
Exposition......... i
Division. 2
PREMIÈRE PARTIE.
Considérations physiologiques sur l'influence des
fonctions génératrices. — Causes des maladies in-
flammatoires des femmes eh couches.
CHAPITRE I.
INFLUENCE DES FONCTIONS GÉNÉRATRICES.
De la menstruation 3
De la grossesse , ses trois périodes; 4 — 6
De l'accouchement.... ; 7
Des suites naturelles des couches 8
Des suites accidentelles des couches 9
CHAPITRE IL
CAUSES DES MALADIES INFLAMMATOIRES DES FEMMES EN
COUCHES.
Causes prédisposantes .. 10
Causes déterminantes, accidens de l'accou-
chement 11, 12
1
(2)
Matière des paragraphes. N°» d'ordre.
Relevé numérique des registres de la Maison
d'accouchement i5
DEUXIÈME PARTIE.
Description générale des maladies inflamma-
toires des femmes en couches 14
Effets immédiats des grands accidens de
l'accouchement, i5—18
Maladie inflammatoire ordinaire des cou-
ches. PREMIÈRE PÉRIODE, ses terminaisons. 19—23
SECONDE PÉRIODE , ses terminaisons.. .^ 24—33
Maladies des systèmes généraux 34
Phlegmasies spéciales. 35
Des fièvres primitives 36
TROISIÈME PARTIE.
Discussion sur l'étiologie, la nature et la classification
des maladies inflammatoires des couches.
CHAPITRE I.
ÉTIOLOGIE.
Considérations générales. - 37—4l
Considérations particulières ,
i.° Sur les effets de l'accouchement 42—44
2.° Sur les causes prédisposantes 45
" (3)
Matière des paragraphes. K-0* d'ordre.
3.° Sur les causes déterminantes (\d
4.° Sur les affections morales 4?
CHAPITRE II.
DE LA NATURE DES MALADIES INFLAMMATOIRES DES
FEMMES EN COUCHES . . . 4$
TYPE I.
Phlegmasies locales. 49—51
TYPE II.
Maladies inflammatoires générales. 52, 55
Considérations sur l'inflammation en général,
et sur celle des membranes séreuses en par-
ticulier 54
Eruptions et affections gangreneuses géné-
rales. 55
TYPE m.
Complications de phlegmasies locales et de
maladies générales. 56
CHAPITRE III.
CLASSIFICATION DES MALADIES INFLAMMATOIRES DES FEMMES
EN COUCHES.
Phlegmasies £7
Maladies générales, fièvre de lait 58, 59
(4)
Matière des paragraphes. N°' d'ordre.
Complications 60
Conclusion t 61
QUATRIÈME PARTIE.
Thérapeutique.
1." corollaire 63
ii.e corollaire 63
111.* corollaire 64
iv.' corollaire 65
v.* corollaire 66
DES MALADIES
INFLAMMATOIRES
DES
FEMMES EN COUCHES,
A une époque où les principes généraux de
la doctrine des fièvres sont l'objet de discus-
sions dignes du plus haut intérêt, j'hésite en
soumettant à la Faculté, comme l'essai d'un
récipiendaire , ces considérations sur l'un des
points les plus importans de cette partie de
la science. Ayant subi dès l'année 1822 tous
les examens qui précèdent cette dernière
épreuve, et depuis cette époque étant resté
constamment attaché à la Maison d'accouche-
mens.où le champ de l'observation est si vaste
et si intéressant pour l'élude des maladies des
couches, je n'ai pu me défendre du désir de
développer dans cette dissertation les résul-
tats de l'instruction que j'ai puisée dans cette
clinique spéciale, et, j'ose le dire, de quel-
ques méditations. Si ces titres, réunis à quel-
(6)
ques succès obtenus dans les concours de cette
école, peuvent me servir d'excuse pour avoir
entrepris un sujejt au-dessus de mes forces,
j'espère qu'ils ne diminueront en rien l'indul-
gence avec laquelle la Faculté a coutume d'ac-
cueillir les premières tentatives de ses élèves.
Exposition. .,
(1.) Présenter l'histoire générale des affec-
tions inflammatoires qui surviennent après
l'accouchement, préciser leur nature autant
que le comportent nos connaissances physio-
logiques, déterminer la véritable classification
qui leur convient , en faisant ressortir l'in-
convénient de les rapporter uniquement aux
types primitifs des cadres nosologiques for-
més jusqu'à ce jour; fixer enfin à leur égard
les principales bases de la thérapeutique, tel
est le but que je me propose.
Division.
(2.) Ce travail se divise naturellement en
quatre pai'lies.
La première comprendra des considéra-
tions physiologiques sur la santé delà femme,
eu égard à l'influence des fonctions de la gé-
nération , et l'exposé des causes des maladies
inflammatoires des couches.
(7)
La seconde sera consacrée à la description
générale et suivie des phénomènes morbides
de ces affections, et des altérations matérielles
qui leur correspondent.
La discussion sur leur étiologie, leur na-
ture et leur classification composera la troi-
sième.
Dans la dernière je déduirai sous forme de
corollaires des trois précédentes les inductions
de pratique les plus importantes,
(S)
PREMIERE PARTIE.
Considérations physiologiques sur l'injluence
des fonctions génératrices. —■ Causes des
maladies inflammatoires des femmçs en
couches.
CHAPITRE I.
INFLUENCE DES FONCTIONS 0 EN É R ATRI CES.
De la menstimation.
(5.) FRESQUE toute l'importance des fonc-r
lions reproductrices de l'espèce humaine a
été déversée exclusivement sur l'un des deux
sexes ; il en résulte que , tandis que l'homme
jouit d'un état de santé uniforme, et ne subit
dans sa constitution que les modifications qui
tiennent aux divers âges, puisque chez lui la
puberté elle-même s'établit insensiblement et
sans crise, et que la faculté de procréer ne
fait que vieillir avec les autres facultés ; au
contraire, la femme reste pendant une grande
partie de son existence dans un état de santé
très-précaire, qui lient chez elle uniquement
à cette faculté de procrée^ : la puberté a fait
(9)
une véritable révolution dans totit son être ,
l'âge critique doit en opérer une autre, et
dans la période qui sépare ces deux époques,
l'état de santé le plus parfait est toujours
troublé d'une manière plus ou moins sen-
sible par un mouvement périodique dans les
fluides destinés immédiatement à la nutri-
tion. Si, dans cet intervalle, les fonctions gé-
nératrices sont mises en jeu,i l'équilibre qui
se rétablit en apparence par la suppression
du flux menstruel, est, au contraire, plus
troublé que jamais : à l'instant de la concep-
tion , un nouveau centre vital s'est formé; il
se développe dans l'utérus en donnant le der-r
nier degré d'assimilation aux fluides nourri-
ciers que lui transmettent les voies circula-
toires; l'influence dé ce nouvel être vivant sur
la femme qui a conçu est trop secrète pour
que nous en découvrions la nature; mais on
ne peut méconnaître son énergie en observant
les différens phénomènes qui sont insépara-
bles de la gestation.
De la grossesse. — i." PÉRIODE.
(4-) Dans les premiers mois, l'embryon,
qui n'acquiert qu'un très-petit volume , ne
peut compenser par l'emploi des fluides né-
cessaires à son développement la déviation ab-.
(. io )
solue de ceux qui étaient destinés à se perdre
par l'exhalation utérine,de sorte que, si l'ad-
hérence intime du produit de la conception
ne s'y opposait, l'avortement serait souvent le
résultat des premiers efforts menstruels ; tan-
dis qu'ils n'ont d'autre effet que de produire
une espèce particulière de pléthore, à laquelle
on peut attribuer le surcroît d'action qu'on
observe habituellement à cette époque de la
grossesse dans les glandes mammaires, pan-
créatique et salivaires. Le gonflement des
seins, les dégoûts, les nausées, les vomisse^
mens de sucs semblables à la salive , et le
ptyalismc, que l'on remarque assez fréquem-
ment, me paraissent rendre raison de cette
déviation menstruelle, et l'analogie de tex-
tui'e entre ces glandes me porte à penser que
ces diverses incommodités dérivent d'une
source semblable, plutôt que de recourir à
l'explication des sympathies de l'estomac et
de l'utérus , qu'il est aussi facile d'accuser
qu'il serait impossible d'en démontrer la réa-
lité.
II.* PÉRIODE.
(5.) Lorsque le foetus, au terme moyen de
la grossesse, augmente dans une proportion
plus rapide, ces phénomènes cessent presque.
(11 )
complètement, hormis du côté des glandes
mammaires, dont le développement et l'excir
tation ont toujours été en rapport avec les
divers états des autres'organes de la généra-
tion , et qui doivent concourir avec eux par la
sécrétion du lait à l'entier accomplissement
des fonctions génératrices.
III. ° PERIODE.
(6.) Daus les derniers mois, l'enfant, aug-x
mentant,toujours de volume, attire à lui une
plus grande quantité de sucs nourriciers ; c'est
dans celte période surtout que la santé de la
femme s'altère d'une manière sensible : la peau
perd sa fraîcheur et se décolore , les gencives
prennent souvent une apparence scorbutique,
les traits s'effilent, l'embonpoint diminue , et
si l'on ajoute à ces effets ceux qui sont pn>-
duits mécaniquement par l'énorme" distension
de l'utérus, la fatigue musculaire, la gêné
de tous les organes digestifs, la compression
des nerfs lombaires, la compression des gros
troncs vasculaires, d'où résultent la dyspnée,
l'oedème, les varices, les hémorrhoïdes et tous
leseffets d'une fausse pléthore , et une insom-
nie opiniâtre, on concevra facilement que la
femme ne soit destinée à supporter une épreuve
( I» )
aussi pénible qu'autant qu'elle jouit d'une
intégrité parfaite dans sa santé.
De Vaccouchement.
(7.) Lors de l'accouchement, l'économie
n'est plus modifiée par une influence lente et
progressive, comme l'était celle de la gros-
sesse. Le changement qui survient est instan-
tané , et en quelques heures la femme revient
à l'état dont elle s'était graduellement éloignée
pendant les neuf mois de gestation. Cette crise
violente se fait ressentir dans tout le corps;
trouble excessif du système nerveux prove-
nant de la contraction douloureuse et inso-
lite de la fibre utérine, provenant de la dis-?
tension déchirante des voies de la génération ,
provenant de l'agitation morale de celle qui
va devenir mère : tous les muscles, dont la
contraction est excitée pour soutenir celle de
la matrice, compriment le système circula-
toire ; refoulement du sang dans les gros vais-
seaux par la réduction et le reploiement des
canaux utérins; reflux vers la périphérie du
corps et vers tous les organes que leur masse
' et leur consistance rendent passibles d'un de-
gré de compression, qui est nuisible à l'exer-
cice de leurs fonctions ; troubles semblables
. C l3 )
causés indirectement dans là respiratiori, la
digestion, la sécrétion urinaire, la perspiration
cutanée, etc. , etc;
Des suites naturelles des cçuches.
(8.) Enfin l'accouchement se termine; toutes
les causes cessant à la fois, les effets cessent
également ; le Calme , le repos , la joie ont
succédé tout à coup aux plus cruelles an-
goisses ; mais ce repos est de peu de durée. Il
y a chez la femme nouvellement accouchée
une surabondance de fluides qui sera encore
entretenue plus ou moins long-temps par l'ha-
bitude de la nutrition du foetus; cette exu-
bérance, jointe à la commotion de toute l'éco-
nomie et à la perturbation subite des fonctions
utérines, amènerait le plus souvent un trou-
blé très-funeste, si la nature n'eût conservé
aux mères le droit de nourrir encore le fruit
qu'elles ont porté si long-temps dans leur
sein. Par suite de cette admirable prévoyance,
l'accès de fièvre franchement inflammatoire,
la véritable synoque, qui se développe vers
le troisième jour des couches, se termine ou
plutôt se juge simplement par une sorte de
métastase naturelle sur les deux glandes mam-
maires et la succion de l'enfant, entretient
cette source féconde, qui continue à lui don-
■ ( 14 ).
ner la vie, et qui assure une crise heureuse et
nécessaire à la conservation de la santé. La
nature, il est vrai , s'est réservé une autre
voie par l'écoulement des lochies; mais celles-
ci n'opèrent qu'un dégorgement local, celui
de l'utérus jusqu'à ce qu'il soit entièrement
revenu sur lui-même, et, pour ainsi dire,
cicatrisé ; mais cette évacuation locale seule
n'eût pas été suffisante pour toute l'économie,
car à la sécrétion du lait la nature joint même
encore quelques autres mouvemens critiques
très-favorables par les voies des sécrétions ex-
crémentilielles.
Des suites accidentelles des couches.
(9.) Cependant les ressorts les plus intimes
de l'organisme ont été éprouvés ; s'ils ont ré-
sisté , c'est parce qu'ils avaient conservé toute
leur énergie pour recevoir et amortir l'im-
pression de ces mouvemens morbides. Si Cer-
taines causes viennent troubler la marché de
la nature, bientôt après l'accomplissement dé
ces fonctions importantes, les dérangémens
qui surviennent attestent des lésions profondes
dont le principe seul nous est voilé par les
secrets de l'organisation. Je vais passer à l'éxà-
men des causes qui produisent ces funestes
effets.
( ,5 )
CHAPITRE IL
CAUSES DES MALADIES INFLAMMATOIRES DES FEMMES EN
COUCHES.
Des causes prédisposantes.
(10.) Les causes prédisposantes qui agissent
indépendamment de l'influence de la gros-
sesse sont générales ou locales. Les premières
tiennent d'abord aux tempéramens , et ensuite
à des circonstances qui se rencontrent le plus
souvent dans les nombreuses populations des
villes. Là beaucoup de femmes habitent des
lieux si étroits, si humides et si malsains,
que l'homme accoutumé à l'aisance peut à
peine en supporter le séjour pendant quelques
instans. Ne pouvant d'ailleurs se garantir de
la rigueur et de l'intempérie des saisons ,
croupissant dans la malpropreté sous des vê-
temens qu'elles ne renouvellent presque ja-
mais , faisant usage de la nourriture la plus
grossière, s'adonnant quelquefois à des excès
de boisson , livrées à des travaux au-dessus
de leurs forces , leur unique sauvegarde est
presque l'abrutissement dans lequel elles tom-
bent ; car cet état semble se communiquer
du moral au physique, qu'if dégrade par une
sorte d'insensibilité. Lorsque la grossesse vient
mettre le comble à ces souffrances, l'accou-
( »6 )
fchement détermine souvent l'invasion de ma-
ladies d'autant plus graves , que chaque partie
de l'économie a fini par recevoir une atteinte
profonde de l'action prolongée de ces causes.
On voit dans les hospices arriver au dernier
terme de la grossesse ces êtres couverts de la
livrée de la misère , et qui semblent porter
d'avancé, en eux-mêmes le germe de leur des-
truction plutôt que le germe d'une nouvelle
existence : elles sont affaiblies par une longue
diarrhée ou par un catarrhe pulmonaire an-
cien, ou elles ont un mouvement fébrile con-
tinuel ; ia peau est sèche et terreuse;la langue
et les conjonctives sont rouges; point d'appé-
tit ; quelquefois elles ont des affections rhu-
matismales, un ictère, une maigreur extrême ;
enfin l'enfant qu'elles portent est chétif, sou-
vent il est frappé de mort avant d'atteindre la
vie, qui lui échapperait presque aussitôt. L'ex-
cès opposé n'est pas sans inconvénient. Des
personnes habituées à une vie molle et effé-
minée, qui n'entretiennent pas la vigueur du
corps par un exercice convenable, manquent
également de l'énergie nécessaire pour sup-
porter sans accident la révolution opérée par
l'accouchement. Les prédispositions locales
ne sont qu'individuelles, et peuvent varier à
l'infini.
( *7 )
Dès càttset déterminantes, accidens de tàccouchemeilii
(il.) Pendant l'accouchement et le temps
des couches, la marche de la nature peut être
intervertie par beaucoup de causes détermi-
nantes : les températures extrêmes , leurs va-
riations brusques, un air vicié par les éma-
nations d'un grand nombre de malades , une
Constitution régnante , l'usage d'un linge froid
et humide, et dés lotions froides, qui peu-
vent exposer la femme pendant le travail où
les couches à des suppressions de la transpi-
ration et des lochies, une nourriture abon-
dante, l'usage, si difficile à faire cesser parmi
le peuple, de boissons excitantes pendant et
après l'accouchement, l'imprudence de quel-
ques femmes qui se lèvent et vaquent à leurs
occupations dès les premiers jours, et surtout
chez un très-grand nombre les affections mû-
ralesj
(12.) Au nombre de ces causes il faut en-
core ajouter les accidens de l'accouchement
lui-même, tels que son impossibilité, un tra-
vail trop long, une perte considérable, les
névroses graves, les accouchemens contre na-*
ture , les accouchemens laborieux, les opé-
rations chirurgjj^liepret^toute espèce de lésion
( i8 )
locale accidentelle des organes de la géné-
ration.
Relevé numérique des registres de la Maison
d'accouchement.
(i3.) Ici je m'abstiendrai de toute réflexion
sur la nature de l'influence et des causes que
j'ai exposées dans ces deux chapitres ; je n'y
reviendrai qu'après avoir présenté dans la des-
cription suivante un résumé général de faits
pathologiques très-nombreux. Je ne citerai
aucun exemple en particulier; mais je donne-
rai la substance d'environ cinq cents obser-
vations de ce genre d'affections que j'ai suivies
moi-même attentivement, et dont plus de la
moitié ont été complétées par l'examen né-
croscopique. En mentionnant ce nombre de
cinq cents observations, je ne liens compte
que de la proportion des maladies inflamma-
toires et d'un certain degré de gravité , car du
i." janvier 1823 au i." janvier a825, il s'est
fait à la Maison d'accouchement 5,o5i accou-
chemens ; il y a eu environ 6oo femmes en
couches transférées dans les infirmeries , et
a56 ont succombé, pour la plupart, à ce genre
d'affections.
(■»9)
DEUXIÈME PARTIE.
Description générale des maladies inflamma-
toires des femmes en couches.
(î4-) bots l'influence de l'accouchement et
des causes énoncées , la maladie naît et suc-
cède à, l'état de santé ou plutôt à un état
physiologique qui différait déjà de la santé:
ses différentes formes ayant été décrites par
les auteurs sous la dénomination exclusive de
Jièi're puerpérale, ou de péritonite}de métrite,
ê'entérile , etc., les uns Ont accumulé dans la
description de leurs fièvres , comme dans
celle de la fièvre ataxique , des signes patho-
gnomoniques d'affections de divers organes,
et quelquefois des symptômes contraires,, et
encore n'ont-ils fait aucune mention de beau-
coup de circonstances pathologiques dignes
d'atlentionc Les autres ont fait les mêmes omis-
sions , et ont surchargé leur description , celle
de la péritonite, par exemple, de symptômes
concomitans , ou plutôt de véritables compli-
cations , qu'ils ont regardées comme pure-
(26)
ment symptomatiques de cette inflammation.
En considérant ces affections d'un point de
vue plus élevé , on peut en représenter un
tableau plus complet et plus méthodique, que
je vais essayer d'esquisser à grands traits.
Effets immédiats des grands accidens de l'accou-
chement.
(i5.) Lorsqu'un accouchement laborieux
ou contre nature n'a pas pu se terminer , ou
qu'il a été trop long-temps différé ; lorsque
l'utérus s'est consumé en vains efforts, et que
ses parois sont fatiguées , contuses , et quel-
quefois même rompues dans les circonstances
les plus malheureuses , on observe plutôt des
signes avant - coureurs de la mort que des
symptômes d'une maladie : l'oeil est terne et
sec , les traits sont décomposés, la voix est
éteinte , la peau est plombée, couverte d'une
sueur froide , le pouls misérable et très-fré-
quent, la respiration s'embarrasse, bientôt
les douleurs cessent, il semble que la sensi-
bilité soit usée, les facultés intellectuelles se
troublent ou restent comme engourdies , aux
sueurs froides succède quelquefois une exas-
pération fébrile, et la malade succombe en
vingt-quatre ou quarante-huit heures au
plus.
(16.) Pendant la vie on a remarqué la fé-
tidité des liquides qui suintaient des organes
de la génération. On n'a pu examiner le sang,
parce que la phlébotomie n'aurait pu être inT
diquée qu'antérieurement à l'invasion des sym-
ptômes effrayans que j'ai rapportés. Après la
mort, on trouve tous les organes d'une pâleur
et d'une flaccidité remarquable, le ventre est
météorisé; les voies de la génération sont ou
déchirées ou gangrenées, ou dans l'état qui
précède cette décomposition organique , tu-
méfiées , bleuâtres ou verdâtres, gorgées de,
liquides sanguinôlens. Un développement de
gaz dans les interstices ides tissus les rend cré-
pitans sous l'instrument ; il y a des épanche-
mens sanguins divers sous le péritoine, entre
les feuillets des ligamens larges, dans l'une
des moitiés de l'excavation pelvienne , dans
une fosse iliaque , ou , à travers une rupture
complète , dans la cavité péritonéale elle-
même.
(17.) Lorsque les désordres occasionnés par
un accouchement difficile sont moins graves,
et que la femme a repris quelques forces
après la délivrance, les symptômes que j'ai
décrits sont remplacés successivement par les
symptômes propres à un état simplement in?-
( « )
flammatoire ; là chaleur revient a ia peau j
lepolils se relève, quoiqu'il resté encore faible
pendant quelque temps; l'altération dé là
face est.moins prononcée ; l'état primitif cède,
pour ainsi dire, à l'invasion de la fièvre ; él
comme , dans une circonstance dé ce genre,
la vie de la malade n'a été compromise ôrdk
hairement que par l'accouchement lui-même,
échappée à ce danger, elle peut aussi échap-
per à la maladie , à la faveur des mouvemens
critiques naturels. La sécrétion dû lait se fait,
le pouls se relève de jour Cii jour, le faciès
se rétablit promptement, et d'une situation
très-funeste, l'accouchée est revenue â un état
naturel, sauf les cas où des lésions locales ,
le plus souvent des escharres, donnent lieu à
dos accidens particuliers, et quelquefois à des
infirmités durables. ,
(18.) Si l'impression de ces Causes accident
telles est plus profonde, la maladie retombe
dans la forçne de l'affection inflammatoire là
plqs fréquente à la suite des couches, ou; dans
celle que lui imprime une constitution ré-
gnante; seulement son début s^est trouvé con-
fondu avec les troubles propres au travail
même de 1 accouchement. Maintenant je vais
exposer le mode le plus fréquent de ces nia-
(23.)
ladies inflammatoires avec ou sans,complica-
tions , mode,qui se rapproche le plus de ce
que les auteurs ont tracé comme l'histoire de
la fièvre, puerpérale et de l'inflammation du
péritoine.
Maladie inflammatoire ordinaire des couches. —*
i.re PÉRIODE. Ses terminaisons. .
, (19). L'invasion est généralement subite et
rapide ;; elle a lieu quelquefois aussitôt après
la, délivrance ; fréquemment dans les trois pre-
miers jours, et il n'est pas rare qu'elle ne sur-
vienne qu'après cette époque, quoique la se-*
crétion du lait ait eu lieu dans quelques cas.
Ap'rès une semaine, si la marche de la na-
ture a. été régulière, l'accouchée est à peu
près, hors dé danger. Un oeil exercé peut pré-
voir, la maladie., avant la présence des sym-
ptômes eux-mêmes, à des signes précurseurs
que l'on reconnaît.par l'expérience, et qu'il est
assez;difficile de rendre. C'est une expression
variable de là physionomie , accpmpagnée
d'une disposition mentale tput-à-fait singu-
lière; le cours ordinaire des idées est changé;
ce n'est point toujours de l'inquiétude , ce
n'est point du délire, ce n'est point un état
comparable à un certain degré d'ivresse; c'est
plus de vivacité dans les idées, qui naissent
sans suite les unes sur les autres. Le langage a
aussi quelque chose d'extraordinaire et de
brusque ; la circulation est un peu accélérée
et frappante; la respiration, au lieu d'être in-
sensible, se fait par des temps plus distincts.
(20.) On a bientôt confirmé ces soupçons
par l'anomalie de la calorifîcation ou plutôt
du sentiment de chaleur de la surface du
corps. Ce phénomène succède quelquefois
instantanément à l'accouchement; c'est un
frisson général causé par un froid glacial et in»
supportable , avec claquement des dents et
un tremblement convulsif de tous les muscles
porté quelquefois à un tel degré, que le lit
de la malade est continuellement secoué par
l'agitation vive imprimée à tout le corps. La
température de la peau n'est point généra-
lement en rapport avec celte sensation de
froid ; aussi la chaleur artificielle n'est pas ca?
pable de changer cet état, un bain de vapeurs
même ne peut le suspendre. Des moyens de
ce genre n'ont que l'avantage de satisfaire la
malade par le bienfait d'une sensation con-
traire ; mais un froid réel accroîtrait certaine-
ment l'intensité et la durée.'du frisson. Ce phé-
nomène précède souvent les deux ou trois
premières exacerbations : il est unique chaque
( *5 )
fois, où bien un frisson principal arrive bien-
tôt après des frissons plus légers. Sa durée est
d'une heure environ , quelquefois davantage.
(21.) C'est au premier accès, ou à l'un dès
suivans, que débute une douleur violente dans
Un point quelconque ou plusieurs points à
la fois de la cavité abdominale. Son siège est
dans les régions hypogastriques moyenne ou
latérales, dans les régions lombaires ou om-
bilicale, dansleshypochondres , les flancs ou
les côtés, dans les régions inguinales ou les
membres inférieurs.
Le ventre est brûlant, sa tension est va-
riable, sa sensibilité excessive; la respiration
en devient entrecoupée ; la malade pousse
des gémissemens , et par momens quelques
cris.
Au frisson succède la chaleur. Le pouls,
qui était petit, dur et concentré, se développe ;
la peau, qui était pâle, se colore ; les pom-
mettes souvent deviennent rouges ; la face
reste tirée ; l'origine des membranes mu-
queuses étaitviolacée , elle devient d'un rouge
vif; si c'est l'époque de la sécrétion du lait,
celle-ci est entravée; les lochies sont presque
entièrement supprimées.
La maladie arrivée à ce point n'a plus d'in-
(26)
termittence ; aU contraire , les exacerbations
sont fréquentes; il n'y a de type constant ni
pour leur nombre, ni pour leur durée; seu-
lement la fin du jour et la nuit les favo-
risent. ••'■. ■
Le diagnostic est»d'une facilité extrême à
cette période; il ne peut êlre obscur qu'aui-
tant que la douleur manque absolument ;
.mais comme son absence, dénote que la ma-
ladie est des plus graves,, alors tous les autres
(Symptômes trahissent:ses progrès rapideSi
La rougeur de la langue et là douleur de
l'épigaslre j le hoquet, les vomissemens , la
constipation ou là diarrhée , s'observent quel-
quefois, mais ne :sont point constans ;. ce qui
est inhérent à cet état, c'est une céphalalgie
plus ou moins intense, une dyspnée considé-
rable et une violente douleursous le sternum.
(22.) Du reste; agitation .insomnie , rêvas-
series pénibles, ou délire. Dans les, intervalles
lucides , le moral est triste, abattu et frappé ;
souvent ce pressentiment est trop juste. Dès
cette première période, beaucoup de malades
succombent, soit que la médecine ait été seu-
lement exportante , soit qu'elle ait lutté vai-
nement contre la maladie. Cette fâcheuse ter-
minaison s'annonce par l'exaspération ou la
{■*>■)
cessation absolue des jdôulèUrs, fréquemment
le retour des facultés intellectuelles, la petit*
tesse et la fréquence du pouls , la chaleur rnor*
dicante deda peau, et souvent des vomisse-
oeens verdâtres. La /respiration s'embarrasse
dé plus en plus, et une agonie lente .précède
le dernier/moment. C'est dans le'jour même
de l'invasion ou dans ceux qui suivent immé*
diatement que l'on a occasion de porter un
prognostic si décourageant. . :
(23;) La mort étant survenue ainsi pendant
la période de crudité ou d'accroissement, ICB
incisions cadavériques sont , en apparence,
loin de satisfaire l'esprit par le rapport que
l'on trouve entre les phénomènes morbides et
les altérations matérielles. Celles-ci se bornent
à une injection très-peu prononcée, et quel-
quefois nulle , du péritoine , des plèvres et du
péricarde. Leurs cavités contiennent une sé-
rosité demi - transparente , rougeâtre et fort
peu abondante; dans des cas très-rares, une
matière purulente. Il y a un peu de sérosité
fine, et quelquefois rougeâtre aussi, soit dans
les ventricules, soit sous l'arachnoïde. Du reste,
l'utérus paraît ;sain , ainsi que ses dépen-
dances ; tous les organes abdominaux de
même, sauf la membrane :muqueuse gastrk
( 28 )
que, qui est parfois injectée dans quelques
points tout en conservant sa consistance na-
turelle.
Le sang relire de la veine pendant la vie est
couvert d'une couenne jaune et sèche ou d'une
couche albumineuse molle et verdâtre. Enfin
une dernière remarque, qui n'est pas la moins
digne d'attention;c'est que les personnes qui
ont fait l'ouverture de ces cadavres ont pres-
que toujours, au bout de quelques heures, les
deux mains couvertes d'une éruption rare de
petites pustules coniques , rouges , dures et
très-sensibles.
IL* PÉRIODE, Ses terminaisons.
(24.) Si l'affection, quoique très-grave, a
un effet encore douteux, ou si elle a été atté-
nuée par l'emploi des moyens curatifs, elle
suit la marche commune d'accroissement et
de déclin des maladies inflammatoires. Les
symptômes vont toujours croissant d'intensité
jusqu'à ce que le genre de terminaison se
fasse déjà pressentir par la forme uouvelle
qu'ils prennent aux yeux du médecin. Cette
forme est aussi variable dans les circonstances
heureuses que dans celles qui doivent être fu-
nestes. '
(25.) La maladie doit-elle céder prompte-
■(-■*9)
ment, la douleur disparaît, ou n'est plus sen-
sible que lorsqu'on palpe l'abdomen; l'op-
pression disparaît également; il y a dès sueUrs
abondantes , des urines sédimenteuses , et
quelquefois fétides, ou un épistaxis; le sang
retiré de la veine cesse d'être couenneùx; la
physionomie reprend son expression natu-
relle , seulement il y a de la pâleur; et jusqu'à
la convalescence, qui survient du cinquième
au dixième jour environ, il se déclare encore
vers le déclin du jour un mouvement fébrile,
caractérisé par la chaleur de la peau, la rou-
geur de la face et l'accélératiou du pouls; le
sommeil revient ; ce mouvement s'éteint pro-
gressivement ; les seins restent plus ou moins
flétris, suivant que la mère nourrit ou non
son enfant; la quantité et la qualité des lo-
chies sont relatives à la date de l'accouche-
ment.
(26.) La guérison se fait-elle attendre da-
vantage, alors la maladie , arrivée à son sum-
mum d'intensité, reste à peu près stationnaire
pendant quelques jours. La fièvre est conti-
nue, les exacerbations sont violentes, la
douleur persiste à un certain degré , le ventre
reste tendu , ballonné ; mais soit que l'on
persévère dans l'emploi des moyens curatifs,

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