//img.uscri.be/pth/482665d2f4ac35315c1ca5e4c770346acdb4bd5b
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Des ombres dans le silence

De
215 pages
Ellie sait que les heures les plus sombres sont encore à venir, et elle a toutes les raisons de se battre:
Elle doit se battre pour Will.
Les démons ont utilisé leurs armes les plus cruelles pour mettre la vie de Will en danger et Ellie doit conclure une alliance invraisemblable pour le sauver et arrêter Lilith et Samaël, qui veulent mettre le monde à feu et à sang et percer le Paradis.
Elle doit se battre pour l’humanité.
Pendant que l’armée des Enfers se prépare pour la fin des temps imminente, Ellie et ses alliés doivent se rendre dans les coins les plus secrets et anciens du monde, dans sa quête pour s’élever à sa pleine gloire en tant
qu’archange Gabriel.
Et Ellie doit se sauver elle-même.
Son humanité décroît sous le poids de son pouvoir d’archange insensible, mais Ellie doit se raccrocher à ce qu’elle est et à ceux qu’elle aime pendant qu’elle se prépare en vue du combat final pour le Ciel et la Terre.
Dans ce dernier volet de la trilogie Feu d’ange, Courtney Allison Moulton offre une conclusion haletante et éclatante à son univers effrayant où se mêlent batailles épiques et passion amoureuse.
Voir plus Voir moins
Copyright © 2013 Courtney Allison Moulton Titre original anglais : Shadows in the Silence Copyright © 2014 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette publication est publiée en accord avec HarperCollins Publishers, New York, NY. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous BuelBue forme Bue ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critiBue littéraire. Éditeur : François Doucet Traduction : Kurt Martin Révision linguistiBue : Féminin pluriel Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Catherine Vallée-Dumas Conception de la couverture : Matthieu Fortin Photo de la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Sébastien Michaud ISN papier 978-2-89733-532-8 ISN PDF numériBue 978-2-89733-533-5 ISN ePub 978-2-89733-534-2 Première impression : 2014 Dépôt légal : 2014 ibliothèBue et Archives nationales du Québec ibliothèBue nationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-oulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des ogues 31750 EscalBuens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 elgiBue : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC.
Conversion au format ePub par:
www.laburbain.com
Pour Leah Clifford,qui m’a donné le courage de partir à la guerre. Pour Kari, qui m’a aidée à survivre à ce livre.
PREMIÈRE PARTIE * * * Le cauchemar des Enfers
1 * * *
Les démons avaient essayé de me détruire encore et encore, mais même si ma robe était tachée du sang de Will, je restais debout. La soirée avait commencé de façon si magnifique, pleine de promesses et de joie, et elle s’était terminée dans l’horreur et le sang. Mais ce n’était pas fini. Will n’était pas encore mort. Un démon l’avait mis dans cet état. Et maintenant, seul un faucheur démoniaque pouvait le sauver. La pointe de mon épée était dirigée vers la poitrine de Cadan, mais il semblait davantage s’inquiéter pour moi que craindre pour sa vie. Les autres — Ava, Marcus et Sabina — ne pouvaient pas m’aider, mais je savais que le frère de Will le pouvait. Il était la seule personne que je connaisse à avoir rencontré une Grigori. Les Grigori sont les anges liés à la Terre au lieu des Enfers, et ils connaissent tout de la magie et de la médicine angéliques. Will avait été empoisonné par le venin d’un faucheur, et seul un Grigori saurait comment le sauver. J’avais besoin de Will à mes côtés pour gagner cette guerre. Je ne pourrais vaincre Samaël et Lilith, ainsi que leurs légions démoniaques, sans son aide. Les yeux opalins de Cadan lancèrent un éclat dur et flamboyant. — Ellie, tu peux poser ton épée. Dis-moi ce qui s’est passé. — Je ne m’adresserais pas à toi si je connaissais un autre moyen, lui dis-je. Tu es la seule personne qui puisse m’aider. Je tenais quelqu’un qui m’aimait à la pointe de mon épée, et je lui demandais de sauver la vie de celui quemoij’aimais. C’était si tordu. — Je t’ai dit que je ferais n’importe quoi pour toi, dit-il. Je tiens mes promesses. Je perçus une hésitation dans sa voix. — Peu importe ce que je dois faire ou si c’est dangereux, fis-je en reniflant, les mains et l’épée tremblantes. Je dois le sauver. — Ellie. Il avança lentement, tendant la main. Ses mâchoires se contractèrent de douleur lorsque le feu d’ange lécha son bras jusqu’à sa manche enroulée. Il prit mon poignet et repoussa mon bras avant que le feu ne marque sa peau de façon permanente. Son corps était proche du mien, si proche que j’aurais voulu me jeter dans ses bras afin qu’il m’étreigne et que je pleure jusqu’à l’épuisement. C’est ce que faisait toujours Will avec moi. Mais c’était son affaire, et celle de personne d’autre. Dans un sanglot, je fis disparaître mon épée, et Cadan poussa un soupir de soulagement. Il me tira vers lui, ses yeux parcourant ma robe déchirée et tachée de sang. Il posa ses mains sur ma taille, ses pouces s’enfonçant dans ma chair. « Il cherche une blessure », pensai-je. Mais comme je ne sursautais pas de douleur, il poussa un nouveau soupir. — C’est le sang de Will ? demanda-t-il. Je fis un signe affirmatif et essuyai les larmes sur mon visage. — Merodach a emmené un autre faucheur. Rikken. Will l’a tué, mais pas avant d’être mordu. C’est un genre de venin. Je ne sais pas. — Je connais Rikken, dit Cadan. Un parasite que Bastian avait enrôlé lorsqu’il avait découvert ce qu’il était capable de faire. Bastian rassemblait les individus qui sortent de l’ordinaire et s’assurait qu’ils demeurent loyaux jusqu’à ce qu’il ait besoin de leurs pouvoirs. — Les Grigori savent tout, hein ? demandai-je d’une voix tremblante. Sur la médecine et la magie angéliques ? Ils sauront comment le sauver. Il le faut ! — C’est probable, dit Cadan. Mais la Grigori que je connais est dangereuse. Te conduire à Antarès pourrait causer plus de tort que de bien. J’ai un ami qui pourrait nous mettre sur une meilleure piste.
— Antarès ? Le Gardien de l’Ouest ? C’estellela Grigori que tu connais ? Il fit un signe affirmatif d’un air las. — Elle est l’un des quatre Seigneurs cardinaux des éléments. Elle est aussi la Grigori dont moi, et Will, descendons. La lignée de Bastian. — Mais Bastian est démoniaque, répliquai-je, perplexe. Seuls les faucheurs angéliques descendent des anges Grigori déchus. Les faucheurs démoniaques descendent de Samaël et Lilith. C’est insensé. — Le père de Bastian était angélique. — Tu veux rire, dis-je. Bastian n’était en aucun cas à demi angélique. — Mon grand-père était le descendant direct d’Antarès. C’est un secret très,trèsbien gardé. Le sang d’Antarès qui coule dans nos veines nous rend plus puissants, mais notre sang n’est pas aussi pur que celui d’un faucheur qui se trouve plus près de la source, comme Merodach ou Kelaeno. Ils proviennent directement des entrailles de Lilith. — Will a tué Kelaeno, fis-je avec un air de défi. Et mon feu d’ange a laissé une cicatrice à Merodach. Ces deux-là possédaient une force monstrueuse, mais Will et moi avons prouvé qu’ils n’étaient pas invincibles. Cadan esquissa un sourire. — Tu es un archange, et Will est un genre de phénomène. Tu es chanceuse qu’il soit ton Gardien. Des larmes jaillirent de mes yeux. — Mais je ne le serai plus s’il meurt. J’avais besoin de Will. Je l’aimais et ne pouvais pas continuer sans lui. — Ellie, je t’en prie, assieds-toi un moment. Je vais te chercher quelque chose à boire. Il me conduisit jusqu’au sofa et traversa le salon en direction de la cuisine. Une fois seule, je ne pus m’empêcher de regarder autour de moi. Son appartement était spacieux, décoré avec beaucoup d’objets en verre et des peintures modernes. De l’autre côté du salon, il y avait un mur de fenêtres, s’étirant du plancher jusqu’au plafond et s’ouvrant sur un grand balcon. La ville scintillait en contrebas. Je pris soudainement conscience que je me trouvais seule dans la demeure d’un faucheur démoniaque. Tout semblait sinormal ici, et cette constatation me surprit. Est-ce que je m’imaginais que les faucheurs démoniaques vivaient quelque part dans des grottes ou des troncs creux ? Ils semblaient parfois si… humains. Cadan revint avec un verre d’eau. Je le pris, mais pus seulement avaler une gorgée avant de me sentir mal. — Je vais t’emmener à l’endroit que fréquente mon ami. Il connaît un Grigori qui se nomme Virgile. Nous devrions suivre cette piste avant de nous lancer sur une autre bien plus dangereuse. — Alors, allons-y, fis-je en bondissant sur mes pieds. Le temps presse. Il lécha ses lèvres et parcourut la pièce du regard nerveusement. — Attends. Il faut d’abord que tu comprennes que l’endroit où nous allons va grouiller de virs démoniaques. Il y en aura partout. Nous pourrons entrer et sortir sains et saufs, mais seulement si nous nous montrons prudents. Personne ne doit savoir qui tu es. — Parfait, dis-je en acceptant. Tout ce que tu veux. Allons-y. — Comprends-tu vraiment ce que je dis ? demanda-t-il. Pas même toi ne peux affronter une centaine de virs en même temps. Je lui lançai un regard furieux. — Je comprends, mais nous devons faire vite. — As-tu des vêtements de rechange ? — Quoi ? — Il faut que tu portes autre chose que cette robe, dit-il d’un air très sérieux. — Je me fiche de mon apparence ! — Là où nous allons, tu ne peux pas être couverte du sang d’un faucheur angélique. Cela pourrait attirer l’attention sur nous. Mon cœur se serra. En regardant ma robe, je ne pus m’empêcher de penser aux
événements horribles de cette soirée qui avait si bien commencé. — C’est tout ce que j’ai, fis-je d’une voix blanche. — Alors, nous devrons passer chez toi prendre de nouveaux vêtements. Viens. — D’accord, répondis-je en le suivant sans rouspéter. Nous roulâmes jusqu’à la maison de ma grand-mère, puis Cadan m’accompagna jusqu’aux marches de la galerie. Grand-maman jaillit de la porte d’entrée, une main sur la bouche. — Ce n’est pas possible, souffla-t-elle, les yeux écarquillés, son regard passant de Cadan à ma robe tachée de sang.Ellie ! — Ne t’inquiète pas, dis-je en pesant mes mots. C’est un ami. — Que s’est-il passé ? fit-elle d’une voix pantelante, me tirant vers elle et m’examinant à la recherche de blessures. Je pensais que j’avais senti une énergie démoniaque… — Il n’a rien fait. Je m’arrachai de sa prise et la contournai pour entrer dans la maison. — C’est Cadan. Il est ici pour m’aider. — Pourquoi ? s’écria-t-elle en titubant jusqu’au mur. Que fais-tu avec un faucheur démoniaque ? Qu’est-ce qui se passe ? — Will est blessé, dis-je, surprise par le détachement de mon propre ton. J’étais si épuisée émotionnellement que je ne ressentais presque plus rien. — Nous allons trouver quelqu’un qui peut le sauver, ajoutai-je. Je mis la main sur la rampe d’escalier et me tournai vers Cadan. — Je vais me changer, et je reviens tout de suite. Ne bouge pas de là. Je laissai le faucheur démoniaque avec ma grand-mère pour aller dans ma chambre. Je fouillai dans la commode pour en sortir un jean et un t-shirt. La robe, qui avait déjà été magnifique, n’était plus maintenant qu’un chiffon souillé de sang à mes pieds. Je résistai à l’envie de la reprendre, d’en lisser le tissu et de l’étendre sur mon lit. Je n’avais pas le temps. Il fallait que je sauve Will. Je dégringolai l’escalier. Cadan et ma grand-mère n’avaient pas bougé. Elle se détendit quand elle m’aperçut. L’expression de Cadan était aimable, mais il semblait un peu mal à l’aise. — Cadan était justement en train de me dire qu’il est le frère de Will, expliqua poliment grand-maman. — Demi-frère, la corrigea-t-il. Je le dépassai. — Allons-y. Cadan resta silencieux et m’emboîta le pas. — Je reviendrai, dis-je à ma grand-mère. Mais je ne sais pas quand. Ne t’inquiète pas pour moi. Je dois m’occuper de ça. Je regardai une fois dans sa direction pour la voir hocher la tête en signe d’assentiment et m’adresser un faible sourire. Puis, nous partîmes. Cadan et moi roulâmes en nous enfonçant profondément dans la ville. Détroit était animée, comme toujours le soir. Même avec les fenêtres de la voiture fermées, je pouvais entendre le bruit des voix et des rires joyeux, et la musique jazz que diffusaient des haut-parleurs invisibles au-dessus du trottoir. Cadan s’engagea dans un stationnement couvert et trouva une place libre au deuxième étage. Je ne l’attendis pas pour m’extirper de la voiture. Je marchai d’un pas lourd vers la cage d’escalier, et il me rattrapa en quelques enjambées. La porte métallique épaisse se referma bruyamment derrière nous et résonna sur les murs blancs égratignés. Il agrippa mon bras et je le dévisageai. — Il faut que tu joues le jeu, dit-il d’une voix sourde. — Lâche-moi, ordonnai-je d’un ton glacial en tirant mon bras. — Te rappelles-tu ce que j’ai dit ? Oui,fis-je d’une voix sifflante. Ses mâchoires se contractèrent. — Garde les yeux au sol et mets ta mauvaise humeur en veilleuse. Fais ce que je te dis,