DESIRS ENIGMATIQUES

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Est-il si sûr que l'attirance exclue la répulsion ? Nous savons ce qui nous attire et nous rebute. Nous nous trouvons en face d'une question identitaire : attirance et répulsion agissent en tant que phénomènes superstructurels qui renvoient la constitution de notre identité affective. Et le dédain ? Il relève d'un autre mode opératoire, négatif et dépendant avant tout de notre volonté : dédaigner, c'est fouler aux pieds le désir de l'autre ou la bienveillance de la Fortune, au nom de nos aspirations.
Publié le : lundi 1 juin 2009
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EAN13 : 9782296227255
Nombre de pages : 210
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Daniel Cohen éditeur
www.editionsorizons.com
Universités – Domaine littéraire Collection dirigée par Peter Schnyder
Conseillers scientifiques : Jacqueline Bel, Université duLittoral, te dOpale, Boulogne-sur-MerPeterAndréBloch, Univer-sité de Haute-Alsace, MulhouseJean Bollack, ParisJad Ha-tem, Université Saint-Joseph, BeyrouthÉricMarty, Université de Paris 7Jean-Pierre Thomas, Université York, Toronto, On-tarioErika Tunner, Université de Paris12.
La collection « Universités / Domaine littéraire »poursuitlesbuts suivants:favoriserlarechercheuniversitaire etacadémique de quali-té ;valorisercette recherche par la publication régulière d’ouvrages ; permettreà des spécialistes, qu’ils soient chercheurs reconnus ou jeunes docteurs, de développerleurs pointsdevue;mettreàportée de la main du public intéressé de grandessynthèses sur des théma-tiques littéraires générales. Elle cherche àaccroîtrel’échange des idées dans le domaine de la critique littéraire ;promouvoirla connaissance des écrivainsancienset modernes ;familiariserlepublic avec desauteurs peuconnusou pas encore connus. La finalité de sa démarche est de contribuer àdynamiserla ré-flexionsurleslittératureseuropéennesetainsitémoignerde lavitalité dudomaine littéraire etde latransmission des savoirs parlescher-cheursconfirsetlesdébutantsencadrés.
ISBN : 978-2-296-08720-0 © Orizonsdiffusé etdistribuéparLHarmattan,2009
SIRSÉNIGMATIQUES
ATTIRANCESCOMBATTUES RÉPULSIONSDOULOUREUSES DÉDAINSFABRIQUÉS
Dans la même collection
Sous la direction de PETERSCHNYDER: L’Homme-livre. Des hommes et des livres — de l’Antiquité au e XXsiècle,2007. Temps et Roman.Évolutions de la temporalité dans le roman e européen duXXsiècle,2007. Métamorphoses du mythe. Réécritures anciennes et modernes des mythes antiques,2008. Sous la direction d’ANNEBANDRY-SCUBBI: Éducation —Culture — Littérature,2008. Sous la direction de LUCFRAISSE, deGILBERTSCHRENCKet deMICHELSTANESCO† : Tradition et modernité en Littérature,2009. Sous la direction deGEORGESFRÉDÉRICMANCHE: Désirs énigmatiques,Attirances combattues, Répulsions doulou-reuses,Dédains fabriqués,2009.
ANNEPROUTEAU,AlbertCamus ou le présent impérissable, 2008. ROBERTOPOMA,Magie et guérison,2009. FRÉDÉRIQUETOUDOIRE-SURLAPIERRE— NICOLASSURLAPIERRE Edvard Munch —FrancisBacon, images du corps,2009.
Dautres titres sontenpréparation
Sous la direction de Georges FrédéricManche
Désirsénigmatiques Attirancescombattues pulsionsdouloureuses Dédainsfabriqués
2009
Du même auteur
Ville inhabitée, ville fantasmée, L’Harmattan, Paris,2007. Le syndrome d’Holophrène(àpartre).
Mais quand ilparutàCatellaqu’il était tempsde vomir toute l’amertume dont son cœurétait rempli, ellese mitàvociférer son ardente colère : «Ah,que lesortdesfemmesestfuneste, etcombien lamour que beaucoup portentà leurmari estmalplacé ! Pauvre de moi,voici àprésenthuitannées que je t’aimeplus que mavie-même, alors quetoi, infâme crapule,tu te consumes pour une autre.Eh bien? Avecqui crois-tudonc avoircouché?Tuascouché avec cellequi, depuishuitans, dortàtestés,tuas couché avec cellequetuas si longuementet si co-pieusement trompée, en lui jurant ton amouralors quetuallais voirailleurs. JesuisCatella, je nesuis pasla femme de Ric-ciardo, espèce desaletrtre;écoute bien et recon-naismavoix, oui, cestbien moi et pourmapart, cestcommesi nousétionsenpleine lumière depuis 1000ansetainsi jepeux te confondrepour taplus grande honte, aussivraique jesuisenrage,sale vioce gâleusequetues! Lasmoi !Àqui ai-je donc donnétantdamour pendant toutescesannées ?À cetimmonde faux-culqui, croyant tenir une autre dans sesbras, ma fait plusde caressesetdonnéplus de bonheuren ces quelquesinstants passésensa compagnie,quependant toutletempsoùjai de-meuré avec lui.Jet’aitrouvé bien gaillard au-jourdhui,sombre ordure, alors qu’à la maisontues sirabougri et si maladroitet si nul ! ».
Boccace,DecameronIII/6
Publication des Actes du colloque « Attirance, répulsion, dédain » organisé par le Centre de Recherches et d’Études sur l’Italie
Université de Haute-Alsace Mulhouse, 6 et 7 décembre 2006
Ces actes sont publiés avec le concours de l’ILLE, Institutderecherche en languesetlittératureseuropéennes(EA3437), duCREI, Centre de RecherchesetdÉtudes surlItalie(composante de lILLE), duConseilscientifique de laFLSH, duConseilGénéral dAlsace etduConseilGénéral duHautRhin
Avant-propos
GEORGESFRÉDÉRICMANCHE
ttirance,répulsion etdédainrelèventdumêmeuniverscon-A ceptuel,sans pourautantfonctionner selon lesmêmesmo-dalités. Au premier abord, les relations entre attirance et répulsion paraissent aisées à circonscrire, aussivrai que les deuxnotions sont indissociables.Elles se côtoient tout en s’opposant, en s’excluant, ellesentretiennentau sein de leurcopuleunrapport si jalouxque l’une paraît ne pouvoiraller sanslautre, que l’une suffit à définir l’autre par le simple recours à l’antinomie.Et pourtant, en y regar-dant de plus près, tout cela ressort d’une simplification abusive. Est-il si sûr que l’attirance exclue larépulsion? Desembou-teillages se créent spontanémentau voisinage desaccidents,tant notrerapportà la mortest singulieretcomplexe… Etlarépul-sion nesesuperpose-t-ellepas, le caséchéant, àune attirance lar-vée? voire àune attirancesi forte, mais si déstructurante, qu’elle en devientinsoutenable?Se défendre,seprotéger, en niant, ané-antissant, annihilant une fascination inadmissible, intolérable, odieuseNassistons-nous paslà, au sein de ce brouillamini où lon distingue à grandpeine ce que nous croyons être de ce que nousvoudrionsounevoudrionsjamaisêtre, à la déliquescence du clivagesubtil qui se dresse entre attirance et répulsion ?
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Georges Frédéric Manche
Envérité, nous savons tous pertinemmentce qui nous attire et ce qui nous rebute. Nos préférences sont évidentesetnousles définissonscommodément, néanmoinsnousnen décidons pas, comme nousne décidonsni de nosfantasmes, ni de nos phobies, ni de nos terreurs.C’est bien pourquoi l'intervalle dignorance quisépare nos désirs de nos aspirations est un lieu brouillasseux où se développentles pires turbulences. Nous nous trouvonsen face d’une question identitaire : attirance et répulsion agissent en tant que phénomènes superstructurels qui renvoientà la cons-titutioninfrastructurellede notre identité affective. Le dédainrelève d’un autre mode opératoire, car il dépend exclusivementde notrevolonté. On n’éprouvepasle dédain;on ne leressent pas.Maislorsqu’un avenir dont nous ne voulons pas se dessine, nous tentons de faire en sortequ’il neseréalisepas. Le dédain, c’est le renoncementvolontaire àunevoietoutetracée parce qu’on en privilégieune autre,pasforcément pluslumi-neuse, ni mieuxdéfinie.C’est en distinguant, en choisissant, en discriminant, qu’on dédaigne. C’est pourquoi le plus souvent, limage dudédain estnéga-tive :une opportunités’estofferte, quelqu’un s’est dévoilé ou s’estdonné,une nouvelle options’estouverte, mais rien de cela ne faitnotre affaire.Àl’instant où nous passons notre chemin, la chose ou la personne est amoindrie, dévalorisée, humiliée;il ne fait pasbon être dédaignélindignation deDameCatella parle clairetlacte estirrémissible, justementparce qu’il ressort d’une décision. Au demeurant pour avoir renoncé à ladite opportunité,tout dédaigneura commerejeté la fortune,repoussé lesavancesdes dieux, désavoué leursfaveurs. Ilveutdavantage? Elleveut mieux ? Maisqueprétendent-il aujuste?Mais quisont-ilsdonc, pourexiger autant ?Oualorsque représente le groupe auquel ils appartiennent, et quelles fins poursuit-il ?Bref, dédaigner, c’est fouler aux piedsle désirde lautre oula bienveillance deFortune, aunom de nosaspirations. En fonction de ce que nous imaginons pour notre avenir, at-tirance et répulsion interagissententantque pénétrantes.Elles
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