Détails des événemens relatifs à la détention de M. le comte d'Albert, et des principaux officiers de la marine, adressés à Mgr. le Comte de la Luzene, par les officiers de la marine, du département de Toulon ([Reprod.])

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de l'impr. de P. A; Favet, impr. du roi & de la ville (Marseille). 1790. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : vendredi 1 janvier 1790
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la détention
'|)E^Yë)CQMTE
E t D E $ f'y%
OFFICIB4£g'
D E AR NE,
LE Comte
par les Officiers de la Marine
Et il rcçoiïfë^ fers,
Du front dont il aurait cohdjmné ces 'ptheti
HENHiA&é.CnantVf.
Sur Paris
A MARSEILLE ,jlé rimprlmiéria de P. Al ̃. Pavi*
imprimeur du Roi de la.Ville, rus
̃̃̃̃#
A 1
HxTRAir-du Mercure de France du ly
Décembre 178^4
JLJ'Affeniblée Nationale a proclamé une
Déclaration, des droits de l'Homme & du
Citoyen donc l'Article VIÎ défend
d'aceufer d'arrêter ? de détenir qui qrre es
foiiy excepté dans les cas déterminés par la
̃Loi, '& filon Us formes qu'elle h prefahes*
LjQ. Septembre elle décréta la
r efponfabilité de tous les Agens du pouvoir
exécutif j & fans douce ce fut à elle-»
de fon choix 9
quelle entendit attribuer le droit d'exercer
Dans la réformation de quelques pointé
de la Jurïfpruâence- Criminelle ^ja'dîe
ftatua le Io Oftobfe dernier, aux ajppîau-
démens urianimes du Rcyaume y[ l'Aï-
ticîe ordonna que les -Décret^ 4*-X~
journémeni pet fourni où de prife- e-corps
ne pourvoient plus être prononcés q\ie par
trois Juges au moins ou par un Juge &
deux gradués & qu'aucun Décret de prife-
4e-*corp$ rie pourra
if
contre les domiciliés à moins que par la
nature de Vàçctifation & des charges il ne
pût échéoir une peine corporelle.
Enfin la I<oj Martiale > en prohibant les
illicites a
belles à la Nation au Roi &à la loi,
& puniffatfks de mon tous Chefs Offi-
ciers (¡Soldats des Gardes-Natimales des
Troupes & des Maréchùujfées y qH'i exciteront
ou fomenteront des àttwupemen s pu f éditions*
ces Décrets n'auroiertt pas, toute
l'énergie que. leur impriment la volonté
,$& Corps Légilîatif êc la ̃ ;du
Roi, ils en recevr oient une I toute puif-
fante des principes de la liberté natu-
relle de la confécratiori des imoyenflé-
gaux de faire recevoir écouter réparer
les griefs des Citoyens; des cjon-
jonc_ures qui menacent la Fiance djune
eflarraché des mains où l'autorjké fupreme
J'a fixé, pour entre
les mains liu premier qui voudra s'en fajifîr.
Quiconque avec les Loix fous les yeux ?
apprendra les derniers événemens de Tou-
Ion, trouvera au fond de fon jcreur l'opi-
ii ion qu'il doit en concevoir i 6c malgré
juij fi (on cœur eil corrompu.r
<Vv
A5|:
Des événemens détention de
M. m' Comte r )& des
principaux' Officiers de là t Marine $
]adreffè$ Môr. le
par les Officiers de la Marine]
du Département de Toulon* j
Sl+jcs difiTéreûîes infurreâions qui -avolené eu lies
à Toubn da'ns les mois de Mars 8£ 'de Juillet de
$ le «fâirëtnefii inouï que te peuple f voit fait
éprouver dans l'émeute du zj Mars décelé même
année, M- Lantier ancien maire de Tbu!on:&
député de cette ville aux Etats de Provence >̃" aiofi
qu'à Mrs. Mouche & Baudinj les in(ùite's faites â
l'Evêque & qui aVoienniéceîïité (on éloigpement j
le départ forcé de M. de Btthyfy f officier-
général (cotornandant la place en FabJènce de
M. de^Coincy j ëofin les exemples réitérés de
dans
le le peu-
ple à les Mens' do l'au-
plus légitime, &>dé<rûifoier,t
fubordination
permettre
La f6it dans
les troupes
armes $ foit pantii lc$ ouvriers
J' ces derniers exige-
joient non-f^uleincnt la plus grande exactitude dans
forcée* opi
quelquefois obligé de retarder, mais encore ils
fans travailler, ils iroient juf-
leur profit des entraîneroient
être les gardiens lés plus fiducies en
fo-it les principanH agcus,
Tout dCvôit donc "engager M. le Coir.tc d'A3-
hstt a redoubler finon de îcîc du îîioins
tiosi & de fermeté pour
dans des
circonftanccs aurti orageufes. l>e patiiotifnic de cc<
ofricier 'général
opùn'ons acluellcs fa couduitp militaire fa bicp*
ïa'tfdtiçç foutenuo enfin toutes fc3 vertus lui afili'
jraAent l'ertime genéraîc & dévoient lui mériter eu
particulier la rccoanoi(Tance du peu^fe de ce^«
vi!l® témoin journalier & dont
avoit été d'arme peu»
àant la dernière guerre. Depuis la formation
h en grande parîie à fa ^olïi-
A4
citation
des citoyens de diverfes <îafteî. M. le Comte d'Al-
bert de commandons
avoit conflamment réclamé auprès du çonfeïi d'y
mettre ordre de faire exécuter les configoes qu'il
ne posât foufirir fur-tout que les
loutaircs fuivant leur caprice la
liberté publique par des vexations particulières
couvent répétées envers des citoyens
avoient été pécuniaires
même confidciablcs pour des objets de police aux-
quels fans néceftîté comme fans ordre, ifs les
avoient fournis. Ce fut dans
fouflfriroit point qu'aucun, de ces flibordoiinés pût
être exoofô à des femblabks traitemens contrai-
Qu'aux vœux & 'aux décrets
dî l'aflenibléc nationale en conformité dcfqucïs
Mrs. les Maire de[Roide
ceitc ville avoientdonné les ordres les plus poGtifs»
Cette démarche, loin d'être improiivée par M. Roiv-
baud; qui occupe, encore toute* fes places mé-
rita au contraire fes & il s'empre1fa de le
M. le Comte d'Albert codé.
/approuvant formèllcmcaf la conduite des voîon-
taifes.
réfléchie, M. le Comte d'Alberî
"ëtoïe parvenu en exposant couvent fa propre per-
foune, à calmer les infurreclions qui cureiît lieu â
Touton vers la fin de Juillet
d'Août de cette aonce mais le même esprit qui
agitoit toute la Frauce Si atiètoh les
fets de la liberté en lui foifant prendre 1® caraéterc'
de Toison comme dans
"Y«:ï
'le'rcfte du Royaume, il nç'frlloit que la plus pc-
îiic caufe pour le développer 6c occiifioniicr les
excès dont nous avons été témoins. L'événement t
• IVl. Douvillc oflîcier dans le régiment de D.111-
plilné j ne prouve que. trop la vérité de cette uf-
fe.rtion.
nous allons entrer daos les
détails qui y font relatifs.
M, Douvillc, allant la chaiTe avait,. pus t:n
vieux chapeau qui depuis
voit qu'à cet ufuge auquel un ruban noir noué eu
ganfe fervoit de cordon & fur l'efpece de co-
étoit attachée une
petite, cocarde des couleurs de la nation. Arrivé
devant le porte que les volontaires occupent ta
fo»s le prétexte que C\
cocarde n'étoit point en règle, il pouffa1 l'impru-
dencé jufquVi vouloir lui "mettre la main deltas
M. Douville fc retira en arrière en tenant fou fu-
til qui n'étoit point chargé da os la pofition de
haut les armes; plusieurs volontaires wrtirent'du
coips-dc-garde 8c ft ioignant à la fontinelle
M, de Sonalet, oiïîcicr ,de Barrots
le porte' de cette porte apercevant ce mouve-
ment » y accoiirut lui-inêmc & après s'être fait
rendre compte, du fujet do la difputc & des coii-
fîgoes données par le Conful, Lieutenant de Rois
commandant la place au corps-de-garde des volon-
taires* il exigea: qu'on les fuivît CKaclesonesit Se
que fous des prétextes frivoles l'on ne troublât
point l'a tranquillité publique. M. Douville fortiti
mais H.nc fut pas plutôt dehors que, craignant
Jes effets de la calomnie & des faux rapports
qui' dénaturant les 'circonftanc.es «ta cet évéuc-
(9)
ment, pourroient' compromettre l'officier de Bar-
rois, fut
villc faire la dépofition & pbner les plaintes il y
trouva le peuple atfcmblc eu foule & njêlc avec
vint à les calmer un moment. M. Dubalay, ma-
jor & commandant du régiment de Dauphiné s'y
étoit ïcjkIh
parlers entre cet officier, le.conful, commandant
de de Carpillet,
C2iTip, commandant
fut convenu qiie la fcntinelle avoit le, premier,
tort mats que pour la tranquillité publique
M. Douvillc feroit ini.s au Fort de la Mjlguc où
il (s rendit acco:rpagné de quelques ofliciers de
fon régiment malgré la prétention des vo\6a-
toircs qui vouloienf cux-mçmcs l'y conduire Si l'y
garder,
L'iufulte faite cet officier avoit indigné les Corps
ofiîcicrs & foldars -de ces différons Corps furent en
députation, mais en trcs:pctit nombre ù U inuifon
de ville pour s'en plaindre £< engager h municipalité
à donner fes ordres pouf réprimer de pareils excès
ceux de. la marine bifferont pour cet objet une ficela"
ration par écrit. M. le Comte d'Albert i^noroit ç«tte
démarche dès qu'iî en eut connoilîaiice il écrivit à
M. le conful pour favoir s'tl n'avoit point à fe plain-
dre de la manière dont elle avoit été fuite h pour
lui tye part en même temps de quelques réflexions
que les M. le conful
par fa réponfc fe plaint beaucoup de la manière
dont les Volontaires exécutent les ordres riu'on leur
donne il approuve généralement les réflexions de
M d'Albert qu'il trouve trcsTagcs y & quant .la
conduite des bas-officiers .des troupes de h marine
il dit formellement quelle mérite des éloges. S.)t cette
rtponfo îc général approuva hautement la conduite
de ces bus oiîicicrs cependant leur demande exci-
tait des murmures parmi les Volontaires; ils obligè-
rent bientôt leurs ofliciers à venir en députation che?.
M. le Comte d 'Albert pour lui en demander la puni-
tion. Ce général leur répondit qu'il ne pouvoit pris
la conduite d'après les çîoges qu'en avoit fait. M. 3e
conful j cofuitc il donna la déclaration des bas-
ol'Hciers des explications dont la députation parut
Le 7 au foir une nouvelle députation compa-
milice, & fuivic de plus de foixante Volontaires
vint à l'hôtel de M. le Comte d'Athée qui depuis
huit heures du ni toit occupé prefquc fans
relâche d'un travail relatif à l'infpeciion & à la pou-
velle formation du Corps royal des canonniers ,maie..
lots. A la vue de cette foule, & au bruit qu'elle fai-
foit le général croyant que c'étoit un attroupement
plutôt que la dépiiutioii qu'on verïoit de lui annoncer
quelque vivacité fur cette manière de s'introduire
che* lui; mais Tes "ejepreffions à ce fuie fuient fil peu
infuJtantcs que bientôt après il fut convenu de part
& d'autre que je lendemain matin la céçlaratioti ces
b is-ofiiciers des troupes de la marine feroit retîréi; &
Ils lettrcs écrites ce ïli jel par M. k Con fui ù î i gé-
eune ffacè de ce mjéconteuîcment patfâger. Le h -nds-
̃ officier qui devoit faire l'échange convenu la. velïl M.
fur les onze heures, & à onze kurc^'il etc rcrYoya
'.encore ̃ ̃ à un\autre ̃ moment,- '̃
( II )
Le cî01t ?f[:
tio.-i d1c-ivo>cr une de Volontaires à i lai-
/emblée nationale pour lui porter des pentes fur la
in-iniew dont il les avoit truites la veille lorfau .1$
fc donner pour piévenir cet eclaî ridicule maigre la
veau q;u être
d'offcnftr ces MM. ,•& que
un premier moment de forprife quelque cxpreflion quj
pût bfcfler leur délicatefle ou qui ciit-été mal inter-
prêtée, il la defavouoit j tout, fut inutile h députa
tiou fut décidée^ & après de grands débats & le refus
de pluficurj officiers de ta Ranlc nationale le choix
des députés s'arrêta fur MM. Raymond Joiirdan &
Mal lard qui partireui le filrleiidcmain.
inftrmt de cette
démarche extraordinaire il s'allcinbla & décida d'en-
voyer M. de Coftcbelle capitaiue de vaiîîcau auprès
du mhiflre autant pour l'inftrnire des.
faits qui avoient occafignué celte députiuio» quo
le Comie d'Albert pour lui demander fou agrément
qui lié l'accorda
Le Corps de la marine c:oit encore ralfcmbjé chez
foa commandant lorfque M. de Carpillct y vint aveg
tous les officiers de la garçsfon pour lui donner ci*
cette oçcafion des d'intérêt
ïnftruits de la délibération que les officiers de la ma-
y join-
il le$ chefs, fit grade de
tous les Corps.
de M. Dou>
ville.
(ri Y
L'efpHt d'infubordinâtioii augmentant de jour en
jour parmi les ouvriers de farfenal M. le Comte
d'Albert y après avoir fouifé tous les moyens de dou-
ccur pour les ramener à leurs devoirs y !fe décida a faire
'-un exemple de féyérité fur les nommés Çaufie & Ga-
jiivet maîtres de màrlçeuvres «on-enffetenus dort il
avoit à féplaiodïe depuis long'tcrrips ♦, il lcschâini de
du 30 Novertibre, Le fàêmc
jour à tieuf heiires du loir Mi dé C^rpillet Maré-
chal de camp commandant les troupes, & -M. ,Roll';
roi vinrent
chez M. le Coiiitt d'Albere pour Solliciter la grâce de
ces deux maîtres qui '/contre toutes tejs règles du fer^
vice àvoîent o(é porter leurs plaintes! 'à-' la maifon de
ville. M. Koiibaud ajouta qu'il âvôit r^Rifé de lès ac-
cueillir comme pour les recé-1
t'oir mais il obferva que pîufieurs ouvriers de i'arfe-
nal lui avoient parii fort échauffés dans cette occëfion
que cela pourroit donner lieu une éfjieute Si. qu'il
fcrôit pruiieiit de pardonaer aux dcuxihommes punis;
̃ M. le Comte d'Albert lui répondit quiil ne le pOuvoil
pas fans compromettre t'autorité ënerviéey il
le rértierci» de fon attention, & M,
garde .nationale ny preodroit aucune part.
D'après les difpofieions où Mile connut àvmt cru
voir une partie des ouvriers de M. d'Albert
envoya l'ordre au' quartier des troupes de la maïinô
pour que deux piquets de 50 hommes!, un de cnacfttc
dividon, fuftent prêts en cas de hefoin à renforcer
les polies de Tarfenal y il fit configmr Je relie de ces
troupes dans leurs cafernès 43
(on côté les mêmes difpofitions pour jlcs rëgimens à
fes ordres. Le lendemain ,-Tprewier jpecembre 1: la
gtandc partie des ouvriers enfraêc le]rendit a ks at«.
̃ ̃ i- ̃
( Il)
teîïers un pïu$ petit nombre fut le réunir au peuple
attroupé devant la inaifon de ville j a fept heures, M.
d'Albert Ferend'u à l'arfengî les ouvriers paroilïbient
tranquilles & rien n'annonçoit une émeute il eu
fouit une demi- heurfc après fjc il y rentra à huit heu-
res à neuf heures ou environ y on vint lui âjnionçcr
que M. le conful la tête
l'cils municipal & pçrmauun demauctoit à lujpinerj
«il envoya tout de fuhe M. Paquierpour la prkrdVti-
trer mais ces MM. refi.ferent & déclarèrent Qu'ils ne
pouvoieut lui parler qu'hors l'enceinfe de rarfenal
ibit à la porte du parc foit chez lui ou à \d m mon,
de ville. Le gênerai fit répondre qu'il alloitfç rc:ùlrc
dans foa hôtel & eu effet il fortit tôut
pagne de quelques ofllciers il trouva la porte de
iûrreuàl un attroupement conlidérable qu'il e|it peine
à -traverfei' & qui le fuivit avec des huecs &|descri$
nienaçans, M. le conful voyant le danger que cèu-
roit iV. d'Albert, doubla le pas &c le jorgoit auprès du
champ de bataille. Un officier de la milice fi|t fonnor
la trompette qui a-nho'nçoit M. le conful
cafien.'ia tine diverfîoh heureuse; en fort.jrit de larfe-
nal, Ic général avoh ordonné M. de Mârtig«;in
d'aller prendre au quartier des troupes de \a marine
les pjquets commandes, la veiile & de les amener fur
le cfi|mp di bataille. M. d'Albert rendu dans fon hô-
ttl la foule vouloit y pénétrer, il en 6t feinier les
portes M. le conflil & les membres des coijfcijs ne
furent pas plus rcfpçclés que le« éioient
avec le général & furent' également frôiiîcsj.- Ce fut
dans ce tumulte que M. de Saint- Jiilien fe trouvant
entoure & preffé de toutes parts on lui arracha Yé-
pée qu'il avoît à fou côté on voulut uuiYi jui ôtet
une canné à lance qu'if avoit à la ni,)iiiy & et fut en
& 'débattant que le bout de cette canne fè detbehant
te la lame renant à iiuâ clic <b!t!i, Jégéretn^iit à ia
( M)
main le nomme Chaylati Volontaire j elle lui lut en*
dans l'hôte! d'où il fortit peu-à-près pour aller cher-
falle du r*2 -de-chaufféo Mo Koubaud demanda
inftamment la grac,e des deux ouvriers renvoyés de
J'arfcnal la veille; M. d'Albert s'y rcfufa long-tems,
difant qu'il ne pouvoit l'accorder fans fe déshonorer
parce que paroiffant forcée aux yeux du peuple il
en. deviendroit plus exigeant, & les ouvriers plus
insubordonnés. Sur les diificultcs que faifoit M. dAl-
bert, M. Barthélémy un des membres du confeil,
ftififfant le bras de M. Roubaud, prononça ces pa-
roles remarquables vous général efl
inetouiblt dès ce je change et caractère 9
retirons-nous & citons fauver la ville, M. de Ruât ?
Lieutenant de vaifleau, qui étoit 4 côté de lui
ltti demanda avec chaleur, par qui la vill« 'cîoit
attaquée 6' -s'il ne croyoit pas les officiers de là
marine aujji bons citoyens qw. lui. !Vi. Roobaud conti-
nuant toujours Ces mflances le général lui dit cnfiii
qu'il lui arrachnie, cette grâce' & qu'il l'accordcit
puifqu'il la croyoit abfolument péceffaire à lal tran-
quillité publique. M. le Conful la fîtauflî-tôt annoncer
l'hôtel, M. de Krovcs, major de qui le
irmivoit alors chez M. le chevalier de Bras averti
«le la rumeur publique par le donie/liquc de ce
dernier, (h hâta de fe rendre auprès de fon cc;n-
formées, il s'avança vers le détachement des canon-
Taifîcati, :ivoit en ordre de conduire fur le champ-
dc-bntaillc & qi;i y arrivoit dai'S ce motrent
M. de Broies dtant un des ofilciers fur leqtie! la
( i$)
fon
fujct peuvent le juftiiier
en jour.
Le détachement des troupes de l.v marine arrivé
l'hôtel,
fut
(t)çs en dehors de l'allée du oord où étoit la plus grande
partie du peuple j M. de Broves attendoit un 'moment
dans l'hôtel fcs. intentions
étoient fi peu hoftiks, que fon épec c" toit dans le
fourreau j cette fécurité epîiardit un homme du peuple
à vcijir par-derrière pour s'cii faiJirj ce fut alors que
la troupe un mouvement qui pû,t en impofer en
lui commandant de porter les armes. Une partie
des foîdats obéit, d'afutres ne bongerent d'autres-
& fertirent des rangs & h
défobéifTancc parut générale. La foule que ce com-
mandement nvoit fait écarter revint bientôt en
app'audilïant à grands cris. M. de Broves abandonné
par les troupes & aflhilli par le peuple,'cfcalada
la terrafle ck cntM dans l'hôtel. (i). Nou^ ne nous
cahier des prifes par ¡Je comité
de recherches.
au DIT que Ce fer.
heures du matin, fur place d'ar.
me de M. de il !voit
t'hôtctde M..d'Albert,
le peuple.qui
vant de la gakfic des fur
(
permettons aucune rëfljtxkm fur ce fait) nous flous
coiiteiiterofts fculcineut de faire observer que les
poim chargées & ne poUvoient l'être
puisque fbrtoit de
l'on ne permet point qn'ellçs le (biebfc
L'appaiîtioii de ces troupes fur le xhamp-de-ba-
taille :ayant AI. le Çbn'foi",
le général fe décida à les renvoyer s (nais il lui fit
obferiér qu'il reçoit la merci d'un peupis efirené
dont ratt/otipement dcvénoit toujours plusnombreuï.
M. lo Coniûl Sortit} en ra{furant", de la «naiiieye
la plus pojitive qu'il pouvoit être j tranquille &
qu'il alloit pourvoir ,tout. Malgré cette promçîTe,
l'iiôtel fut toujours entouré & bientôt aflail'ïï. à
coups de pierres", qui en callereiit' iles vitrei 8c
b'eiierent légèrement plufieurs officiers iiommérîieut
M. Rartret de la Sablière qui le fut au! vifage.
de l'hôtel mais voyant que le peuple étoit ijoujours furieux
& prêt à.fàu ter lt';r liii;, M. de Brovcs mit le fabre la [bain;
ce fignal le peuple fc retira, y ayant pic!Îedan$ la foule
pîufieuts lonibercnt. Le peuple renre, NI de Bfovei s*a-
dcêflà à la troupe de marine, lui difant Soldat: fouffîirti.
veut qu'on- in fut je ainji voiït général. M, de, Brp?es s*udtef«
lant encore aux foldats, leur ordonna enfuite à haute doix,
de porter.les arma. A.cc commandement trois ou quatre
canonniers-matelots de la droite mirent bas Us arme,; j
beaucoup d'uûirês obêirtni au commandemerit &j d'autres
demeurèrent repofês fous Us armes, fur jjuoi lé peuple
cria braves la ',narine
à jeter des pierics fur M.' de Rroves &c vers la galerie de
l'hôtel de M. d'Albert eu fc trouaient pjufléurs officiers
de Il marine qui fe retirereni dans l'intérieur de l'hote!
M. de Broves efeabda alors la baiuftrade&t d'Introduifitdans
ledit hôtel oit le dépofynt fut lui même ujn quart-d'f ecre
a^rès i i'<'où il (brut vers Une heure & demi après midi S<
plus n'adir, !kc-
( n\
Le gâtera! prévoyant les dangers d'un pareil feu-
levemçnt, envoya 'M. do ViîlérQti fous -aide-major
dc la murijis >^ la rtîàiibn-dciviilc pour y réélamei'
la proclamation de la loi martiale qui fut rcâifcc
niais o h in dit que la troupe nationale s'afTenlbloit
qye des qu'on le; pourroit on en envej rcit dés dé-
tachetnetis. Cc lie fiit qu'avec beaucoup de diîticulté
que M. ck Vil laron put percer la foule poJr remplir
t'objet en (lit Connu
jîevitvt ©lieu* au peuple & on ifi.t obligc[dç lui
doiuier une cfeorfe pour Je ranjener chez ce coin-
glandant. Peu après fôtï retour, une nouvciie dé*
putation de la municipalité fe prc(ei:ta à iffiôteï
elle reiiouvçHa à M. d'Albert les proîneffes qu^ M. Ï9.
Consul !ui avoit faites, en raffurânt encore ;que la
milice .natiouale étoit fpéciaîeivietit chargée; de la
garde de fhètel $i ido la sûreté des pcifôn|ies qui
y étdîent renfermées, que Yciï alloit faire publier
l'ordre fimple dé fe retirer la étant
trop grande pour pouvoir. da. ce moment proclamer
faias danger la loi martiale.
Cette réponfe ranutant peu furies rîfquc's" de voir
à chiqué jr./lant l'hôtel attaqué êc forcé par une.
-iDnltitude qui peut-être fc penne tiroit les piusjgrands
excès, M. le Comte d'Albert ordonna à iV). Du-
faure, ofiîciei- dans le régiment de Bàrrois de faire
venir iiik gardé de cinquante hoinmts du- fécond
la marine. Peu de tems^rès que M, Dufaiire fut
forti pour exciter cet ordre il -arriva \ni dffache-
meut de la milice nationale' qui fe pofla devant la
porte d'entrée de l'hôtel.
Ce fut aiifli à-péu-près dans que
M: de Saint-Julien,) qui,
été défarmé en ̃ entrant a l'hôtei' ;ê< "en ét'ciiî forti
pour aller chercher une àuire/afcîie.y fOL
( le.)
-veau y
£svjé au peuple bleffé
p'alîôurs il'entr'tiix cette dans un motvenî
d'éineiitc 'devoir le rendre la principale victime de,
leur furcor. Reconnu eu traversant. le ehamp-de-ba»
taille i; tut {'Oiirllmi attaque à coups de pierres
de croff.-s, dj fùïil il crut trouver un acyle
contre Ces ,'âifd((lns parmi 'les foldats de la marine
^ui alors fous les arnes poiir lè préparer à
iiioiiter la gardé dans le port) mais •cette troupe- ne
et aucuti inouvenieiit & vit, faits jparôître émue
un de fts ofticiers couvert de fahg, & de bleffuies-,
ciers pour aller fon accours ce r)i6uremetjï gé
séreux fit faite un écart à la foule; MM. Ddndej
Vaquer, ,officiers de la milice St un Volontaire
do"f' nous regrettons que le nom ne nous (dit pas
connu en prolîterent avet beaucoup 'de courage pour
venir au fecours de M. de Saint-Juïien & l>Dtraî*
aèrent vcàs l'hôtel où ils le firent entrer par la
petite porte de la terraflè, du çôt£ oppofé 1 celui
par où le gênerai étoit fortij, il cft à remarquer
qu'aucun ofncier d; la marine ne tilra l'épée cette
©ccafbn qu'ils fe bornèrent à entourer Ici géné-
ral qui courut quelque danger «jii moment où il
vôului rentrer, un homme que être un
ouvrier de l'arfcnal étant venu fur hÇi la levée;
Lsffque tous les Officiers furent retirés fur la ter-
rale de Thôtel le peuple fit pleuvoir fur eux une
gr le de pterres, dont que!ques-i!o<| furent bîelTés*,
qii'pu fût obligé de le mettre au |K» fy rfabpelîgf
ikÉchirûrgieos pour panfer fes bleffures dont he'u-
XM
B
prtîç
jrfù"r«gîmçnt' dé Barroîs deïlinés pour fa garde in-
ierieure étoiétit en marche pÇur s'y rendre. Ce fut
alors que capitaine de la milice nationale ÎVI. La?
jard vûir, dé -la pdrrde M. Je Confiil, conjurer le
général dé livetire une entière coiïfiancë dans la
irtilice nàtiorifilc qgi avoit les ordi ç$ les phi^ précis
Hç garder riiotel 6c tic ne pas foùfîrir qu'oïl s'y ia«
trdduisîi .malgré lui. I.a repente de M le "i. Comté
d'A'hert fut le renvoi de» cinquante homrjies du
fëgimcbt dé fiàrrois qu'il ayoit fait cottitnandèr. C'eil
•alors qu'on lui denvaîidâ s'il n'y avoit ni arfties ni
foldats caches dans rpôtel dont le Jeu, dirigé par
Ici fenêtres '̃> pût inquiéter l.i milice nationale qui
fçroit en dehors.. M. de Rions père de M. d'jAlbeit^
6^tit à un de ces oèleiers de le lui faire pateourtr»
ce qu'il ne voulut point accepter*
̃ A meforc que de orrjvôierit
telles fé raingepient vis-à-vis Ja terrai'
M. deBoivti'eval, ri)àjor*génér;:l de
fUt la baluftrâde qui termine cette terrafle, ¡s'entre.-
tçhôit àkçc MM. Hébert & Durand .capitaines de
̃ îa inilice hauonale quand un volontaire, a la vu©
dé (où bataiîtbh > fdrtit de fort rang & s 'élançant'
fitr M. de Bonncval, il lui porta un coup do labre
fur la tétç, qui le biciFa îégérciiient au frènt 6c
coupa prdfOîidément un des doigt!, de la ifialn fus
îaqnelie cet officier avoif
Joiitaire rentra enfutte dans fes rangs, & re-' .fut
point arrêté.
Vers l'heure dé midi & demi ,îégénérsi ^flemby
îss capitaines de vailîeau #& après leur avoi^ expofé
!a fituanon oîi il fi trpijvpit, il leur demanda leûf
fevis qui fut unanimement de. s'en rapporter aux
foins & aux avances de la municipalité et de
fe confier éfltiêrçment la garde
chargé
pour
& municipal
& de lu confiance qu'on avoit en eux alors 'les
rétablie, l.e général envoya prier M, le Cônfult'e
troupes nationales & de" ne Jailfci;
"que vingt-cinq hommes pour fa garde pcrfonnelle.
î,a rypofife de
convcn.ible de Liiltcr au moins deux compagnies. Sus
ces appjrcnccs d'ordre & de tranquillité, à une heure1
h plnp.ut des ofliciers rortirent pour
t1 n'en rcft>i que quelques-uns qac le général retîuï
auprès de lui.
A deux heures j la pltts grande partie des volon-
taires qui s'étoient abfcntés rejoignirent
pa*niçsi cens qui étoicut à la porte refufcrciu. l'en-
trée à presque tous les officiers de la mariue'quj
s'ypréfeiiterent j il n'y en
qui Bientôt
volontaires voulurent s'y
cris &. ks menaces de ceux qui vou'oient iùnfi force?
U potte, frfifant craindre les plus grands
leur pdrt quelques-uns de leurs propres officiels
pour les retenir & ils parvinrent à les contenir
pendant plus de deux heures.
Peu da tcrtis avant cette nouvelle rumeur, il
partit du champ de-bataille & du iniljeû d'une com-
furent s'enfoncer dans le plancher d'ans le moment
avoit parn. I
Ce ne fut qu'avec beaucoup de peine que egé-
Ht)
B3
néralpit Taire hvfîriiîrc la municipalité tîç la fitiiatiort
©a il fe hici^brcs (lu confeU lurent
• envoyés pour en pfôiidrç corinoifrance par, «Jux-mê-
nies phifietirs vfcîonjjircs entrèrent alors (bus le
prctextc qu'ils étoisjif dp leur fuite & rcjfufotent
(le, fortir avec eus. Nous panons, fous lileiice !es
de ofRcfcrs, Âpres Iq départ
fdç la dépuriUioh d'âîltrcs volontiiircs s'introduifireiit
encore^ augmentant toujours dans lia-
'̃̃teneur- de
inent qu'on leur livrât M. do Bioves, qu'ils accu-
d'avoir ioittnjaiidc de faire feu au délache-
ment qui s'étoit prefeûté le m3tin fur le çhjiuip-de-
bataille, auprès de lu|i qu'en-
viron quiiuc'bfficiers de la uiarinc, armés de lèurs
feules ,épées, les autres n'ayant pu, ainfii qu'il 3
déjà été dit pénétrer l'après-midi dansl'liôtel.
M. la troupe nationale, 8c
Mr Saiirii înajdr j s'eflprçoicnt de vaiucrb la ré.
iiés-- qti3 Iîs vcïoiuaifcs faifôient de M, de! Brbves.
Ces .meilleurs aHiiroient que c'étoit le 'fcujj moyea
de fauver la vie de cet officier dont ils rcp<|ndoieat
confier. M. le Comte d'Albert ayant coniulté les
quatre ou cinq ofliciers qui fc trouvoient Ip plus à
portée de lui, ilaus le moment où 'les follititations
de MM. Morellct & Saurh étoient les plus pref-
gantes H les menaces des volontaires les moins
ménagées, on penfa que pour prévenir jde plus
grands maux, il falloit s'en rapporter aux p^omelîes
des oflicieri fupéri<jurs de la gnrde nationale qui
répondaient de la sûreté de la perfonre de M. de
Hroves. M. lç Chevalier de Bras, major
fut chargé de le prévenir Jâ-dcflus; il le trouva detccn-
̃•(»-)-
iiaat l'cfcalier Se déjà détennisé: à faire ce qu'il
sîloit lui. propofer. Le général le voyant approcher
courut au-devant de lui, & ne pouvant fuppomr
l'idée de Ici voir arracher au milieu de oouis il
lui prepofa de le défendre & de périr avec lui
jinfiqiieiî petit nombre de fe.s camarades <|*jî fe
trôuvoieut là portée de partage les fjfqucs démette
réfolutiph niais M. de Btôves (upjérieur à toute
crainte êc fbft du. ^témoignage de fa cônfeiepee
te remercia M fe remit îui-même éjuré les tnaios
ces volontaires. Le détachement chargé de fon ef-
cotte défila det'ant le reftô de la trompe en bataille
fur la place d'armes. Parvenu au hout de l'aliée
qui Borde cette place -du côté du oiidi le détache-
ment fit alte & remit îa hayoonçu!® dans le four-
neau, M. de Broves p;u d'autant tro^ns fe gajranûr
idée fùncfîç, qu'çq forint do l'hôtel
un yojontàire lui avojt Annoncé le -fort de M. de
Beliunce y mai? cette idjée ne fe infnifefta r|i fnx
Ion vifage ni dans ta comenance ••; ,!il tira
ment fa mootre, Se la préfêmaot qui
cotnmandoit fou efcorte,jïîe pria ".ji'ê b dotiner à,
£on dpirieftique, pour prix de fei bojis fervicêSj cet'
officier neput retenir ires larmes.. Le détachement
fe remit en marche arrivé au jpalais j M. de
la multitude, jl avolt eu la «onfoJaiioa d'entendre
Après l'enlèvement de M. de Brôves M, lé
Çarpilkt & M. Roubaud j il Ke demander ^m la
feconde fois, par M. Mauri ibus-lieuterîs »t d«
çe?Àe ̃ demande M. 4k Çarpijjet viçt^'à l'hâte avec
r«v
84
une dcputation nombreufê à IS
têto de Barthélémy qui dit ail
nom de M. le.ConfuI, qu'on nVftimoit pas qu'il
fût pruiieiH de martiale mais qu'os!
envoyoit à M. d'Albert un projet de proclamation!
qu'on croyoit propre à remplir l<e même objet;
choCe le auroit égard à fa demande. Sa réponfè
fut que, puisqu'on û fcfufolî à la proclamation de
la loi martiale » il falloit bien qu'il fc contentât d<3
ce qu'on vo'iloit lui accorder. La proclamation pro-
pose par
les fous leur fauve-
garde l'hôtel marine fa per-
fonne & avec lui, 8?
d'empêcher qu'il leur tnéùtnve. M.
telle qu'elle étoit, la députation afl'urdtit que la
tranquillité «albit être rétablie k général répondit
Ces MM. fortireat & furent a la tête de chaque
compagnie faire battre r.n ban pour leur faire prêter
le ferment mentionné ci-dedus. L-es premières' l'accep*
terent & fc retireront, pais d'aunes
abiôlinneiit & ces dcrnkres fureitt bientôt rejointes
par phificurs volontaires des premières' compagnies
qui s'etoient lettrées. M. de Carpillet témoin d©
a prends des meftires
̃'̃̃& k coafeil décida que M.Je Confiil forliroit- CI!
grand cortège, fit fe porferoit A t'hôtel !pour eiï
impofer. v ̃̃ I-
'Pendant ce tcms-là arriva une nouvelle compagnie
forcèrent k porte efealadèreat la galerie j& pêne-
de .toute part dans Thô^î. fut
à la rencontre des premiers qui k préfenterent,
Jour demanda à qui ils en
cris furent coutre M.- de Villages immédiatement
ils entoureront le cto.cn r
dans l'hôtel,
qties-.uns & fe fàifirent de M. de Villages qu'ils. me-
nèrent au palais où il fut mis au cachot. Les va.
lontaires cherchèrent inutilement Causer Se
<îc Flotte également proferitsj quelques-uns d'eux
rencontrant cru-
forr. Enfin long teins après M. de Rormeva! qui
avoit échappe à leurs premières pour fuites", fut de
prifon fous la de deux
ofHjieïs des troupes nationales, & fur le coufeit*.
que ces MM. lui en donnèrent.
Immédiatement après J3 prife
de Villages M. le Comte d'Albert lui-ir.cmc dé-
fendu quelque teins par les inft.inces de M. Wrick
wajor des troupes de la marine, à\n ou deux pfiî
CÎers u| la marine qui purent l'approcher & da
pîufîeurs de la milice nationale } n'échappa point
cet outrage. Sans pour.'fon jâge {on rang
fes décorations militaires & fes vertus il fut, comme
un vil fcélérat traîné au palais lau milieu d'un
peuple égaré: on lui arracha ton épée il fut livré
îHix Volontaires les, plus acharnés contre lui fans
qu'aucun de leurs ofikicrs osât le! fuivre on lui
jetta des pierres j il reçut un coup 1 de crofFe entre
les deux épaules Si pendant foui chemia il eût
$pro:ivé, de plus nci^breux outrages!, fans lesjefrorts
On doit fe fonvenif qm, d'après une dé ibéra-
îion prife à Tliôtel-ds-viile M. de Carpillet &: M. Je
Çoufu! ? fuivis. d'ui| cortège
( »s )
rendre c'icï !ç gênera! & tâcher d'en imposer aux
compagnies mutinées; en y allunts ils
M. le Commandeur de Villages avec fon 'efeorte
& ils spprîrent avec indignation que m. te Comte
d'Albcrl Je fuivoit ci de
fuite au palais pour prévenir !c defordre 6c prendre
les précautions nc«elfa:rcs à ta sûreté la picfence
de ces mm. en impoja peu à la foule menaçante
M. d'Albert deioit être remis. Ce çcncral n'eût fans
doute point échappé à fa fureur fi MM. do Mélange
Barrois l'autre d-ins celui de Dauphiné qui fe
frouvoieiit à la fuite de il. cj^ Curpil'ct n'culfent
pu percer cette foule révoltée & lui f.u'rc u\\
rempart de leurs corps. Un jeune volontaire voulut
dans ce moment le percer avec fa bayonnette !e
coup fut détourne & parut dirigé fur M. de Car-1
pitié! qui vouloit foitir aîors philîciirs volontaiics
M. le Comte d'Albert f:uvc de ce danger fut mis
dans une chambre où il trouva du feu bieiitôt une
partie de fon efeorte exigea qu'on le defccndit au ça-
chot. Ce gênera!, témoin. de la difpmc qui É'élevoit
entr'eux à ce fujet leur dit nveC fierté
par tcui ou vous voù'drt^ pourvu que le ne rçus vj;e
plus. Atfji-rôt il y fut conduit & placé à côté |l'un cri-_
mine!, qui depuis fis mois y gémilîbit en âfjtendact
fon jugement.
M. de Rions vieillard rcfpecTabîe âgé dei quatre
(1) Pour connoitrt tittndut des dangers que 1^ gédéral
courut, voyez la dépofition.de ces deux officiers, ijmpninee
'la fuitc du mémoire de M.le Conuç d'Albm. j
( 16)
vingt huit ans malgré l'extrême fatigue qu'il ai-oit
iel-de- ville, iraverfc avec courage un peuple imm«>ifo
ameuté contre fou fils j & inoutànt à la fallc ou
tirer du cachot le commandant
'prenant par le bras' il ne le quitte point qu'il [lait
uera! du Siège, fe joint à lui tous les trois ils
ïent faire fôrtrr le Comte d'Albert d'un lieu aflrcnx
defliné aux feuls criminels où il c'toit renfermé de-
tacle de M traitement inouï ordonne que fui le
des cachots les Se
çju'oii les transfère dans onc chambre commune eu
il leur fut permis de faire entrer les pbje dont ils
f>ourroient avoir befoin. Ces mm.
dans la. première nuit de leur <3c:en-
f ion j elle fut crtielle & fans- celte troublée par les
difputes bruyantes des Volontaires de Iciir garde, dont
les propos peu faflurzns ùifoient craindre que leur
vi« ne fût dans un conf inue! danger
Quand NI. le couful k rctirx, M. le Comte d'Al-
bert lui^demanda s'il étoit écrpiié & qui avoit eu droit
d'être en prifon <jue là ilrépondoit'de (on exiftcucej
Chalfeurs de fi'oopcs réglées pour veiller avec la garde
nationale fa sûreté perfonnclle & à celle d offi-
ciers détenus avec lui. L'arrivée déserte combagn.ia
de ChnlFeurs pendant la nuit alarma lies Voioupïres
ils craignirent que l'on ne voulût enlever les pnfoti'
giïeri- où cm &®t armes on Ics àmou-
peinéns" recôrnme.nceot &t M. le çonful craignant
^ue dans il ne fê coaibût dç nouveaux
délits 6t renuer les troupes dans leur quartier. M«
de Carpiliet de fon côté «voit envoyé à l'hôtel
s'en Soient retires1, les compagnies des' Grenadiers
de Dauphiné
1 pofes i mais les foldats de ce Corps ayant demande
qu'on leur confiât ce dépôt ectsc grâce leur fut ac-
cordée & les Grenadiers fe retirèrent.
Que l'on juge de la douleur & de la concerna! ion
de tous les officiers de la marine j pluficurs furent
cKcï M. de la Roque qui étoit Je plus ancien
capitaine de vailTeau & de- là ils
M. de Carpillct. Les evéntmens de cette journée
& Jce qui ver.oit de fe palFcr au palais obHgcoicnt
ncceflaircmcnt à beaucoup de circonfpcclion. On
étoie prévenu qu'au moindre mouvement qu'on ten-
teras pour enlever les oflkicis détenus-» leur vie
feroit en danger. Quelques officiers de la mariuc
propoferent que tout le corps fe conftituât prifon-
nier'avec le général & partageât fon fort; Cette
démarche parut avoir de grands inconvénieps j elle
faifoit abandonner par ks ofikiers de la iparinc
la fiirverllance des portes &. des travaux du port,
quoique leur autorite y fût confldérablemeiu dimi-
mtée par l'cfprit ils rc-
noncèrent donc à ce projet & ce fut de ljçur part
un nouveau facfifice qu'ils offrirent au bien pu*
blic. -̃ .Y ̃̃ .̃ }̃̃̃
M, de Carpitlet dépêcha pendant h mnt -M- de
Villars officier au régiment de Dauphiné M. de
Cararrian commandant de la Province, qi|i ré(ide
à Nlarfeillc'poair .lui rcodre compte des évtjnemens
qui venojént de fe paffer.-
Le lendemain i Décembre les officiers de la
cher M. deîaRoq|tic| il leur
ht la relation qu'il cnvoyoit au Minute, c'cft
celle qui a été imprimée. Il étoit bien rfulicilc que
M. de la Roque dans' dés circonft«iticcs ai:(ïi. ià-
cheufes & dans un temps aufîi court eût pu
faire une relation parfaitement cx.iéte os: doit même
le Ibit que de l'ordre
£< de la clarté qui y régnent -il éciivit en incme teins
à M. le Conful pour lui déclarer au nonrdu corps,
que ne pouvant ccnfïdérer M. le Comte d'Albert
il ne cdfetoit pas de le
regarder comme commandant de la marine & qu'en
conférence il demandoit que tous les oftîcicrs ptif-
fciit aller lui rendre des comptes & prendre fes or-
dres. M. le Conful fe contenta de lui faire répondre
vejbalcmcntquc M. le Comte d'Albert fcroit vifiblc
pour tous !cs ofiîcicrs..
i.c même jour ,1 Décembre M. d'André, dé-
Le 3 M. ,Broquier aide-major des troupes de
h marine, frit arrêté & conduit au palais. M. Wrkk,
major & M. Chateigm'er, garçon-major des ir.t'nics
troupes apprenant qu'ils dévoient vtre arrêtés eu-
ïentle temps de /c dérober aux recherches que l'on
fdifb.it foir de la même jour-
née il fut décidé la maifon-'de-villc qu'on nomme-
roit un comité de recherches, cou?pofé de ouze
Le le comité des recherches (i J commenta fes
par ̃ fes Volothairts nommèrent les 1 membres <Je ce
Comité tes dépofitions en grand; partie furent! ptifet
jar Mr. Barthélémy Procureur à le Sénéchauffée de
Toulon faifant les. fondions de Grenier U reçus
informations, il les a continuées jusqu'au 7
où la procédure fut clofe & envoyée à raHemblée
de Villeneuvc-Icx-Avignon annoitçoit une Hfcadre
Angiaife & Hollandaifc dans le port de Livouruc
le même jour 1111 patioii de barque dépofa dit on
avoir rencontré cette Ëfcacîre le peuple ne doutant
nullement' que ccs forces chimériques ne furent def-
tiuces â venir attaquer la ville la fermentation re-
doubla, les volontaires furent vifîter le vaiffem ami-
ral où ils fùppofoient des munitions de guerre tx les
canons chargés à mitraille ils demandèrent qu'on
abbattît les bâtons des fïgnaux nouvclle'mcnt éta-
blis bord de ce vailîtMii & fur !.i côte ce qui fut,
exécuté fur le champ; ils, vouloient s'emparer de !a
garde des fous, armer les batterie:; ils
rent 5 c même temps de précaution envois les ofîi-
ciers clétenus on les fq>ar;i 011 ne permit de les
voir qu'avec une permiflion par écrit de M. h Con-
ful pour utt temps limité ?< presque toujours trcs-
court. Leurs parens irème ne l'obtenoicnt pas fans
difficulté; les volontaires de Ic.rg.iîdc furent jufqu'à
exiger que Ici lettres quc.M. d'Albert ccrivoit. leur.
filtrent lues; enfin M. leConfuI, i;c pouvant plus
tenir fins doute à tant d'inditnites chanjc-i do cet
objet de police M. Morcilet colonel des troupes de
Ces mauvais 'traîtemens ces dures précautions
furent fument adoucies par Je caradère moral de
quelque* perfonnes cliargccs de leur garde qui
par Mr. Girard,' aiiïre Procureur audit au.
quel le pubtic attribue la rédiction du Mémoire de 11

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