Dialogues sur le magnétisme animal

Publié par

chez J. G. Dentu imp. lib. (A Paris). 1826. Vol. in-8° (2[...] limin. & 24 pages.).
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Publié le : dimanche 1 janvier 1826
Lecture(s) : 8
Source : BnF/Gallica
Nombre de pages : 26
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

DIALOGUES
SUR LE
MAGNÉTISME ANIMAL.
DIALOGUES
sun I E
MAGNÉTISME ANIMAL.
Auras-tu ilonc tou jours îles jeux pour np point voir,
Peuple ingrat? Quoi! toujours les plus grandes me
Sans ébranler ton cœur frapperont tes oreilles!
Oimnil Dieu par plus il'elfets montra-t-il son pouvoir?
Athalie, act. i, IC 1
A PARIS,
CHEZ J. G. DENTU, IMPRIMEUR-LIBRAIRE,
rue du Colombier, n° 21.
M. D. CCC. XXVI.
DIALOGUES
SLR LE
MAGNÉTISME ANIMAL.
DIALOGUE
ENTRE UN DOCTEUR,
Membre de toutes les Universités et Académies du
monde connu, notamment de la Facultede me'de-
cine fondée à Paris, dans la rue de la Bûcherie,
l'an dé notré salut i 472 5
ET UN HOMME DE BON SENS,
ancien malade du docteur.
K Le docteur est désigné par la lettre A, le malade est désigné
par la lettre B.)
A.
COMMENT, monsieur, est-ce bien vous? Mais
je vous croyais enterré il y a six mois.
B.
Grâces à vos soins, chér docteur, il est sur
que cela aurait dû arriver, si vous ne m'eus-
siez abandonné à temps pour laisser à la na-
ture le loisir de faire quelques'efforts.
2
A.
Voici, sans contredit, une de mes plus
belles cures !
B. plus belles cures?
Comment, une de vos plus belles cures ?
A.
N'en doutez pas, monsieur-. Il est vrai que
je vous ai cru mortj je ne me suis trompé
qu'en cela seul : vous vivez, et vous ne de-
vez votre guérison qu'à mon traitement, dont
l'effet, quoique plus lent que je ne l'atten-
dais , n'en a pas été moins heureux; la nature
s'est montrée long-temps rebelle; je confesse
qu'elle s'était irritée sous mes coups, de ma-
nière à m'obliger à cesser le combat; mais en-
fin elle était vaincue, et la voilà forcée d'a-
vouer mon triomphe. Je ne vois plus de traces
- d'athéromes , de stéatomes, de mélicéris.
B.
Non, il ne me reste plus que les cicatrices
de vos vingt-deux saignées, et les stigmates
des cautères dont vous m'avez brûlé; je ne
jparlejpas de vos nombreux vomitifs. Que vous
avais - je fait, mon cher docteur, pour em-
ployer ainsi contre moi, tout ensemble, le fer,
le feu et le poison?
5
A.
Ce que vous m'aviez fait, monsieur ! Vous
étiez le plus mauvais su jet que jamais méde-
cin ait eu à traiter, et de la nature la moins
docile. Hélas ! la douceur de mes principes a
pensé me faire perdre l'estime dont j'avais
joui jusqu'à ce moment dans la Faculté. Les
six docteurs, mes confrères, que j'avais ap-
pelés pour consulter sur votre état, voulaient
absolument qu'on vous coupât la cuisse droite.
J'eus la faiblesse de m'opposer à leur résolu-
tion; vous avez conservé votre cuisse, mais
ils ne me pardonneront jamais mon peu de
déférence pour leurs avis.
B.
J'ignorais, monsieur, que j'eusse couru un
aussi grand danger, et c'est en tremblant d'ef-
froi que je vous remercie de votre généreuse
faiblesse. r
A.
J'ai fort à me plaindre de votre ingratitude.
Pourquoi, après avoir reconnu que vous ne
deviez la vie qu'à mes soins
B.
Permettez, docteur, que je vous fasse ob.
server.
4
A.
Pourquoi ne vous êtes-vous pas empressé
de m'appeler, de me faire part au moins du
plus étonnant prodige que l'art ait jamais
opéré, afin de me mettre à portée de suivre
les progrès de votre convalescence, et de con-
signer un fait aussi merveilleux dans les an-
nales de toutes les Facultés possibles?
B.
Daignez m'entendre un seul instant.
A.
Cela peut encore se réparer, et je vous prie
d'entrer avec moi dans quelques détails, d'a-
près lesquels je me propose de composer une
petite dissertation qui assurément ne fera pas
moins d' h onneur à l'art qu'à la nature.
Nous vivons dans un siècle où les hommes
ont grand besoin d'être ramenés aux vrais
principes. Voyons. Que devîntes-vous
d'abord, et qu'éprouvâtes-vous lorsque je vous
eus rendu ma dernière visite ?
B.
Ce que je devins, et ce que j'éprouvai? Ma
foi, jp n'en sais rien par moi même, grâce à
la bonté que vous aviez eue de m'ôter tout
1
5
sentiment de mon état ; mais je vais vous.
rapporter fidèlement tout ce que j'en ai appris
depuis par la tradition.
Immédiatement après votre dernière visite,
qui fut, m'a-t'On dit, escortée d'une saignée.
A. ,.
Oui, la vingt - deuxième et la plus néces-
saire, la mieux indiquée, celle avant laquelle
vous ne pouviez mourir, quoique des îgnorans
aient osé avancer que vous deviez périr dès la
dix-septième. Eh bien.
Je tombai dans un affaissement
A.
Bqb-
B.
Tel qu'on me crut mort.
A.
Je le'crûs aussi. Fort bien! à merveille!
excellente marche !
, B.
Je ne sortis de cet QtlH que pour rgç débat-
tre dans \e$conviions d'une pénible ago-
nie.
6
A.
Bien, bien. Tout cela est dans les règles;
dernier effort de la nature.
B.
J'en étais donc là. On n'attendait plus
que le moment peu éloigné de mon dernier
soupir, que vous appelez un dernier effort de
la nature, quand un de mes amis interrom-
pit le cours des lamentations et des gémisse-
mens de tous ceux qui s'intéressaient à moi,
pour proposer de recourir à un magnétiseur.
(lei le docteur fut subitement agité d'un
mouvement consuls if.)
A.
Quelle folie ! On n'en fit rien, j'espère.
B.
Pardonnez moi. Daignez écouter jus-
qu'à la fin, je vous supplie. Comme vous m'a-
viez abandonné après avoir épuisé les plus
puissantes ressources de l'art, et comme vous
aviez expressément déclaré que vous ne re-
viendriez plus, on crut ne mariquer en rien
aux égards respectueux dus à la Faculté, en
recourant à ce dernier moyen.
7
A.
Hé bien ! qu'arriva-l-il ?
1 B.
Il arriva d'abord qu'à la seule proposition
d'appeler un magnétiseur, le chirurgien s'en
alla aussi, et, selon les règles de l'art, aver-
tit en passant l'apothicaire de travailler à son
ample mémoire. Me voilà donc absolument
abandonné, et compté au nombre des morts.
Le magnétiseur vient, et me trouve tel que
j'étais, c'est-à-dire en très-piteux état. Sans
oser se permettre de rien espérer, il me donne
ses soins : un léger succès, qu'il croit entre-
voir, l'encourage; il continue, et l'agonie se
termine, contre toute apparence, par le re-
tour à la-vie.
A.
Mais , mais.
B.
Calmez-vous, je vais finir. Huit jours
après, à commencer de ce moment, je me
sentis ranimé, je repris des forces ; toutes les
fonctions vitales se rétablirent; je recouvrai
l'appétit, le sommeil; et je vous jure que,
pendant trois mois à peu près que dura son
traitement, il ne m'a pas fait prendre pour
une obole de drogues. Toutes les douloureuses
8
plaies dont vos terribles ordonnances m'a-
vaient couvert de la tête aux pieds, se sont
refermées sans inconvéniens ; il ne fallut plus
qu'attendre-la réparation (hi sang que vous
aviez si largement répandu. Enfin, me
voilà, et je crois que vous n'avez besoin d'autre
preuve du fait que de me voir.
A.
Monsieur, monsieur, il y a beaucoup de
elipeies à dire làùessus.
B.
Je le crois; mais en attendant, vous serez
au moins forcé de dire que j'étais condamné
à mourir, et que je vis.
A.
Ne parlons pas de eela ; procédons métho-
diquement, sans humeur et sans préjugés.
B.
Il me semble, cependant, qu'il ne peut être
içi question que du fait : je vks.
A.
Vous croyez donc au magnétisme animal ?
B.
Les tno\s ne font rien à 1*1 question ; je crois

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.