Dieu ne peut pas exister

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Tout commence par l’interrogation suivante : après toutes les atrocités engendrées en son nom, comment un « Dieu fait Amour » peut encore être une référence dans un siècle soi-disant de progrès et de connaissances qui vont à l’encontre de la crédulité et des superstitions. L’évolution intelligente et tolérante de l’humanité, si elle veut survivre au destin de la destruction, des guerres, des haines engendrées par une religion révélée, a tout intérêt à se rappeler le précepte de Jésus : « Aimez-vous les uns les autres ». S’appuyant sur les seuls faits historiques et archéologiques qui confrontent les textes de la bible hébraïque à la réalité scientifique, l’auteur en vient à conclure que le dieu monothéiste des trois religions révélées ne peut pas exister. Ce dieu « bon » des premières écritures n’est que destruction, anéantissement, violences, conflits, à l’instar des hommes qui l’ont par conséquent fabriqué de toute pièce. Et Françoise Lacotte l’affirme : elle ne peut souscrire à cette invention des hommes qui voudrait qu’une entité supérieure ait prédit leur avenir, leur devenir,  au mépris de l’égalité entre les races, les peuples, et des valeurs de l’humanité toute entière qu’il aurait créée.


Publié le : vendredi 17 août 2012
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EAN13 : 9782362521973
Nombre de pages : 174
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DIEU NE PEUT PAS EXISTER

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Françoise LACOTTE

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Dieu ne peut pas exister

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Éditions Mélibée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Éditions Mélibée, 2012

9, rue Sébastopol - BP 21531 - 31015 Toulouse Cedex 6

 

Fabrication numérique : I-Kiosque, 2012

 

EAN numérique : 9782362521553

 

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TABLEDES MATIÈRES

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AVANT-PROPOS

 

PREMIÈRE PARTIE : LA BIBLE

 

LA NOTION DE DIEU

 

MAIS QU'EN EST-IL EXACTEMENT DE L'EXISTENCE DE CE DIEU NÉ DANS LA PENSÉE ISRAÉLITE ?

 

HISTOIRE D'ISRAËL

Les premiers habitats israélites

Le royaume d'Israël

Les soumissions aux royaumes voisins

Soumission assyrienne puis égyptienne

Soumission babylonienne

Soumission perse

Soumission grecque

Soumission romaine

Dominations étrangères

 

L'ANCIEN TESTAMENT

Adam

Noé

L'Arche

Le Déluge

Le mont Ararat

Abraham

Le retour du peuple juif en Canaan

Babylone

Sodome et Gomorrhe

Sarah et Agar

Israël, Juda et royaume du Sud

Moïse

L'Exode

Les Tables de la Loi, ou Décalogue

Les plaies d'Égypte

La Mer Rouge

La conquête de Canaan

Les Rois

 

LE NOUVEAU TESTAMENT

Les textes

Les Évangiles

La valeur des Évangiles

Les dates

L'année de naissance

Le jour et le mois de naissance

La crèche

La Virginité de Marie

Les Mages

Les rois mages

L'Étoile du Berger

La mort de Jésus

La mort

La crucifixion

La responsabilité de la crucifixion

Le symbole de la Croix

La résurrection du Christ

La résurrection

Pourquoi Jésus devait ressusciter

Le Messie

L'Apocalypse

La portée théologique de l'Apocalypse

Les Miracles

Cultes guérisseurs sémitiques

Cultes guérisseurs hellénistiques

Les miracles du Nouveau Testament

Les miracles d'aujourd'hui

Les lieux saints et les reliques

Le cas particulier du « Saint » Suaire de Turin

 

CONCLUSION SUR LA CROYANCE EN DIEU

Est-ce l'image que l'humanité peut se faire d'un Dieu bon ?

 

DEUXIÈME PARTIE : L'ÉGLISE ET AUTRES RELIGIONS

 

« MON DIEU », QUE D'ATROCITÉS !

 

LES AFFIRMATIONS DÉMENTIES

Les Sciences Humaines

La Bible, le manuscrit le plus ancien de l'humanité

Les faux

 

LES COMPORTEMENTS ET POSTURES

La supériorité des allégations de l'Église

Les décisions papales

L'Église face aux maladies

L'Église face au totalitarisme

L'indécence du clergé

 

LES GUERRES

Les croisades

Les Guerres de Religion

 

LES CRIMES

Le massacre des Templiers

L'Inquisition

Les Conquistadors

L'esclavage

Les pères Blancs

Le génocide rwandais

Ces Chrétiens qu'on assassine

Le Terrorisme au nom de Dieu

La pédophilie

 

LES AUTRES PETITS MEURTRES ENTRE AMIS

 

LE CAS SPÉCIFIQUE DE L'ANTISÉMITISME

Les pogroms

Les Ghettos

La Shoah

L'Église sait... et se tait

L'Église sait... et agit

 

ÉPILOGUE

 

 

 

 

 

AVANT-PROPOS

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Mes hypothèses ne se veulent aucunement sectaires ni irrespectueuses envers les croyances, l'église, la synagogue, le temple ou la mosquée, ou envers leurs fidèles. J'essaie d'en démontrer seulement la vanité et je m'appuie tout au long de cet essai, de données scientifiques, de recherches archéologiques et historiques, d'autres mythologies et cultures, d'autres écrits, des réflexions ou interrogations logiques. Et pour bien montrer qu'il n'est pas question d'un simple point de vue personnel, je m'appuie sur beaucoup de textes de chercheurs, exégètes, philosophes et écrivains dont je partage les démonstrations.

Je ne suis pas née athée ou agnostique, je suis partie d'une Foi absolue et excessive, presque mystique, pour arriver au vide religieux le plus complet.

La vie, les connaissances acquises, les nombreux pays visités, les coutumes et les mœurs observées, la fréquentation de cathos pas trop catholiques, des islamistes aux coutumes et interdits étranges, de juifs sectaires, m'ont définitivement détournée de toute religiosité et de toute foi.

La maturité, la sagesse, le sens critique développé par mon expérience, mes lectures, mes apprentissages, m'ont amenée, malgré des moments de doutes, des moments d'espoir, ou de désespoir à l'appeler en vain, à admettre que Dieu, le Dieu des monothéistes, ne peut pas exister.

Les données scientifiques que sont la paléontologie et l'archéologie démontrent que la création de l'Homme ne dépend pas d'une initiative ou d'un projet divins.

Si Dieu avait créé la Terre et les habitants de la planète, il aurait créé des espèces végétariennes qui n'auraient pas eu l'obligation de se massacrer et de souffrir pour survivre.

En revanche, je reste fascinée par le nombre des chefs-d'œuvre artistiques que la religion a pu engendrer, même si les détracteurs de cette idée peuvent dire que ce sont des œuvres de commande qui n'avaient pour but que d'endormir le bon peuple, de faire comprendre aux enfants et aux analphabètes les rites de l'Église. peut-être cela est-il vrai, parfois mais pas toujours, pour la peinture ou la sculpture, mais les bâtisseurs de cathédrales étaient indubitablement mus par une foi immense. Certains chefs-d'œuvre de la littérature sont également l'accouchement de vraies croyances. Et mes yeux et mon cœur savent y déceler ce qu'il y a de beau.

 

Alors pourquoi livrer aujourd'hui mon opinion ?

 

Parce que je suis dépitée de la naïveté, effrayée des intégrismes, épuisée des mensonges, fatiguée des pardons auto-accordés de tous ces croyants qui m'entourent et continuent à dominer les philosophies du monde.

 

J'ai peur de ce XXIe siècle qui se dessine, comme d'un siècle « religieux » qui ne va pas dans le bon sens. Le XXIe siècle est plus que jamais celui de l'intégrisme religieux et de l'intolérance entre les hommes, beaucoup trop nombreux sur notre planète. Le XXIe siècle est plus que jamais celui de tous les dangers au nom d'une croyance en un Dieu unique qui pourtant est une invention des « hommes ».

 

 

Aixe-sur-Vienne,

Le 12 janvier 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PREMIÈRE PARTIE

LA BIBLE

 

 

 

 

 

 

 

LA NOTION DE DIEU

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« L'homme est une erreur de Dieu ou Dieu une erreur de l'homme ? »

(Friedrich Nietzsche)

 

« Le Royaume des Cieux est un état du cœur » dit encore Nietzsche. Le mot Dieu engendre en effet une émotion réelle, une adoration sans bornes, un amour sans limite. Cet amour qu'il investit est basé sur la seule Foi, irrationnelle. Mais il est aussi le symbole des conflits et des schismes des religions qui en revendiquent la Révélation. Il est malheureusement l'arme brandie dans des guerres atroces justifiées en son nom. Il est l'exemple de l'Autorité qui menace, interdit, punit et se venge.

Dieu est injuste, élisant un peuple alors qu'il aurait créé l'humanité, choisissant Abel plutôt que Caïn, ordonnant le sacrifice d'un innocent, même s'il retient la main meurtrière d'Abraham au dernier moment, anéantissant la terre entière par un déluge, abandonnant souvent ses ouailles. Il bannit Adam et Ève pour une pomme ! (qui paraît-il était plutôt une grenade), pas étonnant qu'elle soit restée coincée dans la gorge de ce pauvre Adam !

Et c'est Dieu qui est donné par les croyants comme l'Exemple à suivre, à prier pour être heureux, épanoui, en paix avec soi-même et avec les autres. pourtant que de barbaries ont été engendrées en son nom !

Nul n'est besoin de croire en Dieu pour aimer son prochain et accomplir de grandes et vraies bonnes actions. La Foi n'a pas le monopole de la compassion, de la charité, de l'altruisme et du respect du monde dans lequel nous vivons. La Raison a une tout autre opinion à exposer.

 

Rien n'est plus extraordinaire que le succès de la Bible hébraïque à l'origine des trois grandes religions « révélées ». Voilà près de 28 siècles que la Légende racontant la Création du monde où un Dieu unique est adoré, ne se départit que peu de son auréole. La Bible est le premier livre imprimé par Gutenberg, le plus édité encore aujourd'hui, et traduit dans le plus grand nombre de langues.

 

Mais qu'en est-il exactement de l'existence de ce Dieu né dans la pensée israélite ?

 

Tout le monde admet aujourd'hui qu'Amon-Râ ou Osiris, Zeus ou Jupiter, Mithra ou Krishna, Bélinos ou Manitou, Odin ou Thor, Quetzalcóatl ou Viracocha sont des mythes inventés par les hommes, par Toutatis. ! Pourquoi Yahvé ou Elohim ou Dieu ou Allah ou Jéhovah ne viendrait-il pas tout droit de l'imagination humaine ? Les croyants diront que la raison en est que c'est Dieu qui s'est révélé à l'humanité. Et c'est ce que raconte la Bible hébraïque devenue l'Ancien Testament des Chrétiens et la première partie du Coran. Première contradiction : pourquoi, alors que Dieu s'est révélé et que nous aurions tous un ancêtre commun, y a-t-il trois religions monothéistes, et des courants multiples dus à des schismes en leur sein, toutes avec des rites très disparates pour honorer ce seul Dieu ? pourquoi a-t-il autant de noms si c'est une même entité ? Et pourquoi au nom de ce même Dieu les religions se font-elles la guerre ?

L'homme n'a pas attendu le VIIe siècle avant notre ère (date probable de l'écriture de la Bible hébraïque) pour avoir des croyances. L'homme est né religieux par nécessité. Déjà, le néolithique était religieux, comme les grottes et l'art pariétal en attestent. Les hommes ne comprenant pas le monde qui les entourait, dans l'angoisse obsédante de leur environnement, se sont spontanément faits animistes. Ce qui les entourait étaient le soleil, la pluie, le vent, les plantes, les animaux, leurs semblables Ce qu'ils n'appréhendaient pas étaient le jour et la nuit, le cycle des saisons, la naissance et la mort Ce qui les effrayait étaient l'orage, l'inondation ou la sécheresse, les tempêtes, les maladies qui pouvaient les détruire. Ils ont alors conçu des dieux pour amadouer chacun des éléments, du soleil, de la pluie, de l'océan, du feu ou plutôt des déesses, nourricières et protectrices, qualités plutôt reconnues féminines. Et ce, jusqu'à ce que les hommes emplis de leur supériorité ne relèguent la femme à un rang inférieur et ne préfèrent un dieu masculin qui leur ressemblait. Dès le début des croyances, de la Sibérie à l'Amérique, de l'Afrique aux îles du Pacifique, les chamans étaient les intermédiaires entre les hommes et les « esprits ». Ainsi sont nés les rites qui permettaient d'infléchir la colère des dieux et demander leur clémence, cultes de la fertilité et cultes des ancêtres au premier chef. Pour donner un sens aux phénomènes de la nature, les mythes cultuels ont donné naissance à des récits relatés de générations en générations, lesquels se sont transformés avec la coutume en croyances, sorte de conscience collective d'une Vérité. Face à la souffrance, au combat pour la vie, l'homme avait besoin d'espoir, de lumière, d'avenir. Il a alors créé un concept auquel il a donné le nom d'une divinité qui pouvait tout expliquer et interférer en faveur de son destin.

Toutes les populations du monde ont vénéré des dieux, un créateur suprême, nommé Nature, Ciel, Soleil, Lune. Les Égyptiens ont dominé la mort, en instituant les rites fabuleux du passage dans l'au-delà et de la renaissance. La destinée des Grecs dépendait de l'humeur de leurs dieux. Homère en a narré les plus prestigieuses légendes avec ses Iliade et Odyssée. Les Romains ont copié le panthéon grec en rebaptisant ses dieux de noms latins. La vieille Europe, les peuples d'Afrique, du Moyen orient, d'Extrême Orient honoraient leurs propres dieux. Selon les traditions orales de la plupart des peuples autochtones des Amériques, les hommes ont vécu sur le nouveau continent depuis la « genèse », décrite par un large éventail de récits de la Création. Pour les cultures africaines, il n'existe qu'un seul Dieu, qui, après avoir créé le monde, se retire et intervient rarement dans les affaires humaines, car considéré comme d'essence trop pure pour y interférer. Il est le simple garant de l'ordre établi, ne se souciant de « l'être » seulement qu'une fois que celui-ci a rejoint son monde invisible, en juge. Pas une culture, pas une nation donc sans son dieu. Bouddha lui-même a créé la notion du nirvana pour assurer d'un d'au-delà, sans lequel la vie sur terre ne serait que vacuité, mais un au-delà d'où enfin on ne reviendrait pas. Bouddha est au reste un concept philosophique contre la souffrance, qui n'empêche nullement de prier « des » dieux. Les civilisations précolombiennes ont vénéré le Soleil qu'elles craignaient de ne pas voir chaque jour. Les Amérindiens ont vénéré la Nature avec laquelle ils vivaient en osmose et pour laquelle ils vouaient un immense respect. Les Wampanoags sont à l'origine du « Thanksgiving » américain, en saluant en 1621 avec les colons de Plymouth le Créateur, le remerciant de ses bienfaits...

Depuis la nuit des temps, l'homme s'est senti surpassé, dominé par une puissance invisible et ce dans tous les recoins de la Terre. Pourquoi le Dieu hébraïque devenu le Dieu des Chrétiens et des Islamistes devrait-il surpasser en quoi que ce soit toute autre croyance ? Et comment est-il apparu ?

 

 

 

 

 

 

 

HISTOIRE D'ISRAËL

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Pour comprendre pourquoi il était nécessaire qu'un Dieu soit apparu au peuple juif, il faut connaître le contexte de la région du Levant, l'asservissement presque permanent de deux états, Juda et Israël, par les puissantes civilisations qui les entouraient, son rôle de tampon géographique entre les grandes puissances qui n'ont cessé de faire des guerres de conquête et de domination.

Dans l'Antiquité, qui va du IIe millénaire (âge de bronze) au IIe siècle avant J.-C, Israël se compose de populations cananéennes qui ont établi des royaumes dans le proche orient, d'abord en Juda le long de la côte méditerranéenne au sud puis en Israël au nord, entre la plaine côtière et la vallée du Jourdain.

Ils sont entourés des grandes civilisations antiques de la région dont ils sont le plus souvent les vassaux. Au Nord la Syrie. À l'est l'Assyrie et les royaumes de Babylone et de Perse. Au Sud, l'Égypte. À l'ouest, la Grèce antique puis l'empire romain. Ce n'est qu'après le retour d'exil de Babylone que naît l'idée d'une nation qui se développe en Juda bientôt absorbée par les perses puis des groupes hellénistiques au IVe s. avant J.-C, avant de trouver une courte indépendance au cours des deux derniers siècles avant notre ère et avant de devenir encore province romaine.

 

 

Les premiers habitats israélites

 

Faiblement étendu, avec un relief principalement montagneux, le territoire fragmenté aux faibles ressources naturelles se caractérise par un élevage nomade et une agriculture sans irrigation (à l'inverse de l'Égypte et de la Mésopotamie, où les Hébreux vont souvent s'installer pour y vivre une vie moins austère). Seules les précipitations d'hiver peuvent garantir quelques récoltes. Selon l'archéologue israélien Yohanan Aharoni (1919-1976), c'est la fragmentation du terrain qui explique celle des groupes ethniques de la Palestine. Il a participé au mouvement de l'« archéologie biblique », à savoir la recherche du passé de la région à partir du texte biblique. Ce mouvement laisse place aujourd'hui à la véritable archéologie, scientifique cette fois.

Les fouilles locales, dans les cités cananéennes, ne donnant aucune trace des premiers israélites décrits par la Bible, les recherches archéologiques se sont déplacées sur les hautes terres de l'actuelle Cisjordanie. Les moindres traces de vie ont été systématiquement prélevées et datées. Elles ont permis de localiser les habitats des premiers israélites. 250 localités ont été découvertes, de tout au plus quelques centaines d'individus, quelques bœufs de labour et des troupeaux de chèvres et moutons, pour les plus importantes, les pasteurs nomades s'étant peu à peu sédentarisés, tout d'abord à proximité du désert, puis plus à l'ouest.

Dans le nord, les vallées connaissent un renouveau après le Bronze récent qui commence au XIIIe siècle avant notre ère. Les traditions cananéennes se poursuivent, suivies par des destructions et des incendies répétés. Tous les scientifiques s'accordent à dire que ce sont des « peuples de la Mer » (dont on ignore à ce jour l'identité) qui ont fait s'effondrer le monde israélite de l'âge de bronze et favorisé le passage à l'âge de fer (Ier millénaire).

À partir du XIIe s., les hautes terres de Judée, de Samarie et de Transjordanie connaissent une rapide expansion démographique, donc un plus grand nombre d'habitats, 230 sites à la fin de l'âge du Fer, dont quelques-uns sont dotés d'édifices publics (temples ou silos à grains).

Au sud, le territoire des collines de Juda moins peuplé révèle 20 sites lors de prospections archéologiques. Ces sites s'étendent sur moins d'un demi-hectare regroupant chacun moins de 100 habitants. Est, près du Jourdain ou en Galaad, les sites d'habitation passent de 20 à l'âge de bronze à plus de 200 au XIIe s. avant J.-C sur le littoral, les philistins occupent la bande de Gaza et les phéniciens les ports maritimes du Nord.

De nouveaux habitats apparaissent également dans la vallée de Beersheba et au nord du Néguev. Cette région située sur la voie caravanière est-ouest profite du commerce du cuivre de l'Arava et des produits provenant de l'Arabie. Les destructions observées dans les vallées du nord, dans le territoire de Benjamin et dans la vallée de Beersheba peuvent être attribuées à la campagne militaire de Shéshonq (XXIIe dynastie égyptienne) pour reprendre le contrôle de Canaan, relatée sur un mur du temple d'Amon-Rê à Karnak : le pharaon Sheshonq Ier y est représenté en guerrier vainqueur, à côté d'une liste des quelques 150 cités-états qu'il a conquises.

Vers 900 avant J.-C, l'état d'Israël construit les premiers centres administratifs fortifiés et des palais en pierres à Megiddo, Samarie, Jezréel. Pour Jérusalem, il faudra attendre encore deux siècles.

Israël et Juda, pays à jamais « soumis » par l'histoire ont en commun le culte de Yahvé, mais aussi d'autres dieux, leurs dialectes hébraïques sont proches et, à partir de 800 avant notre ère, ils utilisent le même alphabet.

 

 

Le royaume d'Israël

 

Ce sont les royaumes voisins d'Israël qui fournissent par leurs archives et par trois stèles la preuve d'un royaume d'Israël au IXe siècle avant notre ère, avec la dynastie des Omrides qui avait étendu son influence en Syrie et en Transjordanie, incluant le Jourdain et une partie du Moab :

— L'obélisque noir, -825 (au British Museum), écrit en caractères cunéiformes, vante la victoire du roi d'Assyrie Salmanazar III sur une coalition entre Damas et le roi Achab (roi d'Israël).

— La stèle de Mésha (au Louvre) écrite en moabite vers -800 vante la victoire de Mésha, roi de Moab sur Omri et son fils Achab, par laquelle la Transjordanie se libère de la domination d'Israël.

— La stèle de Tel Dan (au nord d'Israël) écrite en araméen, raconte que le roi de Damas a tué Joram, fils d'Achab, roi d'Israël. Ce fragment de stèle en basalte, découvert en 1993 en Galilée par l'équipe archéologique d'Avraham Biran, datant du IXe siècle avant notre ère et un siècle après la conquête d'Israël par le roi David, porte la mention « DWD » (« Aimé » ou « David » ? qui authentifierait alors ainsi qu'un roi David a bien fondé une dynastie en Israël.

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