Discours de la lanterne aux Parisiens ([Reprod.]) / [par Camille Desmoulins]

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[chez Le Jay fils, libraire] (Paris). 1789. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : jeudi 1 janvier 1789
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premier de h liberté.
A
LA LANTERNE.
A VX PARISIENS.
entre toutes les lanternes. Qu'eft-ce qu j la
en comparaison de moi ? Il cherchoit I un
homme » & moi j'en ai trouvé 200 mj'ilfe.
l'ai obligé de convenir que
}fe méritois mieux qne
Çhaque jour je jouis de iextate de, quelques
voyageur Anglois,
Bas, qui me contemplent avec admiçation;
prife qu'une lanterne ait fait plus en deux
jours que tous leurs héros en cent ans. Alors
je ne me tiens pas d'aife, & je m'étonne qu'ils
reine
Citoyen! m« de
'public Te groupe & fe renouvelle fon s affe
autour dé moi. Je n'ai pas perdu un mot de
ce.qui s'y eft dît; j'ai beaucoup obfetve, &
je demande aufli la :parole:
Avant de venir aux reproches que)'! vcu>
drois bien n'avoir point à faire à la Nation,
qui lui font dus. Dans les dernieres ordon-
nances, on remarque un iyle tout nojveiu»
Plus de Louis f par la grâce de .Dieu; plus de
Car tet ejl notre plaijir. Le Roi fait à fon armée
rhanneur de lui écrire it demande aux roldats
au nQm de Tes ancêtres, & on voit bien que
plaire d'une certaine brochure où on a fait
les portraits de (es pères. Au demeurant, la
lettre eft des plus polies. Le nouveau ftcre-
ce ftyle m'enchante.
N'avez-vous pas remarqué encore que le
cri de vive le Roi n'eft plus ri comm n, &
vieillit comme le cri
Autretois, fi les Parijiens avoient donné au
Prince un vàHTeau ou accordé un oàrpi au
lieu de crier Vive la bonne ville de iPajrïs t
t$y
Aa
on crtoît Vive lé ftoi Si nous avions battu
les Impériaux au lieu de crier; Vive nos
Soldats vive Turenne I Tous, leurs tentes
ViveleJ<oi 1 pendant qu'à cent Ueues de là,
Je Roi repofoit mollement fous les pavillons de
la volupté ou pourfuivoit un daim dans la
foret de Fontainebleau. Dernièrement encore;
dans la nuit du 4 août,
bleflfe, & les Communes difputoient de fa-
crifiecs, fe dépouilloient à l'envi, & quort
nationale ces mots touchans, nous foin m es
tous 'égaux, tous amis tous frères au !!en
de s'écrier Vive le Vicomte de Noailles
vive le J)uc d'Aiguillon, vivfcMontmorenk,
TafteUane vive Mirabeau qui leur'a donné
doc, > l'Artois & la Bearn, qui facrifient fi
M. deLalJy s'égofiller à crier Vive le Roi*
vive Louis XVI reftaurateur de la liberté
deux heures après mi-
nuit, & le bon Louis XVI, fans doute dans
les bras du fommeil ne s'attendoit guero
à cette proclamation à recevoir à fon lever,
lui feroit chanter,
fiveC toute !a Cour un flcheux Te Daifl
pour tout le bien qu'il venott d'opérer. M. de
Lalli rien n'eft beau que le vrai.
Aujourà'hui l'A tremblée nationale ( ;mb e
mieux fentir fa dignité. M. Target en a
fait l'expérience lorfque fuivant le .vieux
ftyle, ayant commencé fa dernière adrefle pac
ces mots Sire, nous apportons auxpijdsde
iVotre Majefté, on lui cria A bas les pieds.
Ce qui doit confoler l'honorable membre de
cette difgrate c'eft i'adreffe de remerciement
qu'il vient de recevoir de la part des anguilles
de Melun fur fon furfis «u droit de pêche.
François, vous êtes toujours le même peuple,
gai, aimable, Se fin moqueur. Vous faites
vos doléances en vaudevilles, & vots don-
fur l'air de
Malbroug. Mais ce peuple tailleur, 1 nuit
'du 4 août s'élève au detius de toutes les na-
tîons. On a bien vu chez les autres peuples
le patriotisme faire des facrifices les fem-
mes, dans les calamités, porter leurs p erre-
ries au tréfor public tes dames Romaines fe
dépouillotent de leur or mais il leur alloit
des dUVmcYions des litieres, des chars, des
ornemens excluGfs & du rouge; autrement,
ttifoient-elies & # on ne révoque la loi
In
AjT
nous ne ferons plus <Tenfani.Il <:tok
r/fervé aux dames Fraaçoifes de renonça:
même aux honneurs, & de
de diAioâîons que celles dont les vertus n^
défendre, les bénédi&iom dtè
peuple. • ̃
eft-eeque vous ninftituerea pas
une tant
teurs du fer u tin, & commo par
que de celle du (amedl faint, que nous foor mes
fortis de îamiférable fervitude d'Egypte. Ceft
lapins 8c tout le gibier qui dévoroit nos r&4
coites. C'eft cette nuit qui a aboli la dixme te
le cafuet. C'eft cette nuit qui a aboli les annates
Ce les difpeofes, > qui a ôté les clefs du ciel à
no Alexandre VI, pour les donner la bonn»
confeience. Le Pape ne lèvera plus mainte*
nant dimpôt innocentes du
coufîn ii de la coufme. L'onde friand beut
coucher avec fa jeune nièce, n'aura plus be*
foin de demander qu'à
O'eft cette nuit qui depuis te grand requît
iîteur Seguier jusqu'au St*
a détruit la tyrannie de 1%
vénalité* de la fhagiftrature» à procure à la
des ParleAens C'eft cette nuit quiafup;>riiïé
qui a aboli la main-morte, ta corvée, le oharh-
part, & effacé de la terre des Francs tous l£s
^veftigês de la fervltude. C'êft cette nu it qui
François dans les droits de
fhomme i qui a déclaré tous les citoyens
tout îs les
emplois publics qui a ar-
offices civils, eccléfiafHques,
riaiflance, &àu
les donnefàla Nation & a*
cette nuit qui a- ôtè* à une Ma^
idarae 4e Béarn fa penfion de quatre-vingt
avoir été fi dévergondée
qui a 6té à
penfion de vingt mille
couché avec un Miiiftrô.
évêchés, à un Prince
cejn t mille livres d y pen-
^on I w Paroh de Befenval fes fept à huit
jeommandenîen* de province & qui a }ntet-»
< 7 )
A £
8ît fa réunion de tant de placés qu'on voit
accumulées fur une feule tête dans les épîtres
dédicatoires & les épitaphes. C'eft cette nuit
qui a fait le Curé Grégoire Evêquo, » le Curé
iThibaut Evéque le Curé du vieux Poufan»
ges Evêque fAbbé Syeyes Evêque.^ C'eft
elleqiiôte aux Eminences leur calotte rougej
pour leur donner la calotte de Saint Pierre
qui a ôté à leurs Excellences a leurs Gran-
ce ruban bleu rouge, ,vert,
Que la graciieur infultaote
Elîloit avec fierté
Ce tubaa que la vanité.
Allant de l'épaule au cfité.
Au lieu de ce cordon de la faveur il'
aura un cordon du mérite & l'ordre natio
Dal,aulieu de Tordre royal. C'eft cette nuit
fopp'imé let maîtrifts 6r les privilèges
exllurifs. Ira commercer aux Indes qui vou-
dra. Aura une boutique qui pourra. Le mai
tre Tailleur te maître Çordonnier, le maître
Perruquier pleureront mais les garçons fe
réjouiront il y aura illumination dans
les lucarnes. C'eft cette nuit enfin que la
w
fuftice a cfea<fé de (on temple tous les ven*
«leurs pour écouter gratuitement t le pauvre
l'innocent » & l'opprimé cette nuit qu'elle
& l'ordre des Avocats, cet t dre accapareur
de tot> tes les çaufes, exei^an t le monopole d©
la paroîe prétendant exploitej: exctufive»eQt.
toutes les querelles du royaume. Maintenant
tout homme qui aura \i conrçience de fes,
der. Me. Erueius fera infc it fur le nouveau
tableau, encore qu'il foit 'bâtard j M*. Jean-
Baptifte Rouffeau, encore qu'il foit fils d'um
Cordonnier & Me. pe'mofthene bien que^
dans foo foutcrrein il ^nV ait point d'anti-
chambre paOabrefb nuit défaftreufe pour la
Grand'Charabre les Gre ers', ks Huiflîçrs»,
les Procureurs les Secret lires Sous-Secré-
taires, les beautés folUcitëyfes portiers»
valets de chambre, 4u Roi,,
pour tous les gens de raf>inej Nu.î» défaf-
treufe pour toutes tes fangiues de l'Ktat «.les
Financiets, les courtifaos, les Cardinaux, Ae-
chevtqUçs Abbés » Charoinçs AbbeÛfes»
Prieurs, & Sous-Prieursl 1 lais, '0 nuit cbaç«
mante ttMk j^unç*
yiiies, quand elles vont Itrevmtées pat km
Pères Bernardins, Bénédtâins, Cerises »Coc«.
que rAfiemblée nationale biflèra leut
écrou t & que. l'Abbé Faucbet alors pour
ïécompenfe de fon patriotifme, & pour faîr«
crever de rage Maury,
torche du nouveau rit, & à fon tour Pré"
Cdent de rAflemblée nationale, fignalera (\
préfidence par ces mots de la denefe que les
Nonnaïns n'efpêroient plus d'entendre s 'Ctoifi
fil & inidûpïiei. 0 nuit heurewfe pour le Né*
godant à qui la liberté de commerce eft alTu»
xe*e beivreùfe pour l'Artifah, dont rinduftrio.
en libre & l'ardeur encouragée, qui ne tra»
vaiHera plus pour un maître, & recevra (ont
ftlaire îui-n'.lriîe heureuse pour -le Cultiva-
teur, dont la propriété fe trouve accrue au
moins d'un dîxierhe par la fuppreffion des
féodaux heufeufe en6n pour
tous, puifque ïes barneres qui fermoien*
prefquç tous les chemins des honneurs $c des
emplois font forcées & arrachées pou» jà^
mais, & qu'il n'exifte plus entre les François
d'autres diftinc^ions que.
des talens. Immortel Chapellier^toi qui pré-j
Cdas çettç ouit fortunée, comment as ta
tôt ta pu entendre fonaei
fiol
Meure au milieu, d'une aflTemWée faifie d<f
tant de patriotifme & d'eiuhcufisfmerTu as
du temps. Mais avec cett<! mi taphyfique la
Bafli'le feroit encore debout, Comment n'as-
tu pas vu qu'en prolongeant la féance deux
heures de plus l'impétuclît^i ffançoife ache-
woit de détruire tous les abus ? Cette Baftille
ètoUaoflî emportée en une feule attaque, &
le foie il fe levoit en Fran :e fur un peuple de
frères & fur une république bien plus parfaite
que celle de Platon.
L'illuftre Lanterne, après avoir un peu re<»
pris baleine continua en ces termes:
Il en temps que je m :le à ces éloges de
!Unes plaintes. Combien de fcélérats viennent
de m'échapper Non que j'aime une juftice
trop .eip.éditive j vous favez que j'ai donné
des (ignés de mécontentement lors de l'af-
cenfion de Foulon 5c Ben hier; j'ai carte deux
fois le fatal lacet. J'étois bien convaincue de
là trahifon & des méfaits ce ces deux coquins;
mais le Menuifier mettoi, trop de précipita-
Au lieu & révélation de nombre de fait*
^rifieàs p«ut-ê tre aurez.' fous laiffé déperic
& tandis qu'elfe n'a prêté Ton ittîniftere qu'^i
la juftice & à la patrie, qui le demandoient
vous déshonorez la lanterne. Ma gloire paf-
la mémoire des fiecles. Voyei comme le fieu
Morande dans fon courrier de l'Europe
& le Gazetier de Leyde m'ont déjà calom
niée. Je lâiffe aux lanternes de ce pays- 1^
le foin de me venger quoi que difent ce
journaUftes pensionnés.
Glaces au Ciel, mes mains ne font point crînolneUeî.
Cependant pourquoi vous mettre fi pe
'en peine de notro commune jultification
qu'on peut douter du complot formé con-
tre Breft f^Eft <• ce qu'il n'eft pas évident
table encore contre Paris rEft- ce qu'il n'
avoit pas des maifons marquées à la crajety
Eft-ce qu'on n'a pas découvert une quantité
énorme de mèches foofFrées? Que
ces deux régimeos d'artillerie cent pièces de,
cenon & ce déluge d'étrangers ce régimen
'de Salis 5amade, Châteauvieux, Diesbacl<,
'Royal Suiffe Royal Allemand
feerçheny, Eftherazy cette imiltiiude d|«
X t%\
Huffàrds & de pillage"*
> & prêts à fe baigner dans le fàng de ce peuple»
doux, qu'aujourd'hui niêm« à peine peut-il
croire 4à l'exiftence de ce complot' infernat-
Mais comment n'y pas croir!? ER-ce qu'on
n'avoit pas tranfporté trois ieces d'artilléria,
jufques fur la terraflfe du jardin d'un citoyen
à Pafïy parce qu'on lJavoît trouvée propre
à canonner de là les Panfiens, fur ce mémo
quai où Charles IX les ayoit| arquebufés il
y a 200 ans? Eft ce que Befenval ne s'eft
pas mis en fureur: à la nouvelle du renvoi
imprudent de M» Neckei parce que c'étoit
& éventer toute la min<!î E6-ce que cô
Mefmaijle Çonfeiller du Parlement de Be-*
fançon, tfa pas dévoUfi àuflî follement Ici
fcélératefTe des ariftocrates & toutet
la noirceur de l Eft-ce que, pouc
éprendre notre n£n que notre
fides, on n'a pas revêtu de rhabit de canon-
nier, M. Ducafiel a a défoafqués, & fur lef-
qu'on n*avoît pas de mê^ae préparé une ïn-*
6 nité"d1iaîbits de Garder^ran^oifes, poux
l ti >
peine î Êft-ce que Fleflellçs n'a pas envoyé
les citoyens de cinq à fix diflriéG cberch r
le lundi à midi, des armes aux Chartreux &
qu'il en feroit fait une boucherie, & que les"
enrégimentés qui rôdoienr autour
D'exécution de leurs deffelDs, & s'enharqi-
roîent à pénétrer dans la capitale Efl-ce qu'il
n'eft pas évident que l'émeute du faubourg
Saint-ARtoine, û bien payée, n'avoit été exci-
torifer à faire avancer des troupes) Qui he
voit qu'on n'a ordonné alors aux Gardes-
Françoifes & à Royai Cravate, de tirer fur
les citoyens & de fufilleif des gens (ans ar-
mes, ivres & épars dans le jardin de Ré*
veillon qu'afin de faire dégufter aux foldats
& d'elfay er le jr
obéiflance } Enfin qui n'a pas entendu les
une forge ambulante & leurs grils prêt-
pour nous envoyer des boulets rouges? Se v
tineîle vigilante du peuple reftimable M.
fiorfas, & autres journalilles ont obfervr,
du haut de leur guérite toutes les nranoe\i-
?- Il$
le Courrier de VerfailUs s Paris, dans le
Point du jour, &c. leur plan d'attaque; &
j'ai eetendu de refpeftab es M ilitaires'f'des
Officiers généraux. attacha Prince par
44s pensons, & non fuhx. leur
répugnance à croire que Loui|s XVI eût p«j,
,comme le grand Théodo e, ¡commander un
maffacre de Theflalonique obliges de s'a-
vouer à eux mêmes qu'il n'eft que trop vrai
qu'une cour au/fi corrompue que celle de
.Catherine dç, Médicîs ctoït aufli sanguinaire.
Ainfi donc ces petits-maître s & petites-
maîtrefles fi voluptueux fi délicats, f par-
loges ou dans d'éléga phaétons qui
chiffonnpient dans les p (Te- temps de Mef-
faline & de Sapho, l'ouvrage galant de la
en buvant des vins de Hongrie, trioquoient
dans la coupe de la volupté à la deftruâion
de Paris & à la ruine d: la Nation Fran-
çoife. Là les Broglie es Befenval les
d'Autichamp, les Narbonue Fritzlard, Lamr
befc de Lambert Bercheny Condé
Conti, d'Artois, le plan de Paris à la main,
monttoicùt gaîmeat comme le canon t<Mï
e If)
flcroit des tours de la Baflille .comme 1
des hauteurs de Montmartre les batte-'
ries choifiroient les édifices & les viâimes*
comme les bombes iroient tomber paraboli»
quement dans le Faljis Roya!. J'en demande
pardon à M. Bailli cet exc: tilt citoyen-
ce digre Maire de la capitale mais il fàit
bien que le Maire de Thebcs, Epaminotv».
das, au rapport de Cornelius Nepos ne
fe feroii jamais prêté I un mensonge, même
pour ramener le calme. A qui fera-t-il croire
que la plate forme de Montmartre n'ait pas
cté deftihée uniquement à nous foudroyer
qu'elle puiffe fervir à un autre ufage î
Bons Parifiens, il y avoir donc contre vous
une confpiration exécrable. La conjuration
des poudres, dont la découverte et! célébré
à Londres par une fête anniverfaire étoit
mille fois moins confhte'ej & vous n'avez
échappe' au meurtre que par votre courage,
parce que Ses fcéle'rats, les traîtres font tou-
jours lâches, qu'ils ne font animes que par
l'égoïfrnc & le vit intérêt, que d'une pallioa
baffe il ne peut naître de grandes chofes au
de fes frères & l'oubli de foi- même enfante
des actions Vous n'avez échapp^
X'iï.ï
Tribun
des bords de Î^Seine a vifiblement veil fur
!a France eft le royaume de la Providence.
Puifque la trahifon eft avérée pourquoi
la modération qui fïed à une lanterié mais
aulTî avec là franchife qui convient dans un
pays libre» & rempliflant le rôle de Ivigilanco
qu'on doit attendre de mon miniftere & de
l'œil du grand Jufticier de France nous te-
tions Befenval d'Efprémenil, Maury, le Duc
de Guiche tant mieux s'ils fe trouvant înno-
tens Mais je n'aime point qu'on a t relâché
Caialés. Sa peefonne cil facrée, citon. Je'
n'entends point ce mot-là. Veut'on dire du
fleur Cazalés comme la loi romaine, c'e(\-à-
4ire, le Batteur Ulpien, le difo.itdu Prince
Il. eft au deflus des lois. Legibu s folutut tji.
Cela eft faux; il n'y a de, facré & d'inviolable
que l'innocence elle feule peut braver la
lanterne. Une foule de cahiers prononcent il
refponfabilité des Députés, loin de défendre
qu'on leur faffè le procès, fi le cas y écriet^
D'Ëfprémenil Maury, Cazatés font-ils plus
inviolables que le Préteur Lentulus, le Maître
Ac la cavalerie Ahala, 9 le Dictateur Céfar le
t'vt'r
iTr ïbun Çatuf nînus qui
facrées? C'étoit aufïî une personne facréecy©
le me montre dans les r..
chives de !à Juftice un monument plus u.
gufte & qui infpire à tous les mortels ne
terreur plus feinte i plus fatutaire pour (on
glaive, que l'infcription -qu'on lifoit furvne
colonne dans le temple de Jupiter Lyçljn.
Les Arcadiens après avoir mis à mort l«;ur
Roi Ariftodcme traître envers la pairie
avoient érigé cette colonne, & gravé <:e$
mots Les Rois parjures font punis tôt ou tard
avec Ciniie de On a enfin découvert la per-
plter louanges vous foient rendues/ •
Pourquoi a t-on relâché ce Marquis de
Lambert? Il pleuroit, & j'entendis un jeiine
fes droits.
I.âchc, tu étois prêt à maflacrer des femmes,
des enfans, des vieillards tu étois Général
d'une srraée de bourreaux & tu ne fais
terne, II m'a pourtant échappé (i).
i8J
Pourquoi relâcher encore l'Abbé de (-
lonr.e, le Duc de la Vauguyon, & ta t diau-
tres i Je ne veux pas dire qu'ils fuflTeit cou-
pable). L'image du Menuifier terri >1e &
l'exemple de quelques fatales méprifes peuvent
effrayer même l'innocence. Mais la fiite* le
trâveftiffement, & les circonflances es ren-
dotent au moins fufpecls & c'e(V n mot
plein de fens que celui que l'Orateur Romain
adrefle quelque part aux patriotes In fuf-
picione latratote. Dans la nuit les oies du Ca-
pitole font bien de crier. Nous femmes main-
tenant dans les ténebres, & il éft bon que
les chiens fidèles aboient même les p1 aflans
pour que les voleurs ne foient point à craindre.
Le comité de crime de tète-dation a ordonne
J'Affemblée nationale l'a prononcé j qu'iU
partent librement qu'ils continuent leur
route vers Botany-Bay moi je féliciterai
feu moins M. de Robefpierre.de s'être oppofd
de toutes fes. force? à l'élargiflement du Duc
delà Vauguyon. M. Glaizen s'y oppofa d'une
manière plus éloquente encore. Membre du
comité criminel il a donne fà démiifion à
notant même. La chofe parle de foil Hon-
Robefpierre
< tri
quoi n'avez vous pas raflemblé les morceî ux
déchirés de la lettre du Baron
Pourquoi te public ne les a-t-iî pas lus? On
a cité les Athéniens qui renvoyoient, fans le»
ouvrir, les lettres interceptées :dePhilipp; à
fa femme. Oui, maîs ils décachetoient celles
qui étoient adreffées aux ennemis. En tenps
de guerre les Anglois ouvrent toutes les
lettres. Je nommerai M. de Clermont Ton-
nerre /quoique Préfidcnt, & le premier pec-
zaine. L'honorable Membre, un peu top
éloquent, a excédé étrangement fes pou-
voirs quan'd il s'tft fait fi zélé médiateuc
pour Befenval pour /on oncle, & CafteN
nau. Cette lettre, en-il venu dire à ni-
blée nationale, eft purement d;honnéteté*5 je
l'ai lue. Ce je ici lue eft plaifant. Parifie s,
( i ) Oui le premier petfounage iîe la Nation.
J'entends dire Quel honneur a rîfu M. Chapellkr
cédoient. Il s'eft agenouillé fur un couffin la droite
du RoîTMaîî il me femble que ce n'eft pas le Préfîdcnc
qui devoit être la droite du Roi, c'eft le Roi qui de-
voit être â la droite fiominum uf
quiqub gravi corde l
Ma Thémiftocle Life^-h Arlfikï fie
M. de Clermont Tonnerre eftil votre Arif*
lide (i)? Il y a une loi qui
Je ne veux pas conclure do
même II eft noble donc Ariftocrat?. A
Dieu ne plaife Moi-même le mercredi if
Juillet tordue les augures Repréfentans
de la Nation Ce rendirent à la vtfle, comme
ils déploient fous tes drapeaux des Gardes
Françoifes, je n'oublierai jamais que je vis un
Noble, le Vicomte de Caftelîane, biiferavec
tranfport ces drapeaux de la patrie. e l'ai vu
& j'en ai.treflTailli de joie. Tout ce que jo
veux dire c'eft que la lettre déchirée par 13
Baron de Caftelnau devoit tire lue publique-1
oient Se affichée, comme on devoit afftchec
{ i ] Note de VEditiur. L'illuQre Lanterne a tort.
M. de Clermont TcnncrrCi ofFrant la d<fmi(fiîn de îa
Prudence, plutôt que de la déshonorer en proclamant
le décret du Dimanche août, a montré qu'il n'etoit
pas indigne de l'honneur de Prince du Sénat,
Notre chère lanterne montre ici trop d'humeur. La
Stèle l'emporte.
Mais quel Auteur va jamais,
( aï")
«a tettre
de Befenval à Delaunay Kantienne lettre d$
Sartine à fondigne ami Delaurray.
Ce'a eft vieux, dit-on & dsveoit Être eu*
certain Eleveur/ de Paris dépêché alon k
iVerfiilIes po^c-temettre à l'inftantles lettres
interceptées dans les mains de Caftelnau, &
rendu à trois heures après midi, ne remit ces
dépêches qu'à dix heures du foir? S'imagine-
t-on que je ne me fouvienne plus que le neuf
le Mcflfemy figurant aujourd'hui parmi les
Reprifentarts de la Commune, étoit le ^col
du fîevir le Directeur de la li-
brairie? S'imagine-t-on que j'aie oublie que
dans la conftsmation de la capitale le di-
manche t2 juillet quand les plus zelcs pa-
triotes, parmi les Eleveurs, conjuroient M.; do
la Vigne leurPrcfident, de fonner-à l'inftant
le toefin & de convoquer leur affemblée gé-
nérale, ce pufillanime Préfident les
par fes refusa & malgré les reproches les plus
durs qu'il «fiuyoit de ces zélateurs du bieiv
public, fut reculer encore de 21 heures en
temporifanï, une afiembléa dont la tenuo
étoit fi urgente, & qu'il reculoit déjà depuis
malgcé
r«v
que j'aie oublié que U fiixt
de Beaumarchais étoit l'intime du fietr Le-
cpre je pardonnerois 'plutôt au Député «Je
Saintc-Marguerite. Il a ba'ffoué le Comte
A'maviva, les Robins, le Dire&eur de la jli-
brùirie, & la chambre fyndicale. Figaro 1&
Tarare «îtoiçnt de bonnes picces de théâtre
politiquement parlant. Le monologue de Fi-
garo eft une «uvre méritoirc; & les Perfcs
tenoient de Zoroâftre la coutume de mettre
les honnes actions de l'accufé dans un ilat de
la balance, & les mauvaises dans l'autre.
J'aimeroîs pourtant mieux voir la Commune
<]e Paris fepréfentôe par des citoyens tels que
l'Auteur des Etudes de h nature & de au
& Viiginiç. Comment fe peut-il que les on-
neurs n'aillent pas chercher au fond de fa
retraite cet homme de lettres fi modèle, ce
fige,qui.fait tant aimer la nature ? 0 vertul
1 lofophe obfervatcûr qui a fait l'an le
tabkau de Paris & d'autres ouvrage qui
ont eu p'us d'utilité que d'cclat^devoit auflî
n'être pas oublié. Mais le mérite dédaigne
l'itatrigue, au lieu qu'il y a des gens qui ne
vont* jamais au fond; quoi qu'on faÛe, ilsfe
trou vent toujours fur l'eau.
Uî>
B 4
Combien j'en pourrois nommer qui, venu;!
à la onzième heure, ou même n'étant poin
venus du tout, ou même idéfefpérés, & dans;
h freret de leur cocur gémiflant fans cetre d
la révolution non feulement ont 'ofé de
mander les récompenfes de ceux qui avo'ieni:
devancé l'aurore & fuppbrté fculs tout
poids du jour mais quileur ont envié j'uff
qu'à la plus petite feuille de la palme quijleu|
ctoit due Qu'Ulyfle qy« Therfite tnctie
ou qûe Steiytor ravifle les
qu'importe aux généreux patriotes qui ont
bravé la mon aux piedslde la Baftille, qui
ont bravé les fupplices, en foulevant le peu-
p'e à la liberté en appelant la Nationaux
arme.: ? i's jouiffent d'une récompsnfe, la feule
digne d'eux; ils ont vu fuir les AriftoCrates;
ils voient la Nation affranchie} il ne eut
loanquéï à leur bonheur qu'une feule chofe,
J'affurance que le Peuple François ne repren-
dra plus fes fers qu'il ne retombera point
d'une arifiocratie dans une autre,
Mais.il femble qu'on ne a'applique pas aflTex
à étouffer tous )es germes de l'ariitocraltic.
Pourquoi ces épaulettes cette pomme de
difeorde jetée dans les foixante diftricis ?
JLorfqu'on n*a pris les armes que contre l'a-

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