Discours en vers sur les voyages... par Mrie-J.-J.-Victorin Fabre

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impr. de D. Colas (Paris). 1807. In-8° , 20 p..
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Publié le : jeudi 1 janvier 1807
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DISCOURS EN VERS
SUR
LES VOYAGES.
Se trouve aux adresses suivantes .•
D. COLAS, Imprimeur-Libraire , rue du Viëiix-
Colombier, N° 26, faub. S1-Germain";
GÉRARD, Libraire, rue S'-André-des-Arcs, N» 5o;
DEBRAY, Libraire, rue S'-Honoré, N° 168;
DELAUNAY, Libraire, Palais du Tribunat ;
MARTINET, Libraire, rue du Coq S'-Honoré;
DABIN, Libraire, Palais du Tribunat.
On trouve aussi, chez les mêmes Libraires, unRepueil
du même'Auteur intitulé : OPUSCULES EN VERS ET EN
PROSE. — Brochure in-8°. — Prix, 1 fr. 80 c., et
2 fr. 10 c. franc de port.
DISCOURS EN VERS
SBR
LES VOYAGES,
Pièce qui a obtenu le second prix au juge-
ment de la Classe de la Langue et de la
Littérature françaises de l'Institut;
PAR M^.-J.-J. VICTORIN FABRE.
Édition conforme à la copie envoyée au Concours.
PARIS.
DE L'IMPRIMERIE DE D. COLAS,
Eue du Vieux-Colombier, N° 26, faub. St.-Germain.
1807.
Ew accordant le prix de poésie à la pièce qui portait le N° 52, la
Glasse de la Langue et de la Littérature françaises de l'Institut natio-
nal , avait exprimé ses regrets de n'en avoir pas un second à décerner
au N" 48, qui était celui de ce Discours. S. E. le Ministre de l'Inté-
rieur, informé de la délibération de la Classe, a bien voulu l'aire les
fonds d'un prix extraordinaire en faveur de l'ouvrage qui avait
obtenu cette honorable distinction.
M. le Secrétaire perpétuel de l'Académie a consigné dans son
Rapport les reniercîmeus adressés par cette savante Compagnie à un
Ministre ami des arts, et le jugement qu'elle a porté des deux Pièces
couronnées.
JE prie le lecteur d'observer que ce n'est point ici une pièce sur le
Voyageur, mais sur les Voyages. II m'a paru que le sujet étant
ainsi envisagé, l'utilité et les grands effets des voyages devaient former
la principale partie de ce discours, et que le voyageur ne pouvait y
paraître que sur un second plan. Cela mémo rendait la disposition du"
sujet, et la marche du discours, nécessairement différentes de ce
qu'elles auraient été si l'on eût pris pour sujet'et pour titre : le
Voyageur.
DISCOURS EN VERS
SUR
LES VOYAGES.
Summa sequar fastigia rerum.
VIRG. jEneid. lib. I.
JLJES peuples, en naissant, des peuples séparés,
Long-tems dans les forêts vieillirent ignorés :
Loug-'tems ces monts altiers, élancés dans la nue,
Des stériles déserts la profonde étendue,
Les fleuves indomptés, et l'abîme des mers,
Cachèrent à leurs yeux le sauvage univers :
Et l'homme, de ce globe aujourd'hui sa conquête ,
Ne connut que l'asyle où reposait sa tête.
Mais enfin, plus hardi, cherchant de nouveaux cieux,
Il jeta sur le fleuve un pont audacieux ;
Les monts, par ses travaux, en routes s'abaissèrent ;
Sur l'abîme étonné ses flottes s'élancèrent;-
6
Sa hache ouvrit les bois à la course des chars j
Et le commerce unit les Empires épars.
Des sciences alors les lumières fécondes,
Traversant les déserts et franchissant les ondes,
Du couchant à l'aurore ont éclairé ses pas;
Et l,es arts voyageurs, de climats en climats
Pénétrant, par degrés, aux plus lointains rivages,
Ont appris à fleurir chez des hordes sauvages.
Le jour de la raison vint dessiller leurs yeux.
De la société leur main serra les noeuds.
Des faisceaux de l'État l'union tutélaire ,
Des droits des nations la loi dépositaire,
Des peuples au berceau les Dieux législateurs,
Fondèrent le pouvoir et polirent les moeurs.
Des voyages naissans tel fut l'heureux ouvrage.
ALORS , le genre humain s'éclaire d'âge en âge ;
L'homme, inconnu long-tems, à l'homme est révélé:
A ses yeux attentifs l'univers dévoilé.
II cherche , voyageur , la sagesse étrangère ;
Il rend de sa raison le monde tributaire;
Et des arts cultivés en des climats divers,
Il assemble les fruits épars dans l'Univers :
Abeille industrieuse, et qui d'une aîle agile
Voltige sur la plaine odorante et fertile ,
De l'arbuste onctueux y recueille les pleurs,
Et dérobe son miel au calice des fleurs.
Qu'un fat, vide de sens, et rempli de lui-même,
Ridicule avec art, frivole par système,
De plaisirs en plaisirs dans l'univers errant,
Promène sa folie et son faste ignorant ;
Qu'il achète, à prix d'or, au gré de ses caprices,
De nouvelles erreurs, des remords et des vices ;
De préjugés lointains qu'il revienne chargé;
Il a couru le monde , et n'a point voyagé.
LE voyageur qu'instruit une raison sévère,
Aux climats étrangers marchant à sa lumière,
Interroge les moeurs, Les sciences, les lois ;
Et de l'expérience il consulte la voix.
Ainsi, dans .sa recherche attentive et prudente,
Il trouve sur sa route, en leçons abondante,
Des arts et des vertus qu'il ne connaissait pas.
Sans doute les vertus sont de tous les climats :
Mais que de préjugés, d'erreurs héréditaires,
Affaiblissent en nous leurs sacrés caractères !
Le climat fait l'usage, et l'usage les moeurs.
Celui qui des humains compare les erreurs ,

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