Discours par Me Linguet, à l'assemblée générale de l'ordre des avocats du Parlement de Paris

De
Publié par

impr. de P.-D. Pierres (Paris). 1775. In-8° , 32 p..
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Publié le : dimanche 1 janvier 1775
Lecture(s) : 3
Source : BnF/Gallica
Nombre de pages : 31
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

P A R
ME L I N G U E T,
A L'ASSEMBLE GÉNÉRALE
DE l'ordre DES AVOCATS
Au Parlement de Paris .
A P A R I S:,
De L'Imprimerie de PHILIPPE-DEN^S PIÈRRÈSJ
rue Saint-Jacques.
M. DCC LXXV.
3
A ÏAffemblée générale de l'Ordre des Avocats ail
Parlement de Paris,
ESSIEURS,
J" o s E me flatter que. l'Ordre alTemblé ne fera
pas capable , comme les Députés , de m'interdire
jufquau droit de lui présenter quelques Réflexions
préliminaires très-efientielles.. Je les ai donc-pré*-
parées par écrit : j'en ai un exemplaire que je vous
îaifierai, après vous en_ avoir renjdu-compte.
Je commence par protefter de mon. respect, de
ma foumiffîon pour cette Affemblée, en tant que
je ne déroge pas à mes droits de Citoyen : car nous
le fommes tous, Meilleurs, Citoyens , avant que
.d'être Avocats : le recours aux Laix, quand on les
viole pour nous nuire 3 e{t miprefçriptible.
A 2,
4
Vous allez me juger : ce ne fera fans doute que.
fur des faits graves, bien prouvés, clairement énon-
ces , & difcutés contradicloirement avec moi. Un
dé nos anciens Souverains difoit que : Si la Jufiice
& l'Honneur étoient exilés du refte de la terre ., on
devrok les retrouver dans le coeur des Rois : j'ajou-
terai -, & dans l'Ordre des Avocats. Or rien ne feroic
plus contraire à ces vertus, que de prononcer fur-
ie fort d'un Citoyen , d'après des faits indignes
d'attention., incertains, obfcurément pofés, ou qui!
ne lui auroit pas été pofTible de combattre".
J'avais fupplié qu'on voulût bien., à l'Affemblée,
dés Députés , écrire les demandes & 'les réponfes *
on me l'a refufé durement: on a rejette ce moyen
prefcritpar les Loix, qui feroit exigé par l'honnê-
teté feule ; & quand j'ai imprimé ma juftiflcation,
vos Députés, qu'elle accabloit, ont eu la lâcheté de
répandre dans le Public qu'ils avoient bien d'au-
tres Griefs que ceux que je détruifois.
Je dis lâcheté, Meilleurs, & je ne me trompe
pas fur le terme : c'en eft une en général qu'un
menfonge ; mais quand.rimpo.ftu.re fe trouve entée'
en quelque forte fur une autre, & qu'un homme
n'outrage la vérité que pour couvrir les premiers
affronts qu'il lui a déjà faits, je vous demande quelle
épithete mérite fon procédé ? Or voilà ce qu'ont
fait, ce que font ceux de vos Députés qui ofent
dire , ou qu'il y a d'autres Griefs que ceux que l'on
m'a communiqués, ou que je n'ai pas répondu dans
mon Imprimé à tous ceux dont on m'a donné con-
noiffance. Et c'eft auffi ce que j'avois prévu dans
. mon Supplément aux réflexions.
Si quelque chofè peut faire fentir combien e$
révoltante, dangéreufe, horrible même, cette pra -
.tique de ne rien écrire, quand il s'agit de l'état Se
de l'honneur d'un Citoyen, c'eft ce que j'éprouve (i),
_Je ne veux pas être expofé deux fois à ce péril: il
faut que ce moment-ci foit l' époque imperturbable
de mon repos, ou de ma. honte > que mon nom
foit^glorieufement confacré , comme étant forti
.pur de toutes les épreuves auxquelles l'ont fournis
la calomnie, l'envie, tant de pallions criminelles
qui me pourfuiventj ouignominieufement dégradé,
.comme étant fouillé des excès qui peuvent juftifier
■l'horreur publique, Se la profeription légale d'un
Membre de la Société.
... Voilà pourquoi , au. défaut de regiftres écrits
que vous n'avez pas, j'ai fupplié Mde. la Comteffe
de Béthune , & ces Citoyens honnêtes , de vouloir
bien être, préfens aux interpellations qui me feront
faites , & à mes réponfes. Par-là les unes & les aur
très feront conftatees 5 il ne fera plus permis à mes
Accufateurs d equivoquer : je n'en pourrai plus êtrp
joupçonné ; après cet éclaircissement authentique,
eux ou moi ferons réduit au filence.
On me dira que ce n'eft pas la règle 5 que dans
... (1) Qu'il me foit permis de citer à mes Confrères un exempte
qu'ils ne trouveront pas fans doute humiliant , c'eft celui "des Ivïa-
giftrats , leurs Supérieurs & les miens. Ils fe trouvent aujoul-
..d'hui dans le mêmecà||.Leurs Collègues accufe's ont toute-.libertp
de fe défendre devarrt .les Chambres. Les griefs articulés contre
eux ont été remis à Mefiïeurs les Gens du Roi,''qui les leur ont
■communiqués ,.& ont* reçu, leurs réponfes auffi par écrit ; c'eft
.pprès cet appareil, qui écarte toute idée de furprife & de réti-
cence, qu'ils feront jugés. *La police à laquelle la Cour des Paîr$
s'aftreint , paraitroit -elle'honteufe ou jnjufte à l'Ordre dis
■Avocats ?
6
les Procès criminels i'inftru&ion eft fecrette : oui»
mais la règle alors eft d'écrire j la règle eft de dé-
livrer en bonne forme à l'Accufé une expédition
folemneile des che-fs qu'on lui objecte, & des moyens
qu'il y oppofe. Ce moriument refte dans fes mains >
c'eft une refTource qui, après avoir fervi à fa jufti-
fication, aide encore à fe vengeance : après lui avoir
révélé les aceufations, on lui nomme les Accufa-
teurs 5 èi quand il a détruit les unes, il a le droit èc
la faculté de pourfuivre à fon tour les autres. Ici
rien de tout cela n'exifte, il faut y fuppléer. Il fe-
roit trop affreux que vous perfiftafliez à protéger
une méthode qui ne peut être favorable qu'à la
calomnie, & qui emporte évidemment la proferip-
tion de l'innocence. Qu'on ne me dife pas qu'elle
eft conforme aux ufages de l'Ordre ; rien de ce
qui viole la juftice & la décence, ne peut y être
"conforme. Il eft honorable pour l'Ordre qu'on
n'en ait pas jufqu'ici fenti l'abus j mais au moment
où il fe découvre , il fout le corriger.
Mde. la ComtefTe de Béthune m'honore de fa
confiance j elle remet dans mes mains fon fort &
celui de fa Famille : perfonne n'eft plus intéreffé
qu'elle à fçavoir fi je fuis digne de cette confiance >
perfonne n'eft donc plus en droit de vouloir connoî-
tre & conftater de quoi on m'aceufe, & comment
je me juftifie.
S'ilétoit poflîble que des Hommes vertueux fuf-
fent une dernière fois encore les inftrumens de la
vengeance, de la calomnie, de toutes les machi-
nations fecrettes qui follicitent ma perte > s'il étoit
poffible .que vous fermaffiez. encore les yeux à l'é-
vidence, à la vérité, qui parlent en ma faveur, 8ç
qu'un oftracime qui couvriroit mes rivaux de honte,
au milieu de leur triomphe,, tendît à m'écarter dé-
finitivement du Barreau par vos fufFrages, j'ai à
ménager l'eftime de mes Amis Si celle du Public :
il m'eft important de les convaincre que je fuis fa-
crifié à de honteufes pallions, à de méprifables ri-
valités 5 que des détracteurs clandeftins s'arment •
contre moi dans la nuit des traits de la fraude èc
de la trahifon, S: que ce qu'on ofe en laiffer pa-
roître au jour n'eft capable que de faire rougir ceux
mêmes qui les emploient.
On peut, Meilleurs, travailler à m'ôter injufte-
ment l'exercice de la profeffion d'Avocat; mais je
ne veux pas perdre la réputation qui en rend di-
gne : je puis fuccomber comme Socrate ; mais je ne
veux pas que mes Anitus foient impunis. Vous pré-
tendez me juger; j'y confens : mais je placerai entre
vous & moi ce Juge fuprême auquel les Tribunaux
les plus abfolus font iubordonnés, l'Opinion pu-
hlique : elle fera juftice, quand vous me l'aurez
refufée j & fi vos voix fe réuniffoient, contre toute
vraifemblance, pour ma profcription, je pourrai
du moins dire en fortant d'ici : Tout eft perdu hors
l'honneur.
Je tirerai même de la préfenee de ces témoins
refpe&ables un autre avantage , c'eft que fi l'on
avoit encore ici la hardiëâe d'articuler des faits.,
en refufant de m'indiquer les fources où ils ont
été puifés, j'aurai du moins la preuve de l'articu-
lation : je forcerai, par une plainte juridique, ceux
d'entre vous qui fe font laifTés empoifonner l'ef-
prit par des rapports fecrets.', à révéler les complu
;ces de cette licence meurtrière j je parviendrai en-
8
In à en découvrir les auteurs, & je mettrai un
terme à la diffamation , en obtenant des Tribunaux
le châtiment des diffamateurs.
Mais il n'y en a point, me dira-t-on, &. je fup-
pofe qu'on mêle dira, parce qu'on me l'a déjà
dit le 26 Janvier : on ne peut citer perfonne; c'eft
le cri-public qui vous à déféré à nous ; & nous
avons eu grand foin de vérifier les griefs qu'il vous
imputoit : nous avons pris la peine d'aller chercher
les témoignages qui fe refufoient 5 nous les avons
forcés de fe produire ; ainfi vous ne pouvez avoir
de recours contre qui que ce foit.
Je n'en puis avoir contre qui que ce fôit ? Quelle-
erreur ! Eh ! vos Députés ne font-ils pas garants
de ces démarches mêmes qu'ils ont faites ? démar*
ches que la prévention la plus aveugle , là" rage la
plus furieufe pouvoient a peme motiver.
Quoi ! de votre aveu il n'exifte point de déla-
teurs , & il y a une délation ? Il n'y a point d'ac-
cufateurs , Si il y l'un accufe? On ne trouve pas
de preuve, Si il y a un crime , & non-feulement
tin crime, mais une condamnation , mais un fùp-
plice, mais une mort civile ; & cette mort frappe ,
je ne dis pas le prétendu coupable , mais tous ceux
;qui ont avec lui des liaifons d'affaires.
Une famille illuftre , une veuve animée d'un
courage héroïque, des orphelins dont la foiblefle,
le délaiffement feuls infpireroient quelque douceur
aux plus farouches des hommes , vont dans trois
jours, ou perdfe pour une féconde fois le bénéfice
d'une Audience achetée par les délais les plus
ruineux , ou fe trouver infuffifamment défendus
par le trouble dans lequel on n'a céffé 'de "tenir
leuf
9
leur Défenfeur depuis qu'il a le màlheur d'être dé-
figné pour le foutien de leur Caufe : & tant de
maux feront impunément le fruit de la prévarica-
tion de vos Repréfentans ?
Meffieurs , ce n'eft pas feulement juftice que je
vous demande pour moi, c'eft vengeance contre
eux. Conftitués Juges par vous , ils font defcendus
de leur Tribunal, je ne dis pas pour accueillir la
délation , mais pour la provoquer. Ils ont battu
les palais Si les greniers , pour y éventer quelques
prétextes dont ils puffent me faire des crimes ; ils
ont follicité des Ducs & Pairs , des femmes per-
dues , des ufuriers , c'eft-à-dire, d'un côté, ce qu'il
y a de plus grand, Si de l'autre , ce qu'il y a de
plus infâme dans la Nation , de fe réunir pour
concourir à rai perte : des hommes dégùifés , que
la vivacité de leurs queftions , & la violence de leur
douleur , quand elles étoient inutiles , ont fait
prendre pour des Avocats , ont multiplié ces hon-
teufes démarches. Quand ce ne feroient pas vos
Députés qui auroient ainfi compromis- leurs per-
Tonnes , il eft évident au moins que ce font leurs
émiffaires. Ne fentez-vous pas que l'opprobre en
rejaillit fur l'Ordre., par qui l'on eft en droit de-
fuppofer que ces effroyables machinations font ap-
prouvées ?
En vérité, fi ce récit fe lifoit dans quelques-unes
de ces relations de voyages, avec; lefquelîes des
hommes actifs- amufent l'oifivete fédentaire , On fe
refuferoit à y ajoiiter foi : on fe fécrieroît centre
la crédulité aveugle de l'Hiftorien : on l'accufe-
roit de calomnier la.nature humaine : on s'obfti-
jieroit à foutenir qu'il n'y a pas de pays' où l'Oubli
B
10
des principes naturels, le refpect pour les Loix,
la dégradation en tout fens , aient pu être pouffes
auffi loin. Le coeur me faigne en penfant dans
quel Pays , dans quel Siècle , dans quelle Ville,
dans quel Corps tant d'attentats ont été commis :
Se ils réfteroient impunis !
Quand il feroit poffible d'en démentir quelques-
uns ; quand on pourroit balancer à croire à ces
déguifemens honteux , à ces inquifitions fecrettes
qui ont paru atroces aux plus vils des hommes ,
& dont je ne dois la connoifïance qu'à l'horreur
qu'ils en ont conçue; il y en a un plus révoltant,
plus criminel encore peut-être pour des Avocats,
plus effrayant pour la fociété , fur lequel il n'eft
pas poffible d'élever le moindre doute. C'eft la
démarche auprès de M. le D. d'A...
Qu'alloient faire chez lui Me. Legouvé & Me. le
Maffon ? * chercher des preuves contre moi ! Quand
j'aurois été coupable, M. le D. d'A... n'en pou-
voit pas fournir. Il m'accuferoit, qu'il faudroit re-
jetter fon témoignage.
Si les Ducs & Pairs lui faifoient un Procès ,
ils frémiraient de penfer à m'appelier pour témoin :
vos Repréfentans n'auroient-ils pas dû avoir la
(*) J'avois dans mon Supplément aux Réflexions , dit Me.
Huttaux : on m'a voit trompé ; ce n'eft pas lui.
De même, parmi les trois voix honnêtes qui m'ont été favora-
bles je n'ai pas compris Me. Rigault , qui a bien voulu me dé-
fendre avec l'honnêteté dont fon coeur eft rempli. Je lui en fais
réparation, & ne me plains pas de celui que j'ai mal-à-propos
nommé à fa place. J'ai reçu tant de marques de bonté de ce der-
nier que je ne puis regarder fa complaifance pour mes ennemis,
que comme une foibleffe paffagere , que fon coeur a: défavouée „
au moment où on la lui arraçhoit.
11
même délicateffe ? Les engagemens de M. le D.
d'A... envers moi , font au moins auffi facrés que
les miens envers lui : c'eft moi qui l'ai fervi ; Si
non-feulement les efpions détachés par vos Dépu-
tés , l'ont invité à fe joindre à eux contre moi, à
leur fournir des moyens pour me perdre ; mais far
un refus formel , ils ont infifté : M. le Duc d'A... fe
taifoit : ils ont demandé permiffion de lui ouvrir
la bouche , Si d'aller fouiller dans fon coeur : ils
lui ont dit en le quittant, que fon filence fuffîfoit ;
Si c'eft cette preuve d'un genre auffi affreux que
nouveau , qu'ils ont rapportée en triomphe à leur
affemblée.
Meffieurs, ou toute idée d'honneur eft détruite
parmi vous, ou cette infâme prévarication fera
punie.
En vain Mes. Le Maffon Si Legouvé tacheroient-
ils de s'excufer fur l'ordre qu'ils ont reçu de leurs
Collègues ; en vain diroient-ils que la honte dont
cette baneflè les couvre, eft commune à toute
raffemblée des Députés : cette excufe pourrait pal-
lier le tort de ceux qui ont été chez l'Imprimeur t
chez M. le P. de B..., dans les galetas des ufu-
riers , chez tous les hommes qui n'ont pas eu avec
moi des liaifons refpeclables , fur-tout pour des
Avocats : mais elle ne peut excufer leur réduction
envers M. le D. d'A... c'étoit à eux à faire ufage
de leurs lumières, pour faire révoquer Todieufe
Commiffion dont on les çhargeoit, ou du moins
à fe prévaloir de leur liberté pour s'en difpenfer.
J'ignore fi les autres Députés ont donné cet
ordre, mais je fçais que ceux-là. l'ont exécuté :
je fçais que par-là ils ont donné un exemple atro-
12
ce, deftruclifde toute efpece de confiance, entre
les deux çlaffes de la Société où la confiance eft
le plus, néceflàire ; ils autoritent à. croire que parmi
les Avocats un Client peut perdre ceux qui l'au-
ront défendu, èi qu'ainfi par cpnféquent le coeur
des Défenfeurs peut être également acceffible à la
curiofité de fes ennemis ; ils ont bnfé fans, retour ,
autant qu'il étoit en eux, ces liensfacrés, fi jufte-
ment refpe&és chez les Romains ; ces liens préfé-
rés, prefque à ceux de la nature 5 ces rapports indif-.
folubles que l'intimité réciproque , la reconnoiflan-
ce d'une part, Si la généralité de l'autre, établiiTent
entre les Patrons Se les Clients.
Si en effet l'Affemblée entière des Députés a
concouru à cet attentat, vous en aurez plus de
coupables à punir : c'eft une époque effrayante de
dégradation parmi vous: une époque qu'il faut ex-
pier, Meilleurs, par une reftauration éclatante. La
gloire de votre état Si la nobleffe de vos fonc-
tions fi indignement trahies, attendent de vous un,
grand exemple.
Sans doute après avoir au moins çonnive a cette
prévarication fi aviliffante en tous fen,s, après m'a-
voir jugé une première fois, Si fur des crimes
qu'ils m'ont faits, vos Députés ne s'attendent pas
à refter ici fur les bancs, à voir compter'une fé-
conde fois une opinion déjà connue. Je les récufe.
Je ne répondrai à rien, Meffieurs, qu'ils ne foient
tous fortis.
1°. Parce qu'ayant déjà prononcé en premiere
inftan.ee, ils ne peuvent pas être Juges fur l' appel,
2°. Parce que les dates de toutes leurs démar-i
ches. annoncent au moins une prévention contre
13
moi , Si une complaifance pour mes ennemis,
également fufpectes ; parce que leur lenteur & leur
précipitation, par les combinaifons qu'elles fup-
pofent, décèlent des gens bien moins occupés
de me rendre juftice, que de l'envie d'empêcher
que je ne contribue à la faire rendre à la GomtefTe
de Béthune.
Ce motif concerne fur-tout M. le Bâtonnier,
Chef du Confeil de M. le Maréchal de Broglie, Si
de qui j'ai plufieurs Confultations contre la Famil-
le qui vient jufqu'en cette Salie réclamer mon mi-
niftere.
30. Parce que les Députés eux-mêmes , d'après
les prévaricatiopTs. démontrées que je leur- repro-
che , ne peuvent plus être ici que Parties ; parce
que leur empreffement à aller au-devant des cri-
mes que l'on ne leur offrait pas,. eft vraiment cri-
minel ; parce que ce foin de leur part , d'accou-
cher les efprits, de faciliter la délivrance de mes
calomniateurs, de fubftituer les queftions aux ré-
ponfes , S: d'annoncer que le filence d'un Homme
de Qualité , que leur audace Icandalifoit, deve-
noit à leurs, yeux une preuve irréfragable , eft le.
dernier période de prévarication de la part de qui-
conque prétend exercer les fonctions de Juge.
Avec eux, fans doute, fe retireront, s'ils font
ici, Me. Caillau Si Me. Dieres, que j'ai récufé de-
vant leurs Collègues à rAffemblée des Députés,
Si qui ne doivent pas, ce me femble , fe remon-
trer ici quand.il s'agit de moi. Avec eux encore fe
retireront les Juges, du Bailliage , dont la vengean-
ce eft fur-tout fondée fur ce que j'ai empêché la
perte .d'un innocent, condamné par eux ; Si Me.

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.