Discours prononcé au Temple de la piété filiale, à la fête des époux, le 10 floréal, an VII ([Reprod.]) / par le citoyen Chapuis,...

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[s.n.]. 1799. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : mardi 1 janvier 1799
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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
MAXWELL
Headington Hill Hall, Oxford OX3 OBW, UK
Disc
prononcé ? ,i:r;N
piété iioffiÊTf
CHAPUIS,
Commissaire du Directoire exécutif prés
l'Administration Municipale du dou-
{lime Arrondissement.
A
D I SCO U It S
Prononcé au T&êip/e de la Pi'eïé fîiïa'e
par le citoyen CitAruis, Commissaire
du Directoire executif près 'l'Adminis-
tration Nlunicrpale du douzième Arron-
dissement, iz la Fête des Epoux, le io
Floréal, an Fil.
V-/ITOVENS,
Un des principaux avantages qui résultent
des fêtes nationales c'est de mettre les ma-
gistrats du peuple à, pprtée d'éclairer leurs
concitoyens et' de leur faire entendre les
grandes leçons de la morale sur les.objets les
plus importans^cfiîibonheur des états et des
familles.
S'il est une fête qui ,rappèle naturellement
ces grandes leçons, c'est celle que nous ce
lébrons aujourd'hui. Son institution; nous
apprend d'abord combien le lien conjugal
mérite d'honneur et d'estime; combien au
contraire il est difficile de justifier, d'excuser
méme le célibat. Cette tète doit en ouyp
nous rappeler les qualités et les vertus sur
lesquelles repose le bonheur des époux.
Je ne parlerai pas du célibat établi et adopté
(2)
pnr rjv tiques sectes religieuses. Qui ne sait
que l'union de l'homme avec la femme
est la première loi imposée par l'auteur
<J<? la nature à tous lés cœurs sensibles?
Qui ne sait que le renversement des idées,
l'ignorance la plus barbare ou Le fanatisme
le plus délirant ont pu seuls applaudir au
célibat, et en faire une institution divine?
Je ne parlerai pas non plus de c^sCëlibat
bénévole dont un trop grand nombre d'é-
goistes se sont fait un système de nos jours.
Séductions et attentats envers l'innocence;
troubles et désunions dans les ménages
désordres et confusions dans les familles;
frtm les criminelles dans l'état civil dércgle-
mens des mœurs jfuneste indifférence pour les
intérêts de la patrie tels sont ordinairement
les affreux résultats de ce genre de vie.
Loin de moi l'idée de comparer la subli-
blime institution du mariage il ces célibats
calculés, et qui sont le fruit du plus fatal
aveuglement de .l'esprit, ou de la plus pro-
fonde corruption du coeur! 1 Il$ sont trop
évidement blâmablès pour que je m'y
arrête un instant. •#rfie méprisable exis-
tence est autaut au-dessous du mariage,
*que le vice est au-dessous de la vertu. Je
mets à côte des personnes engagées dans
C5 )
A a
les liens sacrés de l'hymen, un célibataire.
honnête homme, avec un cœur non dépravé,
point égoïste, s'il esfc possible qu'on ne le
soit pas dans cet état, humain, sensible,'
et faisant refluer sur ses parens ou sur les
malheureux en général, le bien qu'il auroit
fait à ses enfans. Que cet individu est loin
encore de l'époux estimable du bon père de
famille qui n'a point redouté les charges du
mariage, et qui en remplit tous lesdevoirs ayec
zèle Le célibataire m'offre quelclurs vertus
mêlées pour l'ordinaire beaucoup de 'vices;
l'époux me présente le consolant tab.eau de
toutes les vertus réelles et utiles; et s'il se
trouvoit dans ce tableau quelques taches?
résultat trop inévitable des foiblesses hu-
maines, elles seroient bien effacées par le
mérite solide que n'a jamais le célibàtaire.
Celui-ci a des travaux sans embarras, des
plaisirs sans peine; mais les jouissances du
père de famille sont toujours précédées d'une
sollicitude active, d'un travail pénible, et
souvent elles sont suivies de pertes qui lui
causent les chagrins les plus cuisans, les
plus douloureux
Suivez dans sa conduite le célibataire, tel
que je le suppose. 11 pourra bien ne pas se
livrer aux vices qui déshonorent, mais est-il
capable, comme l'époux, de pratiquer, gé-
(4 )
nércusf mpiit et contre son intérêt personne!,
h vertus domestiques et sociales? Il pourra
être économe pour rendre service à ses parons,
à ses coï< citoyens mais ses privations auront-
elles le mérite de celles d'un père due fami!le?
])Jais des dons faits par une ame rétrécie,
par une ame qui ne connoît que les besoins
individuels, aurolfl-ils la largesse de ceiftt
que fait un époux, un père qui Eonnoit les
besoins multipliés d'une nombreuse famille?
Il pourra (Inutile part à la joie d'autrui,
mais ne sait-on pas aussi qu'il évitera de
se -trou ver «ivec ceux qui sont dans la peine
et dans l'affliction? On le verra, il est vrai,
caresvr uu enfant, aimable, riant; mais le
vefra-t-on supporter patiemment ses cris; le
consoler tendrement; lui, prodiguer,' ainsi
qu'un père, les soins les plus minutieux,
les secours les plus efficaces, s'il est affecté
d'une maladie repoussante? Ce célibataire
pourra bien ne pas rester oisif, quand même
il jouiroit d'une riche fortune; mais, à coup
6Ûr, son travail aura 'pour objet l'agréable
plutôt que l'utile; il aura pour but de
chasser l'unnui et non de rendre service à la
société. Voyez a u coutraire le père de famille;
il est actif dans tous les instans de sa v:c.
jtûl-ii besoin de repos, ne voulût- il pas
C'5)
A3
agir, sa position sa qualité d'époux et de
père lui commandent impérieusement le
travail et ce trvail faijt toujours refluer le
Lien-être au-deli de sa famille.
Quelque favorablement que l'on' juge ;le
célibataire, il sera toujours vrai que l'époux,
.le père de famille, placé dans un poste dé-
licat ouumportant, présente, dans sa mo-
ralité, nï son ivisme, une garantie que
l'on chercheroiC en vain dans, l'autre.
Et certes l jfai mérite devant toujours
se calculer à raison de l'utilité dont on est
envers la société ct ses semblables les ser-
vices rendus à la patrie et à l'espèce hu-
maine par le célibataire ne saùroien^ jamais
être placés sur la même ligne que ceux
rendus par l'époux et le père de famille.
Célibataires, oui, de quelqu'utilité que
vous soyez vôtre pays, il aura toujours
une grande distancé, èntre vous et Je père
de famille; et je ne vois pour vous qu'un
seul moyen de rapprocher cette distance et
d'excuser votre célibat, c'est de profiter de
l'une de ces institutions philanthropiques qui
honorent le plus notre Révolution, de
l'adoption. Par elle vous @ effacerez votre
inutilité. Allez dans ces asyles où le plus
grand malheur des victimes innocentes qui

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