Discours prononcé par le maire de Villecresnes, le 5 novembre 1823, sur la tombe de M. C.-C. de Pernon,...

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Impr. de J.-G. Dentu ((Paris,)). 1823. Pernon, de. In-8 °. Pièce.
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Publié le : mercredi 1 janvier 1823
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PRONONCÉ PAR LE MAIRE DE VILLECRESNES,
Le 5 novembre 1823,
SUR LA TOMBE
DE M. C.- C. DE PERNON,
Chevalier de Saint-Louis.
REPOSE en paix sous ces jeunes ormeaux
dont il se plut à embellir ce champ d'asile
et de repos, froide et triste dépouille de
l'homme le plus aimable, du chevalier le plus
éminemment français, du sujet le plus dé-
voué à son pays et à son Roi, du coeur le plus
grand, le plus généreux, de l'âme la plus
noble et la plus expansive, du meilleur ami
des pauvres, du bienfaiteur de toute sa com-
mune , en un mot, de M. Charles-Claude DE
PERNON, officier supérieur des armées du
Roi, chevalier pensionné de l'ordre royal et
militaire de Saint-Louis ; repose en. paix : le
repos est dû. à la bienfaisance et à toutes les
vertus.
2
'Après avoir mouillé de nos pleurs le pavé
du temple témoin de nos prières et confident
de notre douleur ; après avoir arrosé son cer-
cueil de nos larmes, jetons tous sur satombe
non plus quelques fleurs, mais répandons-
les à pleines mains. Manibus date lilia ple-
nis.... ; Purpureos spargam flores.
Payons tous le tribut de la reconnaissance
et de l'amitié à l'homme qui ne sut jamais
être riche que pour donner, et qui n'eut ja-
mais rien à lui tant qu'il connut des besoins
aux malheureux et aux pauvres ; à celui dont
l'âme ardente jusqu'à l'exaltation, ne connais-
sait d'autre plaisir, n'avait d'autre jouissance
que celle de donner aux autres, de partager
à tous sa fortune , et de faire autour de lui des
heureux ; qui sacrifiait tous les ans le quart
de son bien à l'embellissement de notre église
et au soulagement des pauvres, et qui mar-
qua le dernier de ses jours par une bonne
oeuvre ; de l'homme enfin qu'on peut avec
raison nommer le héros de l'humanité, comme
son épouse chérie est le type et le modèle de
la bienfaisance.
' Tout autour de nous ne rappelle-t-il pas la
grandeur et la générosité de M. le chevalier
3
de Pernon ? Oui, tout annonce ici la perte
d'un de ces hommes rares nés pour le bon-
heur de leurs semblables : ce concours una-
nime de voeux et de regrets, ces cris mal
étouffés, ces sanglots qui m'interrompent
malgré vous, et auxquels je ne puis m'empê-
cher de répondre par des sanglots, tout, jus-
qu'au morne silence de nos champs, tout jus-
qu'à ces arbres insensibles qui semblent ne
se dépouiller de leur verdure que pour orner
sa tombe et prendre part à notre deuil.
Interitum montesque feri sylvoeque loquuntur...
Né en 1742, M. le chevalier Claude de
Pernon fit ses premières armes dès l'âge de
treize ans. À peine entré dans son printemps,;
il servait sous le drapeau sans tache de Louis-
le-Bien-Aimé , sous les ordres du maréchal
d'Estrées et du prince de Soubise. Il se trouva
à la bataille d'Astinbeck , le 25 juillet 1757 ;
et il était à Rosbach, au mois novembre de
la même année. Le brave Bussy tomba, dit-
on, à ses côtés.
Parvenu de grade en grade à celui de lieu-
tenant-colonel de cavalerie, il fut long-temps
l'idole de ses soldats, l'homme le plus aima-;

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