Discours prononcé par M. le curé Rigo, pendant le service funèbre qui a eu lieu pour le repos de l'âme de Mgr Casanelli d'Istria évêque d'Ajaccio, dans l'église de Saint-Jean-Baptiste de Bastia, le 29 octobre 1869

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impr. de Fabiani (Bastia). 1869. Casanelli d'Istria. In-8° , 11 p..
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Publié le : vendredi 1 janvier 1869
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DISCOURS
PRONONCÉ
Par M. le Curé RIGO
PENDANT LE SERVICE FUNÈBRE QUI A EU LIEU,
POUR LE REPOS DE L'AME
POUR LE REPOS DE L'AM E
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DANS L'ÉGLISE DE SAINT JEAN-BAPTISTE DE BASTIA
LE 29 OCTOBRE 1869.
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BASTIA
IMPRIMERIE FABIANI.
1869.
, i
Mes Très-Chèrs Frères,
• La mort d'un bon Évéque est toujours un grand sujet d'af-
fliction pour ses diocésains. C'est le pasteur qui manque à son
troupeau, le père à ses enfants, le maître à ceux qui appre-
naient de lui la science du salut. Tous ces liens se brisent, et
la séparation est d'autant plus douloureuse qu'elle était moins
attendue.
- Mais aujourd'hui, Mes très-chers Frères, nous ne pleurons
pas seulement notre Pasteur. Celui à qui nous rendons les
derniers devoirs a été le réformateur et le régénérateur de la
Corse ecclésiastique. #
- S'il fut venu s'asseoir sur le siège épiscopal pour gouverner
une Église déjà organisée, il eût certainement acquis assez de
titres à notre vénération et à notre reconnaissance. par les
travaux et les fatigues de toute sorte que lui eût coûtés, pen-
dant une si longue carrière, la Simple administration d'un
diocèse tel que le nôtre.
- 4 -
Mais vous savez, Mes très-chers Frères, dans quel état il
le trouva. Tout était à créer ou à refaire.
Les églises de notre île , bien qu'elles se fussent longtemps
ressenties du désordre causé par les guerres civiles ou étran-
gères, avaient eu de beaux jours. Pendant l'intervalle qui s'é-
coula depuis le saint concile de Trente jusqu'à la guerre de
l'indépendance, on avait vu dans les cinq diocèses que renfer-
mait la Corse, la discipline rétablie, les études ecclésiastiques
en honneur , le culte florissant, les ordres religieux établis
partout, et contribuant très-activement à répandre , dans les
villes comme dans les campagnes , avec la connaissance des
vérités évangéliques , ces habitudes chrétiennes qui jetèrent
sur notre sol des racines si profondes. Trop souvent, il est
vrai, les funestes passions qui armaient les uns contre les au-
tres les individus et les familles venaient entraver l'action
de la religion. Cependant la foi était vive et les mœurs d'une
pureté dont il ne nous reste plus que le souvenir.
Après la guerre de l'indépendance , la discipline , troublée
par les évènements qui avaient séparé les évêques de leurs
ouailles , reprit toute sa vigueur. Le présent était prospère et
l'avenir se présentait sous des couleurs riantes lorsque la ré-
volution éclata.
Le Concordat rétablit officiellement en Corse le culte qui
s'y était toujours maintenu de fait. Mais , sous le rapport ec-
clésiastique , notre sol demeurait couvert de ruines. Ce qu'on
relevait était si peu de chose, qu'à la vue d'une semblable res-
tauration , les fidèles avaient bien sujet de se réjouir et de-
pleurer en même temps , comme les Juifs qui en voyant rebâ-
tir, après la captivité , le temple de Jérusalem , et en compa-
rant à la grandeur de l'ancien édifice les modestes dimensions
de celui qu'on allait construire , ne pouvaient retenir leurs
larmes.
Sans doute les ruines n'existaient pas seulement en Corse ;

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