Du principe des factions en général, et de celles qui divisent la France ([Reprod.]) / par M. Mallet du Pan

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[s.n.] (Paris). 1791. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : samedi 1 janvier 1791
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E N'GÉNÉRAXy j
ET DE CELLES QUI DIVISENT LA FRANCE*
Et cum jura tribun [,
P a k M. iM A L LETDU PAN.
i S.
̃>.f7'?if
DU PRINCIPE
DES FACTIONS
EN GÉNÉRAL,
ET DE CELLES QUI DIVISENT LA FRANCE.
Au moment où l'assemblée politique qui a
t/ar.sfusé le sang du corps social en Fran e, .va
céder son amphithéâtre à de nouveaux ac eurs,
il est instructif de marquer le point où elle laisse
les coeurs et les opinions. Lorsqu'elle s ras*
sembla à Versailles, la. nation avoic exprimé un
voeu presqu'unanime dans ses cahiers, sur les
rapports fondamentaux du monarque avec les
représentans du peuple; elle avoit circonscrit
ses droits en les. déterminant, En se ralliant à
ce panache, les esprits divisés, qui ne forn oiant
pas encore des partis dans l'état, eussent pré-
venu une discorde systématique; les disant! mens
n'auroieni pas dégénérés en délibérations fac-
II Y a une grande différence entre des U$&
tuteurs qui inclinent un gouvernement, pour
mettre en harmonie toutes le^ classes sxiaes,
et des fondateurs de sectes ou de factions. es
derniers divisent les intérêts au lieu de les
ïéunirj sactinent les minorités aux majorées}
multiplient les lois comme autant d'insirunjens
de m^lfaisance, comme autant de pièges poirt
la justice à" la convenance du nombre ont ils
se sont assures; ils en confient l'exerci e ,4 des
tribunaux, dont l'esprit de parti est le remier
besoin et le1 premier devpir; ils rejettent tout
ce qui tend à l'équilibre des volotuéY et des
pouvoirs; se ménagent, dans leurs insti utions,
des moyens d influence exclusive et personnelle;
font un gouvernement pour gouverner eux x seuls;
nomment leurs partisans, la nation; decetnent
les emplois au mérite et à la vertu, en ne plaçant
Je mérite et la vertu que dans leurs créatures.
Il* ont soin de séparer comme l'évangile dans
le ciel, les bons des méchans les bons, ce
sont eux et leurs amis lés méchans sont tous
les citoyens qui refusent de ramper dans leur
parti, ou qu'ils ont immoles! son intérêt.
Ces factions naiiTent de toute révolution vio-
rne; elles se perpétuent se diversifiant par
h)
A
la législation fhêrhe qui en a été lé résultat:, ta
son tour, elle engendre les factions do t 1
principe a vicié sa naissance. On les retrouva
par-tout où les institutions publiques n s<i
purifient poiht par un accord libre entre le
pouvoirs préexiftans et les pouvoirs nouveau
etitre les partis suojugués et les partis triomphans*
La démocratie est leùr élément tous gouveri"
nement populaire où le défont de contre-[>oîd$
tend à favoriser les nouveautés stimule lenir.
ambition, et développe leiu énergie Il, elles
infeccetrc la législature, même; là, une li ercé
politique trop étendue les délivre de tou les
fretins, et seconde leur activité en6n, l'absence
d'un pouvoir impartial, suffisamment cooetif,
sur-tout dans les grands états, oie la facul :é de
les extirper.
Ce fléau est plus ou moins redoutable sui-
vant le caractère que les chefs que les cir-
constances, que la constitution nationale im-
priment aux factions.
Les républiques de la Grèce, celles d' talie
et de Suisse dans le moyen âge, des monar-
chies libres mal organisées nous ont olFert
durant des siècles ,*l'état partagé entre la fac-
tion du peuple et celle des nobles, ou en d'au-
tres termes, entre les patriciens et les plébéïcns,
entre las fichés et les pauvres», Ayant -Un? le
gouvernement une autorité distincte, qu'on ne
s'occupa jamais de soumettre une balance ma»,
tien des lois et de la liberté ces deux ut»
tions n'obéirent qu'à-lcur intérêt opposé et
ne travaillèrent qu'à leur indépendance. L'Ijiis-
toire est pleine de leurs combats malgré île»
défaites les bannissemens, les proscriptions
les massacres, elles ne parvinrent jamais à s'ex-
terminer suffisamment au contraire, elles' se
consolidoient dans des flots de sang tous les
dix ans, l'état devenoit successivement li proie
d,e l'une d'elles.
,/Cette lèpre ronge si inévitablement le te-
gime absolument populaire qu'au défaut de
distinctions entre les classes de la société, le
peuple en a par-tout créé dans son propr sein,
pour repaître le besoin d'ù trouble, l'amour des
innovations et l'ambition des démagogues. Tite-
Live nous apprend que les factions des deu tribus
Papiria et Poltia,se déchirèrent à Ro e pen.
dant trois cents ans.
Bien loin d'éteindre ces divisions funeste:,
le principe 'de l'égalité sociale en est précisé-
ment la cause et l'aliment. Tandis que U Joj
(
A 3
fcîvellô tous les citoyens Ibepinion tracé lis si
inégalités le cours impérieux de la société lc$
entre le droit et le fait, naissent les emporté
mens de la jalousie, et le choc des vanités..Per-
sonne ne voulant reconnbître de supérieurs, ni
de hiérarchie, il se fait en tout sens un effôrt
Universel soit pour atteindre le niveau soit
pour le dépasser. Dans toutes les classes, on
n'estime plus l'égalité, que comme un moyèft
d'abaisser à soi ceux que l'opinion a fait sortir
de la ligne commune; mais on y fixe ceux qu'on
considère comme ses inférieurs. Les applariisseurs
Feroient plutôt remonter le cours des fleuves,
qu'ils ne détruiroient cette invincible tendance
du cœur humain.
Si le législateur, ne Ta pas prévue, si sup-
primant toutes les distinctions il a compté suc
la force de son cordeau ,de nivellement, ce jeu
de planimètre est un appel i la discorde. La
société reproduira, îous d'autres f6rmes, les diffé-
rences et les rangs les lois n'en ayant supposé
ni l'existence, ni l'inévitable retour naîtront
aucune prise sur leur action hors, d'état de
défendre l'égalité commune contre les chances
4le la nature et de la civilisation subjugueront»
«Iles les prétentions avec des décrets? Empêcha-
j<ant«el jes l'opinion de déterminer une syfcordina*
lion morale? Non} mais,. faute d'avçi
ces classifications distinctes, comme des occident
co-ordonnées au plan général
impossible de lesbannir elles verront le divers
ordres d,e citoyens se divisée en façtiors s poli.
tiques, d'autant- plus acharnées, qu'auane jnst
jijution n'aura songé d'avance a concilia leuif
jdjoltsi, et à tempérer leur effervescence
Telle seroit par-tout la suite inévitable 'un sys-
tème d'égalité absolue. Qu'on en calcule 1 effeis
daiisun état monarciiiv];je, où des distinction^
subsistante^ depuis des siècles légitimées pat
,les co'jt urnes, fortifiées par les moeurs et par
les haibides nationales seroient subitement
retranchées de la société.
Rome ancienne nous fournit l'app
d'une partie des vérités précédentes. P usieur?
historiens ont très-justement observé, qu'aussi
long-temps que la distinction des praticiens et
des plébéiens fut reconnue, réglée par les lois
.pu remplacée par celle que donnoient le» digni-»
,tés curules, c'estrà-dire, pendant plus de 400
?ns depuis l'expulsion des rois jusque U mon
des GraccKe6,les factions n'eurent iarhai;S: lit)
Caractère sanguinairç et que 19 plus
• •
A4
leuis différends se terminèrent par des accorda
Il n'en fut plus de même, lorsque la ba riére
des distinctions civiles étant rompue, et
librc renversé ent're le peuple et le sénat à
république se partagea en deux classes, celle ce
tous les a:nbitieux sans refende, qui pour
parvenir aux honneurs, formèrent de la pofuIaCe
même une faction et celle des citoyens riches
que pour leur disputer l'autorité et sauver le
gouvernement, se rallièrent au sénat. Tout ce
que le patriciat renfermoit d'hommes pervers
ruinés, déshonorés, se précipita dan» la première!
de ces deux factions comme elle décern ir les
dignités, le crédit, la puissance, op. v les
descendons des plus illustres familles de Rome^
briguer les alliances et les charges plébéiennes;
ils' achevèrent la corruption du peuple, dont la
protection couvrit leurs désordres et leursferimes
C'est ainsi que le plus effionté, le. ptus jrfamé
des Romains, ce Cloditis né avec l'élovjjenco
qui, convient à une multitude pervertie» se' fib
adopter par une famille plébéienne, enidiimec
tribun du peuple. Cette faction où se réunifient
Ie« indiens, les débiteurs,; les esprits a'rcjens y
les hommes entachés ou poursuivis par fou
et cette foule de caractères affamas de révolutions,
de dhcordes et de rapines, que
( 8Î
et peints dans le portrait de Catilina cette
tion, disons-nous, devint le foyer de toutes es
entreprises, l'issue de toutes les ambitions, et
le moyen de tous les attentats.
Aptès l'avoir inondée de sang, elle engloutit
la république le premier qui ,donna l'ej:emj>lfl
des proscriptions, le premier qui fit porter |aa
forum les têtes sanglantes des plus illustrés,
des plus vertueux citoyens, fut un fa ori 'du
peuple. App'un nous instruit que toute libert6
des élections étant violée, les Romains honnête*
les abandonnèrent. De ce moment, on it les
démagogues récompenser la multitude, des crimes
qu'elle exécutoit pour eux, par des plébiscite»
populaires. Lorsque Nonnlus que le sénat et
les patriciens avoient porté au tribuna fut
fnameré par les satellites de Marins, une des
créatures de ce consul plébéïen le tribun Appu-,
h'tus fit décréter par le peuple une nouve le dis-
tribution de terres et de grains, donne forcé
de loi aux plébiscites sans le concours du sérîu
déclarer traîrre â la république quiconque inter-
rompe» ic un tribun et assujettir le sénat jurer,
dans cinq jours la. confirmation de toutes les
décisions des tribus.
On saitasse?, comment la même faction fraya
tu populaire CVw qui s'étoit déclat^ pow
<9)
;elle le chemin de l'usurpation et de la tyrannie."
Il résulte de cet exposé de faits, que l'ancienne
distinction des patriciens et des plébéiens fut
utile à la liberté en opposant une ambition
déterminée et circonsciite par les lois, une m·!
bidon du même caractère, et en prévenant a nséi
la puissance irrégulière et incalculable d'uiut-;
pateuis assures de dominer sculs lorsqu'il; se'
sont asservis le dévouement d'une faction uop'
prépondérante. Rien ne put sauver Rome d<: ce;
malheur parce que l'Ordre même qui autrefois
écoit intéressé contenir le pouvoir du peuple,
,ne fut plus intéressé qu'à l'étendre et qc<: le
peuple j délivré de la crainte des patriciens, ne
counoissant plus de recenue dans les exerçons
de sa puissance, immola celle du sénat, ainsi
que la liberté publique ses corrupteurs qui
devinrent ses mitres, en lui parlant de sa
Souveraineté.
Ne fusant point ici un traité général su les
factions, (emï dispenserai de déduire les autres
causes qui les produisent, pour remarquer, avec
douleur, que ces caresse combinent Parmi
nous de manière perpétuer l'agitation dp la
France et son déchirement.
Je viens d'indiquer ce que nous présage ta
dogme et la pratique de l'égalité civile et morale.
( io )
Ace premier mobile, se joint la nature ^nêrnç
da !a constitution qui offre à tous les. novateurs
l'espoir et le moyen de cliangemens continuas
qui rend le peuple maure à soif gré de dôlac:r
les autorités; qui par une multitude d'élection
populaires, embrâse sans relâche toutes le pas-
sions, et rend inévitables des factions erpé-
tuelles sans ccsse irritées par d'innombrables
rivalirés qui concentre la force des dive par-
tis dans les décisions de la multitude qui
dans la législature soumet la minorité audes-
potisme arbitraire d'une majorité qu'aucun
ttutre pouvoir ne peut balancer, redresser, ni
contenir qui, en armant la république el rière,
a subdivisé la force motrice de cette armée
unive;selle, énervé l'obéissance général se la
soif du commandement et préparé ain des
cohortes à toutes les factions.
L'incertitude des principes sur lesquels epose
notre nouvelle toi, et les applications illimitées
qu'on peut en déduire sont un autre ource
de fictions. La doctrine de la souveraineté pu-
)dire, prête à toutes les extensions possibles,
Uepui$.la constitution actuelle jusqu'aux censeils
délibératifs de la multitude, exerçant elle-même
tous les pouvoirs. On sent de reste combien
l'association d'un gouvernement monarchique à
Il )
des formes et des institutions positive ne,,
démocratiques, prépare de combats. L'écart nut
les opinions est immense parmi nous ceux qui
désirent une monarchie libre, et ceux qu ont
fait une démocratie monarchique, sont entr'eux
ane distance presqu'égale cette qui sépare les
républicains, des partisans de la monarchie abso-
lue. On n'apperçoit dans les divers systèmes
pas plus que dans les institutions, ces joints
de rapprochement et de contact qui présevenc
l'Angîeferro des factions. Depuis quatre- vingt
ans un Tory est l'ami de la monarchie sans
abandonner la liberté un Whig est Vami de la
liberté sans renoncer à la monarchie. oute
alliance est possible entre deux partis qui n sont
divisés que par des nuances et qu'enchaîne une
constitution mixte, qui repose sur des base,*
communes a toutes les opinions.
Enfin à tant de mobiles qui, de toutes parts,
provoquent les factions, il faut ajouter le*
destructions, les outrage!, lesenvahissemens qui
ont aigri les cœurs augmenté les motifs de,
désunion des mécontentements particuliers A<)
plusieurs classes de citoyens, et planté le gernve
des troubles dans une multitude de ressentiment
de corps et de haines personnelles.
Voyons maintenant ce qui est déjà réalisé
l i% S
'de ce tableau spéculatif, ou en d'autrés r<!fm< s ?
à combien de partis distincts sont livrées l'asstm-
biée nationale et la France ,qu elle diri je ce
sera compter les bouches du volcan et en
mesurer la profondeur..
A Paris, comme Versailles jamais il |h'y
ect unité d'opinion ni de conduite, soit dans
le côté droit soie dans le côté gauche de l'as-
sembl;e nationale. L'un et l'autre se compo-
sèrent démens similaires, rapprochés par les
circonstances mais de nature à se désunir des
que leur intime coalition cesseroit d'ètM néces-
saire à leur défense ou à leur succès.
Dans.la section de la droite, ainsi q e dans
Je royaume le parti qu'on a généralisé sous le
nom ^'aristocrate parce que celui de loyaliste
çôt été moins odieux, a presqu'autantde hanches
que d'individus.
Il compte d'abord quelques hommes en petit
nombre, qui haïssent la révolution, pat amour
de l'ancien régime et, des abus, ou I? liberté
pu amour de la paix. Us regrettent temps
où la nation n'influoit sur !e gouvernement que
par l'empire inconstant de l'opinion; o la force
de la couronne, beaucoup trop grand contre
les individus, fléchissoit devant les entreprisses
des corps puissaus; où les dignités, les places,
les incompensés ,abandonnées des càbale d<i
cour, étoient devenues, contre l'esprit e 1
monarchie, le patrimoine de quelques fami les
et le prix de l'intrigue où des ministres pissa»
gers traitoieftt la législation et l'état comrre Il
toile de Pénélope, «n s'étudiant à faire et
défaire tous les six ans; ou les volontés urbi*
trairas de ces interprètes du monarque, av ien't
l'efficace de la loi; où la mobilité perpétuelle
des i nsiituiions résultoit de cet arbitraire en sorte
qu'à la voix «l'un empytique entreprenant et
accrédité, les divers états de la société (han-
reoient de fortnes, nul n'étant sûr de sa posi-
tion pendant deux ministères successifs;' où à
la foiblesse l'instabilité du pouvoir législatif,
se joigr.oit l'indépendance oppressive des gens
d'exécution; où seuls arbitres des^besoin- pu-
blics, deux ou trois ministres, en se conci ianr,
pouvoient à leur gré imposer la nation, la ruinée
par des empruns, forcer toujours ta recette pour
atteindre la dépense, et couvrir par des pre tiges
le désordre des finances avant-coureur d'une
catastrophe générale où l'autorité royale se.
perdoit dans les canaux irréguliers et innom-
brables de la burocratie où là liberté person-
nelle n'avoit d'autre sauvegarde que la do|uceujc
du gouvetnem«iu et la probité des gens en plaçai
in
où, ehfîji î malgré l'appareil de ses forcis' et
h plénitude de sa puissance, l'autorité soive-
laine, pliant sous son. propre excès, s'ébranloïr
elle même par ses vacillations, et ne cou noi< soie
plus cette énergie rempérée, mais contin e, ;an5
laquelle tour gouvernement penche vers so déjlin<
Ceu,x qui convoitent le retour de c désor-
dre potitique, qui renferrr.oit tous les ncohvé-
niens de la monarchie sans en avoir h s avan-
tages, ne font autre chose <}iie réclamer une
nouvelle révolution. Replacez la France et le
trône sur les anciens écueils il y périra une
seconde fois et par les mémes cause car
aussi long -temps que i'autorité du prince ne
s'assied pas sur le fondement des lois, du mo.
ment où son armée vient à lui manquer, ello
reste sans défense et sans ressources.-
Malheureusement, aux, hommes condors par
les anciennes habitudes, a quelques courtisans
favorisés, à certaines ames sur lesquelles
le sentiment de la liberté ne peut avoir de
prise se réunissent de jour en jour pour
désirer l'ancien gouvernement, des méjconténs
tévolrés des excès de laùévoluîicn qui dans
leur 1 humeur jugent la nation indigna d'être
libre et qui préfèrent un joug paisible à l'op-
pression sanglante de l'anarchie. Si la sûreté
C«s)
des biens- et des personnes ne se rétablît pas
très promptement si la tyrannie des clutu
des inquisitions, des administrateurs, si l'inv»
puniïé des crimes, si la fuiblesse des tribun ux
et de la police publique si les innombra les
vexations, par lesquelles on fatigue tout ce qui!
avoit u'n rang, un nom un grade une pro-
priété considérable ne disparaissent pas in es.
samment si, sans égard aux services fendus
à l'état les emplois continuent à être .la proie
de la fnédioctité de la fureur et de la pré-
somption, si le talent de circonstance, le babil
révolutionnaire et l'hypocrite affectation de
popularité sont les seuts titres reçus à l'admi-
nistration publique, l'ancien régime gagnera
chaque jour des partisans. faut l'avouer; ans
l'hideuse comparaison de ces abus, et de la dé-
plorable situation où l'on a réduit la France,
la tranquillité du pouvoir absolu regagne des
attraits.
Une seconde classe du royaume, et du oôté
droit de l'assemblée classe sur laquelle por-
toienc spécialement les coups d'autorité a bi-
traire,et qui la première sonna l'alarme coitre
elle, redemande une véritable monarchie; ais
avec des^éiats-généraux, avec trois ordres, avec
des parlemens tuteurs du trône, et juges tou-
un
montre
vmins par droit de finance avec
politique qui donnant d deux classes éminente?
de la société, la moitié de la souveraineté pu-
blique, en attribuèrent le reste au quin ving-
tiémes de la nation et au monarque. 1 parti
prétend retrouver dans ce, système h véritable
constitution française, telle qu'elle exisU ou$
Charlemagne et sous Clovis. Comme te gou-
vernement français, â ces époques si dissembla-
bles de la notre a fourni la matière e cent
mille controverses entre les historiens e les pu-
bticistes et que ce fanal est éteint ans les
brouillards épais de nos fois confuses et de nos
usages contradictoires, on ne peut considérer
cette constitution primitive, si jamais elle exista,
que sous le rapport d'une hypothèse. En consé-
quence, le sort de la France dépendroit d'une
lutte entre les -systèmes historiques et les sys.
tèmes métaphysiques' Le parti très-nombreux
qui adopte ces opinions, rejette toute autre com-
binaison mixte et monarchique 2 cn sacrifiant
ses priviléges civils, il tient plus forte nent à
sa précédente existence politique; il cor teste a
l'assemblée nationale même le titre de la i ienne
aptes avoir délibéré deux ans dans so sein.
S'étant piqué de consistance dans ses <|Jcinar-
chss, beaucoup plus que de politique,, il a
B
ftVoîifré la fermeté à ^outrance» que ses membres
eussent déployée devant une armée ennemie,
sans empêcher, néanmoins, que son séjour si
tnanênt ï. l'assemblée nationale ne légitimât
force qui le contraignit d'entrer, et ne détr mît
l'effet de ses protestations.
Inconciliables avec les autres sections polit!
ques,et ayant proclamé plus d'une fois s réa
sistance à tout accomodement si par hypo-
thèse, on le replaçoit à l'ouverture des érats*
généraux, il est à croire qu'il choisiroit encore
les retranchemens dans lesquels il a été battu.
En observant que cette faction emb asse
entr'autres, la majorité du clergé de tout ttat>
de la noblesse militaire ,'de là noblesse de r be,
d* la noblesse agri:ultrice, des grands parié-
taires de tout ordre on aura te thermorrètré
de sa chaleur, et h raison de son inflexibilité.
Hier» ne consolide mieux les opinions que la
vio!eilce<Ldes opinions contraires rien n'a gdt
irrémédiablement les sentimerts comme une
adversité continuelle. Ce seroit trop atte dr,e
de la nature humaine, que d'exiger de là on..
descendance de la part de ceux que l'on im*
mole impitoyablement; de leur prêcher 1ère*
honcement à soi même, à l'instant en*
vahit jusqu'à la liberté de se plaùxlrç des in*
(i.S)
justices et de compter sur la bienveillance
des opprimés au milieu des coups r;doi blés
de l'oppression. Ces platitudes philosophiques
des rhéteurs du côté gauche et de ses, écrivains,
qui, en se livrant la. fureur de leurs passions
et de leurs préjugés, exhortent leurs adversaires
à être sans passions et sans préjugés, soit t d'une
hypocrisie trop prononcée.
Dans aucuns pays, dans aucunes révolutions,
nulles classes de citoyens ne furent l'objet d'un
acharnement comparable à celui qui a frappé
le clergés et la noblesse. On les a sacrifiés à
des confrères pour lesquels ils avoient montté
on juste mépris â la cupidité des agioteurs,
aux tripots de la banque, aux calculs des avo-
cats, et 1 la vanité de quelques bourgeois,: Après
les avoir dépouillés de. leurs propriétés; i aprés
avoir livré leur vie a la justice des bri auds
on leur a' ôté le patrimoine de leurs noms
et la. conservation de leur état civil.
N'y eût-til qu'une seule famille ( er il en
existe des milliers ) qui des services public»
avoient procuré la noblesse, cette récompense
étoit la plus sacrée des dettes de l'état re-
prendre cette donation sans indemnités ,|c'étoic
violer la foi publique, déshonorer la justice
et l'honneur national. Cependant un de nos 1er
Bi
bislateurs vient de condamner. Au càrcaN.J
tout gentilhomme qui oseroit se souvenir de
cette propriété indestructible il est vrai eue
ce législareur est l'apologiste des forfaits de i f
'et 6 octobre ( M. Chabroud )»
Retranches de'Ja protection des lois, lë nou*
veau régime les exclut par le fait de toute par-
ticipition aux emplois publics, en livrant toutes
les élections à la multitude, l'éligibilité i des;
conditions dérisoires, et les propriétaires à là
force du nombre qui n'a rien. Pour réunit
tous les fléaux sur ces classes exterminées, on
les a courbées sous le glaive de l'opinion pu*
pulaire dix mille cerbères ont été chargés de
les couvrir de leur bave, et de multiplier les
hutlemens. Citefc un outrage, un genre de if-
famaiion,uti mode d'insolence féroce qu'on ait
épargné au clergé et à la noblesse ? Et lur que
les défenseurs de ces deux ordres ont tentE
mal- adroitement, la tribune, de disputer le
terrein des invasions, est-il un acte de despo*
tisme par lequel on ait omis de violer leur
liberté et de leur arracher la parole?
Placés entre les périls du dedans et ceux du
dehors, entre les hostilités des galeries et celles
des phalanges de Mirabeau entre. les insultes
personnelles et l'abbaye Saint-Germain > encre les

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