Du rejet de la loi sur la réduction des rentes ; par M. A. F.......l

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Impr. de Chaignieau fils aîné (Paris). 1824. France (1814-1824, Louis XVIII). In-8 °. Pièce.
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Publié le : jeudi 1 janvier 1824
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DU
REJET DE LA LOI
SUR LA
RÉDUCTION DES RENTES,
PAR Mr A. F L.
Exhauriare aliquis ultor.
PARIS.
1824.
De l'Imprimerie de CHAIGNIEAU fils aîné
rue de la Monnaie, n° 11, à Paris.
DU REJET DE LA LOI
SUR LA
RÉDUCTION DES RENTES.
DEPUIS dix ans la France attendait avec impa-
tience un ministère qui, pénétré de l'importance
de sa mission, se dit à lui-même en arrivant au
pouvoir : Nous sommes appelés aux plus hautes
fonctions de l'Etat; notre nom appartient désor-
mais à l'histoire. Sortons de la route battue par
cette foule de puissances éphémères qui nous ont
précédés ; elles avaient soif de dignités et de ri-
chesses; elles avaient à faire la fortune d'une
clientelle ou d'une parenté nombreuses ; elles se
sont hâtées d'accomplir leurs destinées : le Léthé
a fait justice de ces administrations d'un jour qui
savaient à peine pourvoir aux besoins du mo-
ment.
Par suite de ces essais , des hommes nouveaux
sont arrivés au pouvoir. L'opposition se plaisait à
les dire neufs au maniement des affaires ; la
France entière étoit dans l'attente. Leur pre-
mière opération qui tendait à nous délivrer du
régime provisoire en finances, leur valut l'appro-
bation universelle. Cependant des économies
furent demandées alors, comme elles avoient été
réclamées dans les discussions précédentes ,
(4)
comme elles le seront toujours par une opposi-
tion quelconque; c'est la partie la plus intéres-
sante de son rôle; c'est par cette voie qu'elle
parle à l'opinion dont elle n'est souvent, il faut
le dire, qu'un interprête avoué par la constitu-
tion. Mais dans une administration où les rouages
sont aussi compliqués ; dans un pays comme la
France où, depuis si long-temps, une grande
niasse d'habitans est accoutumée à vivre par le
pouvoir, il n'est pas facile d'improviser des éco-i
normes sans courir le risque de faire jeter les
hauts cris et même de rencontrer des résistances
plus ou moins prononcées dans les classes qui
se trouvent lésées. L'histoire des ministres Sully,
Colbert, Silhouette , Turgot et Necker, justifie-
roit au besoin l'exactitude de mon observation.
Dans cet état de choses, la position de réfor-
mateur est d'autant plus embarrassante, que
l'opposition qui ne cesse de réclamer des écono-
mies, est toujours disposée à se rendre l'écho des
plaintes formées par les intérêts privés, froissés
par les réformes ministérielles, et s'inquiète peu
d'une contradiction aussi manifeste, parce qu'elle
est sûre de réussir, en parlant aux hommes, la
langue des passions qui les agitent.
Une guerre d'un intérêt politique majeur ve-
nait d'être terminée avec tout le bonheur et
toute la brièveté désirables. L'état de paix qui
lui avait succédé -, paraissait être encore conso-
lidé par les nouvelles bases sur lesquelles on
venoit d'asseoir la paix du. continent ; le crédit;
(5)
de l'Etat se ressentit avantageusement de la si-
tuation des affaires. Les fonds publics devinrent
l'objet des spéculations générales en France, et
attirèrent même les fonds de l'étranger ; la rente
atteignit et dépassa bientôt le pair. Que pouvait %
que devait faire un ministre habile dans cette
occurence? C'étoit, bien averti par le passé, de
se tenir en garde contre cet état de prospérité
passagère. En effet, en, suivant l'avis de certains
spéculateurs, répété sottement par une foule
d'intéressés avides et peu prévoyans, c'est-à-dire-
en laissant aller tout au gré des événemens, le
mouvement de hausse étoit tellement prononcé,
qu'il étoit naturel de la voir arriver en peu de
jours , à 120 et même à 126; car la malveillance
qui jadis avait spéculé si avantageusement à la
baisse , concourait elle-même à accélérer le mou-
vement de hausse, bien sure d'atteindre plus,
tôt, et plus sûrement son but en suivant cette
nouvelle direction. Les petits rentiers, si mal-
traités en l'an 6 par les meneurs de l'époque si
peu respectés même dans les pamphlets et les
caricatures du jour , ont excité, de noire temps,
un intérêt bien plus vif. Fort heureusement pour
eux, il se liait à des intérêts identiques, mais
bien autrement représentés. Les petits rentiers
et les possesseurs d'inscriptions nombreuses et
importantes se trouvaient atteints par la même
mesure; ces derniers ont vigoureusement défendu
cette fois les intérêts de la petite propriété.
Mais qui peut nous assurer que ces petits ren- -

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