Du renouvellement partiel et du renouvellement intégral

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chez tous les marchands de nouveautés (Paris). 1824. France (1814-1824, Louis XVIII). In-8 °. Pièce.
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Publié le : jeudi 1 janvier 1824
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Source : BnF/Gallica
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DU
RENOUVELLEMENT PARTIEL
ET
DU RENOUVELLEMENT INTEGRAL.
DU
RENOUVELLEMENT PARTIEL
ET
DU RENOUVELLEMENT INTÉGRAL.
Je pose en fait que sur 80,000 électeurs
que l'on compte en France, il ne s'en trouve pas
aujourd'hui 4,000 qui aient conservé toutes les
idées de la révolution, et je pose également en
fait qu'il ne s'en trouve pas non plus 4,000 qui
aient conservé toutes les idées de l'ancien ré-
gime, et cependant voici ce qui nous est arrivé:
il y a huit ans nous avons été exposés à voir
entrer à la Chambre tout ce que nos provinces
les moins éclairées renferment encore d'hommes
passionnés pour la vieille monarchie ; il y a
quatre ans nous avons été exposés à voir entrer
à la Chambre tout ce qui reste des membres de
la convention; et enfin dans ces derniers temps ,
nous avons été exposés à voir rentrer à la
Chambre les mêmes hommes qu'il y a huit ans!
Quelle peut être la cause d'un phénomène aussi
extraordinaire? Peut-être qu'à la rigueur on
pourrait en indiquer plusieurs; mais pour moi,
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je n'en vois qu'une qui puisse bien résoudre*
toutes les conditions de ce singulier problème,
et s'il faut la dire cette cause, c'est que notre sys-
tème d'élection est beaucoup trop faible pour
résister à la violence des partis.
Tout le monde le sait, la Chambre se renou-
velle en France par cinquième'; ainsi 16,000 élec-
teurs environ sont appelés chaque année aux élec-
tions : et comme sur ces 16,000 électeurs il ne s'en
trouve que 1,600 au plus qui appartiennent aux
partis de la révolution ou de l'ancien régime ( sui-
vant la proportion que j'ai établie tout à l'heure
et que j'ai lieu de croire très-juste ), comme
tout le reste appartient au parti modéré, il est
certain que les élections ne seraient jamais dou-
teuses si les électeurs étaient abandonnés à eux-
mêmes : mais malheureusement jamais il n'en
a été ainsi, jamais les électeurs n'ont été aban-
donnés à eux-mêmes, jamais on n'a voulu s'en
rapporter à leur bon sens; et sous prétexte que la
France entière était intéressée au résultat de leurs
opérations, on a toujours cherché à influencer
leur voix de mille manières. Encore si tous les
partis se fussent occupés avec le même intérêt
de ces débats annuels, peut-être n'en fût-il re-
sulté aucun mal pour la France, et la question,
quoique agrandie, n'en eût peut-être pas moins

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