Du Rétablissement de l'ordre dans les finances, par une organisation nouvelle de la trésorerie et de la comptabilité, par Paulin Crassous,...

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Forget (Paris). 1799. In-8° , 14 p..
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Publié le : mardi 1 janvier 1799
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DU RÉTABLISSEMENT
DE L'ORDRE
DANS iL E S FINANCES,
Í
'^Êar unè organisation nouvelle de la Trésorerie
et de la Comptabzlité.
Par PAULIN CRASSOUS , citoyen français.
Quid verum atque deccns curo et Togo , et omnis in hoc sum.
Ho.. epist. /, lib. I, v. II.
A PARIS,
CHEZ FOR GE T, Imprimeur - Libraire, rue des
Grands-Augustins n°. s5, eu face celle Christine.
Et chez, les Marchands de Nouveautés.
FRIMAIRE AN VIII.
A BONAPARTE,
",
Membre de l'Institut national, et premier Consul
çle la Républiquefrançaise.
QUE fais-je ? Quelle audace extrême !
Dérober un tems précieux
Au héros qui voit par ses yeux,
Et qui gouverne par lui-même l
Puis un ouvrage sérieux
Présenté de cette manière !
Et pourquoi non ? Pouvais-je mieux
Produire une telle matière ?
C'est en vers que l'on parle aux Dieux.
Je sais bien qu'au siècle où nous sommes ,
La poésie est un travers ;
Mais autrefois tous les grands hommes
Lisaient, fesaient même des vers.
En faveur de la ressemblance ,
De grâce, un moment d'entretien ;
Et d'ailleurs mon écrit vaut bien
Qu'on le lise de préférence ;
Car il remet l'ordre en finance ,
Et sans argent l'on ne fait rien.
Mon premier but est d'être utile;
Cette attrayante illusion
M'a rendu le travail facile ,
Et n'exclut pas l'ambition j
J'entends l'ambition honnête.
Si, sur la Comptabilité,
( Hélas! quel mot pour un poète! )
J'ai su jeter quelque clarté;
Si je possède la science
De la recette et la dépense ;
Enfin, si l'assiduité
M'a fourni quelqu'expérience,
Je vous l'offre; sans vanité
Ce n'est pas de refus, je pense.
Peut-être l'on objectera
La littérature et mon âge ;
Propos jaloux, vain radotage
Que votre esprit rejetera.
Bien que les muses soient légères,
On peut, avec d'autres lumières
Les caresser quelques instans;
On peut à son septième lustre,
Non, comme vous, avant trente ans
Effacer ce qu'ont fait d'illustre
Tous les héros des anciens tems,
Mais, sans passer pour téméraire,
Prétendre en esprit, en talens,
Egaler un sexagénaire.
Allons, de quelques sots méchans
Méprisons la vieille cabale ,
Et créons, à leur grand scandale,
La faction des jeunes gens.
DU RÉTABLISSEMENT
DE L'ORDRE
DANS LES FINANCES,
Par une organisation nouvelle de la Trésorerie
et de la Comptabilité.
TOUT homme qui réfléchit est convaincu qu'un
Etat ne peut subsister qu'autant que les fonds pro-
venant des impôts arrivent à leur destination, et
qu'il ne se commet aucune dilapidation par igno-
rance ou mauvaise foi dans le maniement des de-
niers publics. Or, l'unique moyen d'obtenir ce
résultat, est de former un établissement qui sur-
veille ce maniement, arrête les comptes des divers
trésoriers et payeurs de la nation , et dénonce les
abus qui peuvent se glisser dans l'administration
des finances. Cet établissement est ou un tribunal,
ou une commission de comptabilité , dont les
mem bres , indépendans de toute autre autorité ,
jugent en dernier ressort les questions qui dérivent
de cette administration. Néanmoins, malgré l'im-
portance d'une comptabilité nationale, et la né-
cessité de fixer les lois qui doivent servir de base
tant à ses jugemens qu'à la gestion des difîerens
comptables, l'organisation de cette partie a tou-
jours été négligée jusqu'ici, et tout, pour ainsi
dire, reste encore à faire. Cette négligence pro-
vient d'une part des évènemens de la révolution ,
Importance
d'une comp-
tabilité bien
organisée.
(4)
qui ont entraîné les esprits vers des considétationi
qui ont paru d'un intérêt plus urgent ; d'un autre
côté. de l'abstraction et de l'aridité de cette
matière à l'élude de laquelle peu de personnes
se sont livrées..
Dans l'ancien régime, la comptabilité nationale
fesait partie de l'ordre judiciaire; elle était con-
fiée à douze chambres des comptes distribuées
dans l'étendue du ci-devant royaume. Cette or-
ganisation dont les vices sont saillans, (quoi-
qu'elle offre des avantages dont on eût pu profiter)
jointe au principe de détruire toutes les corpo-
rations , détermina l'assemblée constituante à
substituer aux chambres des comptes une admi-
nistration dirigée par quinze commissaires. Cette
organisation nouvelle avait aussi ses inconvêniens
et s-es avantages. Il n'entre pas dans l'objet du
présent écrit de discuter les uns et les autres; ce
sera la matière d'un écrit particulier, si l'auteur
est appelé à l'honneur de communiquer les vues
que dix ans d'étude et les conseils des hommes
éclairés sous. lesquels il travaille, peuvent lui
avoir fait naître. Je me bornerai aujourd'hui à
indiquer les principales bases sur lesquelles me
paraît devoir reposer le nouvel édifice de la tré-
sorerie et de la comptabilité. Je réunis ces deux
établissemens , parce qu'ils sont en effet insépa-
rables , et qu'il ne peut exister aucun ordre dans
les finances sans une comptabilité bien admi-
nistrée.
La constitution de l'an 3 , en consacrant l'exis-
tence d'une trésorerie et d'une comptabilité na-
tionales était entrée à cet égard dans des détails
trop étendus pour un pacte social où doivent se
trouver seulement les principes fondamentaux et
invariables, qui établissent les droits et les de-
voirs de l'homme réuni en société. La constitution
de l'an 8 a su éviter ce défaut. Elle s'est bornée à
fixer à sept le nombre des commissaires qui doivent
Organisa-
tions anté-
rieures à l'an
8.

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