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Du système des colonies

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44 pages

Tout passe en ce monde et tout varie à l’infini : les événements, les changements de toute nature se succèdent, et l’homme qui a vécu ne s’étonne plus de voir s’accomplir aujourd’hui ce qu’il y a vingt ans, ce qu’il y a dix ans, ce qu’il y a même peu d’années n’eût pas paru supposable. Et quelle rapidité dans cette course invisible du temps qui entraîne et déplace tant de choses ! Agents flexibles de cette nécessité dont nous subissons le joug et l’inconstance, à peine avons-nous un regard pour chacune de ces innombrables mutations qui ne nous surprennent autant que par leur incohérence et leur inopportune application.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos de Collection XIX

Collection XIX est éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…

Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces fonds publiés au XIXe, les ebooks de Collection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.

Quinton-Dupin

Du système des colonies

INTRODUCTION

JE traite une question difficile et brûlante ; et j’ai devant moi une opposition grosse de haine et de sophismes.

Habitant peu connu d’une Colonie où j’ai vécu douze années dans la solitude et dans la limite intime et secrète de mes opinions, j’entreprends, dans le moment le plus critique et le plus décisif, la libre défense des Colonies menacées et méconnues ; et je ne l’entreprends, qu’on le sache bien, que parce qu’elle est juste et fondée, et quelle repose, d’une part, sur la nécessité, et, de l’autre, sur les principes jurés de notre pacte social. J’ai vu, jugé mes adversaires ; je les ai entendus, et je viens les combattre avec la confiance de les vaincre. Car, sous l’arme de la vérité, tout doit céder : les erreurs, les égarements. — Impartialité, franchise, équité, voilà ma règle, et je compte sur l’attention et la bienveillance des hommes que n’aveugle aucune passion.

AU nord de l’Amérique la liberté a précédé l’époque de sa réalisation. Elle s’est élevée forte et puissante et dominant tous les obstacles ; et elle a été forte et puissante, parce qu’elle a été générale, et parce qu’aussi rien d’assez énergique et d’assez rationnel ne put s’opposer à sa subite émission. Elle fut, du reste, éminemment favorisée par la nature des choses : le climat, l’égalité des castes, le pays tout entier, sa rare et facile fertilité ; l’énergie, la constance et la pureté de ses habitants, la haine profonde qu’ils ressentaient de l’oppression britannique, furent autant de circonstances favorables pour fonder un état libre, où le principe sacré de l’égalité fût non-seulement une maxime, mais encore une véritable et sincère application.

 

Au sud de l’Amérique, et dans toute l’Amérique Méridionale, la liberté est restée inerte, pour ainsi dire, et n’a marché que lentement ; et elle ne dut être invoquée qu’avec crainte et circonspection, quelquefois même avec terreur. Ici il y avait difficulté, et il y aura encore long-temps empêchement à ce qu’elle se montre ce qu’elle est au nord, c’est-à-dire au sein de la civilisation et de l’homogénéité des moeurs et des coutumes ; et qui sait même si jamais elle bénira de sa sainte influence ces contrées où nulle part peut-être elle ne serait comprise, où l’ardeur du climat, jointe à la véhémence et à l’irrégularité des passions, et à la puissance des contradictions et des préjugés, n’en feraient qu’une dangereuse idole à laquelle ne sacrifieraient que des, exagérateurs ou des insensés, se trompant et lui substituant la licence et l’anarchie trop souvent confondues, même en Europe, avec la vraie liberté, qui ne doit exalter d’autre passion que celle du bien général.