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Du taxis

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Nous n’avons pas la prétention dans ce court travail d’exposer l’histoire complète du taxis. Après avoir donné quelques notions historiques nous décrirons, en nous inspirant des travaux de M. le professeur Gosselin, le taxis sans anesthésie et le taxis avec anesthésie. Notre but est surtout d’insister sur le procédé de M. Maisonneuve qui, dans les cas que nous indiquerons, peut rendre de grands services. Nous consacrerons à l’étude du procédé de M.

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Ambroise-Louis Delaunay

Du taxis

DU TAXIS

Nous n’avons pas la prétention dans ce court travail d’exposer l’histoire complète du taxis. Après avoir donné quelques notions historiques nous décrirons, en nous inspirant des travaux de M. le professeur Gosselin, le taxis sans anesthésie et le taxis avec anesthésie. Notre but est surtout d’insister sur le procédé de M. Maisonneuve qui, dans les cas que nous indiquerons, peut rendre de grands services. Nous consacrerons à l’étude du procédé de M. Lannelongue et de la ponction aspiratrice la fin de ce travail.

Qu’il nous soit permis ici de remercier M.B. Anger pour l’intéressante observation qu’il s’est empressé de nous communiquer ; nous le remercions aussi des conseils qu’il a bien voulu nous donner pour la direction de nos recherches bibliographiques.

Nous prions M. le professeur Gosselin de recevoir ici l’expression de notre gratitude.

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HISTORIQUE

On ne rencontre rien dans les écrits hippocratiques concernant la réduction des hernies.

D’après Cœlius Aurelianus, cité par M. Broca1, Proxagoras de Cos croyait que l’ileus était quelquefois dû à la chute dans le scrotum d’un intestin rempli de matières fécales : Intestinum plurimis stercoribus confertum. Alors le médecin grec pratiquait le taxis de la manière suivante : Manibus premens intestina magna quassatione vexavit.

Avant d’avoir recours à l’opération sanglante Ambroise Paré2 tentait le taxis : « Donc le chirurgien estant appelé pour réduire l’intestin tombé en la bourse situera l’enfant au lit ou sur une table, la teste en bas, les fesses en haut, et de ses deux mains, peu à peu, fera la réduction ; après quoi il fomentera la partie d’une fomentation astringente... Le chirurgien bandera la partie avec compresses et brayers propres à cette affaire, et fera tenir l’enfant dans son berceau l’espace de trente ou quarante jours, les fesses un peu eslevées, et surtout on le gardera de crier et toussir. »

J.-L. Petit3 a été l’ennemi du taxis forcé. Ce chirurgien a énuméré tous les accidents causés par cette méthode de traitement, mais, comme le fait remarquer M. Tirman4 : « Quant à indiquer dans quel cas les accidents sont survenus, quel était l’âge de l’étranglement, la nature et le volume des parties contenues, etc., silence complet sur tous ces points... Quoi qu’il en soit, le nom de J.-L. Petit est justement honoré, et sous le couvert de ce nom, ses opinions ont été admises et reproduites comme articles de foi par presque tous ses successeurs. »

Richter5 a recommandé de continuer le taxis, en pressant le plus exactement possible, pendant quelques heures. Ce chirurgien ajoutait que cette manœuvre réussit surtout lorsqu’on l’emploie de bonne heure. A la page 65, Richter écrit que le taxis peut encore réussir au bout de quelques jours. On pourrait croire que l’auteur que nous venons de citer est grand partisan de ce mode de traitement de l’étranglement herniaire, mais a la page 66, Richter. déclare que le taxis réussit rarement et il avoue qu’il n’a pas grande confiance dans ce moyen.

Scarpa6 a pensé que le taxis forcé est souvent la cause de la gangrène des hernies étranglées. « Les hernies étranglées, écrit ce chirurgien, se gangrènent souvent par la négligence des malades ou par leur négligence à se soumettre à l’opération, et peut-être plus souvent encore par l’effet du taxis exercé sans ménagement par des chirurgiens peu instruits, qui veulent, à quelque prix que ce soit, obtenir une prompte réduction des viscères. La plupart ne font point de différence entre l’étranglement aigu ou prompt et l’étranglement chronique bu lent. Dans l’un comme dans l’autre cas, les symptômes de l’étranglement ne sont pas plus tôt déclarés, qu’ils commencent à manier rudement la tumeur et à pousser les viscères de toutes leurs forées pour les faire rentrer dans le ventre ; tandis qu’au contraire, lorsque l’étranglement est aigu et qu’il a lieu chez un sujet jeune et vigoureux, on ne devrait jamais en venir au taxis avant d’avoir mis en usage, pendant un certain temps, tous les moyens propres à diminuer les forces, à calmer le spasme, en un mot, à relâcher les parties qu’il s’agit de réduire. »

Astley Cooper a été l’adversaire déclaré du taxis forcé. Ce chirurgien à conseillé de continuer le taxis pendant un quart d’heure ou une demi-heure sans violence.

Boyer7 a été aussi l’ennemi du taxis forcé : « Les tentatives de réduction, dit-il, doivent être faites avec bien de la prudence, et on doit même y renoncer lorsque la tumeur devient douloureuse. L’expérience a appris que, pour peu que l’étranglement inflammatoire soit considérable, il est bien rare que la hernie puisse être réduite par le taxis, que les tentatives de réduction violentes et répétées n’augmentent pas l’inflammation de l’intestin, ne la fassent dégénérer en gangrène et n’aient l’influence la plus fâcheuse sur l’issue de la maladie. »

Attaqué par tous ces chirurgiens, le taxis forcé n’a encore été défendu par personne.