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Écrire Biskra

De
264 pages
Une ville algérienne située au seuil du désert, trois écrivains qui la visitent : voilà la matière du présent ouvrage. Eugène Fromentin, Angré Gide et James Vandrunen, pourtant si distincts, se retrouvent nécessairement tant la place occupée par Biskra dans leur vie et dans leur oeuvre est importante. Il s'agira finalement, dans cet ouvrage, de se laisser conduire par nos trois passionnés, qui expriment la qualité d'une présence au monde, à l'ailleurs, à l'autre et à soi-même.
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C h r i s t i a n S c h o e n a e r s
Écrire Biskra
avec Eugène Fromentin, André Gide et James Vandrunen
Écrire Biskra
avec Eugène Fromentin, André Gide et James Vandrunen
Christian Schoenaers Écrire Biskra
avec Eugène Fromentin,
André Gide et James Vandrunen
Du même auteur Échappées.: Pirmez, VanÉtudes sur trois écrivains belges d’hier Lerberghe, Kochnitzky, 1996, chez l’auteur. (Prix Constant de Horion de l’Association des écrivains belges de langue française.) Références.: Poulet, Jacqmin, de DuveÉtudes littéraires , 1998, chez l’auteur. Retraits.Études littéraires : Pfeiffer, Sempoux, Cliff, 2000, chez l’auteur. Goréens.Lectures : Boufflers, Boly, Clément, 2002, chez l’auteur. Métissages. Goréens II.Adanson, Gaffiot, Giraudeau, 2004, chez l’auteur. Ecarts. Goréens III.Golbery, Cariou, Bohringer, 2008, chez l’auteur. Ecriture et quête de soi chez Fatou Diome, Aïssatou Diamanka-Besland, Aminata Zaaria.Départ et dispersion identitaire, 2011, L’Harmattan. © L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-10425-6 EAN : 9782343104256
à la mémoire de mon frère Claude
Que ce soit par la grâce du souvenir, par un acte de « l’imagination, ou tout simplement en raison de la foi avec laquelle nous nous attachons à certains sites, ceux-ci se mettent à différer de tous les autres, ils se tiennent à part dans les espaces de notre esprit. »Georges Poulet,L’espace proustien. « Lieux retrouvés au fond de notre mémoire, lieux créés en nous par notre rêve ou par cette participation aux songes d’autrui, qui est un des effets de l’art, ou bien encore, mais plus rare-ment, lieux directement perçus par nous dans leur beauté parti-culière et rehaussés par la présence d’un être qui leur confère quelque chose de son individualité propre…»Ibid. « idiotope : lieu personnel, espace marqué par certaines parti-cularités uniques de fantasme et d’émotion…»Jean Dubuffet «Car il n’est rien ici de plus précieux que la découverte d’une attache : un fil qui fixe la vie, qui recrée le contact avec un espace de lointain, un lieu de perte. » Jean-Pierre Richard,Essais de critique buissonnière. « Mais quel est le bon lieu, celui où trouver, ou bien retrouver l’autre, le soi, la plénitude? L’écrivain a beau faire, qui saura jamais vraiment où il se cache…? »Ibid. «Écrire… sauver du gouffre de l’oubli un nom, un trait, une ambiance, les vestiges d’un monde disparu ou en passe de l’être  des traces, avant tout souci de cohésion, de système, pour faire” la vérité, comme on peut, aujourd’hui! » Jean-François Grégoire
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Avant-propos
 Une ville située au seuil du désert, trois écrivains volontiers voyageurs qui la visitent : voilà le prétexte au présent ouvrage, sinon toute sa matière. Sans doute Eugène Fromentin, André Gide et James Vandrunen sont-ils si considérablement distincts et distants les uns des autres que leur voisinage immédiat dans un même recueil d’essais pourra provoquer la surprise, l’incompréhension, l’indignation peut-être. Une telle réunion ici s’est pour-tant imposée, presque naturellement, quand on a pu mesurer la placecertes inégale mais chaque fois essentiellepar Biskra dans leur vie et occupée dans leur œuvre tout à la fois. Car tous trois ont en effet foulé le sol ou le sable de cette ville lointaine, chacun a porté sur cette cité saharienne un regard éminemment singulier, chacun nous a fait l’offrande de pages écrites là-bas ou disant le désir ou le souvenir de ce passage ou de ce séjour.  Cet intérêt porté par la lecture au lien direct et étroit établi par une pensée et une écriture avec un lieu géographiquement et très précisément déterminé, pourrait apparenter notre démarche, au premier regard, à ce que depuis quel-ques années on appelle lagéocritique, dont « la méthode, nous dit Michel Collot, consiste à choisir un lieu chargé d’histoire et de culture, et à compa-rer les différentes images qu’en ont proposées divers écrivains: d’en explo-rer en quelque sorte la mémoire littéraire. » Aux larges et stimulantes pers-pectives sans doute ouvertes et offertes par ces théories-là ou par quelques autres, nous avons préféré, pour notre part, une lecture plus humble ou moins ambitieuse, un angle de vue beaucoup plus serré, une approche beaucoup plus concrète et immédiate. Il s’agira en effet tout simplement, dans les pages qui suivent, de se laisser conduire par les mots qui, disant ici une ville élue, disent aussi la qualité d’une présence au monde, à l’ailleurs, à l’autre et à soi-même.
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