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Écrire l'écrivain

De
196 pages
Il ne faut sans doute pas s’étonner si les écritures biographiques ont fait un retour fracassant sur la scène littéraire au cours des dernières décennies, comme en témoigne l’accueil critique très favorable des romans biographiques, des biographies imaginaires et des romans dits de filiation. En prise directe sur son époque, la biographie dans ses variantes les plus « réfléchies » s’astreint à penser un nouveau rapport au sujet, tout comme elle cherche à reprendre la réfl exion sur une autre obsession contemporaine, soit le rapport au passé, à la tradition littéraire.
Le corpus de quelque 350 œuvres qui fait l’objet de ce livre rassemble les textes consacrés aux écrivains par des écrivains, publiés pour la plupart depuis 1980 dans les principales langues occidentales. Les auteurs ont voulu rendre compte de la richesse et de la diversité de ce qu’ils appellent les « fictions biographiques », sans pour autant être guidés par un souci de représentativité ou par une volonté d’être exhaustifs. Explicitant le concept de transposition, ils proposent une lecture de la littérature contemporaine qui met en relief les écarts qu’elle arrive à se ménager entre le souvenir d’une longue lignée et les impératifs du présent.
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écrir e lécrivain Formes contemporaines de la vie d’auteur
Robert Dion Frances Fortier
Les Presses de l’Université de Montréal
Extrait de la publication
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Dion, Robert, 1962-Écrire l’écrivain : formes contemporaines de la vie d’auteur (Espace littéraire) Comprend des réf. bibliogr. îŝBN 978-2-7606-2237-1 1. Écrivains dans la littérature. 2. Écrivains – iographies – Histoire et critique. 3. Roman biographique – Histoire et critique. I. Fortier, Frances, 1949- . II. Titre. III. Collection : Espace littéraire. PN3426.à8456 2010 809.3’9357 ç2010-942066-7
îŝBN (version imprimée) 978-2-7606-2237-1 îŝBN (version numérique P) 978-2-7606-2669-0
e Dépôt légal : 4 trimestre 2010 ibliothèque et Archives nationales du Québec © Les resses de l’Université de Montréal, 2010
Les resses de l’Université de Montréal reconnaissent l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada pour leurs activités d’édition. Les resses de l’Université de Montréal remercient de leur soutien financier le Conseil des Arts du Canada et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC). Cet ouvrage a été publié grâce À une subvention de la Fédération canadienne des sciences humaines, de concert avec le rogramme d’aide À l’édition savante, dont les fonds pro-viennent du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.
îPîÈ àû çàNàà N NÔVB 2010
Extrait de la publication
r emerciements
ous tenons en premier lieu À remercier le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) et le Fonds québécois de recher-che sur la société et la culture (FQRSC) qui ont soutenu notre travail depuis le début. Grâce À ces organismes, nous avons pu engager les assistants sans lesquels cette recherche n’aurait pu prendre l’ampleur que nous lui avons donnée : Manon Auger, Anne-Marie Clément, Catherine Dalpé, Caroline Dupont, Marina Girardin, Élisabeth Haghebaert, Audrey Lemieux, Mahigan Lepage et Robin Servant. Qu’ils trouvent ici le témoignage de notre gratitude. os remerciements vont aussi À tous ceux et celles qui, au cours des ans, nous ont donné l’occasion, lors de colloques ou de séminaires, de tester nos hypothèses et nos résultats. ous songeons en particulier À René Audet, Yves audelle, Anne Caumartin, Jean-FranÇois Chassay, ertrand Gervais, arbara Havercroft, Marie-ascale Huglo, Hans-Jürgen Lüsebrink, Daniel Madelénat, Andrée Mercier, ascal Miche-lucci, Élisabeth ardout-Lafarge, Jean-enoït uech, Frédéric Regard, ascal Riendeau, Richard Saint-Gelais et Maté Snauwaert.
Extrait de la publication
Introduction
Écrire l’artiste, écrire l’écrivain : depuis au moins la fin de l’âge classi-que et la révolution romantique, c’est-À-dire depuis que le sculpteur, le peintre, le poète ou le romancier ont quitté leur position subalterne pour gagner en autonomie et en respectabilité (iala, 1985), il est devenu courant et légitime, en vertu d’une démarche plus ou moins autoréflexive, de prendre les agents de l’art pour les sujets de l’art. Les écrivains ont ainsi essayé dese comprendre et de comprendre ce qu’ils font lorsqu’ils créentÀ partir de figures inventées d’écrivains, mais aussi d’artistes : cela a donné leKünstlerroman,sous-genre du Bildungsromandans lequel se sont illustrés aussi bien Émile Zola et Romain Rolland que omas Mann, Hermann Hesse, irginia Woolf, Henry James, ladimir abokov et bien d’autres. Or il semble qu’aujourd’hui les grands romans de l’artiste aient cédé la place À des tentatives souvent plus limitées, moins globales en tout cas, et consacrées À des figures d’artistes et d’écrivainsréels, comme s’il s’agissait dorénavant de dire l’aventure d’un prédécesseur pourvu d’une œuvre avec laquelle il fallait obligatoirement compter. Cette « contrainte du réel » n’a pas signifié un assujettissement aux plates conventions du réalisme, bien au contraire. Jouant sur la frontière entre roman biographique et biographie proprement dite, le corpus que nous avons rassemblé, qui n’est pas exhaustif et qui se borne aux seuls textesconsacrés aux écrivains par des écrivains(aux biographieslittérairescomme les dénomme Frédéric Regard – 1999), couvre tout l’empan qui va de la biographie traditionnelle À peine infléchie par la subjectivité À
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la fantaisie biographique qui, par exemple, imagine le retour de Goethe dans notre monde (Schmidt, [1958] 2006 ; Koch, [1998] 1999). De cette diversité des « approches » biographiques contemporaines de l’écrivain témoigne notre propre hésitation terminologique. Au départ, en effet, nous parlions de « biographies imaginaires d’écrivains réels », avant de nous rendre compte que la qualification d’« imagi-naire », ou d’« imaginatif », pour reprendre l’expression d’Ina Schabert (1990), qui distingue « imaginative biography » et « fictional biography », était peut-être chargée d’un sens trop particulier. Si l’on suit Schabert, la biographie imaginative serait celle qui tire de la masse documentaire un portrait de la vie intérieure, qui puise À tous les procédés littéraires possibles, réimagine « du dedans » des moments clefs de l’existence du modèle, tandis que la biographie fictionnelle irait plus loin, extrapolant À partir d’indices encore plus ténusnon pas par exemple les lettres écrites par le biographé, maisunelettrereçuepar luiet se dispensant des modalisations d’usage « peut-être que… », « probablement », « j’imagine que… », « je serais tenté de croire que… », etc.pour pré-senter la totalité du texte « as a conditional statement » (1990 : 58s.). Entre biographie imaginative et biographie fictionnelle, il n’y aurait donc pas, selon Schabert, différence de nature, mais uniquement de degré. Ralf Sudau, pour sa part, dans un ouvrage de 1985 portant en partie sur la biographie d’écrivain en tant que mode de réappropriation de la tradition littéraire, propose le terme de « fiction biographique » (biographische Fiktion), dénomination toutefois ambiguë, en contexte, dans la mesure où elle pourrait aussi bien s’appliquer À une pure fiction qui prendrait la forme d’une biographieSir Andrew Marbot de Wolfgang Hildesheimer ([1981] 1984), pour se borner À un exemple aujourd’hui classique de ce que Herrero-Olaizola désigne par « apocry-phal biographies » (2002)qu’À des textes « biographodes » (le mot est de Daniel Madelénat) faisant la part belle À l’invention. Quant À l’ex-pression « biographie fictionnelle », si elle n’avait pas été utilisée par Schabert, comme on vient de le voir, afin de circonscrire un ensemble de textes poussant À la limite les libertés avec les faits, elle aurait peut-être été la plus appropriée, quoique le premier mot du syntagme, « biographie », n’aille pas sans soulever aussi son lot de difficultés. Ce mot, en effet, semble impliquer une narration continue qui embrasse tout le « module existentiel fondamental » (Madelénat, 1984 : 9) que cons-
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