Effets des nerfs et du fluide nerveux, par L. Laforgue,...

De
Publié par

l'auteur (Paris). 1788. In-8° , 32 p..
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Publié le : mardi 1 janvier 1788
Lecture(s) : 4
Source : BnF/Gallica
Nombre de pages : 31
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

EFFETS
DES NERFS,
ET DU
FLUIDE NERVEUX,
Par L. LAFORGUE, -
Expert Dentifie, reçu au Collège
Royal de Chirurgie de Paris.
'A PARIS,
Chez l'A U T E UR., rue des Boucheries;
près celle de Buili.
1788.
A ij
ALLEZ mes idées ; allez parcourir la terre,
& restez auprès des personnes qui défirent
connoître le siège du bonheur ; allez irriter,
celles qui n'ont point de stimulus qui les
fasse sortir de l'état d'indolence; faites con-
noître l'avantage qu'on aura de vous opter;
inspirez l'étude des nerfs, du fluide nerveux,
& de l'organe qui sépare ce fluide ; engagez
à exercer les organes de l'économie animale
pour diffipcr le fluide nerveux, & à en faire *
faire de nouveau; faites calmer les nerfs ir-
rites des personnes à qui la quantité de ce.
fluide nuit; enseignez-leur la manière de dit
fiper ce fluide., Se que le moyen les main-
tienne dans la sagésse ; faîtes-leur connoître
la vertu de ce fluide, & quelles ont été les
intentions du Créateur en le faisant séparer
du fang, d'abord pour l'existence, & le fur-
plus pour les travaux & la jouissance des
plaisirs. Allez assurer de la réalité des récom-
penses des actions, dans les actions même ,
comme les recevoit & connoiflbit Arifton,
jurifconûilte Romain. Faites sentir que la
punition cft dans le crime, comme il est dit
dans quantité d'Auteurs; faites connoître
par quels moyens cela se fait, quoique la
main de Dieu foit invisible. Agitez lœ sens
pour faire choix des stimulus qui causent les
plaisirs, & qui enrichiflent le souvenir. Priez
les personnes qui vous acquerront, de, vous
communiquer, & vous faire connoître de
celles à qui vous pouvez être utiles. Préve-
nez, en même-tcms, que les nerfs où vous
avez pris votre soùrce, ne s'attendent pse
que vous obtiendrez des suffrages parfaits,
(4)
parce qu ils font prévenus eux-même qu'à
votre première sortie, on ne portera pres-
que point d'attention a vos qualités, vous
saurez même beaucoup de peine à trouver
qui voudra faire le sacrifice d'un moment
pour vous lire ; mais si on vous fait l'hon-
neur de vous examiner, & qu'on vous
trouve des défauts, chargez-vous de me
porter ces plaintes , je vous corrigerai le
mieux qu'il me fera possible, pourvu que
cela n'altère point votre constitution ; je ne
pourrois vous faire du mal, ni vous anéantir
sans un jugement supérieur : & enfin si vous
n'êtes point trouvées utiles, priez qu'on ait
la bonté de vous renvoyer à moi qui vous
aime. Je vous recevrai toujours avec plaisir :
je vous ferai l'accueil qu'un bon pere fait à
ses enfans, & nous demeurerons ensemble.
Sans aucune prétention de style, j'ai placé
dans ce Précis des idées sur le siège des sen-
sations, quelques preuves évidentes sur le
mécanisme qui a lieu lorsque les stimulus
irritent les nerfs des organes des sens, Ôc les
effets qui en résultent.
A iÜ
EFFETS
DES NERFS,
ET DU
FLUIDE NERVEUX.
LES nerfs & le fluide nerveux ont si
propriété de recevoir 8c de tranfmcttrc
les sensations.
Ils ont la propriété de faire exécuter
toutes les fondions de l'économie animale.
Ce font eux qui modifient les sensations
que les stimulus leur donnent ; c'est dans
eux, & par eux, que le jugement, l'ima-
gination &: ht mémoire s'opèrent ; ce font
eux qui en font le siege ( 1).
C'est de la qualité des stimulus, & des
degrés de sensibilité, que dépendent le
(i) Ce qui prouve que c'est dans eux , & par eux -
que ces fonctions fc font, c'cft lorsque les lyimultu ¡rrio:
( 6 )
calme, les contrarions des nerfs & de leur
plexus (i). -
s '—
tent le genre nerveux, & qu'il faut que les nerfs modi-
fient la sensation, le genre nerveux irrite les organes ex-
créteurs du fluide nerveux, pour qu'ils faflent entrer ce
fluide dans les nerfs, parce que l'imagination ne se forme
,que lorsque ce même fluide y est en plus grande quantité,
que dans l'état paflif.
Autre preuve.
Si les stimulus irritent le genre nerveux à certains de-
grés, les organes excréteurs agissent avec violence; ils
font parvenir beaucoup de fang à la tête. (Beaucoup, eu
égard à la quantité qui y circule dans l'état passif.) Ce
fang comprime l'origine des nerfs, & empêche le fluide
nerveux d'y entrer, d'où résulte la confusion dans les
'idées.
Autre preuve.
Si les stimulus continuent d'agir avec la même véhé-
mence , le fang engorge le cerveau, comprime & désor-
-ganire l'origine des nerfs, & cause l'apoplexie, la para-
is fie, la folie, l'ineptie, la manie, & autres accidens,
Autre preuve.
Les personnes qui n'ont point ces parties dans leur
intégrité, ne jugent, n'imaginent, n'inventent, & ne se
touviennent de presque rien.
(i) Il est évident que c'est l'espèce de stimulus qui
agit sur, les nerfs qui produit des effets différens. Le&
( 7 )
A iv
Ce font les stimulus qui irritent les nerfs
qui se distribuent aux organes excréteurs
du fluide nerveux, pour que ces organes
entrent en attion & qu'ils fassent entrer le
fluide nerveux dans les nerfs, & que ceux-
ci le portent & le distribuent à toutes les
parties du corps. ( Voyez M. de Lamure ).
Le plexus solaire, (voyez essais sur différens
points de physiologie, par M. Fabre; l'Au-
teur y dit que ce plexus est le siège de la réu-
nion des sensations ) ne contient rien qui
ait la propriété particulière d'attirer à lui les
sensations, de porter un jugement & faire
agir les organes dont leur fonction est vo-
lontaire; les cordons nerveux qui communi-
quent a ce plexus, ont fait croire que les puiC
ances ordonnatrices, conservatrices & pré-
venantes, avoient leur siège dans cette par-
tie ; mais', rien ne prouve que les nerfs rap-
portent 'uniquement à ce lieu la sensation
qu'ils ont reçue ; c'est tout le genre nerveux
actions comiques produisent l'excrétion du fluide ner-
veux, & nous donnent du plaisir ; les faits tragiques,
les allions méchantes, les accidens qui arrivent au
corps, & le souvenir des dettes, irritent les nerfs. Ils
se contractent ainsi que leurs plexus, pour empêcher le
fluide nerveux d'avoir son libre cours, & de parcourir
dans l'intérieur d'eux; j'en donne quelques exemples.
( M
qui a la propriété que l'on veut afrignei
a une unique partie.
Les effets des fcnfations se font sentir
plus vivement dans l'intérieur du ventre &C
de la poitrinc) rar-ce que dans ces lieux
les nerfs & les plexus y font forts, com-i
pliqués, &: en grand nombre, &: qu'ils con-
tiennent beaucoup de fluide nerveux (i).
Secrétion du fluide nerveux.
- Le cerveau est le seul organe qui se-
pare le fluide nerveux du fang , cette fonc-
tion se fait pendant le fommeii; il n'y a
point de sommeil sans secrétion de fluide
nerveux, ni fecrction de fluide nerveux sans
sommeil, (c'est la même fonction ).
- Lorsque l'on a imaginé , travaillé, otr
exercé pendant un certain tems, on a
- ( i ) Ces effets des nerfs ont induit en erreur tous le*
Auteurs qui ont travaillé sur cette science ; ils ont attri-
bué à un être idéal la vertu de recevoir les sensations,
de les modifier, d'ordonner, de prévenir & conserver.
&c. Ils lui ont voulu trouver & assigner un siège dans
diverses parties, d'où font résultées les idées que le
coeur sentoit, devinoit & s'affectoir relativement aux
iimulus qui se présentent aux sens ; cependant les nerfs
seuls ont cette propriété, ils la tirent du fluide nerveux,
( 9 )
employé - du fluide nerveux la quantité
relative à la structure personnelle) à la force
que l'on a employée, à la longueur & per-
sévérance que les travaux exigent, aux
difficultés de parvenir aux buts que l'on se
propose dans les imaginations, les inven-
tions j & à l'cfpèce d'exercice que l'on a
pris. - - <
L'homme qui cft dans l'état de moyenne
fatigue, & celui qui cfi au dernier dégré,
font voir, ( excepté le cas où les mufclcs
font irrités par l'excès d'exercice , ) que
l'appétit du cerveau suffit pour attirer à lui
la quantité de fang qui lui eil: ncceffairc
pour comprimer l'origine des nerfs, &: faire
suspendre les fondions volontaires, ( fuf-
pcnfion qui est causée par la privation de
l'entrée du fluide nerveux dans les nerfs,
qui sont presés dans leur origine par le fang,
il n'en entre que la quantité nécessaire pour
l'entretien des adions des organes; qui
font leurs fondions pendant la secrétion
du fluide nerveux; cette suspension d'actions
volontaires ci]: nécessaire pour que le cer.
veau fasse sa secrétion; si le fluide nerveux
pénétroit dans les nerfs, il entretiendroit
dans les parties un degré d'irritation qui
cmpéchcroit la secrétion du fluide nerveux.)
(10)
Le fang attiré augmente le volume des
humeurs contenues dans le cerveau, Se
cause pendant la sécrétion, cette espèce de
paralysie des parties dont leur fonttion est
volontaire.
Quand l'appétit du cerveau & son état
d'ére&on ne peuvent point attirer assez de
sang pour comprimer les nerfs dans leur
origine, & faire cesser l'irritation des parties,
dont l'aftion est volontaire , le genre ner-
veux irrite les poumons, pour faire de fortes
inspirations, très-souvent accompagnées de
bâillemcns, faéHon des muscles de la gorge
jfoutient l'inspiration, lors du bâillement,
par ce méchanisme le fang y parvient en
abondance &: le cerveau trouve, dans cette
quantité de fang, de quoi satisfaire son ap-
pétit & faire provision de fluide nerveux.
L'augmentation d'aâion des poumons
cft très-nécessaire à la secrétion du fluide
nerveux; les inspirations font rélatives à
l'appétit du cerveau & à la disette du fluide
nerveux ; on voit que l'appétit du cerceau
des grands travailleurs est si considérable,
que si les poumons ne le secondoient pas en
faisant des inspirations relatives à son ap-
pétit , il ne lui parviendroit point assez de
fang pour faire le fluide nerveux qu'il efl
(II).
obligé de fournir, pour le travail &: pour
les actions des organes ; le passage de l'air
par les narines, & qui cause quelquefois
le ronflement , prouve que l'aétion des
poumons coopère a la fonction de la
secrétion du fluide nerveux ; cette action
cft provoquée par tout le genre nerveux.
Pour que la secrétion du fluide nerveux
ne foit interrompue, l'instant qui la précède,
les parties du corps 'prennent la Situation
la plus favorable pour qu'aucunes ne soient
comprimées, & que la circulation du fang
se fasse librement ; mais 11 le cerveau entre
en aétion z avant que les parties foient-
placées, le fang s'arrête Se engorge les
.environs du lieu où il trouve obftacIe, Se,'
parafa quantité, il irrite les nerfs qui aver-
tirent le genre nerveux qu'il faut-suspendre
la secrétion, & faire exécuter l'excrétion,
pour envoyer du fluide nerveux aux muscles
qui font en pouvoir, de changer la position
de la partie irritée ; cette fonétion facilite la
circulation, & elle se nouvelle toutes les
fois que pareil accident arrive.
Quand la fçcrétion du fluide nerveux a
été interrompue, Se que le fluide nerveux
n'équivaut pas la quantité que la secrétion ,-
produit journellement ; au réveil Se au
(I o
commencement du travail, ces personnes
fcntent une foiblesse dans les muscles &
dans toutes les parties du corps, l'adion
des organes ralentie , & la difettc du fluide
nerveux se fait sentir généralement. Les
appétis Se les irritations des glandes attirent
les humeurs excrémentitielles, que leur
fonction sépare du sang ; mais elles ne
peuvent point opérer, parce que le fluide
nerveux, manque; alors le genre nerveux,
conservateur & pourvoyeur de l'écono-
mie animale , irrite l'organe qui doit
separer du fang ce fluide qui fait faire toutes
les fonctions humaines; cet organe est le
cerveau, qui par son appétit attire le fang;
les poumons & les oreillettes du cœur,
coopèrent par leur méchanisme a former
le même appareil & la même fonétion que
j'ai dit ci-dessus, & produire la secrétion
du fluide nerveux.
Les personnes qui n'exercent point, &
chez qui les sens font oiCtfs, ne dorment
pas tant que celles *qui s'occupent ; elles
ne jouiucnt pas des sensations agréables
que l'on fent avant & après la secrétion du
fluide nerveux, & elles font plus exposées
aux songes, parce que dans les personnes
oisives de tout, qui n'exercent en rien »
( 13 i
bu presque rien, le fluide nerveux reste dans
le cerveau & dans les nerfs, le cerveau n'a
point d'appétit, & il en auroit si le fluide
nerveux avoit été employé par l' action des,
muscles & des organes.
Effets que causent la quantité de fluide
nerveux & les stimulus.
Le fluide nerveux en quantité, &: séjour-
nant dans le cerveau &: les nerfs, cause
divers dérangemens dans les fonctions de
l'économie animale; il cause des irritations
qui produisent des mal-aises tourmentans,
connus fous le nom d'inquiétudes, ennui,
triftefle , mélancolie > vapeurs, méchan-
cetés, insomnies, pensées a l'amour, ôc
combat * * * * (i).
La plénitude des nerfs des personnes qui
ont de l'acrimonie dans les humeurs, cause
( 1) Cette connoissance invite à ne point rester oîsif ;
elle fait voir que l'occupation & l'exercice ptocurent la
dissipation du fluide nerveux, que les organes en acquè-
rent de nouveaux appétits, & que de leur action modérée
on fent les délices de la vie , au lieu que dans l'inaction
on en est presque privé : en outre on est attaqué des sen-
sations contraires à Tharmonis des fonctions de l'éco-
nomie animale. -

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.