Éloge de M. de Mortarieu, ancien magistrat, membre de l'Académie impériale des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse, par M. Dubor

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impr. de J.-M. Douladoure (Toulouse). 1853. Mortarieu, de. In-8° , 8 p..
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Publié le : samedi 1 janvier 1853
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ÉLOGE
DE
ANCIEN MAGISTRAT ,
MEMBRE DE I'ACADÉMIE IMPÉRIALE DES SCIENCES, INSCRIPTIONS
ET BELLES-LETTRES DE TOULOUSE ;
Lu en Séance de l'Académie,
PAR M. DUBOR.
TOULOUSE,
IMPRIMERIE DE JEAN - MATTHIEU DOULADOURE
Rue Saint - Rome , 41..
1855.
Extrait des Mémoires de l'Académie des Sciences de Toulouse.
ÉLOGE DE M. DE MORTARIEU ;
Par M. DUBOR.
ESSIEURS ,
L'ÉLOGE académique n'a pas toujours ses cléments essentiels
dans l'étendue et l'éclat d'une grande existence scientifique.
Après le cours d'une vie qui s'écoula sans bruit mais non sans
abondance, sans trouble mais non sans activité, il reste encore,
entre les bornes d'un étroit rivage , des dépôts précieux à re-
cueillir, mêlés à des semences fécondes. Si donc, môme sous la
forme resserrée d'une courte notice , je ne savais intéresser à la
fois vos esprits et vos coeurs en vous entretenant d'une perte sen-
sible dernièrement éprouvée par la classe des Lettres ; si, me
laissant aller à l'entraînement de l'amitié, j'oubliais trop l'homme
utile dans un souvenir consacré à l'homme éminemment bon ,
longtemps apprécié au contact de nos intimes relations avant
le jour où m'est venu l'honneur de m'asseoir à ses côtés et
l'avantage de mieux connaître ses titres à votre estime , sachez
à quel sentiment revient une responsabilité qui ne doit pas peser
sur la mémoire de votre confrère.
ALEXANDRE-LÉON V1ALETTES DE MORTARIEU naquit à
Montauban, la première année de ce siècle, au sein d'une fa-
mille ancienne et riche. Son père administra le département
de l'Ariége en qualité de Préfet, sous toute la durée de la
Restauration , après avoir rempli longtemps des emplois con-
sidérables sous l'Empire, soit comme membre du Corps légis-
— 2 —
lalif, soit comme Maire de Monlauban. Il succédait lui-même à
des ancêtres illustrés déjà par les honneurs municipaux, en-
noblis dans la carrière des armes , et non moins par l'exercice
héréditaire d'une grande industrie manufacturière. Je remar-
que à dessein l'origine de notre confrère; et certes, on ne
m'imputera pas des motifs que désavoueraient aujourd'hui les
panégyristes d'autrefois; mais j'en avouerai de très-fondés, de
très-opportuns à mes yeux, dans ce temps encore, dans ce Midi
surtout où nous voyous si souvent les heureux hasards de la
fortune et de la naissance, tourner au détriment de ceux qui
pourraient en tirer de précieux avantages , si l'amour du tra-
vail leur faisait chercher dans d'utiles emplois une position
pour eux d'autant plus honorable qu'elle serait par eux plus
honorée.
L'éducation du jeune Mortarieu fut dirigée, en vue des ré-
sultats à craindre , dans des voies préparées de loin et ména-
gées avec une sage intelligence.
Envoyé pensionnaire, dès le bas âge, au Lycée de Cahors,
sa première enfance, sans courir les dangers de l' éloignement ,
fut soustraite aux douceurs débilitantes du foyer paternel. Aussi
lorsque plus tard il entrait, pour y faire ses humanités, dans un
des grands collèges de la capitale. Il y apportait des dispositions
développées par le travail, stimulées par les succès précoces de
l'enfance, au désir d'obtenir ceux où se fondent dans la jeunesse
de l'homme, les habitudes laborieuses et les succès féconds de
l'âge mûr. A sa sortie du collège, plus de soins, plus de sur-
veillance devaient entourer l'étudiant libre des facultés, parti-
culièrement à cette époque, et dans les conditions où son père
plaçait l'avenir de son fils , car il ambitionnait pour lui la car-
rière de la magistrature.
On revenait alors en France à l'idée de reconstituer enfin une
magistrature. C'est au génie vraiment restaurateur de Napoléon
qu'on emprunta une de ces conceptions imaginées par lui, dans
son but hautement avoué de prendre tout ce qu'avait de bon
l'ancien régime, et d'en rendre les bienfaits praticables à la
France nouvelle. Parmi les institutions projetées ou reprises

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